Camillo Cardinal Ruini Camillo Cardinal Ruini
Function:
Cardinal Vicar of Roma, Italy
Title:
Cardinal Priest of S Agnese fuori le mura
Birthdate:
Feb 19, 1931
Country:
Italy
Elevated:
Jun 28, 1991
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French Le cardinal Ruini, troisième homme de la campagne
Apr 22, 2006
Le président de la Conférence épiscopale italienne distribue bons et mauvais points aux hommes politiques.

(Le Figaro, 05 avril 2006) Il est évêque et cardinal, mais la politique est sa seconde nature. Camillo Ruini, vicaire de Benoît XVI pour le diocèse de Rome, inamovible et omnipotent président de la Conférence épiscopale italienne, est le troisième homme des législatives dans la Péninsule. Parfois surnommé, en référence à l'intransigeance du Pape, le «Ratzinger italien», cet homme à la silhouette et au coeur fragiles a l'énergie de ses convictions. Fidèle de Jean-Paul puis de son successeur allemand, il déteste la tiédeur. Pragmatique, il sait jouer de ses réseaux, encourager le lobbying des mouvements catholiques, s'assurer des relais à droite comme à gauche. L'éminence grise de Silvio Berlusconi, Gianni Letta, lui est tout dévoué, comme l'aumônier de l'Assemblée nationale et recteur de l'université pontificale du Latran, qui n'est autre que son bras droit, Mgr Salvatore Fisichella.

Depuis quinze ans, son autorité sur les 226 évêques de la Péninsule est incontestée. Alors que les spéculations allaient bon train sur la fin de «l'ère Ruini», le Pape a reconduit sans hésiter, en février, cet homme de 75 ans à la tête de la Conférence épiscopale. On n'abandonne pas un tel stratège en pleine campagne électorale. Si, selon l'adage officiel, «des affaires italiennes, le Pape ne s'occupe pas», l'Eglise catholique a toujours exercé une influence prépondérante sur la politique transalpine.

Anathème sur le projet de pacs

Depuis la disparition de la Démocratie chrétienne, qui fut sa vitrine pendant toute la seconde moitié du XXe siècle, elle s'engage directement. Au prix d'une centralisation absolue, l'habile cardinal a su s'imposer dans la classe politique. Plusieurs fois par an, il distribue publiquement les mentions aux programmes gouvernementaux et électoraux. Ses avis sont écoutés et souvent suivis.

Ses prises de parole, quand elles ne suscitent pas la franche hostilité, soulèvent la polémique. La gauche dénonce régulièrement «l'OPA vaticane sur la société et la politique italiennes». Tout aussi régulièrement, le cardinal Ruini se défend de pratiquer toute ingérence. «L'Eglise, dit-il, est consciente de devoir être un facteur d'unité et non de division.» Les faits le font mentir. En juin 2005, son appel à l'abstention pour le référendum sur la fécondation contribua à son échec. Cinq mois plus tard, en novembre, il mena campagne contre l'introduction de la pilule abortive. Aujourd'hui, il lance l'anathème sur les projets de pacs du centre gauche.

Dans la dernière ligne droite, le vote catholique, éclaté sur tout l'échiquier politique, peut faire la différence. Silvio Berlusconi, divorcé-remarié, et Romano Prodi, le «catholique adulte» formé à l'Action catholique et marié par Ruini, le savent. La droite place son programme sous les auspices de «la doctrine sociale de l'Eglise». Prodi se fait discret sur le projet de Pacs. Sa coalition se déchire entre laïcs et catholiques accusés d'être «des agents de Ruini». Le cardinal, lui, n'a donné sa bénédiction à personne. Il se sait incontournable, quel que soit le vainqueur.
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