Paul Joseph Jean Cardinal Poupard Paul Joseph Jean Cardinal Poupard
Function:
President of Culture, Roman Curia
Title:
Cardinal Priest of S Prassede
Birthdate:
Aug 30, 1930
Country:
France
Elevated:
May 25, 1985
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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Italian Poupard: Ecco come nacque la
Mar 28, 2017
Fu lui a presentarla alla stampa cinquant' anni fa

Avvenire, marted
French Pour le cardinal Poupard, pas de Concile Vatican III
Dec 18, 2015
Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture et du Conseil pour le dialogue interreligieux, est une des mémoires vivantes les plus fines de l’Eglise catholique des dernières décennies. Au service de quatre papes, Jean XXIII, Paul VI, Jean Paul II et Benoît XVI, il a été le témoin direct du grand événement que fut le Concile Vatican II et de sa mise en œuvre.

17.12.2015

A l’occasion du cinquantenaire de la clôture de Vatican II, le 8 décembre 1965, il revient sur quelques éléments saillants de ce “Concile à vivre”. Il était l’invité de la formation pastorale du canton de Fribourg.

A la personne qui lui demande s’il ne faudrait pas envisager un nouveau concile Vatican III, le cardinal Poupard fait toujours la même réponse, immuable:”Avez-vous lu tous les textes de Vatican II ? Généralement j’ai un silence respectueux. Si j’en avais le pouvoir, je demanderais même avant d’ordonner évêque un prêtre, qu’il affirme avoir lu tous les textes du Concile.” Un des secrétaires de la Commission théologique internationale disait un jour: ‘Il y a des millions de personnes qui savent ce que l’on a écrit sur le Concile, il y en a des centaines de milliers qui savent ce que l’on a dit au Concile, il y en a quelques milliers qui savent ce qu’a dit le Concile.”
Rencontrer le visage de Jésus

Pour bien connaître le Concile, le cardinal Poupard en rappelle d’abord ‘intention. Dans son message au monde, un mois avant l’ouverture du Concile, le 11 septembre 1962, le pape Jean XIII s’interrogeait: ‘Que peut-être un Concile, sinon le renouvellement de la rencontre avec le visage de Jésus ressuscité?’

Dès les origines de l’Eglise avec le premier concile dit de Jérusalem, qui rassemble les apôtres, un concile est une tentative pour résoudre au sommet dans l’unité les conflits qui traversent les communautés dans leur diversité, explique le cardinal. Il se conclut par la formule ‘L’esprit-Saint et nous avons décidé…’ Il faut que tout le monde s’exprime et que la communion de l’Eglise se manifeste dans une décision prise dans l’Esprit Saint. Il n’est ni une conférence interconfessionnelle, ni un parlement, ni une assemblée constituante, ni un congrès international, mais une assemblée d’évêque unis dans la foi et à l’évêque de Rome, successeur du Christ.

Vatican II est souvent présenté comme un aggiornamento, selon ce mot italien du pape Jean XXIII qu’on pourrait traduire à la fois par mise à jour et mise en œuvre. Il fut aussi la manifestation d’une universalisation de l’Eglise qui se redécouvre catholique au sens plein du terme, dans la réalité de tous les continents. “Le corps du Christ devient noir en Afrique jaune en Asie et on invente le terme d’inculturation”.

L’Eglise est invitée à la fois à un retour aux sources et à réfléchir sur la manière dont elle transmet sa foi millénaire dans un monde en pleine mutation culturelle. Le Concile a donc une tonalité clairement pastorale dans deux directions ad intra vers l’intérieur et ad extra vers l’extérieur. L’Eglise se dit son mystère pour elle-même et présente sa carte de visite pour les autres.
Le bon pape Jean n’était pas un naïf

Le cardinal rappelle aussi que Jean XXIII n’était pas du tout naïf. Il disait que les hommes d’aujourd’hui ne font pas autant de progrès dans le domaine spirituel que dans le domaine matériel d’où un affaiblissement de l’aspiration aux valeurs qui ne périssent pas et par contre une attirance, chez la plupart, pour les plaisirs faciles de ce monde, que le progrès met si aisément à la portée de tous.

La mémoire du cardinal est remplie de ‘fioretti’ de chacun des papes de la deuxième moitié du XXe siècle. Il en émaille très volontiers son propos. Ainsi le pape Jean XXIII avait développé toute une série de descriptions imagées pour décrire le Concile, qu’il adaptait à son auditoire. Aux membres d’un orchestre, il expliquait que le Concile était comme une belle symphonie où chaque instrument joue sa partition. Aux architectes, il le décrivait comme une construction nouvelle posée sur des bases anciennes. Aux servantes de cure, il parlait de balayer la maison, de mettre des fleurs sur la table, d’ouvrir les fenêtres et de dire aux passants ‘venez et voyez !’. Pour dire finalement “en matière de concile nous sommes tous novices. Mais quand tous les évêques seront là, l’Esprit-Saint sera au milieu d’eux et on verra bien”. Pour respecter la liberté du Concile, il avait ouvert la première session mais n’a ensuite jamais assisté aux séances qu’il suivait par l’intermédiaire d’un circuit de télévision interne.
L’Eglise dans le monde de ce temps

Parmi les déclarations et décrets du Concile Vatican II, le cardinal Poupard met surtout l’accent sur Gaudium et spes sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Par cette démarche, l’Eglise entre dans une conversation fraternelle pour nouer avec tous le dialogue du salut. Si le monde se sent étranger au christianisme, le christianisme ne se sent pas étranger au monde.

Selon le cardinal Garone, rapporteur du Concile, le texte de Gaudium et spes a été tout entier conçu pour répondre au défi de l’athéisme comme système de pensée et présenter la vision de Dieu et la vision de l’homme. La prise en compte de la non-croyance était une question tout à fait nouvelle pour un concile, note l’ancien président du Conseil pour le dialogue interreligieux.
Une voix qui propose la voie

L’Eglise se présente comme une voix qui propose la voie du Christ, chemin, vérité et vie dans un monde pluraliste. C’est le sens de la première phrase de Gaudium et spes: ‘la joie et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps… Le Concile ne craint pas d’assumer les reproches adressés aux chrétiens, le refus peureux de l’intelligence critique, l’égoïsme des pays riches et le triomphe de l’athéisme dans le bloc soviétique. D’emblée, l’Eglise affirme se sentir solidaire du genre humain sans compromissions, ni condamnation, mais en suscitant un engagement lucide et généreux des chrétiens.

Les fruits du Concile

Pour le cardinal, un des fruits les plus significatifs du Concile est le synode des évêques créé en 1965 par Paul VI. Jean Paul II ensuite l’a considéré comme un instrument particulièrement fécond de la collégialité des évêques. Les synodes sont des moments de communion, de vérité, de partage des expériences et des difficultés.

En 1985, 20 ans après le Concile, a eu lieu un synode extraordinaire pour en mesurer la mise en oeuvre, et que le cardinal Poupard a présidé. Ce synode a invité à mieux connaître Vatican II, à en intensifier l’étude et l’approfondissement, à mieux pénétrer son unité et sa richesse et à les mettre en œuvre. Un programme qui reste largement valable aujourd’hui 50 ans après. (cath.ch-apic/mp)

encadré
Le cardinal Paul Poupard

Né le 30 août 1930 dans le Maine-et-Loire, en France, Paul Poupard a été ordonné prêtre à Angers en 1954. En 1959, il part pour un premier séjour à Rome comme attaché à la Secrétairerie d’État. Il y sert successivement les papes Jean XXIII et Paul VI, en particulier pour le Concile. En 1971, il revient en France comme recteur de l’Institut catholique de Paris, poste qu’il occupe pendant 10 ans. En 1979, il est nommé évêque auxiliaire de Paris.

En 1980, il retourne à Rome où il assume des responsabilités importantes dans plusieurs instances de la Curie romaine. Il est pro-président en 1980 puis président du Conseil pontifical pour les non-croyants, de 1985 à 1993, lorsque ce Conseil est fusionné avec celui de la culture. Il est secrétaire en 1980 puis président de 1988 à 2007 du Conseil pontifical pour la culture. Enfin, il préside le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux de 2006 à 2007. Il est créé cardinal par Jean Paul II en 1985.

Parmi ses nombreuses publications, on peut retenir Le Concile Vatican II paru en 2012 aux Editions Salvator. (cath.ch-apic/mp)

https://www.cath.ch/newsf/pour-le-cardinal-poupard-pas-de-concile-vatican-iii/
Italian Paul Poupard: "Sbagliato parlare di guerra di religione, sono fanatici e noi siamo impotenti"
Nov 19, 2015
Il cardinale francese: "I terroristi usano la fede in modo distorto, inneggiano ad Allah ma in realtà si appellano a un falso Dio. Provo lo stesso smarrimento di cui parlò anni fa Martini: facciamo tante prediche eppure spesso non abbiamo risposte"

17 novembre 2015

CITTÀ DEL VATICANO - Cardinale Poupard, dietro agli attentati di Parigi c'è davvero una guerra di religione?
"No, per carità. È sbagliato parlare di guerre di religione nella tragedia di Parigi, come in altre tragedie simili. Sono massacri senza senso, contro gente inerme, per mano di chi usa la religione in maniera distorta. Sono atti mostruosi per i quali parlare di guerre di religione è fuorviante e pericoloso. Come ricorda il Papa: chi uccide in nome di Dio bestemmia, dice il falso ed agisce in nome di una falsa religione ".

Paul Poupard, presidente emerito del Pontificio Consiglio per la cultura, è uno dei tre cardinali francesi della Curia pontificia. Gli altri due sono Jean-Louis Tauran e Roger Etchegaray. A tre giorni dagli attentati è ancora sotto choc, ma di una cosa si dice certo: "Gli aggressori non hanno agito per motivi di religione. Qui la fede non c'entra nulla, siamo di fronte ad una sorta di terza guerra mondiale: lo ha detto più volte il Papa, ma nessuno lo ha ascoltato seriamente".

Eppure, cardinale, mentre venerdì sera sparavano nei locali parigini i terroristi urlavano "Allah è grande!". Difficile non pensare ad uno scontro di civiltà e di religione.
"È sbagliato parlare di religione. Quella è falsa religione, che con l'islam non ha nulla a che vedere. E chi inneggiava ad Allah mentre ammazzava gente inerme, inneggiava ad un falso Dio. Ha fatto bene Papa Francesco domenica scorsa a ricordare, nell'incontro con la comunità luterana di Roma, quanto in più occasioni ha detto anche Giovanni Paolo II, e cioè che uccidere in nome di Dio è una mostruosità, un peccato ingiustificabile".

Ma allora, chi può esserci dietro a quei killer che comunque si proclamavano seguaci di un islam estremo e radicale?
"Se non sbaglio, parliamo di persone non arrivate da paesi arabi, ma di nativi francesi, nostri connazionali che hanno abbracciato una causa perversa e inumana. È lo stesso scenario che si è verificato in Gran Bretagna, anche lì gli attentatori erano nativi inglesi".

Bisogna quindi avere paura dei figli di seconde e terze generazioni nati nelle comunità di immigrati che si trovano in quasi tutti i Paesi europei, a partire dalla Francia?
"Generalizzare è sempre sbagliato. La gran parte degli immigrati è perfettamente integrata in Francia, come in Italia e come in tutti gli altri paesi a forte presenza di comunità straniere. Ma occorre interrogarci su cosa viene messo in testa a quei giovani figli e nipoti di immigrati che non riescono ad integrarsi, che non trovano lavoro e che diventano facile preda di falsi predicatori e di chi fomenta odio e morte nel nome di un falso Dio. Dobbiamo cercare di capire cosa può causare nella mente di questi giovani, che in genere sono fragili e malleabili, tanto odio e tanta voglia di dare la morte ad innocenti, e che vivono nel loro stesso Paese".

Come ci si può difendere da questi pericoli? La Francia ha risposto agli eccidi di Parigi bombardando i centri dell'Is in Siria.
"Da uomo di Chiesa dico, come insegna la dottrina e il Santo Padre, che al male della guerra si risponde pregando il Dio della pace. Per il resto, di fronte ad atti che rappresentano la negazione dell'umanità, mi sento impotente ed incapace di dare risposte. Provo lo stesso sentimento di smarrimento espresso una decina d'anni fa dal compianto cardinale Carlo Maria Martini che, ad una domanda su come difenderci dai pericoli di attentati di estremisti islamici, rispose con disarmante umana sincerità: "Noi che facciamo tante prediche e innumerevoli sermoni per questi tragici eventi non abbiamo risposte adeguate, siamo come impotenti". Oggi mi sento come il cardinale Martini".

Subito dopo l'attentato, alcune voci hanno chiesto di rinviare il Giubileo. Il presidente del comitato organizzatore, l'arcivescovo Rino Fisichella, ha escluso che possa essere rinviato. È
d'accordo?
"Non ho elementi diretti per dare un giudizio in merito. Ma se chi ha competenze sulla materia giubilare ha deciso che nulla cambi, lo avrà certamente fatto a ragion veduta e in piena coscienza. Per il resto preghiamo il Dio della Misericordia".

http://www.repubblica.it/esteri/2015/11/17/news/paul_poupard_sbagliato_parlare_di_guerra_di_religione_sono_fanatici_e_noi_siamo_impotenti_-127559587/
Italian “Ora serve un’alleanza contro l’ISIS” Intervista al cardinale Paul Poupard
Nov 16, 2015
All’indomani degli attentati di Parigi che hanno scosso il mondo, parla il cardinale francese Paul Poupard, 85 anni, presidente emerito del Pontificio Consiglio per il dialogo interreligioso e del Pontificio Consiglio per la Cultura. Il porporato si rammarica: “Il Papa non è stato ascoltato, ora serve un’alleanza contro l’ISIS”.

Card. Poupard come sta vivendo questo momento così difficile?
Sono davvero sconvolto, siamo veramente colpiti, è una vera tragedia. Provo un sentimento di orrore e anche di grande indignazione. Vorrei rivolgere un invito di pensare per prima cosa, e lo dico per tutti i credenti, nella preghiera per i defunti, per le famiglie colpite. Rivolgo poi un invito a tutti a tenersi stretti insieme e a manifestare unità per affrontare le sfide del futuro. Che il Signore ci protegga!

Come si deve reagire di fronte ad azioni così violente?
Non c’è altra reazione che questa: per i credenti rivolgersi al Signore nella preghiera e nell’intercessione; per tutti i cittadini dico di avere la volontà di non essere sommersi dalla paura, di non temere di andare avanti e poi, ognuno per il proprio incarico, di fare il proprio dovere e penso soprattutto ai responsabili della sicurezza che adesso dovranno svolgere un compito enorme. Dobbiamo assicurare il nostro meglio per aiutare anche loro.

Papa Francesco ha detto che più volte che c’è in atto una terza guerra mondiale che si combatte a pezzi…
Il nostro Santo Padre Francesco con il suo spirito acuto purtroppo non è stato ascoltato come avrebbe dovuto essere. Si dovrebbero lasciar cadere tante cose, tanti problemi, tante sfide e tornare all’essenziale e prendere coscienza che quello che necessitiamo è di essere una grande famiglia umana. Abbiamo bisogno dell’intervento di tutti, non soltanto dei potenti ma tutti i cittadini per rafforzare il dialogo, che è la cosa più importante.

Il mondo adesso come deve muoversi contro l’ISIS?
Penso che tutti i governanti prendano coscienza della loro grande responsabilità e anche loro dovrebbero metter da parte il resto, anche se cose legittime, e concentrarsi su questo problema nell’interesse di tutti. Di fronte a una minaccia come questa, che è una minaccia contro l’umanità, contro l’uomo, contro l’umanità stessa, si deve far tacere il resto e lavorare tutti insieme contro l’ISIS, nell’unità.

Intervista per Il Giornale del 15.11.2015

http://stanzevaticane.tgcom24.it/2015/11/15/ora-serve-unalleanza-contro-lisis-intervista-al-cardinale-paul-poupard/
French Cardinal Paul Poupard, ancien «ministre» de la Culture du Vatican : «Des scandales au Vatican ? Ah bon, lesquels ?»
Nov 07, 2015
Ne lui parlez pas des vilenies du Saint-Siège. Le cardinal français Paul Poupard, 85 ans, a beau être un fin connaisseur des arcanes romaines, il est plus à l’aise sur le vivre-ensemble à la mauricienne. En escale sur le chemin de l’île de la Réunion, il était dimanche dernier à Bonne-Terre, où il a présidé la messe du 500e anniversaire de la naissance de Thérèse d’Avila. Interview (un peu) purgatoire.

10 Octobre 2015

Vous avez travaillé aux côtés de cinq papes, une singularité.
Ce n’était pas écrit. Avec mon impétuosité de jeune homme, j’ai fait deux doctorats, l’un en théologie, l’autre en histoire. J’étais programmé pour être professeur d’université, la vie en a décidé autrement. Je suis devenu prêtre en 1954 et peu de temps après appelé au Vatican. J’ai travaillé auprès de Jean XXIII, puis plus longtemps avec Paul VI, un quart de siècle avec Jean-Paul II, puis Benoît XVI (il fut le plus ancien «ministre» des deux derniers, NdlR) et aujourd’hui le pape François, que je connais depuis 30 ans. Ce qui frappe les journalistes, c’est la discontinuité. Moi, c’est la continuité.

C’est compliqué une vie de pape ?
Oui. Celui qui devient pape est englouti. Je me souviens d’une anecdote avec Jean-Paul II. Un jour, en feuilletant le dictionnaire des religions que je venais d’écrire, il tombe sur un article le concernant. Je lui dis combien c’est périlleux, pour un cardinal, d’écrire sur la philosophie du pape.Il me répond : «Seul Karol Wojtyla aurait pu parler philosophie», et il ferme le dictionnaire. J’ai vu un nuage de nostalgie passer dans ses yeux. Devenu pape, il avait renoncé à sa pensée personnelle.

Le Vatican est-il si riche qu’on le dit ?
«La richesse du Vatican n’atteint pas le tiers du budget de mon diocèse», disait l’archevêque de Cologne. Tout est dit.

Le royaume de Dieu n’a plus un denier ?
Il serait exagéré de dire que le Saint-Siège tire le diable par la queue (rire). Mais depuis Jean-Paul II, les papes font régulièrement appel à la générosité des fidèles.

Les particularités du plus vieil État du monde sont nombreuses…
Extrêmement nombreuses. La première est sa taille réduite. Il est censé s’adresser à 1,5 milliard de fidèles à partir d’un territoire n’excédant pas 33 hectares (moins de 1 % de Port-Louis, NdlR). Cet État ne se limite pas au spirituel. Il bat monnaie, possède des médias, une poste, une gendarmerie…

Vous vivez au Vatican depuis presque un demi-siècle. Connaissez-vous tous ses secrets ?
(Direct) Je n’en connais aucun.

Sont-ils trop bien gardés ?
Non, parce qu’à ma connaissance il n’y a pas de secrets.

Pourquoi tant de scandales, alors ?
Des scandales au Vatican ? Ah bon, lesquels ? Vous êtes la première personne à Maurice qui me parle de scandales…

Pas plus tard que samedi dernier, à la veille du synode sur la famille, ouvert par le Pape François, un haut dignitaire du Saint-Siège a annoncé son homosexualité en dénonçant le retard de l’Église sur le sujet...
Cela m’attriste, bien sûr.

C’est tout ?
(Sec) Que voulez-vous que je vous dise ?

Pensez-vous, comme Monseigneur Charamsa, que le clergé est homophobe ?
Vous avez lu ça où ?

Dans le Corriere della Sera.
(Passablement agacé) Poursuivez votre lecture…

Le clergé, écrit-il, est «homophobe jusqu’à la paranoïa car paralysé par le manque d’acceptation pour sa propre orientation sexuelle. Ils sont nombreux, les prêtres homosexuels qui n’ont pas le courage de sortir du placard». Vous en pensez quoi ?
J’en pense que vous allez terminer seul votre lecture. Si j’avais su que nous discuterions de cela, je vous aurais épargné la route. (Il se lève pour mettre un terme à l’entretien)

Vos impressions sur ce premier séjour à Maurice ?
Ah, voilà qui est plus intéressant. J’ai découvert tout un univers. Enfin, pas totalement puisque j’étais très lié au Cardinal Margéot qui me parlait souvent de son pays. Je l’entends encore me dire : «Il faut que tu viennes, il faut que tu découvres Maurice !». C’est ce que j’ai fait et je suis dans l’émerveillement. Toutes ces communautés, si différentes dans leurs origines, leurs cultures et leurs convictions religieuses, vivent ensemble de façon paisible. Je ressens ici un désir de paix et de sérénité. Ce cher cardinal me l’avait dit, je le constate sur place.Les Mauriciens ont quelque chose à apprendre au monde, un art du vivre-ensemble, ce que les Italiens appellent la convivenza. C’est cette image de Maurice que je garde et que j’emporterai avec moi au Vatican.

L’image du Vatican est-elle déformée par les médias ?
Le Vatican alimente les fantasmes. Je suis historien de formation, seuls les faits m’intéressent.

En voici un : il ne se passe pas une année sans que la justice ne sonne les cloches au Saint-Siège. Pourquoi ?
(Silence pesant)

Pourquoi est-ce si difficile de tourner la page des affaires ?
Non mais… Vraiment… Je suis déconcerté par cette question. Où voyez-vous des affaires !?

En mai dernier, le responsable des finances du Vatican a été accusé d’avoir couvert un prêtre pédophile. Quelques mois plus tôt, une enquête longue de trois ans sur la Banque duVaticana démontré qu’elle facilitait le blanchiment d’argent. Juste avant, l’affaire «VatiLeaks». On continue ?
(D’un air détaché) Vous me sortez tous les poncifs éculés. Je suis en train de perdre mon temps avec vous.

Pas des poncifs, votre Éminence : ce sont des faits. Est-ce tabou d’en parler ?
Je suis fatigué de lire ces histoires-là dans les journaux.

Les victimes, elles, sont peut-être un peu plus que fatiguées…
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas pensé. Je ne veux pas m’exprimer sur des sujets qui ne m’inté- ressent pas, c’est tout. Cela ne veut pas dire que je nie les faits ou qu’ils ne m’attristent pas. Comme tous les cardinaux, je reçois les bilans financiers de l’IOR (Institut pour les œuvres de religion, la dénomination officielle de la banque du Vatican, NdlR), mais je vais vous décevoir, je suis incompétent pour les comprendre. Comme dans toute institution humaine, il est clair qu’il y a des gens qui… À ce momentlà on fait le ménage.

Le ménage a-t-il été fait ?
À part les banquiers, personne ne connaît le secret des banques. Après, vous êtes libre de fabuler.

La fermeture de 3 000 comptes douteux ou dormants, le blocage de 1 300 autres, ce sont des fabulations?
Là, vous commencez à me fatiguer. Des scandales, il y en a eu, c’est sûr, mais à quoi bon y revenir ?

Pour tenter de démêler le vrai du faux, les faits des fantasmes. À moins d’être dans le déni…
Écoutez-moi bien : personne, surtout pas moi, ne cherche à cacher ou à nier quoi que ce soit. Oui, il faut périodiquement faire le ménage au Vatican. Oui, ces choses ont existé et existent, mais Benoît XVI et le pape François les ont condamnées. Une commission d’enquête a été mise en place sur la banque et une restructuration est en cours. Je ne connais pas d’autre chef d’État qui, confronté aux scandales, s’exprime de manière aussi ferme. Vous en connaissez, vous ?

http://www.lexpress.mu/article/269924/cardinal-paul-poupard-ancien-ministre-culture-vatican-scandales-au-vatican-ah-bon
French La France a besoin qu’on prie pour elle, affirme le cardinal Poupard
May 31, 2015
Le président émérite du Conseil pontifical de la culture a présidé vendredi 29 mai la messe pour la France célébrée chaque année à Rome.

29/5/15

Pourquoi faut-il prier pour la France ?

Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical de la culture, a invité, vendredi 29 mai, à prier pour la France, jugeant qu’elle traversait avec toute l’Europe une véritable « crise d’identité ». Le cardinal présidait la « messe pour la France » célébrée comme chaque année dans la chapelle Saint-Pétronille de la basilique Saint-Pierre, au Vatican.

« Pourquoi prier pour la France ? Parce qu’elle en a besoin, parce que Dieu écoute la prière de ses enfants et parce que la prière nous mène à l’espérance », a déclaré le cardinal Paul Poupard, dans son homélie, devant plusieurs diplomates accrédités auprès du Saint-Siège et une vingtaine de prêtres français. Cette messe avait lieu cette année à l’invitation du Chargé d’Affaires ad interim de France près le Saint-Siège François-Xavier Tilliette, en l’absence d’ambassadeur.

Dans son homélie, le cardinal Poupard a souligné combien était nécessaire un projet soulevant un consensus dans toutes les composantes de la société. La culture française est « irriguée » par les valeurs évangéliques, a-t-il rappelé faisant sienne cette demande de Jean-Paul II lors de sa visite apostolique en France en 1980 : « France, fille aînée de l’Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » Le pape polonais invitait les Français à surmonter la tentation du refus de Dieu, à se défendre des négations et du désespoir de beaucoup « qui semblait former le visage de la société contemporaine ».
Valeurs millénaires

« La France, en son histoire millénaire et en son devenir contrasté, a forgé une culture profondément irriguée par les valeurs évangéliques », a soutenu le cardinal Poupard avant de dresser ce constat : « La France est aussi aujourd’hui en crise d’identité, comme toute l’Europe, qui peine à l’évidence à vivre ses valeurs millénaires, fruits d’un humanisme plénier qui reconnaît à chaque femme et à chaque homme sa dignité inaliénable de personne, du premier instant de sa conception au terme naturel de son existence. »

« Frères et sœurs de France et des pays amis, a affirmé le cardinal, chacune et chacun d’entre nous, tous ensemble, nous prions avec ferveur pour la France et pour tous nos pays. » Le cardinal Poupard a ainsi invité à prier « pour l’Italie dont nous sommes les hôtes, pour l’Europe traversée par le doute et l’insécurité, pour les pays du bassin méditerranéen en proie à la tourmente, et pour ses populations, victimes innocentes de la haine, de la guerre, du terrorisme, et de la violence, sous toutes ses formes meurtrières ».

Comme tous les ans, la messe pro felice statu gallicae nationis a été célébrée en présence de nombreux membres de la communauté française à Rome, à l’approche de la fête de sainte Pétronille. Cette vierge romaine et martyre au Ier  siècle, traditionnellement fêtée le 31 mai, est considérée comme la fille spirituelle de saint Pierre.

http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Rome/La-France-a-besoin-qu-on-prie-pour-elle-affirme-le-cardinal-Poupard-2015-05-29-1317570
Italian "Lo scopo di Bergoglio è difendere i poveri e risolvere i conflitti"
May 18, 2015
«La canonizzazione avvenuta ieri delle quattro religiose, e in particolare delle due suore della  Palestina, ha un significato importante non soltanto per la Chiesa cattolica e la sua comunità  religiosa, ma anche per tutta la società e in particolare per le popolazioni mediorientali. La  diplomazia messa in campo da papa Francesco segue quella dei suoi predecessori, da Benedetto  XVI a Giovanni Paolo II, e tende sempre e soltanto alla pace, alla risoluzione dei conflitti, al bene  comune. Non ci sono altri scopi. Ed è bene che tutte le parti chiamate in causa tengano presente  questo aspetto».

Il cardinale Paul Poupard, per anni “ministro” della Cultura del Vaticano e già presidente del  Pontificio Consiglio per il dialogo con i non credenti, riannoda i fili di una canonizzazione  «emblematica» nella linea della diplomazia pontificia, la quale, spiega, lavora sempre e soltanto per la pace nel mondo, «per il bene di tutti, in particolar modo delle popolazioni che soffrono a causa  dei conflitti».
Cardinale Poupard, sabato Francesco ha ricevuto il presidente dell’Anp Abu Mazen in  Vaticano, e a lui ha chiesto di lavorare per la pace. La strada è ancora lunga?
«Di fronte alle tragedie, alle guerre e alle divisioni come quelle esistenti purtroppo in Medio  Oriente, la strada è sempre difficile e in salita. Ma la canonizzazione di ieri resta un barlume di  speranza a cui guardare. Ne parlavo, proprio dopo la cerimonia, anche a Villa Bonaparte, sede  dell’Ambasciata di Francia presso la Santa Sede, con i rappresentanti del governo francese giunti  per la canonizzazione di suor Jeanne Emilie de Villeneuve. Gli sforzi di papa Francesco restano  unici e notevoli, e molto si deve anche all’aiuto di una diplomazia vaticana avvezza a certi sforzi».
Lei ha lavorato a lungo nella curia romana, dove ancora abita, occupandosi anche di conflitti  fra religioni e in particolare di Islam. Perché ritiene che le canonizzazioni siano un passo per  una nuova speranza specie per quell’area?
«Perché le religiose canonizzate sono testimoni di un modo di vivere diverso, nuovo. Conducevano  una vita non soltanto di contemplazione e di preghiera, ma anche di azione. O meglio, alla  preghiera, al rapporto personale con Dio, facevano seguire l’azione, l’impegno per la pace e per i  poveri E qui c’è il segno di speranza per tutti. Spesso a essere divisi sono uomini che seguono religioni differenti. Mentre la religione integralmente vissuta può aiutare, può permettere di aprire  gli occhi e far vedere che per vivere in pace occorre essere in due, che le ragioni di parte vanno  sempre relativizzate, vissute tenendo conto di tutti».
Israele ha però criticato l’accordo siglato fra Santa Sede e Palestina due giorni fa, e altre  critiche sono state indirizzate ad Abu Mazen che “usa dei forum internazionale per attaccare  Israele astenendosi dal tornare ai negoziati”.
«Non voglio scendere su questo terreno, non è mia competenza. Siamo uomini di fede, rispettiamo  tutti e chiediamo il medesimo rispetto da tutti. Ogni comunità si regge secondo le proprie convinzioni, l’importante è cercare di costruire tutti insieme la pace e la convivenza».

La Repubblica, 18 maggio 2015

http://ilsismografo.blogspot.ch/2015/05/vaticano-niente-secondi-fini-lo-scopo.html
French "Le Pape François est fils du Concile et fils de Paul VI"
Oct 18, 2014
Le cardinal Poupard, qui fut l’un des proches collaborateurs du pape Paul VI, revient sur quelques-uns de ses souvenirs de Paul VI et dément sa réputation de « pape triste ».

Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture, a évoqué pour Radio Vatican quelques-uns de ses souvenirs de Paul VI, du temps du Concile Vatican II.

« Juste après son élection en 1964, Paul VI évoquait déjà dans le discours d’intronisation de son pontificat, ce qu’il appelait les « voix formidables » du monde moderne. Il ajoutait : « Saurons-nous les entendre ? » À l’ouverture de la seconde session du Concile Vatican II, la première qu’il présidait, il posait trois questions : D’où venons-nous ? Quelle est notre route ? Quel est notre but ? La réponse qu’il nous apporte, c’est que le Christ qui nous a convoqué, c’est lui notre chemin et c’est vers lui que nous allons. Les observateurs orthodoxes qui se trouvaient à Rome avaient été subjugués par ce discours inaugural.

J’étais au Secrétariat d’Etat, et je servais de messager aux pères du Concile qui faisaient part au Pape de leurs préoccupations. Et j’ai constaté que le Pape lisait tout, absolument tout, il voulait répondre à chaque objection. Il voulait lever tous les doutes et les objections car il en comprenait le bien-fondé. En particulier, le texte sur la liberté religieuse avait soulevé de très vives tensions. Le cardinal Léger de Montréal m’avait transmis une pétition signée par 30 cardinaux à l’attention du Pape pour lui demander de promulguer le texte sur la liberté religieuse. Mais Paul VI avait conscience que le premier schéma était assez sociologique, peu théologique. Il a demandé de reporter le texte pour que l’intercession le mûrisse. Cette décision avait notamment provoqué la colère des jeunes experts. Mais dix ans après, alors que je me rendais à Montréal, j’ai vu le cardinal Léger se précipiter sur moi, du plus loin qu’il a pu me voir, et me dire : « Nous avons admiré la sagesse de Paul VI qui a su nous faire patienter pour que le texte soit un véritable texte théologique, que la liberté religieuse ne soit pas une concession à l’esprit du temps mais soit fondée sur la dignité de la personne humaine ».

« Il respectait les pères du Concile, il ne voulait pas peser sur eux mais disait en même temps : « Je ne suis pas le notaire du Concile, je suis moi aussi un père du Concile ! » « Mais il a connu des souffrances extrêmes à la suite de ce Concile. Je le revois, radieux, en 1965, remettant les messages aux hommes de la pensée et de la science, à Jean Guitton, à Jacques Maritain. Puis les bourrasques sont venues, mai 68 et l’interprétation du Concile. Et l’air du temps : l’Eglise était allée au monde pour le convertir et pas pour s’y subvertir. Le point culminant des épreuves a été le schisme de Mgr Lefebvre. Cela a été une souffrance très forte, mais Paul VI gardait le cap de l’espérance. Contre l’avis de ses collaborateurs, il a osé faire de 1975 une année sainte. À la surprise de tous, des millions de pélerins sont venus à Rome. Cette même année, il a publié une lettre apostolique, La Joie de croire, puis à Noël, La Joie d’annoncer l’Evangile. Cette lettre se conclut ainsi : « Notre temps attend – souvent à son insu – l’annonce de la bonne nouvelle de l’Evangile, non pas d’annonciateurs tristes et résignés mais joyeux, enthousiastes, porteurs de cette Bonne Nouvelle ». Le pape François cite continuellement cette lettre, notamment dans La Joie de l’Evangile. Il y a une filiation certaine et avouée entre ces deux papes, le Pape François est fils du Concile et fils de Paul VI. »

http://www.aleteia.org/fr/religion/article/paul-vi-lisait-toutes-les-objections-voulait-repondre-a-chacune-5815375425961984
Italian 50.mo abbraccio tra Paolo VI e Atenagora
May 31, 2014
Poupard: svolta storica per la Chiesa.

“Il mondo ha aperto gli occhi davanti ad un avvenimento totalmente imprevisto”. Così il cardinale Paul Poupard, presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura e per il Dialogo interreligioso, alla presentazione, nella sede della Radio Vaticana, del libro “L’Abbraccio di Gerusalemme - Cinquant’anni fa lo storico incontro tra Paolo VI e Athenagoras”, edito dalle Paoline. Il testo scritto da Valeria Martano si sofferma sulla grande svolta avvenuta nella storia della Chiesa, attraverso i volti dei protagonisti dell’epoca e guarda con entusiasmo al prossimo viaggio di Papa Francesco in Terra Santa. Ce ne parla Massimiliano Menichetti:

E’ la Terra Santa, da dove parte la salvezza del mondo, ad essere segno ancora una volta di unità, di speranza. In pieno Concilio Vaticano II, il 5 gennaio del 1964, su una collina davanti alla città di Gerusalemme, tutti assistono all’abbraccio tra Paolo VI e il Patriarca Atenagora di Costantinopoli. Un evento pensato da Papa Giovanni XXIII, che segna la storia per sempre. Con questo semplice gesto, infatti, le due Chiese rompono secoli di distanza, riconoscendosi di nuovo sorelle. Il cardinale Paul Poupard, presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura e per il dialogo interreligioso, che già nel 1963 lavorò alla preparazione dell’incontro:

“Io ricordo che accadde un avvenimento totalmente imprevisto nel mondo e che ha cambiato la storia del mondo! E’ il fatto che dei mondi che si ignoravano - se così posso dire - si sono incontrati: allora il mondo ha aperto gli occhi, da una parte e dall’altra. E’ una cosa che è rimasta unica! E’ l’unico viaggio nella storia dei lungi viaggi pontifici fatto da un Papa in Motu Proprio. E’ lui che si è invitato. Tutti ritenevano che sarebbe stato impossibile, così è stato possibile".

“Biografie parallele”, quelle di Atenagora e del giovane Roncalli che arriveranno a comporre un incontro capace di allargare i polmoni della Chiesa. Valeria Martano, autrice del libro: “L’Abbraccio di Gerusalemme”:

“All’incontro tra Atenagora e Paolo VI si arriva con un lungo cammino parallelo, che vede l’anelito all’unità nascere da una parte ad Oriente, in Atenagora che è un cristiano orientale, che assiste alla disgregazione della coabitazione ottomana e soffre della divisione che diventa ostilità, diventa violenza, del nazionalismo, che comprende, e intuisce la necessità dell’unità, però anche un uomo che fa l’esperienza della moderna coabitazione: 20 anni negli Stati Uniti, uno Stato multietnico, plurireligioso; dall’altra parte, parallelamente, noi abbiamo un cristiano occidentale, un prete bergamasco, che passa 20 anni - quasi gli stessi anni in cui Atenagora era in Occidente - in Oriente. Come diceva Papa Giovanni: ‘Imparai ad amare i loro canti, i loro riti, la venerazione delle icone, a comprendere che questi fratelli, diversi da noi, avevano il nostro stesso cuore’. C’è un kairos all’inizio della stagione conciliare di queste due figure, che si trovano a capo delle rispettive chiese, che hanno respirato con due polmoni, come poi dirà Giovanni Paolo II: il polmone orientale ed occidentale della Chiesa. Si cercano e non si incontreranno mai, per la biografia di Giovanni XXIII, che è molto anziano: quindi non fanno in tempo ad incontrarsi. Paolo  VI però raccoglie il testimone nell’arco di pochissimi mesi dall’elezione al Pontificato e porta a termine questa grande storia con l’incontro di Gerusalemme. Quindi con la possibilità che, senza nessuna sottomissione e senza nessun cedimento, da nessuna delle due parti, i cristiani si potessero ritrovare fratelli laddove la fede era nata.”

Un ponte tracciato cinquant’anni fa, che sorreggerà anche il prossimo viaggio di Papa Francesco in Terra Santa e che vedrà la celebrazione ecumenica al Santo Sepolcro, il 25 maggio prossimo. Ancora il cardinale Paul Poupard:

“Il collegamento con questo viaggio è molto importante, perché è la memoria e la speranza del futuro: e lo stiamo vivendo con questo viaggio nuovo”.

http://it.radiovaticana.va/news/2014/05/22/card_poupard_50_anni_fa_il_mondo_ha_aperto_gli_occhi/1100780
French « Benoît XVI, un humble ouvrier dans la vigne du Seigneur »
Feb 12, 2014
Entretien - Il y a un an, le 11 février 2013, le Vatican devenait le centre du monde. Benoît XVI, à la surprise générale, annonçait renoncer au ministère d'Évêque de Rome, successeur de Saint Pierre, huit ans après son élection le 19 avril 2005. Un geste inédit dans l’Histoire moderne qui déclencha aussitôt une onde de choc. Alors que les catholiques émus et abasourdis s’interrogeaient, les journalistes du monde entier affluaient vers Rome pour suivre au plus près cet évènement et pour en mesurer la portée.

Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la Culture, se trouvait dans la salle du Consistoire lorsque Benoit XVI en latin a tourner une page d’Histoire. Il raconte ce moment à Hélène Destombes.

Comment avez-vous appris la renonciation de Benoît XVI ?

Dès les premiers mots, j’ai entendu « ingravescentem aetatem ». J’ai dit « Mon Dieu » et j’ai compris tout de suite. Nous nous sommes alors regardés dans la salle du consistoire, je pouvais lire sur le visage des cardinaux qui me faisaient vis-à-vis mes propres sentiments : étonnement, stupeur, préoccupation et admiration. Le Pape a glissé, tout d’un coup, il était parti avec cette douceur, cette humilité, cette transparence. Et du coup, plus personne ne partait. Nous nous sommes donc retrouvés à deux, à trois, à quatre en disant « Maintenant, qu’allons-nous faire ? ». Et puis, j’ai repris la voiture, nous sommes rentrés plutôt dans le silence. Quand je suis arrivé à l’appartement, les sœurs, qui ne savaient pas, m’ont dit « Qu’est-ce qu’il y a ? Le téléphone ne fait que sonner. Les journalistes vous appellent, etc ». Alors, je leur ai dit et stupeur ! Concernant les journalistes, j’ai été frappé de voir qu’en très peu de temps, eux aussi sont à peu près passés par les mêmes sentiments que nous cardinaux. Avec un peu de retard, j’ai pu aussi constater dans l’ensemble des fidèles, dans l’ensemble des gens, les mêmes choses. Après la stupeur, pour certains un peu de réprobation inquiète, puis sont venues la compréhension et l’admiration.

Comment expliquer ce passage de cet état de très forte préoccupation à ensuite, cette reconnaissance, cet hommage ?

Je crois fondamentalement que nous avons été comme enveloppés dans un manteau de prière. Ces sentiments qui vont des deux extrémités de la gamme, étaient portés tous en même temps par une prière extraordinaire. Il y a eu un choc et ce choc a fait que l’ensemble des personnes, à commencer par les cardinaux, si je puis dire, ont été comme contraints de sortir de l’évènementiel humain qui est en train de se produire à sa dimension et sa profondeur spirituelle. Puis vient la réflexion. On est obligé d’analyser mais les sentiments s’entremêlent. C’est une réflexion en profondeur sur le ministère de Pierre.

Avec ce geste, Benoît XVI a en quelque sorte désacraliser la fonction papale ?

Le geste de renonciation de Benoît XVI a ouvert une nouvelle phase dans l’histoire de l’Église. Nous étions habitués, il y avait comme une identification entre le service, le ministère de Pierre, et la personne jusqu’à sa mort. Là, par son geste, le Pape Benoît XVI nous ramène à ce qui est bien la fonction de Pierre, relisant l’Évangile : « Et toi, confirme tes frères dans la foi ». C’est un ministère. Si je reprends votre terme, il y avait eu une sacralisation abusive d’un Pape qui était sur un piédestal et qui était au-delà du commun des mortels. Benoît XVI, au contraire, dès les premiers mots, s’est décrit comme un humble ouvrier dans la vigne du Seigneur. C’est avec cette clef de lecture que nous pouvons comprendre sa décision et sa déclaration. Cet humble ouvrier dans la vigne du Seigneur a retenu dans son âme et conscience, qu’il n’était plus apte à remplir sa tâche qui était celle de l’humble ouvrier qui doit confirmer ses frères dans la foi.

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/02/11/cardinal_poupard_:_%C2%AB_beno%C3%AEt_xvi,_un_humble_ouvrier_dans_la_vigne_du/fr1-772309texttexttext
French Le cardinal Poupard prône un supplément d’âme pour l’Europe
Dec 19, 2013
« L’Europe est une réalité culturelle et spirituelle aujourd’hui en crise ».

À quelques jours de la fin d’année, l’Institut Robert Schuman pour l’Europe a organisé une conférence internationale pour célébrer le 50° anniversaire de la mort de l’homme d’État dont elle porte le nom et la mémoire, Robert Schuman, décédé le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles, en Moselle. L’occasion de s’interroger sur la destinée d’une œuvre dont cet ancien président du conseil et ministre des affaires étrangères est considéré comme un des pères fondateurs : l’Union européenne.

Le 9 mai 1950, Robert Schuman, alors chef de la diplomatie française, prononce un discours, depuis un des salons de son ministère, pour proposer de placer la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Recevant aussitôt une réponse positive du chancelier allemand Konrad Adenauer, le plan Schuman entraîne la création de la  Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) à partir de laquelle sera construite la Communauté économique européenne (1957) puis l’Union européenne (1992).

La conférence organisée par l’Institut Robert Schuman pour l’Europe vendredi 13 décembre au centre de la Conférence des évêques de France avait pour thème : « L’Europe fait-elle fausse route? ». Le scepticisme qui se manifeste dans l’opinion envers l’Union européenne est en effet largement partagé par des associations et des personnalités porteurs d’une vision culturelle voire spirituelle et qui trouvent que le projet européen s’est perdu dans une gestion purement économique et technocratique. Les mouvements et milieux d’inspiration démocrate chrétienne n’y retrouvent pas les convictions profondes de trois des pères fondateurs de l’Europe, Robert Schuman, Konrad Adenauer et l’Italien Alcide de Gasperi, qui appartenaient à cette famille politique.

« La rumeur sourde des peuples en proie à la crise »

Le Vatican, s’il a toujours soutenu le projet européen, exprime souvent cette même critique. C’est celle qu’a développée le 13 décembre, au centre de la Conférence des évêques de France, le cardinal Paul Poupard, ancien président du conseil pontifical pour la culture (1988-2007) et du conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux. « L’Europe fait-elle fausse route« ?, a-t-il commencé. « Question incontournable pour qui parcourt l’Europe  à l’écoute de la rumeur sourde qui monte des profondeurs des peuples en proie à une crise qui touche directement les personnes dans leur travail, leurs revenus, leurs perspectives d’avenir, et plus encore celles de leurs enfants« .

« La guerre est devenue improbable et impensable »

« La finalité première et essentielle de la route prise par le père de l’Europe, Robert Schuman, et ses partenaires, Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi, a été rejointe et atteinte de manière exemplaire« , souligne le cardinal Poupard. « La guerre, qui était perçue comme inévitable des deux côtés du Rhin entre les deux peuples français et allemands séculairement antagonistes, est devenue non seulement improbable mais tout simplement impensable« .

« Nous avons de fait abandonné une communauté solidaire »

« Mais qu’en est-il aujourd’hui« ?, questionne-t-il. « Il me semble que, sans le dire, en passant de la Communauté européenne à l’Union européenne, nous avons de fait abandonné une communauté solidaire, pour nous limiter à une union économique. Pour reprendre une expression célèbre de Robert Schuman le 9 mai 1950 : ‘L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble, elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait‘ ».

« La poursuite égoïste et solitaire d’intérêts contrastés »

« En réalité, tout se passe comme si, à la mise en œuvre désintéressée de cet idéal premier : que devons-nous faire concrètement pour construire ensemble une communauté fraternelle et solidaire, s’était subrepticement substituée la préoccupation, et en conséquence, la poursuite égoïste et solitaire d’intérêts inévitablement contrastés, dans l’oubli progressif de la recherche d’un bien commun européen pour tous les peuples« , assène le cardinal Poupard.

« Une spirale sans fin «

« La conséquence ruineuse en est l’émergence croissante d’un sentiment profond de frustration, entraîné par la convergence de motifs de mécontentement suscités par la crise économique et sociale, les fermetures multipliées d’entreprises, la croissance exponentielle du chômage, l’incapacité de la société à donner aux jeunes, souvent diplômés, un travail correspondant à leur qualification, l’exaspération devant ce qui est perçu comme une oppression fiscale sans contrepartie légitime, l’impuissance enfin des politiques, bref, une spirale sans fin qui, faute de pouvoir s’en prendre à des responsables identifiés jugés incompétents ou insignifiants, que des élections démocratiques pourraient enfin remplacer par d’autres, suscite une défiance profonde envers une lointaine structure baptisée ‘Europe’, jugée comme technocratique et retenue comme la source incontrôlable de tous les maux identifiables« .

« L’Europe a besoin de retrouver une identité »

« Ce malaise endémique ne pourra pas être traité comme un vulgaire rhume des foins« , ironise le prélat originaire de Bouzillé (Maine-et-Loire) – un « petit Liré angevin« . « L’Europe a besoin de retrouver une identité, de se donner un visage et des finalités clairement identifiables et désirables par l’ensemble des citoyens , afin que tous puissent faire leur l’adage romain antique et convaincant : ‘res nostra agitur, c’est notre affaire, à tous« !

« Le politique est aujourd’hui perçu comme impuissant »

« Faute d’avoir su, d’avoir pu, d’avoir voulu dominer l’économique, le politique est aujourd’hui perçu comme impuissant devant une finance sans visage et sans âme, apparemment omniprésente et omnipotente« , poursuit le cardinal Poupard, après un aperçu rapide des grands bouleversements de la mondialisation. « Le mythe de la gouvernance globale s’est évanoui. L’Organisation des Nations Unies affiche sa division. Et, à l’intérieur même de l’Union européenne, qui semble devenue une circonférence en perpétuelle extension dépourvue d’un centre identifiable, des choix politiques incompatibles s’affichent au sommet des États, au détriment de l’idée même d’un bien commun que devait soutenir le choix historique d’une monnaie unique« .

« L’éducation redevient une tâche prioritaire »

« Dans ce panorama désolant, l’éducation redevient une tâche prioritaire« , précise-t-il. « La société française, et plus généralement européenne, est inquiète pour son école. Des élèves insuffisamment formés sont largement victimes du chômage à la sortie de l’école : 25% de chômage des jeunes dans la plupart des pays européens, soit plus de trois millions et demi de moins de 25 ans. Tous tentent de prendre l’ascenseur social. Mais comme il est en panne, ils se retrouvent bloqués dans l’escalier de service dans une société fragilisée, non seulement par la crise financière et économique, mais par la perte des repères traditionnels engendrée par les bouleversements technologiques et culturels. La transmission des services, mais aussi d’un minimum de valeurs communes à tout tissu social, est la clé de voûte de l’avenir. Aucune civilisation  ne peut se construire ni se maintenir sans cette projection vers le futur« .

« Le tremplin de la renaissance d’un vouloir-vivre commun »

« L’Europe est aujourd’hui au défi« , poursuit l’ancien président du conseil pontifical pour la culture, qui fut à ce titre en dialogue permanent avec le monde de son temps. « Il ne s’agit plus d’opposer une supranationalité menaçante à des nationalités aussi ambitieuses qu’impuissantes, mais d’ouvrir les nations au seul cadre qui permette à leurs peuples d’affronter ensemble le troisième millénaire. L’Europe est une réalité culturelle et spirituelle aujourd’hui en crise. Cette mutation peut l’entraîner à la décadence. Elle peut aussi, si nous le voulons, devenir le tremplin de la renaissance d’un vouloir-vivre commun, enraciné dans une histoire contrastée, un tout formé de parties souvent antagonistes mais tendues vers un même avenir« .

« Une inclusion entre provinces et patries dans une Europe unie«

« Il m’apparaît possible et nécessaire de surmonter une opposition ruineuse entre nations et plus grands ensembles et d’ouvrir au contraire une inclusion entre provinces et patries dans une Europe unie. Car l’Europe ne peut s’édifier durablement sans la libre adhésion motivée de tous les peuples qui la composent. Notre communauté de civilisation est faite de la diversité de nos cultures, puisées à la même source millénaire, pierre angulaire de notre identité européenne« .

« Le danger d’un capitalisme sauvage »

Le cardinal Poupard liste finalement plusieurs défis. « Le défi démocratique. Si des constitutions démocratiques ont partout remplacé les structures totalitaires, les comportements n’ont pas suivi partout pour autant« , explique-t-il. « Le défi économique et social. Tant en Occident que dans les pays ex-communistes, le danger d’un capitalisme sauvage dont les victimes sont les plus pauvres et les moins favorisés se manifeste. La crise épocale que nous vivons, avant d’être bancaire et financière, est d’ordre éthique« .

« L’Europe se trouve devant un vide intellectuel »

Vient ensuite « le défi intellectuel« . « Après l’écroulement de l’idéologie marxiste-léniniste athée, l’Europe se trouve devant un vide intellectuel comme peut-être jamais dans son histoire« , enchaîne le cardinal Poupard.  « Le défi nationaliste : les antagonismes nationaux se réveillent à l’Est du continent. Et l’Europe peine à se situer en toute clarté comme un ensemble pacifique sans aucune visée antagoniste« .

« Un relatif effacement du christianisme devant une poussée de l’Islam »

« Le défi démographique« . « L’Espagne et l’Italie, toujours considérés comme pays catholiques, sont devenus les pays les moins prolifiques du monde et de toute l’histoire humaine, entraînant l’alarme pour le vieillissement et le manque de renouvellement des populations, la difficulté d’assurer les retraites des plus nombreuses générations vieillissantes« . Cet « hiver démographique » se profile « face au défi des nations montantes à la démographie foisonnante, qui s’accompagne d’un effondrement des valeurs, et d’un relatif effacement du christianisme devant une poussée de l’Islam, doublée de mouvements fondamentalistes. La baisse croissante de la fécondité européenne s’accompagne d’une promotion de l’avortement et même de la tentative, en Belgique, de légaliser une euthanasie de mineurs que même la barbarie nazie n’avait osé afficher« .

« Apprendre aux jeunes générations à vivre leur propre identité dans la diversité »

« Le défi migratoire« , enfin, rappelle le prélat. « Nous ne pouvons voir coexister très longtemps un sud pauvre, prolifique, musulman et fier de l’être avec un nord riche, sans enfants, et honteux de ses racines chrétiennes conjuguées avec l’apport des juifs, des musulmans et des héritiers des Lumières. Par ailleurs, les soubresauts violents de banlieues londoniennes et parisiennes sanctionnent périodiquement les échecs conjoints du communautarisme et de l’intégration. Le premier devoir est sans doute celui  de vivre dans une volonté de paix, respectueuse et solidaire à l’égard des autres. Apprendre aux jeunes générations à vivre leur propre identité dans la diversité est une tâche prioritaire de l’éducation à la culture, d’autant que souvent les groupes de pression ne manquent pas d’utiliser la religion à des fins politiques qui lui sont étrangères« .

« Nous devons éduquer à l’effort »

Face à ces enjeux, « nous devons construire, non pas en commençant par le toit, mais par les fondations« , suggère le cardinal Poupard. « Nous ne ferons pas l’Europe avec de nouvelles institutions, pour nécessaires qu’elles soient, si nous n’éduquons pas les jeunes Français, Allemands, Italiens, Espagnols, Polonais et Russes,  à être Européens. Il ne servirait à rien, aux nations comme aux groupes sociaux, de revendiquer des droits si personne n’a été élevé, au sens fort du terme, à honorer des devoirs. Nous devons éduquer à l’effort, à l’épreuve et à la souffrance, sans quoi nous préparons inconsciemment de terribles mécanismes d’exclusion. Bref, nous manquons d’un idéal élevé et de la volonté de le réaliser. Henri Bergson, voici un siècle, diagnostiquait : ‘Notre monde élargi a besoin d’un supplément d’âme‘ ».

« L’achèvement de l’Europe par la culture »

L’ancien président du conseil pontifical de la culture a conclu en citant Robert Schuman, s’exprimant devant le Centre catholique des intellectuels français. « Il importe de nous rendre compte que l’Europe ne saurait se limiter à la longue à une structure purement économique. Il faut qu’elle devienne une sauvegarde pour tout ce qui fait la grandeur de notre civilisation chrétienne : dignité de la personne humaine, liberté et responsabilité de l’initiative individuelle et collective, épanouissement de l’énergie morale de nos peuples. Une telle mission culturelle sera le complément indispensable et l’achèvement d’une Europe qui jusqu’ici a été fondée sur la coopération économique. Elle lui conférera une âme, un anoblissement spirituel et une véritable conscience commune« .

http://paris-international.blogs.la-croix.com/le-cardinal-poupard-prone-un-supplement-dame-pour-leurope/2013/12/16/
Italian Il Cardinal Poupard sicuro, “storico” l'incontro tra Putin e il Papa
Nov 27, 2013
Alla vigilia della visita del presidente della Federazione Russa Vladimir Putin in Vaticano e dell'incontro con Sua Santità Papa Francesco I, la corrispondente de La Voce della Russia Caterina Santoni ha incontrato uno dei cardinali più influenti della Santa Sede, Sua Eminenza Paul Poupard, fino a poco tempo fa presidente del Pontificio Consiglio della Cultura e del Pontificio Consiglio per il Dialogo Inter-Religioso.

Corrispondente: Cosa ne pensa, eminenza, del prossimo incontro tra Putin e Francesco?

Cardinale: Direi che è un fatto storico. Ho saputo che venendo in Italia il presidente Putin ha espresso, in modo molto significativo, il desiderio di incontrare sua Santità Papa Francesco. Come mi ha confermato l’ambasciatore russo presso la Santa Sede, il presidente della Federazione Russa vuole dare al Pontefice la priorità assoluta, andando direttamente da lui in Vaticano.

Lavorando a Roma dal 1959, ho potuto osservare le nostre Chiese, dove ognuno ha un suo modo di vivere la stessa fede. Ricordo la mia emozione la prima volta che sono andato a Mosca ed ho potuto partecipare alla liturgia ascoltando “ Gospodi, Gospodi” . Quelle preghiere erano molto significative, specialmente se inquadrate in quegli anni terribili. Era circa il ‘75 e tutti, in Russia, professavano la fede nel Signore. Dopo di chè, viaggiando sulla “Freccia Rossa” sono andato a Leningrado… e chi avrebbe mai potuto dire che un quarto di secolo dopo sarei potuto andare a S. Pietroburgo! Il cambiamento in Russia è avvenuto senza una guerra, ma indirizzato dalla mano di Dio, che io già allora vedevo. Su un aereo da Leningrado ad Odessa scorgendo il paesaggio fatto solo di campagne una signora mi diceva che non era possibile che delle gente così credente fosse così umiliata … ed infatti qui torniamo alle vie del Signore! Crollato quell’impero persecutore ateista è tornata l’ora di Cristo.

Durante un convegno, che mi fece fare Papa Giovanni Paolo II dopo il crollo del muro di Berlino, abbiamo approfondito il legame di fede tra i popoli europei che unisce l’Italia e la Russia. Dopo alcuni anni ho avuto il privilegio di ritornare a Mosca dove ho avuto il privilegio di essere ricevuto in udienza, il primo novembre, da sua santità il Patriarca Kirill. Come ha riconfermato il Patriarca, è molto importante mettere insieme le nostre esperienze per lavorare insieme e durante l’udienza privata ha espresso il suo rispetto e la sua ammirazione per Papa Francesco.

Il Papa deve essere all’interno della realtà del mondo che ha un cuore travagliato! Pensiamo al Medioriente ed in particolare alla Siria: ero pieno di emozioni nel momento in cui eravamo tutti con il fiato sospeso per il terrore di una nuova guerra. Eravamo ormai sicuri che fosse una crisi insuperabile quando il vescovo di Roma ha chiamato tutto il popolo a pregare insieme affinché cessassero questi atti. Nello stesso momento però, la buona provvidenza ha voluto che ci fosse la grande riunione di capi di stato in Russia e che Papa Francesco, scrivesse al presidente Putin una lettera in cui si affidava a lui. Sua Santità prevedeva che lui avrebbe accolto i capi di stato per fermare quei venti di guerra che soffiavano in modo incredibile ed il miracolo ha avuto luogo!

http://italian.ruvr.ru/2013_11_25/Il-Cardinale-Paul-Poupard-sicuro-storico-lincontro-tra-Putin-e-Papa-Francesco/
French Les "deux poumons" du christianisme
Nov 19, 2013
Les échanges entre le patriarcat orthodoxe de Moscou et le Saint-Siège se multiplient, signe d’un réchauffement des relations. Ce mardi matin, au Vatican, le pape François a reçu en audience le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Ce même jour, le cardinal Scola, archevêque de Milan, rencontrait à Moscou le patriarche Kirill dans le cadre des commémorations du dix-septième centenaire de l’Edit de Milan de l’empereur romain Constantin.

Toujours ce mardi, un concert est organisé à Rome par la Fondation Urbi et Orbi, fondation rassemblant catholiques et orthodoxes qui travaillent ensemble dans le domaine de la culture. Autre événement à Rome, la présentation d’un livre de l’intellectuel russe, Sergueï Averintsev, auteur de Verbe de Dieu et paroles de l’homme, publié dans une édition bilingue italien-russe et préfacé par le métropolite Hilarion.

Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la Culture, participe à cette présentation, ayant bien connu l’auteur aujourd’hui décédé. Il y a quelques jours, il était lui-même à Moscou où il a rencontré le patriarche Kirill à l’occasion d’un symposium sur le thème de « la responsabilité sociale corporative dans la sphère de l’enseignement ».

Dans ce contexte d’intenses échanges culturels entre catholiques et orthodoxes, le cardinal Poupard rappelle que ce rapprochement a été initié par le pape Jean XXIII, avant de revenir sur ce qui rapproche les « deux poumons » du christianisme RealAudioMP3

Propos recueillis par Xavier Sartre

Jean XXIII, j’allais dire le génie grammatical pour me faire entendre, de redonner la priorité au substantif sur l’adjectif. Nous étions tellement séparés que nous avons oublié que nous étions frères. En nous redécouvrant frères, nous sommes encore séparés mais comme toutes les familles, il y a eu des brouilles. Pour les retrouvailles, il faut laisser le temps au temps mais le temps est en marche.

Vous pensiez que ce premier pas de la culture, de ce dialogue avant tout culturel peut amener justement à aborder par après le débat plus théologique ?

Vous savez, je crois que tout se fait de façon contemporaine. Tout cela marche ensemble. Et l’important, c’est qu’entre les fidèles orthodoxes et les fidèles catholiques, nous n’avons pas de contentieux fondamental au plan théologique. Nous partageons la même foi qui s’enracine dans la même parole de Dieu, qui est donc irriguée par la Sainte Liturgie. Nous allons dans notre vie quotidienne, dans le « gouvernement » pour prendre ce terme, cheminer de façon différente et voir comment il y a comme de part et d’autre un rapprochement dans nos manières différentes de cheminer. Du côté du monde orthodoxe, il y a maintenant la reconnaissance de l’évêque de Rome comme le « primus inter pares », le premier parmi les pairs. Certains avaient oublié que le Pape François s’est présenté au moment même de son élection. Les cardinaux élisent l’évêque de Rome. Et l’évêque de Rome hérite du ministère de Pierre. Donc, le point sur lequel nous avons à nous rapprocher, c’est ce fait de la manière de vivre ce ministère. Pour les Églises orthodoxes, il y a la grande importance de ce que nous appelons « la collégialité », le saint-synode. Nous sommes tout au début du pontificat du Pape François mais dans sa manière de gouverner, il a déjà posé des jalons très significatifs en ce sens, en instituant cette commission des cardinaux et toutes les dernières dispositions sur la manière de potentialiser le synode des évêques qui avait été créé par le Pape Paul VI. Paul VI disait aux évêques « vous allez nous quitter. Hier, vous n’étiez pas là et nous n’en souffrions pas. Et maintenant, nous ressentons un grand vide. Et donc, nous ne pouvons pas avoir un concile permanent, pour le réconfort de votre présence, l’apport de votre sagesse.

http://fr.radiovaticana.va/news/2013/11/12/les_deux_poumons_du_christianisme,_selon_le_cardinal_poupard/fr1-745956
French Conclave - Le cardinal Poupard : "on ne peut plus continuer comme cela"
Mar 11, 2013
Réunis depuis une semaine en congrégations générales, les cardinaux ont longuement débattu des défis qui attendent le prochain Pape. A commencer par le lourd héritage que laisse une curie romaine minée par les tensions et les scandales. Le cardinal Poupard, qui est arrivé à Rome à l'époque du Concile, estime qu'une réforme est nécessaire. Dans le fonctionnement de la Curie... et au-delà...

09 mars 2013

Quant on est cardinal, dans quel état d’esprit entre-t-on en Conclave ?

Je me revois en 2005 avant d’entrer, en début d’après-midi, avec tous mes confrères, assis les uns à côté des autres. Il y avait un silence total, que personne n’avait envie de rompre. Quand on est dans la Chapelle Sixtine, sous le regard du Jugement Dernier de Michel-Ange, c’est un silence de prière. Il y a à la fois un sentiment de responsabilité, de gravité et de sérénité.

On ressent combien la charge pontificale est écrasante ?

Bien sûr. On mesure deux dimensions très présentes. Le poids de l’histoire depuis l’empire romain jusqu’à la modernité, et l’étendue de l’Eglise d’aujourd’hui, dont la composition est en train de basculer puisque la moitié des catholiques sont maintenant sur le continent américain. Ce sont ces deux regards qui s’entrecroisent, l’histoire et le monde.

Crédit photo Reuters cardinaux rangée.jpg



Quels grands thèmes vont dominer ce conclave ?

D’abord, ce que j’appelle la décroyance, la sécularisation de l’Occident. Nous avons besoin d’un pape qui ait pleinement conscience de ces défis tout en soulignant les signes encourageants, en donnant un élan. Le second grand sujet, c’est le positionnement vis-à-vis de la poussée de l’Islam. Enfin, toutes les questions liées à la place dans l’Eglise des laïcs, des femmes, au sujet sensible des divorcés remariés que Benoît XVI avait commencé à traiter.



Après les scandales de 2012, la Curie est un enjeu du conclave ?
Le Pape a beau avoir toutes les qualités que les journaux lui prêtent dans leur liste de « papabili », il est entouré de collaborateurs. A commencer par le cardinal Secrétaire d’Etat. Cette figure a émergé peu à peu dans l’histoire. Je souhaite que nous ayons un pape qui soit capable de constituer autour de lui une vraie équipe. Une équipe dans laquelle le cardinal secrétaire d’Etat serait un peu comme le Premier ministre, mais pas le ministre tout seul.

Cette méthode, c’est un peu comme le « ticket » de l’élection américaine ?

Si les cardinaux optent pour un choc, comme en 1978,en allant chercher un successeur loin de Rome, le choix du Secrétaire d’Etat va être crucial. Pour avoir quelqu’un qui connaisse bien la curie tout en ne se substituant pas au pape.



C’était une des limites du pontificat sortant ?  
Benoît XVI n’a voulu toucher à rien. Son successeur va se trouver devant une situation de fait. Il faut qu’il ait l’intelligence de dire : on ne peut plus continuer comme cela. Paul VI a été le seul pape récent  à vraiment réformer l’institution. Il a institué le synode des évêques et la réunion des chefs de dicastère, tombée en désuétude depuis. A la fin du Concile, Paul VI avait dit aux évêques : vous allez partir, mais nous nous avons besoin de sentir le réconfort de votre présence, l’aide de votre expérience et le poids de votre autorité. Et puis tout cela s’est un peu effiloché. Il faut réactiver cet esprit.

Ce discours de la méthode est partagé ?
En partie, oui. Sinon, vous avez un pape qui vient de loin et s’en remet pour la gestion des affaires curiales, et on revient au problème précédent. Beaucoup me semblent avoir envie de sortir de l’état actuel, et c’est très sain.

Pour la première fois, la curie n’est donc pas un sujet tabou ?

Tout à fait. Y compris chez les cardinaux italiens, y compris chez certains cardinaux de Curie. Il y a une espèce d’évidence, on ne peut pas continuer comme cela.

http://international.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/03/08/pape-conclave-poupard-cardinal-benoit-xvi.html
Italian Il cardinal Poupard: “Le nozze gay? Una ferita alla civiltà”
Jan 19, 2013
A Vatican Insider il presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura: “Non è una battaglia cattolica: in piazza ci sono anche tanti non credenti e omosessuali”

E' giusto manifestare contro le nozze omosessuali perché ad essere minacciata è l'alterità sui cui è fondata la società". Mentre a Parigi sfila un imponente corteo contro il progetto di legge voluto da Hollande, in Curia il cardinale francese Paul Poupard difende le ragioni della protesta anti-matrimonio omosex. A "Vatican Insider" il presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura spiega le ragioni del no e  assicura che "quanto sta accadendo in queste ore in Francia non è solo una rivendicazione cattolica".



A insorgere contro le nozze gay sono i cattolici?

"Non solo i cattolici. si oppongono al progetto legislativo Mariage pour tous (Matrimonio per tutti). Partecipano alla mobilitazione anche tantissime persone che non fanno parte della comunità ecclesiale come l'ex ministro socialista della famiglia dell'epoca di Mitterand, la moglie di Lionel Jospin e tantissimi non credenti e omosessuali dichiarati. Condividono la stessa posizione antropologica del mondo cattolico. Ciò dimostra che, come ci insegna il Beato John Henry Newman, la Chiesa difendendo la cultura cattolica salvaguarda la cultura "tout court". Non a caso il capo della Chiesa cattolica francese, il cardinale Andre Vingt-Trois, il gran rabbino di Parigi Gilles Bernheim e il leader del Consiglio Islamico Mohammed Moussaoui sono uniti nel respingere il progetto del governo".



Perché la Chiesa parla di minaccia alla famiglia?

"Chi ha proposto il matrimonio omosessuale ha parlato apertamente di un cambiamento di civiltà. Ma è una mistificazione perché chi ha votato Hollande alle ultime elezioni non ha votato per un cambiamento di civiltà. Il merito della mobilitazione contro questo progetto di leggo profondamente sbagliato è aver creato dibattito e riflessione su una questione decisiva per la società".



La "laicità" prevale sul bene comune?

"Viene calpestato il valore dell'unione tra uomo e donna, dalla quale scaturisce il concetto di famiglia che costituisce la base della società. Se si mina alle fondamenta la famiglia che è cellula costitutiva della società si va contro il bene comune. Come ha recentemente ricordato Benedetto XVI se finora avevamo visto come causa della crisi della famiglia un fraintendimento dell'essenza della libertà umana, adesso diventa chiaro che qui è in gioco la visione dell'essere stesso, di ciò che in realtà significa l'essere uomini".



Cosa replica a chi accusa il cattolicesimo francese di combattere battaglie tradizionaliste?

"Non si può tacere di fronte alla distruzione della società condotta attraverso nuova concezione della sessualità che provoca una rivoluzione antropologica fondata sull'ideologia del gender. Ma in questo modo, ha chiarito il Pontefice, l'uomo nega la propria natura e decide che essa non gli è data come fatto precostituito, ma che è lui stesso a crearsela. E' compito della Chiesa difendere valori non negoziabili affinché questi possano tradursi in azione politica".

http://vaticaninsider.lastampa.it/inchieste-ed-interviste/dettaglio-articolo/articolo/nozze-gay-gay-marriage-matrimonio-gay-adozioni-adoptions-adopciones-21328/
Spanish Cardenal Poupard: «Los que propugnan el matrimonio gay buscan un cambio de civilización»
Jan 19, 2013
«Es justo manifestarse en contra del matrimonio homosexual, porque la que está siendo amenazada es la alteridad en la que se basa la sociedad».

Mientras en París marcha una imponente manifestación en contra del proyecto de ley del gobierno de Hollande, en la Curia el cardenal francés Paul Poupard defiende las razones de la protesta.

El presidente emérito del Pontificio Consejo de la Cultura explica las razones del “no” y asegura que «lo que está sucediendo en estas horas en Francia no es solo una reivindicación católica».

- ¿Los que se manifiestan en contra del matrimonio homosexual son los católicos?
- No son solo los católicos los que se oponen al proyecto legislativo “Mariage pour tous” (Matrimonio para todos). Participan en la manifestación muchas personas que no forman parte de la comunidad eclesial, como el ex ministro socialista de la familia de la época de Mitterand, la esposa de Lionel Jospin y muchísimos no creyentes y homosexuales declarados.

Comparten la misma postura antropológica del mundo católico. Esto demuestra que, como nos enseña el Beato John Henry Newman, la Iglesia, al defender a la cultura católica salvaguarda a la cultura "tout court". No es ninguna casualidad que el líder de la Iglesia francesa, el cardenal Andre Vingt-Trois, el gran rabino de París, Gilles Bernheim, y el líder del Consejo Islámico, Mohammed Moussaoui, se unieron para rechazar el proyecto del gobierno.

- ¿Por qué la Iglesia habla de una amenaza para la familia?
- Los que proponen el matrimonio homosexual hablan abiertamente de un cambio de civilización. Pero se trata de una mistificiación, porque los que votaron por Hollande en las últimas elecciones no votaron por un cambio de civilización. El mérito de la marcha en contra de este proyecto de ley, profundamente erróneo, es haber creado el espacio para una reflexión sobre una cuestión decisiva para toda la sociedad.

- ¿El laicismo prevalece sobre el bien común?
- Se menosprecia el valor de la unión entre un hombre y una mujer, de la que surge el concepto de familia que constituye la base de la sociedad. Si se destruye el fundamento de la familia, que es la célula constitutiva de la sociedad, se va en contra del bien común.

Como ha recordado hace poco Benedicto XVI, si hasta ahora habíamos visto como causa de la crisis de la familia un malentendido de la esencia de la libertad humana, ahora queda claro que lo que está en juego aquí es la visión del ser mismo, de lo que significa verdaderamente ser hombres.

- ¿Que diría a los que acusan de tradicionalismo al catolicismo francés?
- No podemos permanecer callados ante la destrucción de la sociedad mediante una nueva concepción de la sexualidad que provoca una revolución antropológica, que se basa en la ideología de género. Pero de esta manera, aclaró el Pontífice, el hombre niega la propia naturaleza y decide que no la ha recibido como un hecho preconstituido, sino que es él mismo quien la puede crear. Es una tarea de la Iglesia la defensa de estos valores no negociables, para que se puedan traducir en una acción política.

http://www.religionenlibertad.com/articulo.asp?idarticulo=27064
Italian Non si poteva assistere indifferenti
Apr 02, 2011

Roma, 20 mar. (TMNews) - "Non si può assistere indifferenti al massacro di civili innocenti". Di fronte all'intervento in Libia, il cardinale francese di Curia, Paul Pupard, diplomatic vaticano di lungo corso, presidente emerito del Pontificio consiglio della cultura ed ex ministro del dialogo interreligioso, ha richiamato in una intervista alla Stampa il "dovere di evitare ulteriori sofferenze alla popolazione" anche attraverso un intervento "concordato con il mondo arabo". L'urgenza è quella di "preservare i civili dalle violenze".

"In questo momento drammatico - ha proseguito il cardinale Poupard - le varie posizioni stanno convergendo verso un punto di vista condiviso e cioè che si impone il dovere di agire per preservare le popolazioni inermi e i civili innocenti dalle violenze. Pur partendo da letture diverse della tragedia libica si è arrivati ad una significativa unanimità di coscienze dopo le consultazioni e gli incontri internazionali che si sono svolti a vari livelli. Soprattutto nel quadro doveroso delle Nazione unite".

http://notizie.virgilio.it/notizie/politica/2011/03_marzo/20/libia_card_poupard_non_si_poteva_assistere_indifferenti,28819345.html
Italian S.E. il Cardinale Paul Poupard ed il Mediterraneo: l'intervista
Mar 06, 2011
Mentre in queste ore si stanno decidendo le sorti dell'Egitto e del suo governo, oggi pomeriggio abbiamo intervistato S.E. il Cardinale Paul Poupard, invitato dalla MONACO

MEDITERRANEE FOUNDATION per dibattere sul tema « La rencontre des cultures en Méditerranée : un défi pour la Paix».
D: Cardinale, che senso ha parlare di pace e sviluppo tra i paesi dell'Europa mediterranea mentre sono in corso conflitti importanti in alcuni stati del nord Africa?
R: Innanzitutto bisogna fare una giusta premessa. E' ormai chiaro a tutti che viviamo in un mondo globalizzato. Non c'è evento, positivo e negativo, che non si ripercuota ovunque. E' altresi' evidente che quando parliamo del Mediterraneo intendiamo paesi che appartengono all'Europa, al nord, e quelli costieri africani, al sud. Questi ultimi pero', essendo i piu' deboli economicamente, giocoforza hanno risentito maggiormente della crisi dei paesi del nord e quindi subiscono gli effetti e l'esasperazione di tanti problemi sociali ed economici che si stanno rivelando fatali.
D: ...come il caso della Tunisia e dell'Egitto.
R: Beh, il caso dell'Egitto, è emblematico. Lo definirei quasi il 'pivot' , il paese cardine del Mediterraneo. Osservando meglio la situazione del paese egiziano capiamo che sta subendo le inquietudini che scuotono anche la vicina l'Europa: l'aumento del prezzo dei cereali e la disoccupazione inarrestabile, caratterizzata da una forte percentuale di giovani che non hanno prospettive di lavoro e neppure un futuro da sperare, oltre all'aumento del costo della vita. A ben vedere, come dicevo, non sono argomenti estranei agli altri paesi del Mediterraneo, solo che in Egitto le conseguenze sono portate all'estremo, con la rivolta popolare.
D: Allora, quale potrebbe essere in futuro la chiave per accedere a progetti di pace nel Mediterraneo?
R: La prima cosa da ricordare è che per avere la pace bisogna conquistarsela, come ogni causa che ha valore. Chi potrà riuscirsi è una nuova figura di cittadino, l'uomo mediterraneo, che dovrà diventare consapevole di abitare questo bacino d'acqua chiuso, da secoli facilitatore di scambi commerciali e culture diverse. Solo cosi' potrà sentirsi parte integrante del processo di pace per le popolazioni che abitano questo mare, inteso come vera e propria culla di grandi civiltà come quelle ebraica, mussulmana e cristiana.
D: Eminenza, come pensa di adempiere alla sua missione di facilitatore nel dialogo tra i paesi del Mediterraneo?
R: Credo che il modo piu' semplice sia quello di avviare composti dialoghi interculturali ed interreligiosi, che possano trasmettere informazioni, oltre a permettere confronti aperti. C'è bisogno di etica nella vita e di chiarezza sulle incomprensioni che spesso ci sono tra popoli di diverse culture e confessioni. Purtroppo l'ignoranza è spesso causa di reazioni violente e di conflitti immotivati.
D: Uno sguardo al futuro?
R: Non sono un indovino, vivo ed osservo il presente che studio e cerco di comprendere al meglio. Certamente pero', in questo fase di transizione ed in attesa di un nuovo periodo di stabilità, sono convinto che il ruolo che avranno le forze armate in questi conflitti rapresentino la sola garanzia per evitare la degenerazione di crisi profonde, esattamente come si sta dimostrando in Egitto.

http://www.ventimiglia.biz/201102105063/Costa-Azzurra-cronaca/se-il-cardinale-paul-poupard-ed-il-mediterraneo-lintervista.html
Italian Il Cardinale Paul Poupard incorona la B.V. Immacolata di Squillace
Dec 28, 2010

"Hai fatto un ottimo lavoro". Queste le semplici parole pronunciate dal cardinale Paul Joseph Jean Poupard, presidente del Pontificio Consiglio della cultura nella Santa Sede, nei confronti del maestro  Michele Affidato, orafo in Crotone.

Nei giorni scorsi, nella concattedrale di Squillace,  alla presenza del cardinale, dell'arcivescovo di Catanzaro - Squillace, Ciliberti e del suo emerito, Cantisani e del parroco della stessa, don Giuseppe Megna, ha avuto luogo l'incoronazione della statua di Maria Immacolata. A nome della cittadinanza il sindaco Guido Rodio mentre, a rappresentare il comprensorio ben 16 sindaci.

Presente anche il questore di Catanzaro - Vincenzo Rocca. Una vera e propria festa mariana per l'incoronazione della statua realizzata nel 1877 per volere dell'allora vescovo Raffaele Morisciani, la cui corona invece fu creata nel 1750 dal maestro argentiere Bruno De Leo di Squillace. Nel ringraziare i presenti, il maestro orafo Michele Affidato rivolgendosi al Card. Poupard, ha inteso ricordare il cammino effettuato per giungere al restauro della bellissima corona, sin da quando fu contattato da don Giuseppe Megna il quale lo informò dell'incarico volto a restaurare la corona della B.V. Immacolata.

"Nell'avviare il progetto di restauro - ha esordito Affidato - ho inteso profondere tutta la mia esperienza artistica". E così Affidato scende nei particolari. "Appena arrivata nel laboratorio, la corona si presentava deformata in quanto in vari punti erano presenti evidenti lesioni e cedimenti del metallo. La corona oltre ad essersi ossidata evidenziava la mancanza di alcune composizioni in argento che formavano varie stelle".

Nella struttura dell’opera sono stati creati 29 castoni, all'interno dei quali sono state inserite varie pietre di colore. La corona è stata inoltre sottoposta ad un trattamento galvanico che ha reso possibile dorare alcune parti.

"Mi sento veramente onorato - ha concluso Affidato - di aver realizzato quest'opera di restauro riportando la corona al suo splendore originario sperando che il tutto torni gradito all'intera comunità di Squillace".

Fin qui le parole del maestro orafo crotonese al quale è stata commissionata anche un’opera della quale attraverso le mani del sindaco di Squillace Rodio, è stato fatto dono al Card. Poupard, opera che rappresenta il simbolo storico di Squillace il celebre “Vivarium”.

Don Giuseppe Megna ha inteso sottolineare nel suo discorso l’opera di Affidato confermandogli la fiducia che la chiesa ripone ormai da anni nell'arte e nell'opera di questo maestro orafo che porta il nome della propria terra, la Calabria, sempre più in alto.

http://www.arealocale.com/default.asp?action=article&ID=5429
German Der “schlechteste” Papst? – Kardinal Poupard im Gespräch
Nov 15, 2010

Vatikan) Alexander VI. war der “skandalöseste Papst der Kirchengeschichte”. Dieser Meinung ist Kurienkardinal Paul Poupard (80), ehemaliger Präsident des Päpstlichen Kulturrats und des Päpstlichen Rats für den interreligiösen Dialog in einem Interview, das er der französischen Journalistin Caroline Pigozzi für deren Buch “Les robes rouges”, ein Gesprächsbuch mit Kardinälen der katholischen Kirche, gab. Alexander VI., war 1431 als Roderic de Borja i Borja in der Region Valencia geboren worden.

Kardinal Poupard spricht in dem Buch über interne Kämpfe am “römischen Hof” am Übergang vom Mittelalter zur Renaissance. Pigozzis Nachfrage lenkt das Interesse auf die berüchtigte Familie Borgia, wie sie in Italien genannt wurde.

“Man sagt, daß Alexander VI., Papst von 1492 bis 1503, ein Mann von untadeligem Glauben, aber auch ein absolut unmoralisches Individuum gewesen sei”, so Kardinal Poupard. “Er war ein großer Renaissancefürst. Seine Wahl am 11. August 1492, die nach einigen mit Gold erkauft worden sein soll, machte aus ihm den skandalösesten Papst der Kirchengeschichte.” Seine Kinder “wurden auf nicht minder triste Weise bekannt”, so der französische Kardinal. Seinen Sohn Cesare Borgia, “gerissen und grausam”, nahm sich Niccolò Macchiavelli zum Vorbild für seine Schrift “Der Fürst”. Die Tochter Lucrezia, von außergewöhnlicher Schönheit, wurde von zahlreichen Künstlern ihrer Zeit auf Gemälden verewigt.

Kardinal Poupard erinnert jedoch auch daran, daß diese “so unglückselige” Familie der Kirche und der Welt auch den heiligen Franz von Borja (1510-1572) schenkte. Der Urenkel Alexanders VI., Francesc de Borja, war zunächst Vize-König von Katalonien. Nach dem Tod seiner Frau trat er dem neugegründeten Jesuitenorden bei, dessen dritter Ordensgeneral er von 1565-1572 war. Während seiner Amtszeit richtete sich das Augenmerk des Ordens vor allem auf die “Neue Welt” in Lateinamerika.

http://www.katholisches.info/?p=9858
French Le cardinal Poupard remettra le premier prix de sa fondation à Bartholomée Ier
Mar 10, 2010

La nature et la création sont au cœur de l’actualité. On l’a vu de manière dramatique ces derniers jours, les caprices de la nature, parfois meurtriers, suscitent en l’homme des interrogations et parfois la remise en question de Dieu. L’occasion pour les chrétiens de s’interroger sur le sens de la création. Benoît XVI revient souvent sur la redécouverte et la responsabilité de l’homme face à la création. C’est le cas aussi du patriarche de Constantinople Bartholomée Ier. Il doit recevoir mercredi 3 mars, à Monaco, le premier prix de la fondation Cardinal Paul Poupard pour son œuvre dans ce domaine. Écoutez le cardinal Poupard, il nous explique le sens de ce prix

http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=361087
Italian Il cardinal Poupard: ero a due passi, ho sentito un grido...
Jan 18, 2010
Il cardinale francese Paul Poupard racconta i momenti concitati che hanno preceduto la caduta di Benedetto XVI, spintonato da una donna durante la messa di Natale

"Ero a due passi dal papa", uno "dei più vicini al pontefice", all'improvviso "ho sentito un grido, mi sono voltato e ho visto una persona che saltava" la transenna. Il cardinale francese Paul Poupard racconta così i momenti concitati che hanno preceduto la caduta di Benedetto XVI, spintonato da una donna durante la messa di Natale.

Poupard, come ha raccontato lui stesso alla radio francese Rtl, camminava pochi metri davanti al papa e, quindi, non ha visto la scena, che si è svolta molto rapidamente. "Mi sono girato -ha detto- e ho visto che rimettevano la mitra al papa. Dopo l'incidente, ha aggiunto, "ho raddoppiato le preghiere" per il papa. "Gliel'ho detto e lui mi ha ringraziato. Ci ha salutato uno ad uno pacatamente, tranquillamente", ha detto il cardinale, assicurando che c'é stata "obiettivamente una minaccia nei confronti del papa".

Parlando poi della sicurezza Poupard ha detto che "ci vorrebbe una vigilanza maggiore, chi se ne deve occupare non può abbassare la guardia un istante". Anche se ha riconosciuto che si tratta di un compito non facile: "si possono fare controlli a tappeto, ma se qualcuno vuole far danno, può farlo, non possiamo impedirlo al 100%". D'accordo anche l'arcivescovo di Parigi che, intervenendo su Radio Europe1, ha spiegato che "statisticamente, visto il numero di persone che incontrano il papa in una settimana, il fatto che qualcuno possa compiere un gesto aggressivo è nelle cose possibili"

http://www.ilgiornale.it/interni/il_cardinal_poupard_ero_due_passi_ho_sentito_grido/25-12-2009/articolo-id=409463-page=0-comments=1
Italian Il cardinal Poupard: ero a due passi, ho sentito un grido...
Jan 08, 2010
Il cardinale francese Paul Poupard racconta i momenti concitati che hanno preceduto la caduta di Benedetto XVI, spintonato da una donna durante la messa di Natale

"Ero a due passi dal papa", uno "dei più vicini al pontefice", all'improvviso "ho sentito un grido, mi sono voltato e ho visto una persona che saltava" la transenna. Il cardinale francese Paul Poupard racconta così i momenti concitati che hanno preceduto la caduta di Benedetto XVI, spintonato da una donna durante la messa di Natale.

Poupard, come ha raccontato lui stesso alla radio francese Rtl, camminava pochi metri davanti al papa e, quindi, non ha visto la scena, che si è svolta molto rapidamente. "Mi sono girato -ha detto- e ho visto che rimettevano la mitra al papa. Dopo l'incidente, ha aggiunto, "ho raddoppiato le preghiere" per il papa. "Gliel'ho detto e lui mi ha ringraziato. Ci ha salutato uno ad uno pacatamente, tranquillamente", ha detto il cardinale, assicurando che c'é stata "obiettivamente una minaccia nei confronti del papa".

Parlando poi della sicurezza Poupard ha detto che "ci vorrebbe una vigilanza maggiore, chi se ne deve occupare non può abbassare la guardia un istante". Anche se ha riconosciuto che si tratta di un compito non facile: "si possono fare controlli a tappeto, ma se qualcuno vuole far danno, può farlo, non possiamo impedirlo al 100%". D'accordo anche l'arcivescovo di Parigi che, intervenendo su Radio Europe1, ha spiegato che "statisticamente, visto il numero di persone che incontrano il papa in una settimana, il fatto che qualcuno possa compiere un gesto aggressivo è nelle cose possibili".

http://www.ilgiornale.it/interni/il_cardinal_poupard_ero_due_passi_ho_sentito_grido/25-12-2009/articolo-id=409463-page=0-comments=1
English Pope's security should have been tighter, says cardinal
Dec 26, 2009
A cardinal who was with Pope Benedict XVI when he was assaulted during midnight mass in the Vatican said Friday security should have been tighter at the service.

Pope's security should have been tighter, says cardinal
Agence France-Presse
First Posted 23:44:00 12/25/2009

PARIS

A cardinal who was with Pope Benedict XVI when he was assaulted during midnight mass in the Vatican said Friday security should have been tighter at the service.

A woman vaulted a barrier at St Peter's Basilica and dragged the 82-year-old pope to the ground as he made his way to celebrate Christmas Eve mass.

The pope quickly got up and led the service with no apparent after-effects, but French Cardinal Paul Poupard, who was a few meters away at the time of the assault, said the incident was "definitely a threat to the pope".

"With hindsight, you would say greater vigilance was needed, so those in charge of security should not let their guard drop even for a second," the cardinal said on RTL radio, though he acknowledged the difficulty of the task.

"You can go over everything with a fine-tooth comb, (but) if someone really wants to do harm, they will do it -- you can never have a 100 percent guarantee of stopping them," he added.

Poupard described the moment the 25-year-old assailant -- who had tried to lunge at the pope last Christmas too before being restrained by bodyguards -- leapt over the barriers.

"I was a couple of paces away, I was one of the closest to him... We were walking forwards, singing with joy, the joyful spirit of Christmas, when bang, all of a sudden I heard a cry, turned round and there was a person jumping up."

Poupard was with the pope and other cardinals in St Peter's as they arrived for midnight mass, which had been brought forward to 10:00 pm (2100 GMT) to avoid tiring the pontiff during the busy Christmas period.

The cardinal said he redoubled his prayers for the pope after the attack.

"I told him this and of course he thanked me. He greeted us one by one, gently, peacefully," Poupard said.

Interviewed on French radio Europe 1, the Archbishop of Paris Andre Vingt-trois said he thought the incident was "not absolutely extraordinary".

"Statistically, given the number of people who meet the pope in a week, it is predictable that someone will come with an aggressive intention."
French Dossier : L'Eglise et l'Art, vus par le cardinal Poupard
Nov 22, 2009

Quand la foi rencontre l’art, une profonde harmonie se crée, rendant visible l’Invisible. C'est le message que Benoît XVI souhaite transmettre aux artistes qu’il rencontrera ce samedi 21 novembre dans la chapelle Sixtine, au Vatican. Des peintres, des écrivains, des poètes, des musiciens, des sculpteurs ou encore des comédiens qui ont répondu présent à l’appel du Pape soucieux de renouveler l’amitié et le dialogue entre l’Eglise et les artistes. 45 ans après la première rencontre de ce type à l’initiative de Paul VI et dix ans après la Lettre de Jean Paul II aux artistes, quel est aujourd’hui le principal objectif de ce nouveau face à face ?
Hélène Destombes a rencontré le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil Pontifical de la Culture

http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=336181
Italian Il cardinale Poupard su tradizione e rinnovamento nella Chiesa
May 14, 2009

La tradizione e il rinnovamento all’interno della Chiesa attraverso l’incontro con un testimone di primo piano della vita della Chiesa post conciliare, il cardinale Paul Poupard, presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura e del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso. Questo il tema dell’incontro pubblico svoltosi ieri sera a Lucca, nella cattedrale di San Martino, organizzato dall’arcivescovo della città, Italo Benvenuto Castellani. “La volontà più evidente dei padri che si erano riuniti nel Concilio Vaticano II era di tornare alla sorgente, e che Cristo non si può conoscere senza le Scritture”. Ha esordito così il cardinale Poupard dopo la domanda sul motivo per cui l’80 per cento dei cattolici italiani, secondo una recente ricerca, non ha mai letto integralmente i Vangeli. “Ignorare le Scritture è ignorare Cristo – ha continuato - e allora dovremmo dedurre che così tanti cattolici ignorano Cristo?” Per il porporato non si può giungere ad una conclusione così drastica, perché una delle ragioni può essere vista nel retaggio culturale derivato dall’avversione per il protestantesimo, che metteva la Bibbia sopra il Magistero. Un’altra ragione, specialmente in Italia, è, secondo il cardinale, da ritrovarsi nel sempre maggior distacco dei giovani verso la lettura in genere. “Prendiamo atto di questa situazione per cambiarla - ha dichiarato il porporato – è necessario prendere sul serio la riforma liturgica, ed introdurre le persone a quella lettura che si chiamava lectio divina, che ha nutrito per millenni il popolo di Dio, che, anche se non sapeva leggere, ascoltava”. Tuttavia, ha aggiunto non si può fare a meno di notare, negli ultimi tempi una certa presa di coscienza del problema; infatti, dappertutto, si stanno moltiplicando i circoli biblici. E alla domanda su quale sia il rapporto della Chiesa con i mezzi di comunicazione, il cardinale Poupard ha spiegato che nella realtà di fede ciò che è importante è la dimensione interiore, mentre, al contrario, ciò che conta, ad esempio nella televisione, è ciò che è più spettacolare

www.oecumene.radiovaticana.org
Italian Galileo e il Vaticano: una caso mai archiviato
Apr 13, 2009

ROMA, martedì, 7 aprile 2009 (ZENIT.org).- In questo 2009 dedicato all'Astronomia, è uscito in libreria il volume “Galileo e il Vaticano”, di Mariano Artigas e Melchor Sánchez de Toca (editrice Marcianum Press).

Il testo ripercorre l'operato della commissione di studio del caso Galileo Galilei, promossa da Giovanni Paolo II dal 3 luglio 1981 fino al 31 ottobre 1992, anno del 350° anniversario della morte di Galileo.

Il Cardinale Paul Poupard, Presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura, ne ha coordinato le ricerche dall'inizio alla fine.

Il lavoro multidisciplinare è stato svolto da esperti che hanno lavorato su quattro linee diverse e ha risposto a un orientamento suggerito dal Concilio Vaticano II, concludendosi con un importante discorso di Papa Wojtyła.

Il Cardinale Poupard ha rivelato la sua esperienza in alcune dichiarazioni a ZENIT: “Papa Giovanni Paolo II aveva la preoccupazione di chiarire un'immagine piuttosto cattiva della Chiesa nell'opinione pubblica, visto che per molti non credenti la Chiesa sarebbe stata nemica della scienza”.

“Man mano che sono andato avanti negli studi, nel mio incarico per la parte culturale, ho capito meglio come tutto questo sia stato strumentalizzato, soprattutto a partire dall'Illuminismo, divenendo un'arma contro la Chiesa”, ha commentato.

“È molto difficile andare contro le pseudo-evidenze – afferma il Cardinale Poupard –, e questo l'ho verificato man mano che lavoravo in questo campo. Alla fine ho dovuto coordinare un po' gli altri lavori di esegeti, storici, scienziati e altri”.

La prefazione al testo è opera del Presidente del Pontificio Consiglio per la Cultura, monsignor Gianfranco Ravasi, che ha confidato a ZENIT l'interesse della Chiesa a demitizzare il caso Galileo dal punto di vista culturale.

“Il principio fondamentale – sostiene monsignor Ravasi – è quello di riuscire, come diceva già Giovanni Paolo II, a purificare il passato, purificare la memoria, rimuovendo gli errori che si possono riconoscere anche da parte della comunità ecclesiale, e sulla base ormai purificata poter costruire un futuro diverso di dialogo che ritengo sia fondamentale, perché ora abbiamo di fronte tante sfide, e queste spesso vengono affrontate solo in chiave polemica e non invece con un dialogo vero e proprio”.

“Effettivamente – ha aggiunto – bisogna dire che Galileo era un grande credente e ha detto cose molto importanti dal punto di vista della teologia, del metodo teologico, del metodo esegetico. Proprio sulla base di questo, stupisce un po' che ancora si usi proprio Galileo come sorta di bandiera contro la fede”.

“In realtà la sua vicenda studiata correttamente può essere evidentemente giudicata negativa, e può essere perciò come si diceva rimossa come un ricordo del passato da cancellare – ha aggiunto mons. Ravasi –. Dall'altra parte, però, bisogna anche riconoscere che Galileo da oggi in poi può diventare l'appello costante e continuo per un migliore e fecondo dialogo tra scienza e fede, lui che ne è stato vittima”.

In questo il volume può essere di grande attualità, ha concluso monsignor Ravasi, perché è una “storia della commissione creata da Giovanni Paolo II partendo da documenti di archivio inediti. Una storia completa ed esaustiva a partire da testi originali”.

Uno degli autori di “Galileo e il Vaticano”, mons. Melchor Sánchez De Toca y Alameda, Sottosegretario del Pontificio Consiglio della Cultura, ha detto a ZENIT che “in realtà il caso Galileo non è mai stato abbandonato. E' sempre stato aperto”.

“Ciò che ha voluto fare Giovanni Paolo II – ha continuato – è stato invitare la Chiesa a gettare luce su questo caso e soprattutto invitare tutta la comunità scientifica e la Chiesa a rimuovere gli ostacoli del passato, gli ostacoli che continuano a fare di Galileo una sorta di icona, un mito, che la coscienza di molta gente vede come il simbolo di una contraddizione tra la scienza e la religione”.

“Credo che il riassunto migliore si ritrovi nell'atteggiamento e nelle parole di Giovanni Paolo II nel suo discorso del 31 ottobre 1992, quando concluse i lavori di questa commissione che egli stesso aveva istituito”.

“La Chiesa ha riconosciuto gli errori del passato, gli errori dei giudici di Galileo – ha ammesso – . Bisogna smettere di guardare al passato per guardare al futuro. Il tribunale della storia non può essere sempre aperto in sessione permanente”.
French Le cardinal Poupard à la rencontre des céramistes et de Picasso
Apr 07, 2009

C'est une visite impromptue et discrète qu'a rendue à la cité des potiers S.E le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la culture et ancien président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux du Saint-Siège, à l'invitation du comité de la Saint-Sauveur et de son président Philippe Mottier.

En déplacement sur la Côte d'Azur, le cardinal qui continue d'assumer pour le compte de Benoît XVI, des missions particulières, avait accepté de passer quelques heures de détente à Vallauris. Après le déjeuner dans un restaurant de Golfe-Juan où la délégation a été reçue officiellement au nom de la ville par l'adjointe Marie-Claude Moitry, le cortège s'est dirigé vers Vallauris.

Pour cet homme de culture, auteur de nombreux ouvrages, considéré comme l'un des principaux collaborateurs de quatre papes et qui a effectué sa carrière au Vatican pendant une trentaine d'années, la découverte du musée national « La guerre et la paix » de Picasso a été incontestablement émouvante et passionnante.

Le cardinal s'est longuement attardé dans la chapelle sous la conduite de Danièle Layet, adjointe aux affaires culturelles et Philippe Mottier, avant de se rendre dans les salles voûtées du musée de la céramique pour admirer les céramiques de Picasso.

Une rencontre émouvante

Accompagné par plusieurs de ses collaborateurs, le cardinal Poupard avait également tenu à rencontrer à cette occasion un céramiste et après la visite de la chapelle de la Miséricorde il s'est rendu à l'atelier de Jean Derval. Moment d'émotion pour le grand artiste, lui-même très croyant et inspiré par la religion catholique. Un dialogue d'une grande richesse humaniste s'est alors instauré entre le céramiste et le cardinal qui a remis à Jean Derval un chapelet siglé aux armes du Saint-Père.

La visite s'est achevée à la maison des jeunes par une autre rencontre avec les membres du comité de la Saint-Sauveur qui avaient réservé au cardinal Poupard une surprise avec une aubade interprétée au « gazou », cet instrument improbable que Son Éminence avoua avoir rencontré ici pour la première fois de sa vie !

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Italian Il cardinale Poupard consegna il Premio Henri de Lubac 2008 il 18 marzo
Mar 19, 2009

Verrà consegnato il 18 marzo a Roma dal cardinale Paul Poupard, all’Ambasciata di Francia presso la santa Sede, il “Premio Henri de Lubac 2008”. Creato nel 2004 dalla suddetta ambasciata - e destinato alla migliore tesi di dottorato in Scienze ecclesiastiche redatta in lingua francese e sostenuta in una delle università pontificie di Roma - il Premio è giunto alla quinta edizione. Con il riconoscimento intitolato al grande teologo francese, che ha segnato con i suoi scritti la storia recente della teologia, l’Ambasciata “intende incoraggiare la pubblicazione e la diffusione delle opere in francese nelle istituzioni universitarie pontificie romane”, si legge in una nota riportata dal Sir. Per questo, vengono versati tremila euro alla casa editrice che si propone di pubblicare la tesi e di assicurarne la diffusione. Otto le Università pontificie concorrenti: Gregoriana, Santa Croce, Urbaniana, Angelicum, Ateneo Sant’Anselmo, Ateneo Regina Apostolorum, Accademia di Teologia Marianum e Istituto Giovanni Paolo II. Della giuria, presieduta dal cardinale Poupard, fanno parte rappresentanti della Santa Sede, il presidente dell’Associazione Henri de Lubac e il direttore delle “Editions du Cerf”, che pubblicano le opere del grande teologo francese.
French Lettera del Pontefice al cardinale Paul Poupard per la nomina a inviato speciale ad Avignone
Feb 23, 2009

Il 10 gennaio scorso è stata pubblicata la nomina del cardinale Paul Poupard, presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura, a inviato speciale del Papa alle celebrazioni del vii centenario dell'inizio del soggiorno avignonese dei romani Pontefici (1309-1377), in programma ad Avignon (Francia) il 7 e l'8 marzo. Il cardinale sarà accompagnato da una missione composta dal canonico Jean Philibert, rettore della cattedrale metropolitana di Notre-Dame des Doms di Avignon, e dal canonico Daniel Bréhier, parroco di Carpentras e presidente della commissione diocesana per l'arte sacra. Di seguito pubblichiamo la lettera di nomina di Benedetto XVI.
Venerabili Fratri Nostro
Paulo s.r.e. Cardinali Poupard
Pontificii Consilii
de Cultura Praesidi emerito

Septingentesimus iam appetit annus ex quo tempore Romani Pontifices ad Avenionensem Sedem, Decessoris Nostri Clementis V de consilio voluntateque, transmigrarunt ibidemque sunt commorati usque ad definitum Romam anno MCCCLXXVIII reditum. Quaedam interea usu inibi evenerunt magni momenti. Nam, ut nonnulla supponamus exempla, ibidem Concilium Viennense est celebratum; sanctus Thomas Aquinas in sanctorum catalogum relatus est. Nec pietatis defuerunt incrementum ac testificationes, sicut preces purgatorii animabus adhibitae, sancti Petri peculiaris cultus atque sanctissimum Sacramentum per vias plateasque adorari est coeptum.
Admodum ideo decet iuvatque ut anni hi congruenter commemorentur et iusta ratione extollantur. Celebratio enim haec copiam dat et facultatem illius temporis spatii considerandi, quo Avenionensis Sedes christiani nominis veluti cor habebatur, ad quam praestantiores homines confluere solebant. Ipso igitur favente Domino, mensis Martii IX-X diebus illius aetatis sollemnior agetur recordatio.
Quocirca ut eventum magnificentius efficaciusque evolvatur, Avenionensis Archiepiscopi, Venerabilis Fratris Ioannis Petri Cattenoz, postulatis libenter occurrentes, mittere aliquem eminentem Praesulem statuimus, qui partes Nostras sustineat et Personam gerat. Ad te autem, Venerabilis Frater Noster, cogitationem convertimus, qui, Francogallicae Nationis inclitus filius, prorsus idoneus occurris ad ministerium hoc praestandum et luculenter explendum. Itaque permagna moti affectione, te Missum extraordinarium Nostrum renuntiamus et constituimus ad commemorationem quam supra diximus agendam.
Exoptamus insuper ut hac ex recordatione Sedes ista praeclara, ex pristino splendore sumpto incitamento, proximos in annos novum florem experiatur. Universis proinde participibus, cum civilibus tum religiosis Potestatibus, fidelibusque inibi cunctis voluntatem Nostram benignam ostendes. Cunctis Nostro nomine Benedictionem Apostolicam impertias volumus, quae sit animorum renovationis signum et futuro de tempore supernarum gratiarum nuntiatrix.
Ex Aedibus Vaticanis, die XXVI mensis Ianuarii, anno MMIX, Pontificatus Nostri quarto.
German Kardinal für mehr Einsatz bei Durchsetzung der Menschenrechte
Dec 03, 2008
dw-world.de

Früherer Präsident des Päpstlichen Kultur-Rates betont universale Geltung der Allgemeinen Erklärung der Menschenrechte
02.12.2008

Der emeritierte Kurienkardinal Paul Poupard hat zum stärkeren Kampf für die Menschenrechte aufgerufen. Die Welt brauche wirksamere Instanzen, um die Wahrung der Menschenwürde durchzusetzen, sagte der frühere Präsident des Päpstlichen Kultur-Rates am Wochenende im brandenburgischen Neuhardenberg. Der Gründer der Gemeinschaft Sant'Egidio, Prof. Andrea Riccardi, betonte seinerseits, die Situation der Menschenwürde lasse sich daran messen, inwieweit sie auch für die Armen gesichert sei.

Poupard und Riccardi sprachen bei einer Veranstaltung der Stiftung "Schloss Neuhardenberg" zur Frage: "Ist die Würde des Menschen antastbar?" Anlass war das bevorstehende 60-Jahr-Gedenken der Veröffentlichung der Allgemeinen Erklärung der Menschenrechte. Poupard erklärte, die Proklamation habe einen Präzedenzfall für die Anerkennung der Menschenwürde geschaffen. Die Geltung der Menschenrechte müsse universal sein. Auch in nichtchristlich geprägten Kulturen ließen sich Ansätze eines Begriffs der Menschenwürde finden.

Riccardi unterstrich, die Proklamation der Menschenrechte habe wichtige Impulse zur Demokratisierung diktatorischer Regime gegeben. Inzwischen würden verstärkt auch soziale und ökologische Fragen unter dem Aspekt der Menschenrechte betrachtet, so der italienische Historiker. Die von ihm in Rom mitbegründete Gemeinschaft Sant'Egidio erhielt für ihre Friedensinitiativen 1999 den Friedenspreis der UNESCO.
French Jean-Paul II a remis la miséricorde de Dieu « au centre »
Apr 02, 2008
Par le cardinal Poupard.

ROME, Mardi 1er avril 2008 (ZENIT.org) - Jean-Paul II a remis la miséricorde de Dieu « au centre » de la théologie comme de la pastorale, souligne le cardinal Poupard.

Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical de la culture évoque aujourd'hui à Radio Vatican la béatitude des miséricordieux, à l'occasion de l'ouverture, demain matin du premier congrès mondial sur la miséricorde, héritage spirituel de Jean-Paul II. Ce sera, le 2 avril, le 3e anniversaire de la mort du pape Wojtyla.

Le cardinal Poupard rappelle en effet que Dives in misericordia, le Dieu « riche en miséricorde » a été le thème de la première encyclique de Jean-Paul II.

La miséricorde remise « au centre »

Pour le cardinal Poupard, « la miséricorde est le deuxième nom de l'amour : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » - « bienheureux les miséricordieux parce qu'ils obtiendront miséricorde ».

Il souligne l'évolution apportée par Jean-Paul II : « Je me souviens qu'au premier congrès auquel j'ai participé à Collevalenza pour le premier anniversaire de cette encyclique, j'avais ouvert les encyclopédies théologiques, les dictionnaires, les manuels de théologie, cherchant en vain le mot ‘miséricorde'. Et Jean-Paul II l'a remise au centre ».

« Le deuxième nom de Dieu »

C'est, souligne le cardinal Poupard, une urgence pour le monde d'aujourd'hui : « Et ainsi, il nous a rappelé que notre monde, dans lequel il faudrait avoir le cœur liquéfié, alors qu'il est trop souvent pétrifié, nous avons besoin de revenir à la méditation, comme lui, qui a cité mille fois Gaudium et Spes en disant: « Seule la vérité sur Dieu permet de découvrir la vérité sur l'homme » et « Miséricorde » est « le deuxième nom de Dieu ». »

La miséricorde nous réchauffe le cœur

C'est un remède à l'inquiétude du monde, ajoute le cardinal Poupard : « Nous vivons dans un monde dans lequel tant de personnes sont en proie à l'inquiétude, au ressentiment, à la violence, et à l'injustice. Il est donc de toute première importance de présenter le mystère de Dieu dans son cœur, et justement, le Cœur transpercé sur la croix. Tel est le grand message qui est à la fois théologique et pastoral, et je crois que des années après, nous en avons encore plus besoin : lorsque nous écoutons la radio, que nous regardons la télévision, que nous parcourons les journaux, nous voyons tant et tant de choses dramatiques à travers le monde, qu'il me vient à l'esprit ce que disait mon compatriote Bernanos : ‘Le monde moderne a froid et claque des dents'. La Miséricorde nous réchauffe le cœur ».
Italian La fede, la Chiesa e l’uomo
Mar 20, 2008
Intervento del cardinale Poupard in un convegno a Lodi sull’Europa.

(Radio Vaticana, 19/03/2008) Il contributo della Chiesa e delle religione nella costruzione di una nuova Europa unita. E’ questo in estrema sintesi il cuore dell’intervento del presidente emerito del Pontificio Consiglio della Cultura, cardinale Paul Poupard, al convegno “Il sogno dei padri dell’Europa è ancora attuale? Il cammino europeo di fronte alla cultura moderna”, tenutosi ieri sera a Lodi. “Se la Chiesa ritiene non essere sua competenza pronunciarsi in favore di un tipo specifico di sistema politico per l’Europa, tuttavia sente il bisogno di ricordare che ogni progetto politico” deve “essere al servizio del bene comune”, ha spiegato nel discorso ripreso dal Sir il cardinale Poupard, aggiungendo che “l’Europa non saprà costruirsi su un semplice sistema di mercato. Essa esige una volontà politica fondata su un insieme di valori comuni che nel corso dei secoli ne hanno arricchito il patrimonio culturale condiviso”. “Per questo – ha ribadito il cardinale Poupard - non possiamo lasciare fuori della porta della Casa europea le religioni” e “il silenzio nella Carta costituzionale europea sull’azione positiva” di queste ultime “è un’afasia aggiunta ad un’amnesia riduttiva”. Il presidente del Pontificio Consiglio della Cultura ha poi voluto precisare che “la Chiesa non pretende certo la direzione degli affari degli Stati”, e riconosce la “giusta separazione dei poteri” considerando “la laicità come la garanzia della libertà di coscienza di tutti i cittadini”. Il cardinale Poupard si è quindi soffermato sulle difficoltà incontrate nella “costruzione della nuova Europa”, realtà ancora “in cammino”, che si sta dimostrando come “un’istituzione verticistica e burocratica che non riesce a far amare ai cittadini il progetto unitario europeo”. Secondo il porporato, essa sta oggi attraversando una crisi “che non si esaurisce nelle sue manifestazioni economiche, sociali e ideologiche” ma è anzitutto “di tipo culturale, cioè spirituale”; per questo occorre rimettere al centro l’uomo, “cuore del cristianesimo e del progetto europeo, perché è solo lui che può aprire le vie del futuro”, e “l’unica battaglia che vale davvero la pena combattere, è la battaglia in favore dell’uomo”. Tuttavia il cardinale Poupard ha detto che di fronte alle sfide posta dalla cultura odierna “non c’è spazio per l’apatia e il disimpegno”e infine ha esortato a non “cedere alla paura o al pessimismo” ma piuttosto a “coltivare l’ottimismo e la speranza”, perché “il destino di una società dipende sempre da una minoranza capace di credere”.
English Cardinal Poupard on "Populorum Progressio"
Nov 14, 2007
"Lack of Education Is As Serious As Lack of Food".

ROME, NOV. 13, 2007 (Zenit.org).- Here is the text of a speech delivered by Cardinal Paul Poupard, retired president of the Pontifical Councils of Culture and Interreligious Dialogue, titled "'Populorum Progressio': Education for Development."

The speech was given Oct. 29 at the Patristic Augustinianum Institute during an event organized by the Society of Jesus' Commission for Social Communications, which presented the "Give 1, Get 1" initiative of the One Laptop per Child Project.

* * *

1. At the invitation of the Secretary of the Commission for Social Communications of the Society of Jesus, Father Thomas Rochford, I am pleased to be here to speak about the encyclical letter "Populorum Progressio," whose fortieth anniversary we are celebrating this year. Previously Father Rochford has approached me regarding the Nexus Mundi Foundation, which I know some of you are familiar with. Today, instead, we are here to hear about another project: Nicholas Negroponte's project One Child One Laptop. To all of you my cordial salutations.

Paul VI's encyclical on the development of peoples contained two great affirmations, one in the introduction, "the social question ties all men together", and the other in the conclusion "Development is the New Name for Peace". Between them Papa Montini articulated a solemn call to "urge all men to pool their ideas and their activities for man's complete development and the development of all mankind" (§ 5). Our reflection on this encyclical -- taken largely from my recent publication "Populorum progressio tra ricordi e speranze" -- aims to continue its message within today's conference, resurrecting the spirit of hope and confidence for the integral development of each individual in an atmosphere of fraternal concern, the central thrust of the encyclical.

2. I was a young collaborator in the Secretariat of State of Pope Paul VI when he himself asked me to present his encyclical letter "Populorum Progressio" at the Press Room of the Holy See. It was my first press conference, and so you can imagine what an emotional occasion it was for me! And not only for me, there was great expectation among the bishops, the clergy, religious men and women, and lay people, and also further afield among men and women of goodwill who saw this occasion as the next great moment in the pastoral care of the Catholic Church for the contemporary world. Indeed, some journalists measured the arc of time in terms of the Second Vatican Council document "Gaudium et Spes," John XXIII's "Pacem in Terris" and now this new encyclical of Paul VI, whose publication date was adjusted to Tuesday of Easter Week, due to the great amount of interest. In fact, the document did have other precursors in Leo XIII's encyclical "Rerum Novarum," Pius XI's encyclical "Quadragesimo Anno," Pius XII's radio messages to the world, and John XXIII's "Mater et Magistra." And let us not forget too that since then we have had "Laborem Exercens," and "Sollicitudo Rei Socialis." But by far the most dramatic document, for its timing, insight, and sense of occasion, was Paul VI's "Populorum Progressio."

3. When the encyclical was conceived, we were living through times of great ferment. The third world had made its voice heard through their bishops at the Second Vatican Council, right at the heart of the Church, which had opened itself to the world, wishing to be as leaven in the bread, to nourish and sustain the world in transformation, a world which was increasingly multicultural and multiracial, a world inebriated by its technological progress and facing the nuclear threat, a world in which east and west, north and south were in ever closer contact. A world that had become socialised.

The 1960s would see Kennedy and Khrushcev, Chairman Mao and President Johnson, and then that cultural, social and political movement in the Springtime of Prague and the student revolutions across the world, notably in California, Paris and Turin. A cultural revolution which expelled age-old institutions and educational models, opening the door to new challenges and opportunities; an ambience in which customs, mindsets, and ways of life would change, the very fabric of culture transformed as people sought a society less authoritarian and free. Religious, political and civil authority changed its nature, and the bizarre slogan became the new gospel "interdit d'interdire", "no banning allowed". While the intentions of the student movement were to replace the old institutions with a more humane society, what actually happened was the creation of a void which would be filled by economic promoters eager to make material gain; publicity and marketing became the new truth, particularly with the rise of television, and man became closed in on himself, or as my friend the poet Pierre Emmanuel put it, we became "ontologically distracted." It was a world living for the here and now. The Second World War had been forgotten, economic prosperity had brought great distractions; Europeans had forgotten the meaning of hunger, fear, and, what is worse, had closed their eyes, minds and hearts to the downtrodden, the poor and the weak.

4. It was with courage that Paul VI spoke to men and women ensnared in this endless series of distractions -- "divertissements" as Pascal put it. The Pope spoke not out of opportunity, but out of necessity. The populations of the world had become in one way nearer, but at the same time less familiar with each other. He sought to recover the meaning and duty of fraternity. He appealed not just for economic progress, but for a fraternal progress. And he did so with an urgency, for it was no longer the case of just the poor man, Lazarus holding out his hand not to receive any crumbs. Now it is was not just Lazarus, but entire multitudes of peoples who were hungry, illiterate, and on the verge of war. And the response needed was to be built not on the basis of an ideal, but in the concrete reality of what it means to be truly human, underlining what it means to recognise the poor as brothers, to be solidaritous, to seek development for the poor for the sake of all.

5. Historians will have an easy task in examining the preparations of the encyclical, for there are volumes of notes and dossiers in the Vatican archives[1]. But the spirit of love that drove the preparations, an essential characteristic of Pope Paul VI himself, is already clear for all to see. When I presented the document I had this to say...

"It is a letter, not a tract, nor a course, nor an erudite article; but a letter, and so it is inspired by Christian love. So it aims to resolve and energise, bringing the attention of the Church and the world's public opinion to the issues discussed therein, to offer human and scientific solutions, able to define the thought of the Church in this field and to help the world think along these lines of thought."

As with our current Pontiff, Benedict, love was a theme of the Pope from Brescia. In his first message to the human family, titled "Qui fausto Die", no sooner had he announced the continuation of the Council than he signalled another principal aim of his PontifIcate, and I quote,

"The unequivocal order of love of neighbour, the proof of the love of God, demands from all men a more equitable solution of the social problems; it demands provisions and cures for developing countries, where often the standard of life is not worthy of the human person; it imposes a global study to improve the conditions of life. This new era, which has been opened to humanity through the conquests of space, will be blessed by the Lord if men learn how to recognise each other as brothers not competitors, to build a world order in holy reverence of God, respecting his Law, in the sweet light of charity and mutual collaboration."

From its beginning to its end, "Populorum Progressio" is aimed at action inspired by love. There is also an adoption of the threefold method dear to Catholic Action: "voir -- juger -- agir." Having noticed the "immediate misery" (n.9), the "growing unbalance" (n.8), "the scandal of clamourous inequality" (n.9), Paul VI offered a new standard for growth: the transcendent humanism which the person achieves by being inserted into Christ is the ultimate goal of development, and the "integral development of the individual necessarily entails a joint effort for the development of the human race as a whole" (n. 43). Hence the call for action, to mutual solidarity, to work for social justice, a promotion of universal charity, dialogue between nations, equity in trade relations, the creation of a fund for relief of impoverished peoples, and a renewed sense of hope for the future.

6. In "Sollicitudo Rei Socialis," John Paul II underlined some nodes of our encyclical, especially its theme, development, which needs to be seen not only as a term of social and economic sciences, but primarily in its ethical, cultural and spiritual dimensions; and he noted how it opened the "social question" to a wider scale, not just geographically or globally, but in its human dimension as a moral question, with the duty of solidarity -- dutiful today as it was 40 years ago tying development to universal interdependence. This meant there was a reappraisal of the meaning of development, which is now seen in its fraternal and universal dimension for the whole of each and every person; it cannot be built on National or individual egoisms or restricted to mere material gain. Economic issues can no longer be considered without the full dimension of the human person, for the economy exists for man, through man and in man. No one, no people, no culture, no aspect of the human person can be excluded from it. In speaking with such realism and offering a message of hope founded on Revelation -- Paul VI's was a call for a programme of economic stability, moral dignity, education, and universal collaboration between nations, reminding the men and women of the world of the serious and urgent duty of promoting an international social justice.

7. While Paul VI's words were prophetic, it is sad to see how little the situation changed. Despite industrial and economic growth, humanity still suffers. War, poverty, both material and spiritual, and misery remain. Yet Paul VI's views on development as the pathway to peace, have become recognised as a valid and fundamental therapy. His is a form of development worthy of the name, bringing it to each and every person, and in every aspect of their humanity.

Within this new vision of development -- and here I conclude for today's conference -- Pope Paul VI gave priority of place to education. Let us hear his words as I quote from number 35:

"We can even say that economic growth is dependent on social progress, the goal to which it aspires; and that basic education is the first objective for any nation seeking to develop itself. Lack of education is as serious as lack of food; the illiterate is a starved spirit. When someone learns how to read and write, he is equipped to do a job and to shoulder a profession, to develop self confidence and realize that he can progress along with others" ("Populorum Progressio," 35).

And again at number 76, under the magisterial title Development is the new name for peace he warns of the urgency of this need:

"Extreme disparity between nations in economic, social and educational levels provokes jealousy and discord, often putting peace in jeopardy." ("Populorum Progressio," 76).

To that prophetic voice of Paul VI we still have a duty to listen and to respond. Let us do so with urgency and with care, lest we be accused with the words I heard drastically at the time of the publication of "Populorum Progressio" from the mouth of someone from the developing world. I remember his piercing accusation only too well. He said, "You have kept Christ for yourself, and left us only with the cross".

Thank you for your time.

* * *

[1] The document itself mentions the Holy Father's collaborators in reading the signs of the times and, with the pastoral gaze of a shepherd, expert in humanity thanks to the perspective of Revelation, setting out priorities for a strategic response. They were Jacques Maritain, Colin Clark, Von N ell-Breuning, Mons Larrain, Fr De Lubac, and Maurice Zundel. I will never forget Fr Lebret Indeed, Earlier this month I was able to give a talk in the distinctive Abbaye Saint Jacut de la Mer which was the home of Pere Lebret It was his work that helped to shape the future encyclical, particularly his 1963 dossier titled: "Sur Ie developpement economique, social, moral- Materiel d'etude pour une encyclique sur les principes moraux du developpement humain." For justice's sake I might also mention Francois Perroux, a regular visitor to Papa Montini. His thought and work notably influenced the encyclical. Indeed he was so upset at not being mentioned in the footnotes that he came to remonstrate with me: a fact which caused some consternation up in the Third Loggia due to his deafness and tendency to speak very, very loudly.
French Après avoir servi quatre papes, le cardinal Paul Poupard quitte le Vatican
Sept 06, 2007
Fils d'un vigneron angevin, il était devenu l'une des grandes figures de la Curie. Il pourrait briguer le fauteuil laissé vacant à l'Académie française par Jean-Marie Lustiger.

(Le Figaro, 04 septembre 2007) Après plus d'un quart de siècle au Vatican, le cardinal Paul Poupard, 77 ans, a quitté hier ses fonctions. Benoît XVI a remplacé l'emblématique « ministre de la culture » du Saint-Siège par Mgr Gianfranco Ravasi, un Italien de 65 ans, bibliste renommé et préfet de la non moins prestigieuse Bibliothèque ambrosienne à Milan. La verve et le brio du cardinal français, qui a servi quatre papes, en font l'une des grandes figures de la Curie.

Cet Angevin, fils d'un vigneron de Bouzillé dans le Maine-et-Loire, est fier de ses racines et de son parcours. Après le petit séminaire de Beaupré et la catho d'Angers, un doctorat en théologie et en histoire à l'École pratique des hautes études à Paris, le père Poupard fut envoyé à Rome en 1954. Il y passa douze années au service de Jean XXIII et de Paul VI. Rentré en France, il fut nommé recteur de l'Institut catholique de Paris. Un poste qu'il occupa pendant près de dix ans, jusqu'à ce qu'en 1980, Jean-Paul II le remarque lors de sa première visite dans l'Hexagone. Quinze jours plus tard, le pape polonais le rappelait à Rome et lui confiait le Secrétariat pour les non-croyants. En 1982, toujours à la demande de Jean-Paul II - qui usait avec lui « d'une grande liberté de langage » souligne le cardinal - il créait le Conseil pontifical pour la culture qu'il a dirigé jusqu'à aujourd'hui. En tant que tel, il présida la commission qui réhabilita Galilée en 1992, après onze ans de travaux.

En 2005, âgé de 75 ans - l'âge de la retraite administrative au Vatican - le cardinal Poupard présenta sa démission à Benoît XVI, qui le reconduisit dans ses fonctions. En mars 2006, Il lui confiait en sus la présidence du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, en charge, notamment, de l'islam.

Controverse de Ratisbonne

Il fut alors pris dans la tourmente de la controverse de Ratisbonne, qui, en septembre 2006, enflamma le monde musulman. Le cardinal n'avait pas été informé au préalable du contenu de ce discours dans lequel le Pape reprenait les propos d'un empereur byzantin du XIVe siècle qui assimilaient islam et violence. C'est un autre cardinal français, Jean-Louis Tauran, ancien « ministre des Affaires étrangères » de Jean-Paul II, qui lui a succédé à ce poste le 1er septembre. Ce dernier est l'ultime prince de l'Église français en charge d'un portefeuille romain.

Le cardinal Poupard peut s'enorgueillir de sa longévité à la tête d'un « ministère » du Saint-Siège. Aucun de ses collègues n'est resté en fonction aussi longtemps. Auteur prolifique, il aime faire les honneurs de sa bibliothèque privée, riche de milliers de volumes. Pour le cardinal, l'heure de la retraite n'a pas encore sonné. Il continuera de vivre à Rome et d'être actif au Vatican. Un groupe d'amis a décidé de fonder à Crema, près de Milan, une « fondation cardinal Poupard » pour poursuivre son oeuvre et son enseignement. Le cardinal pourrait aussi briguer à l'Académie française le fauteuil laissé vacant après le décès du cardinal Jean-Marie Lustiger.
French Le cardinal Poupard quitte le Conseil pontifical pour la culture
Sept 05, 2007
Le cardinal français, qui était depuis près de vingt ans président du Conseil pontifical pour la culture, a été remplacé lundi 3 septembre par Mgr Ravasi.

(La Croix, 03/09/2007) «Avec vingt-sept ans à la tête d’un dicastère de la Curie romaine, je suis une sorte de recordman ! » De son Anjou natal, où il se repose comme chaque été, le cardinal Paul Poupard, dont la démission de la tête du Conseil pontifical pour la culture a été acceptée lundi 3 septembre par Benoît XVI, affiche une grande sérénité.

« Après tout, j’étais depuis deux ans en quelque sorte prolongé », explique encore à La Croix cet homme affable qui vient de fêter ses 77 ans jeudi dernier. Or, en Curie, l’âge de départ à la retraite est fixé à 75 ans.

De fait, c’est dès juin 1980 que Mgr Poupard, alors évêque auxiliaire et recteur de l’Institut catholique de Paris, avait été nommé par Jean-Paul II pour diriger le Secrétariat pour les non-croyants, succédant au cardinal Franz König : soit quelques mois avant que le cardinal Ratzinger n’arrive à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il faudrait d’ailleurs ajouter à cette ancienneté romaine les douze années passées à la Secrétairerie d’État sous Paul VI où, jeune prêtre docteur en théologie et en histoire, il fut appelé en 1959.

Il apparaît ainsi comme l’un des meilleurs connaisseurs de la Curie, de sa petite comme de sa grande histoire (1).

Sa fierté, la culture
Côté grande, le cardinal angevin se remémore ses premiers pas, en pleine guerre froide, avec un pape polonais, dans le dialogue avec les non croyants. La problématique était alors d’affronter les défis posés par le communisme à l’Église. Lorsqu’il fut pendant un an et demi, de mars 2006 à juin dernier, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, que Benoît XVI avait rapproché temporairement du Conseil pour la culture en pleine crise de Ratisbonne, le cardinal français établissait, toutes proportions gardées, un parallèle entre le dialogue actuel avec les musulmans et celui d’hier avec les marxistes…

Mais sa fierté, à quoi il a consacré un quart de siècle, c’est la culture. En 1988, Jean-Paul II lui demande d’y succéder comme président à un compatriote, le cardinal Gabriel-Marie Garrone. Paul Poupard, créé cardinal dans l’intervalle en 1985, y promeut, raconte-t-il, « un changement radical de la manière avec laquelle l’Église considérait la culture. Non plus seulement à travers les grands chefs-d’œuvre classiques, dans une conception élitiste, mais, selon les perspectives tracées par Vatican II, dans une vision anthropologique de la culture comme âme d’un peuple. »

De toutes ces années, il lui reste aussi cette conviction, forgée au cours des rencontres aux quatre coins de la planète, « de la reconnaissance de la culture chrétienne partout dans le monde ». Aussi ne peut-il cacher un sentiment de « tristesse » quand il regarde l’Europe et la France où, constate-t-il, « la culture chrétienne est ébranlée » : des paroisses qui ferment, des congrégations qui meurent et surtout, s’inquiète-t-il, de nouvelles générations sans culture chrétienne. Cette « crise de la transmission » est sans doute, conclut-il, l’un des principaux défis qui attend son successeur.

Isabelle DE GAULMYN, à Rome

(1) Le cardinal Poupard compte une quarantaine d’ouvrages à son actif, sur l’Église et le Vatican, ainsi que sur les religions, tous traduits en de multiples langues.
Italian Intervista con il cardinale Poupard
Sept 05, 2007
Il futuro della Chiesa si gioca nell'incontro con le culture.

(Radio Vaticana, 04/09/2007) Ieri il Papa ha nominato come nuovo presidente del Pontificio Consiglio della Cultura mons. Gianfranco Ravasi, finora prefetto della Biblioteca Ambrosiana. Mons. Ravasi succede al cardinale Paul Poupard, che lascia un incarico che ricopriva dal lontano 1988. Il porporato francese nel 1985 era stato nominato da Giovanni Paolo II presidente del Pontificio Consiglio per il dialogo con i non credenti, dicastero poi fuso nel 1993 con quello della Cultura. E dunque per oltre 20 anni ha guidato il dialogo della Chiesa cattolica con la società contemporanea. Ma che bilancio fare? Ci risponde lo stesso cardinale Poupard al microfono di Giovanni Peduto:

R. – E’ difficile fare un bilancio. La cosa essenziale è che adesso nella Chiesa c’è una percezione più grande della posta in gioco, che riguarda l’incontro della Chiesa con le culture. E’ proprio lì che si gioca il futuro della Chiesa e del mondo. E’ una cosa enorme, che si è tradotta in tante iniziative, sia per l’evangelizzazione delle culture che per l’inculturazione del Vangelo, le quali vanno di pari passo.


D. – Eminenza, come è cambiata la cultura in questi anni?


R. – In questi anni, prima di tutto, c’è un grande cambiamento nel mondo e si è visto emergere, più che nel passato, al di fuori dell’Europa, nella coscienza sia delle culture tradizionali africane, sia delle grandi tradizioni dell’Asia, sia nella realtà singolare della cultura latino-americana. Invece, in Occidente, c’è stata una secolarizzazione progressiva e una perdita di terreno forte da parte della cultura cristiana. Un impegno, dunque, sempre più incisivo viene richiesto alla Chiesa per rendere ai cattolici, ai cristiani, il senso e la fierezza della propria cultura e per non lasciarsi invadere dalla cultura mondana, secolarizzata, che torna ad essere pagana. C’è tutta una corrente che, in nome della laicità diventa laicismo e che vorrebbe respingere la cultura cattolica e cristiana anche dalla vita pubblica, come se fosse nemica dell’umanità, quando invece è tutto il contrario. Abbiamo visto nel grande dibattito sull’Europa questa afasia, amnesia, cioè questo dimenticare le radici culturali dell’Europa. In questo, nel futuro, forte, fortissimo sarà l’impegno della Chiesa per fronteggiare questa nuova problematica.


D. – Lei, Eminenza, è stato anche presidente del Pontificio Consiglio per il dialogo con i non credenti dal 1985 al ’93, anno della fusione del dicastero con quello della Cultura, nonché, anche se per breve tempo, presidente del Pontificio Consiglio per il dialogo interreligioso. Come dialogare oggi sia con chi è lontano da Dio e sia con chi non è cristiano?


R. – Devo dire che è stata mia convinzione dall’inizio che non si può dialogare se non ci sono valori condivisi da una parte e dall’altra. Ci vogliono dei valori comuni, un linguaggio comune e anche un ideale comune, altrimenti non è più un dialogo, ma un monologo.


D. – Eminenza, mons. Gianfranco Ravasi, chiamato a succederle, ieri dai nostri microfoni ha avuto parole di grandissimo elogio per lei e per l’opera che ha svolto in questi anni...


R. – Mons. Ravasi è un uomo di grande cultura. Mi rallegro molto che sia lui a raccogliere l’eredità che si è venuta a creare sullo slancio del Servo di Dio Giovanni Paolo II e sotto l’impulso di Papa Benedetto. E sono molto lieto di pensare che lui farà fruttificare questa eredità e che l’amplierà con la sua grande cultura biblica, umana, cristiana e tout court. E’ un vero dono per la Santa Sede e per la Chiesa.


D. – Eminenza, lei certamente non si fermerà. Cosa farà adesso?


R. – Adesso, prima di tutto andrò a presiedere, come previsto, il grande pellegrinaggio mariano diocesano per la Natività della Madonna, domenica prossima. Tornerò a Roma il 15 settembre e sarò ancora alla guida del dicastero fino al 15 ottobre, quando si farà il passaggio delle consegne con il mio successore. Sarò impegnato come sempre nei diversi dicasteri, ai quali partecipo: il dicastero per l’Evangelizzazione dei Popoli, per il Culto Divino, per l’Educazione Cattolica, per l’Unità dei Cristiani, dei Laici. Sarò poi impegnato in tante conferenze e interventi che mi sono stati richiesti. Il primo sarà proprio a settembre. Andrò a Crema per inaugurare una fondazione “Cardinale Poupard” che degli amici hanno voluto creare, per proseguire e ampliare la mia piccola opera in questo campo. L’indomani sarò a Brescia per presiedere il Convegno internazionale dell’Istituto Paolo VI di Brescia. All’inizio di ottobre parteciperò ad un altro convegno, per il 40.mo dell’Enciclica Populorum Progressio. Poi andrò al Convegno dell’Unione parlamentare europea e poi avrò altri impegni. Non dimenticando naturalmente le tante proposte perché continui a scrivere e condividere la mia esperienza e ampliare sempre più in un altro modo, ma nello stesso senso, quel dialogo salvifico della Chiesa con tutte le culture del mondo.
English Vatican has no plans to convert Russia to Catholicism - Cardinal Poupard
Jul 16, 2007
The Vatican does not want to convert Russia to Catholicism, and relations with the Moscow Patriarchate are improving, President of the Pontifical Council for Culture Cardinal Paul Poupard told students of the Orthodox St. Tikhon Humanitarian University on Monday.

Moscow, Interfax (18/06/2007) - The Vatican does not want to convert Russia to Catholicism, and relations with the Moscow Patriarchate are improving, President of the Pontifical Council for Culture Cardinal Paul Poupard told students of the Orthodox St. Tikhon Humanitarian University on Monday.

Poupard said the Vatican never wanted to make Russia a Catholic country. The Holy See is praying for a Christian Russia and further preaching by Orthodox and Catholic disciples, he said.

The cardinal admitted differences between Orthodox and Catholic clerics as members of one and the same family.

The two churches want to speak about their belief, he said, adding that at the meeting he was wearing a cross he had received from Patriarch of Moscow and all Russia Alexy II.

The atmosphere of inter-church relations has changed, Apostolic Nuncio to Russia Archbishop Antonio Mennini said. He said they could affirm Christian values together and be friends.

The Russian Orthodox Church feels that it is respected by the Holy See, the archbishop said. The Vatican regards the Russian Orthodox Church as the national church and welcomes the opportunity to meet and learn about the Russian religious tradition, he said.
English Turning green – Vatican takes step to become world’s 1st carbon neutral sovereignty
Jul 16, 2007
The Vatican, in responding to its own call that mankind become a more aware and more active caretaker of the earth, will take a step to lift its carbon footprint and become the first entirely carbon neutral sovereign state in the world.

VATICAN CITY (Catholic Online, 13/07/2007) – The Vatican, in responding to its own call that mankind become a more aware and more active caretaker of the earth, will take a step to lift its carbon footprint and become the first entirely carbon neutral sovereign state in the world.

In a brief July 5 ceremony here, the Vatican declared that it had accepted a proposal to create a new Vatican climate forest in Europe that will offset all of the Vatican City State’s carbon dioxide omissions for this year.

“Environmental protection,” said Cardinal Paul Poupard, head of the Pontifical Council for Culture, “is not a political issue.”

“It is not enough to have a simple commitment for a few people. Instead it is necessary, as underlined by his holiness, to have the dawn of a new culture, of new attitudes and a new mode of living that makes man aware of his place a caretaker of the earth.”

Planktos/KlimaFa, a climate ecorestoration company, made the donation of forestland in Hungary’s Bukk National Park to create the new Vatican climate forest.

“I am honored to receive this donation,” Cardinal Poupard said. “In this way, the Vatican will do its small part in contributing to the elimination of polluting emissions from carbon dioxide which is threatening the survival of the planet.”

A “carbon footprint” is a measure of the amount of carbon dioxide emitted through the combustion of fossil fuels. Carbon dioxide is recognized as a greenhouse gas, of which increasing levels in the atmosphere are linked to global warming and climate change. As plant life gives off oxygen, the planting of forests is seen as a way of mitigating the environmental impact of the consumption of natural resources.

"As the holy father, Pope Benedict XVI, had recently stated, the international community needs to respect and encourage a ‘green culture,’ characterized by ethical values,” Cardinal Poupard said.

“The Book of Genesis tells us of a beginning in which God placed man as guardian over the earth to make it fruitful. When man forgets that he is a faithful servant of this earth, it becomes a desert that threatens the survival of all creation,” he added.

"The Holy See's increasingly creative environmental leadership is both insightful and profound,” said Russ George, Planktos chief executive officer and KlimaFa managing director. “Not only is the Vatican steadily reducing its carbon footprint with energy efficiency and solar power, its choice of new mixed growth forests to offset the balance of its emissions shows a deep commitment to planetary stewardship as well. It eloquently makes the point that ecorestoration is a fitting climate change solution for a culture of life."

"We believe this climate forest initiative clearly reflects the Vatican's deep commitment to both environmental healing and the welfare of the poor,” said David Gazdag, KlimaFa's managing director. “Besides their local ecological and global climatic benefits, these projects offer many rewarding new eco-forestry jobs to struggling rural communities and increasing eco-tourism employment opportunities as these beautiful woodlands mature." The dimensions of the new Vatican climate forest will be determined by the Vatican’s 2007 energy usage and the success of its current emission reduction efforts.

Planktos/KlimaFa also announced that it has committed to work with the Vatican and the Pontifical Council of Culture to develop methods to calculate the carbon emissions of individual Catholic churches and offer ecorestoration options to turn their carbon footprints green. The announcement came less than two months after the Vatican told member countries of the United Nations that the world community must address the threat posed by global warming and build more sustainable economies or face the continued drift toward tensions, conflicts and a crisis in the very existence of peoples.

In an May 10 statement to the U.N. Economic and Social Council’s Commission on Sustainable Development on “Turning Political Commitments into Action, Working together in Partnership,” Archbishop Celestino Migliore, apostolic nuncio of the Holy See’s permanent mission to the U.N., stressed that the scientific evidence for global warming and mankind’s role in the increase of greenhouse gasses “becomes ever more unimpeachable” and its effects already impacting the world community.

“The consequences of climate change are being felt not only in the environment, but in the entire socio-economic system, Archbishop Migliore said, noting that “such activity has a profound relevance, not just for the environment, but in ethical, economic, social and political terms as well.”

Global warming, he said, “will impact first and foremost the poorest and weakest who, even if they are among the least responsible for global warming, are the most vulnerable because they have limited resources or live in areas at greater risk.”

The issues surrounding climate change are far-reaching, the Vatican nuncio said, pointing to the connection between it and the drive to acquire and consume energy and water resources and protecting human health and the environment.

“The earth is our common heritage and we have a grave and far-reaching responsibility to ourselves and to future generations,” he said.

The international community, Archbishop Migliore said, must come to terms to establish a “common, global, long-term energy strategy, capable of satisfying legitimate short- and medium-term energy requirements, ensuring energy security, protecting human health and the environment and establishing precise commitments to address the question of climate change.”

The nuncio spoke with some urgency, noting that the U.N. Security Council recently dealt with the relationship of energy, security and climate change.

“We are already witnessing struggles for the control of strategic resources such as oil and fresh water, both of which are becoming ever scarcer,” he said.

“If we refuse to build sustainable economies now, we will continue to drift towards more tensions and conflicts over resources,” Archbishop Migliore warned, pointing to “many of the most vulnerable societies already facing energy problems” “and to the threatened “very existence of coastal peoples and small island states.”

Pope Benedict XVI addressed the issue in his World Peace Day 2007 message.

In the wide-ranging "The Human Person, the Heart of Peace," dated Jan. 1 and released Dec. 8, Benedict tied “the ecology of nature” with “human ecology” and “social ecology,” noting the “inseparable link between peace with creation and peace among men.”

“Disregard for the environment always harms human coexistence,” the pope said. “There is an inseparable link between peace with creation and peace among men.”

Concerning the environment, he pointed specifically to “the increasingly serious problem of energy supplies” and to the “unprecedented race for available resources” by some nations and blockage to resources impacting the development of other nations.

“The destruction of the environment, its improper or selfish use, and the violent hoarding of the earth's resources cause grievances, conflicts and wars, precisely because they are the consequences of an inhumane concept of development,” the pope said.

“Indeed, if development were limited to the technical-economic aspect, obscuring the moral-religious dimension, it would not be an integral human development, but a one-sided distortion which would end up by unleashing man's destructive capacities,” he said.
French Le Vatican va devenir le premier état souverain neutre en termes d’émissions de carbone dans le monde
Jul 13, 2007
En vertu d’un accord avec le Vatican, la société Planktos/KlimaFa est aujourd’hui heureuse et honorée d’annoncer que le Saint-Siège projette de devenir le premier état souverain complètement neutre en termes d’émissions de carbone et a choisi les crédits de restauration de l’écosystème KlimaFa pour atteindre cet objectif historique.

SAN FRANCISCO--(BUSINESS WIRE, July 12, 2007)-- Au cours d’une brève cérémonie le 5 juillet, le Vatican a déclaré avoir accepté avec reconnaissance l’offre de KlimaFa visant à créer en Europe une nouvelle forêt climatique du Vatican qui va initialement compenser toutes les émissions CO2 du Saint-Siège pour cette année.

Son Éminence le Cardinal Paul Poupard a présidé l’événement et déclaré, “ En qualité de président du Conseil pontifical de la Culture ; je suis honoré de recevoir cette donation des dirigeants de Planktos-KlimaFa. Grâce à cette donation, une section entière d’un parc national d’Europe centrale va être reboisée. De cette façon, le Vatican va jouer un petit rôle en contribuant à l’élimination des émissions polluantes de CO2 qui menacent la survie de la planète.

« Comme le Saint Père, le Pape Benoît XVI, a récemment déclaré, la communauté internationale se doit de respecter et d’encourager une ‘Culture verte,‘ caractérisée par des valeurs éthiques. Le Livre de la Genèse évoque un commencement où Dieu a fait de l’homme le gardien de la terre pour la faire fructifier. Quand l’homme oublie qu’il est un fidèle serviteur de cette terre, elle devient un désert qui menace la survie de toute la création…. »

L’orientation éclairée du Pape Benoît XVI renforce fortement la préoccupation environnementale croissante du Vatican exprimée par le Pape Jean Paul II dans son plan directeur 2001 pour le Nouveau Millénaire, « Comment pouvons-nous rester indifférents à l’éventualité d’une crise écologique qui rend de vastes régions de notre planète inhabitables et hostiles pour l’humanité ? » Le Cardinal Renato Raffaele Martino, directeur du Conseil pontifical pour la justice et la paix, a réaffirmé sa mise en garde lors de la Conférence du Vatican sur le changement climatique et le développement en avril dernier : « Pour environnement… il faut lire Création… L’homme se doit de cultiver et de sauvegarder la Création de Dieu. »

D’après le directeur général de Planktos et administrateur délégué de KlimaFa , Russ George, « Le leadership environnemental de plus en plus créatif du Saint-Siège est à la fois perspicace et profond. Outre le fait que le Vatican va réduire son empreinte de carbone en améliorant son efficacité énergétique et en utilisant l’énergie solaire, son choix de nouvelles forêts de peuplement mixte pour compenser ses émissions reflète également son engagement profond envers l’intendance planétaire. Il indique de manière éloquente que la restauration de l’écosystème est une réponse appropriée au changement climatique pour une culture de vie ».

Le docteur David Gazdag, directeur général de KlimaFa à Budapest, a ajouté, « Cette initiative de forêt climatique reflète, à notre avis, l’engagement profond du Vatican envers la guérison de l’environnement et le bien-être des pauvres. Outre leurs avantages écologiques régionaux et climatiques mondiaux, ces projets génèrent de nombreux nouveaux emplois éco-forestiers intéressants pour les communautés rurales en difficulté et augmentent les possibilités d’emplois écotouristiques à mesure que ces superbes régions boisées vont vieillir. »

La nouvelle forêt climatique du Vatican sera créée dans le parc national Bükk de Hongrie sous les auspices du programme de Parcs climatiques KlimaFa. Les dimensions en seront déterminées par l’utilisation énergétique du Vatican en 2007‘ et par le succès de ses efforts de réduction d’émissions. KlimaFa a reçu l’autorisation EU JI Track 1 de planter des milliers d’hectares de nouvelles espèces indigènes et de forêts de peuplement mixte sous la protection permanente des systèmes de parcs nationaux européens. Ses premiers projets sont réalisés en collaboration avec l’Académie des Sciences et le Directorat des Parcs Nationaux du gouvernement hongrois.

La société Planktos/KlimaFa s’est également engagée à collaborer avec le Vatican et le Conseil pontifical de la culture en vue de développer des méthodes pour calculer les émissions de CO2 des églises catholiques individuellement et de proposer des options de restauration de l’écosystème pour « verdir » leurs empreintes de carbone.

La société KlimaFa, Kft, basée à Budapest, est la filiale forestière UE du pionnier de la restauration climatique des écosystèmes, Planktos Corp (OTCBB:PLKT), qui possède également des bureaux aux États-Unis et au Canada.

La séquence télévisée de la cérémonie du Vatican avec le Cardinal Poupard et le directeur de Planktos/KlimaFa‘ est désormais disponible aux médias.

Pour en savoir plus, consultez le site www.klimafa.com et planktos.com.

Le texte du communiqué issu d’une traduction ne doit d’aucune manière être considéré comme officiel. La seule version du communiqué qui fasse foi est celle du communiqué dans sa langue d’origine. La traduction devra toujours être confrontée au texte source, qui fera jurisprudence.
Spanish Cardenal Poupard habla sobre la religiosidad popular
May 22, 2007
En entrevista con Adital, en Aparecida, durante la V Conferencia del Episcopado Latinoamericano y del Caribe, el Presidente del Pontificio Consejo para la Cultura, del Vaticano, Cardenal Paul Poupard, valorizó las formas de expresión de la religiosidad popular muy presente en el continente, y al mismo tiempo, resaltó la importancia de que la creatividad en la religiosidad sea un complemento de la fe cristiana.

(adital.com.br, 21.05.07) - "Las manifestaciones del pueblo han sido generadas y transmitidas por mucho tiempo y son creadas como forma del pueblo de celebrar la vida, y deben ser valorizadas. Aquí vemos con claridad la fuerza de la religiosidad popular; ahora nuestra preocupación es sustentar esta manifestación del pueblo con una educación para la fe, y llevarla a valorizar las formas litúrgicas de oración, sin la intención de despreciar las formas creativas de la religiosidad popular como complemento."

Insistiendo en el compromiso de la formación católica, a partir de la liturgia, el Cardenal Paul Poupard también resaltó que la religiosidad popular debe ser seguida de una formación cristiana enraizada en la familia, para que perdure entre las generaciones.

"En este proceso de la familia educadora de la fe, que es "Iglesia doméstica", es muy importante; podemos decir que es así que se aprenden las diversas formas de caridad popular, y cómo gana fuerza porque se vuelve duradera, transmitida de generación en generación".
French « Accueillir à Rome les représentants de la culture », le vœu du card. Poupard
Mar 15, 2007
« Accueillir à Rome les représentants de la culture » c’est ce que souhaite le cardinal Poupard qui a présidé l’inauguration de l’exposition de peinture de quatre artistes russes au siège du conseil pontifical de la Culture.

ROME, Mercredi 14 mars 2007 (ZENIT.org) - Le ministre de la Culture de deux papes rappelait, selon l’agence Fides : « Par cette exposition notre Conseil pontifical de la culture, institué par Jean-Paul II il y a désormais vingt-cinq ans, cherche à accomplir une des missions qu’il nous avait confiées dans la lettre de fondation : « Accueillir à Rome les représentants de la culture désireux de connaître mieux l’action de l’Eglise dans le domaine de la culture, et faire bénéficier le Saint-Siège de leur riche expérience, en leur offrant à Rome un lieu de réunion et de dialogue ».

A l’occasion de l’inauguration de cette exposition intitulée « Terre du Seigneur », le cardinal Paul Poupard a en effet présenté les tableaux des quatre artistes russes (les maîtres Nikola Anochin, Nikola Tretiakov, Ilia Kaverznov et Sergei Smirnov).

Le président du conseil pontifical a voulu expliquer que « le titre choisi pour cette exposition, et les merveilleuses et suggestives visions qu’offrent ces tableaux, suscitent chez le spectateur comme un désir, la nostalgie d’une autre patrie, entrevue et ardemment désirée : la Terre du Seigneur ».

Le cardinal Poupard précisait : « Quand le psalmiste chantait : ‘Les cieux sont les cieux du Seigneur, mais il a donné la terre aux enfants de l’homme’ (Sal 113b), il faut reconnaître que la Terre a été donnée aux enfants de l’homme pour qu’ils en fassent un Ciel, où tous les hommes se reconnaissent comme frères, une terre transfigurée par la beauté, où la laideur du péché a disparu, où, enfin, le lion se couchera comme l’agneau. Cette vision idéale de la paix semble apparaître dans les œuvres de nos artistes... tout parle de sereine beauté, d’une terre promise, réelle, mais encore à conquérir. En ce sens, je pense que vos tableaux ne représentent pas une vision nostalgique du passé idéalisé, mais l’attente d’un avenir, l’aspiration ultime de l’homme ».

« L’exposition que nous ouvrons aujourd’hui représente en outre, faisait observer le cardinal Poupard, un exemple concret de l’intuition qui a guidé les travaux de notre dicastère : la Via pulchritudinis, la voie de la beauté comme chemin d’évangélisation et de dialogue ».
Italian Il Cardinal Poupard entra nella Fondazione Wallenberg
Dec 19, 2006
L’istituzione annuncia la pubblicazione di un libro digitale sul dialogo interreligioso.

CITTA’ DEL VATICANO, lunedì, 18 dicembre 2006 (ZENIT.org).- Il Cardinale Paul Poupard, presidente del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso, è passato a far parte dell’Honorary Board della Fondazione Internazionale Raoul Wallenberg.

Accettando questa nomina il porporato francese, il più stretto collaboratore del Papa per i rapporti con le altre religioni, ha spiegato in una lettera scritta in inglese: “I vostri sforzi per promuovere il dialogo interculturale oggi concentrandosi sui valori essenziali rivelatici dallo stesso Dio in cui confidiamo e speriamo coincidono con i miei sforzi per trasformare le culture per riflettere ulteriormente la Sua Gloria”.

Nel suo messaggio, il porporato sostiene il programma “Padre Alfonso Durán”, lanciato dalla Fondazione in ricordo del sacerdote cattolico nato a Porto Rico nel 1883 e morto in Argentina nel 1954, che promosse coraggiose azioni per eliminare l’antisemitismo e i pregiudizi razziali attraverso l’istruzione.

Il Cardinale ha ricevuto Baruj Tenembaum, fondatore della Fondazione Internazionale Raoul Wallenberg, e rappresentanti dell’istituzione alla fine di settembre, quando nella sede dell’ambasciata argentina di Roma è stato consegnato il premio Raoul Wallenberg 2006 all’agenzia di informazione ZENIT.

In questo contesto, la Fondazione ha annunciato la prossima pubblicazione di un libro digitale dedicato agli ultimi decenni delle relazioni ebraico-cristiane.

Il libro verrà distribuito gratuitamente. Si potrà ricevere inviando un messaggio di posta elettronica all’indirizzo distincionzenit@irwf.org.ar.
Italian Le cause dell’allontanamento da Dio vanno ricercate nelle profondità del cuore umano (Parte II)
Dec 17, 2006
Intervista con il Presidente del Pontificio Consiglio della Cultura.

BUCAREST, domenica, 17 dicembre 2006 (ZENIT.org).-
Secondo il Cardinale Paul Poupard investire sulla formazione della persona umana, prima nella sua dimensione interiore, morale e poi intellettuale e fisica, significa gettare le basi per una società sana.

Il Presidente del Pontificio Consiglio della Cultura e del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso sostiene che attraverso questo percorso educativo e un “rinnovamento interiore” di governanti e cittadini è possibile apportare dei cambiamenti nella vita pubblica.

La prima parte dell’intervista è stata pubblicata il 15 dicembre.
A suo avviso, in che modo la vita pubblica, sia politica che istituzionale, potrebbe permearsi di una solida visione etica?

Card. Poupard: La risposta è riconducibile alla questione dell’imperscrutabile mistero del cuore umano. Esso soffre un’inquietudine, come lo ha già affermato sant’Agostino, finché non trova Dio. Ed è questo stato di inquietudine che, se non viene indirizzato verso una scoperta di Dio Amore, crea anche disordine, discrepanze tra popoli, culture e religioni, segnate poi dalle ingiustizie e dalle guerre. La vita pubblica, in questo senso, rispecchia spesso lo stato del cuore degli uomini: dei semplici cittadini e dei governanti. Ecco perché Giovanni Paolo II richiamava spesso l’attenzione dei politici, dei pastori, dei docenti universitari e dei giovani, sull’esigenza di essere uomini di coscienza. Le parole del Papa pronunciate nel 1998 sintetizzano bene l’idea di cui parlo: « il vero rinnovamento dell'uomo e della società si opera sempre mediante il rinnovamento delle coscienze. Il solo cambiamento delle strutture sociali, di quelle economiche e politiche - benché importante - può tuttavia dimostrarsi un’occasione non sfruttata, se dietro ad esso non ci sono uomini di coscienza. Sono loro infatti a far sì che l’insieme della vita sociale venga in definitiva formato secondo le regole di quella legge, che non è l'uomo a darsi, ma che egli scopre “nell’intimo della coscienza, alla cui voce deve obbedire» ( Gaudium et spes, 16).

Da questo richiamo scaturisce un imperativo di evangelizzazione che non deve escludere gli uomini della politica, dello spettacolo, dei media, e di varie istituzioni educative, ma che deve saperli incontrare. Il Convegno che abbiamo voluto organizzare qui a Budapest, non vuole limitarsi solo ad un dibattito accademico, ma mira a indicare l’importanza di questa dimensione etica, senza la quale il nostro Continente rischia di immergersi in nuovi conflitti e ingiustizie. L’Europa è sottoposta a diversi processi di trasformazione, ma essi non possono sostituire la nostra missione di annunziare il messaggio di Cristo che rende uomo un essere etico. Questo annunzio evangelico oggi richiede un nuovo coraggio ed entusiasmo, ma è la strada che porta al ritrovamento, anche nella vita pubblica e politica dell’intero Continente, oltre che dei singoli Paesi. Esso induce anche alla scoperta dell’uomo di coscienza, che è uomo di etica. Senza le persone disposte ad aprire i loro cuori ad un rinnovamento interiore, l’etica rischia di essere un elemento marginale della vita considerato un fastidioso fardello, anziché un importante fattore.

Diversi paesi dell’Europa stanno vivendo una fase di transizione che coinvolge anche le direttrici del loro sistema educativo: quale è il messaggio che la Chiesa dovrebbe trasmettere in questo momento e, soprattutto, in che modo potrebbe essa agire per agevolare la diffusione delle sue tesi nel dibattito politico dei singoli Paesi?

Card. Poupard: Direi che di solito le fasi di transizione, non solo nel campo educativo ma in generale, sono particolarmente difficili, perché spesso segnate dalle tensioni delle strutture istituzionali e anche mentali del passato, che si scontrano con le esigenze orientate verso un futuro. I sistemi educativi in tale contesto risentono maggiori disagi, e non solo per il fatto che devono far fronte all’enorme sforzo di rivedere l’insegnamento delle materie, nei loro metodi e spesso anche nei contenuti essenziali della storia e dell’ermeneutica, ma soprattutto perché i bambini e i giovani ai quali è indirizzato tale insegnamento facilmente diventano vittime delle incertezze istituzionali.

Il processo educativo, infatti, non è una semplice trasmissione di dati utili, ma è una formazione della persona umana, prima nella sua dimensione interiore, morale e poi intellettuale e fisica. Oggi, sfortunatamente, questi tre elementi della formazione integrale non vengono percepiti, mentre costituiscono il fondamento di una società sana. Non si può limitare l’educazione solo alla dimensione atletica o intellettuale. Un uomo moralmente non-formato si de-forma e facilmente diventa immorale o addirittura amorale. È importante, quindi, ritornare all’idea della formazione della personalità dei bambini e dei giovani nelle loro dimensioni caratteriali. Ecco perché il Concilio Vaticano II, insiste sul ruolo della formazione spirituale e morale. La Costituzione Gaudium et spes, parlando dei giovani dice, infatti: «occorre educarli con diligenza ad acquisire una più ampia cultura spirituale, utilizzando gli enormi mezzi che oggi sono a disposizione del genere umano. Innanzitutto l'educazione dei giovani, di qualsiasi origine sociale, deve essere impostata in modo da suscitare uomini e donne, non tanto raffinati intellettualmente, ma di forte personalità, come è richiesto fortemente dal nostro tempo» (GS, 31).

Ovviamente, non si tratta qui di appesantire il già difficile compito delle istituzioni come scuole e università, ma di saper unire le forze delle diversi componenti istituzionali governative, sociali, ecclesiastiche e mediatiche nel proporre una costante e coerente formazione della gioventù ancor prima che incominci a frequentare le scuole. Questo vuol dire che bisogna pensare alla formazione dei bambini già nel nucleo familiare, e anche se questo può risultare difficile rappresenta una vera sfida del presente e del futuro. Chi ha potuto visitare più di una volta Science Museum a Londra, ha potuto scoprire che ci sono interi reparti pensati per i bambini e per i giovani. Addirittura ci sono ambienti dove i bambini dai 4 anni in su, possono assistere a delle eccezionali lezioni di fisica e imparare i principi di acustica, di elettricità, di dinamica semplicemente giocando.

Intere famiglie visitano questo posto che gratuitamente offre un grande aiuto ai genitori, ma soprattutto un’eccezionale opportunità di incontro con la scienza ai bambini e ai giovani. È solo un piccolo esempio che può servire come punto di riferimento di promozione per simili iniziative. In questo senso, anche la Chiesa ha un ruolo importante nella formazione e nella strutturazione dei sistemi educativi, ma non come parte del dibattito politico, bensì come promotrice dei sistemi educativi impostati sul messaggio evangelico. Penso alle attività delle scuole cattoliche e delle università, ma anche alle realtà degli oratori, ai gruppi sportivi, alla formazione degli scout, ecc. Tutto ciò che può offrire alla gioventù ragioni di vita e di speranza (GS, 31).
English Cardinal Poupard on Pope’s Trip
Dec 14, 2006
Benedict achieved his aims beyond all expectations.

(National Catholic Register, December 17-23, 2006) VATICAN CITY — It has been an eventful nine months for Cardinal Paul Poupard.

In March, Pope Benedict XVI named the French cardinal president of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue. Since then the cardinal, who is also the president of the Pontifical Council of Culture, has been a key Vatican player in dealing with the hostile Muslim reaction to the Pope’s Regensburg speech.

Cardinal Poupard spoke Dec. 2 with Register correspondent Edward Pentin about Benedict’s recent trip to Turkey and its significance to Catholic-Muslim relations.

What in your opinion were the highlights and main achievements of the Pope’s pilgrimage to Turkey?

The apostolic voyage of the Holy Father to Turkey had three aims: reinforce ecumenical dialogue, give a boost to interreligious dialogue, and comfort the small Catholic community.

These three objectives were amply achieved, beyond all our hopes and expectations. Even the famous secular Turkish press gave the headline on the day of Pope Benedict XVI’s departure:

“He came as Pope

He returns as Father.”

The Turkish press coverage of the visit was outstanding and gave a rare chance to millions of Turks to follow closely through live broadcasts the different stages of the voyage and so come to know the face, words and gestures of that good man who is so full of love for all men and women.

His love came through to all: in the important meetings with the civil authorities, the Muslim leaders, Orthodox brothers of different confessions and the Catholic Church in Turkey.

To what extent did the visit herald a new era in Catholic-Muslim relations?

After the media-orchestrated misunderstanding of Regensburg, the visit of the Pope opened a new era of Catholic-Muslim relations.

First of all, there was the previously unheard of fact that the Pope would dare to visit the Presidency for Religious Affairs. There he cordially explained to its president why he had entrusted to me both the presidency of the Pontifical Council for Culture and the presidency of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue. It was a decision taken not with a view to weakening such dialogue, but on the contrary, of reinforcing it.

Then there was the most emblematic moment of the voyage: the Pope’s visit to the Blue Mosque, with that long moment of reflection alongside the grand mufti of Istanbul, facing Mihrab, the niche toward which the Muslim faithful pray in the direction of Mecca.

These two men of faith, vested in white, and who had notably exchanged gifts — a blue ceramic tile with a dove and the words “God Almighty and Merciful” from the mufti and a mosaic of a white dove from the Pope — in a stupendous sign of concord. This was made more explicit in the words written by Benedict XVI in the golden book of Hagia Sofia: “In our diversity, we stand together in faith in the One God. May God enlighten us and lead us to the way of love and peace!”

Some critics have suggested that during the visit, the Holy Father compromised the stronger line he seemed to take with regard to Muslims during his Regensburg speech. What do you say in response to the criticism?

Let us not exaggerate the value of these inevitable criticisms. The Pope’s line is very clear for anyone who wishes to understand it. As he said on taking his leave of Istanbul, “I give thanks to God for having been able to help ecumenical and interreligious dialogue with my visit to Turkey the bridge between Asia and Europe.”

Pope Benedict XVI, by his words and gestures, treads the path of dialogue, as he has often repeated, not as an optional path, but as a necessary path for the Church. It is a real dialogue, profound, sincere and demanding, and at the same time a dialogue of faith and reason; in love, in truth and in charity.

How hopeful are you that the Holy Father’s appeals for greater religious freedom in Muslim-majority nations will be heeded?

There is great hope and expectation. As regards Turkey, a first result has already come during the colloquium with the vice prime minister at which I was a participant: the concrete proposal to establish a “joint commission” of the Turkish government and the Turkish Catholic bishops’ conference to examine together the local problems that do exist and that are in need of appropriate solutions.

Do you think the success of this pilgrimage opens the way for another one to the Holy Land sometime in the near future?

Without a shadow of a doubt the success of this pilgrimage is a key stage on that difficult path. We all know that the Holy See works tirelessly for a peaceful solution to the dramatic situation in the Holy Land, calling on every side to seek the way of reasonable accord, meeting the legitimate needs of all those involved under the guarantee of the United Nations.

How would you like to see Catholic-Muslim dialogue develop in the future, following this visit?

In the future, following this visit, the most important thing is that Catholic-Muslim dialogue can develop in a climate of trust and reciprocal respect, with a deeper awareness of the faith of Christians and Muslims, their sources — the Bible and the Quran — and their respective traditions. Already a good positive sign is the publication of a single volume of the Bible and of the Quran in the original languages.

Then, with the joyful rediscovery of our sharing faith in the One God, the God of Abraham, shall we together restore God to the heart of cultures, through a lively and efficacious witness in a common commitment to that peace desired by all people of good will, a peace which is implored as a gift of God.
Italian Il Cardinal Poupard ricorda l’importanza della Chiesa cattolica in India
Dec 01, 2006
Intervenendo al meeting dei Direttori dei Centri Culturali Cattolici a Goa

GOA, venerdì, 1° dicembre 2006 (ZENIT.org).- “La Chiesa in India, come ovunque, è chiamata a vivere e testimoniare la sua fede in Gesù Cristo”, ha detto il Cardinale Paul Poupard, Presidente del Pontificio Consiglio della Cultura e del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso, nel suo messaggio di saluto al meeting dei Direttori dei Centri Culturali Cattolici in India, svoltosi nella città di Goa dal 20 al 23 novembre.

“Sebbene la gente di Goa professi diverse fedi e abbia background culturali differenti, questa piccola striscia di terra è segnata da un’armonia pacifica e rispetto reciproco”, ha evidenziato il Cardinale nel suo intervento dedicato al tema “Valori e Culture del Vangelo: la sfida della testimonianza della fede cristiana nelle culture indiane”.

“La pletora di chiese, cappelle, croci e altari lungo le strade indica che la fede cattolica è diventata la base della cultura di Goa e parte della vita quotidiana”, ha aggiunto, ricordando che la città, ex colonia portoghese, “è stata anche benedetta con i resti mortali del grande Apostolo d’Oriente, San Francesco Saverio, il cui esempio molti missionari di Goa hanno provato a emulare impegnandosi nell’opera evangelizzatrice”.

L’asse portante dell’intervento del Cardinal Poupard è stato il commento al testo di Matteo (28) – che, secondo la tradizione, è stato il primo ad essere portato in India – sulle parole di Gesù che esorta i discepoli con il suo quadruplice “tutto”: “mi è stato dato tutto il potere, andate in tutto il mondo, ed insegnate tutto, io sono con voi tutti i giorni”.

“Il numero di volte in cui viene usata la parola ‘tutto’ – ha osservato – sottolinea i quattro importanti elementi del testo, nella fattispecie che Gesù ha avuto tutta l’autorità in cielo e sulla terra; che la missione che affida ai Suoi seguaci è designata per tutte le Nazioni; che lo scopo della missione è diffondere l’insegnamento di Gesù e la sua osservanza nella sua pienezza e, infine, che Gesù sarà sempre con i Suoi seguaci per assisterli quando intraprendono questa missione”.

Il Cardinale ha quindi ricordato che “il ricco patrimonio culturale indiano offre sia una sfida che un’opportunità di vivere e proclamare la fede in Gesù Cristo. E’ un appello all’evangelizzazione delle culture e all’inculturazione della fede”.

“In un Paese come l’India che è patria di culture tradizionali millenarie e culla delle religioni del mondo, non si può far altro che insistere sul dialogo interculturale e interreligioso”, ha constatato.

Il porporato ha poi incoraggiato la Chiesa in India a “continuare a essere il volto misericordioso di Cristo nei confronti dei poveri, dei giovani, delle popolazioni indigene, dei sofferenti, come ha fatto in modo così splendido nel corso dei secoli”.

Il Presidente ha quindi concluso il suo intervento con le parole del Cardinale indiano Ivan Dias, Prefetto della Congregazione per l’Evangelizzazione dei Popoli: “Dobbiamo riconoscere e rispettare i tesori preziosi del patrimonio religioso. Come i Re Magi non si sono fermati fino a quando non hanno trovato Gesù e hanno lasciato i loro tesori dinanzi a lui e lo hanno adorato, così tutti gli abitanti dell’Asia, con le loro diverse e ricche culture, patrimoni religiosi e tradizioni, non si fermeranno fino a quando non troveranno e adoreranno Colui che è la Via, la Verità e la Vita”.

Hanno partecipato al meeting dei Direttori dei Centri Culturali Cattolici in India, il primo del genere, oltre 40 centri di tutto il subcontinente indiano.

In questa sua prima visita a Goa, il Cardinal Poupard ha anche presieduto la celebrazione eucaristica per il 79º anniversario della morte del V. P. Agnelo, sacerdote membro della Società dei Missionari di San Francesco Saverio, istituto nato a Goa e in rapida espansione, con 312 membri sacerdoti, attivi in 28 diocesi, principalmente in India e Nepal, nonché in diversi Paesi europei.

L’istituto conta più di 100 studenti di Filosofia e Teologia che si preparano a portare Gesù Cristo a coloro che ancora non lo conoscono o gli sono diventati indifferenti.

I cattolici sono appena il 2% su oltre un miliardo di abitanti dell’India.
English Goans have deep religious fervour
Nov 25, 2006
Goa’s rich culture and harmony among faiths may have impressed Cardinal Paul Poupard, President of the Pontifical Council for Culture (PCC), but the top Vatican official has reminded Goans of obstacles that could impede dialogue between faiths.

(Goa's Herald) PANJIM, NOV 24 — In an exclusive interview to Herald, Cardinal Poupard (76) — who is also president of the Pontifical Council for Inter-Religious Dialogue (PCIRD) — outlines the nature of inter-religious dialogue and the need to collaborate with each other.
Is the PCIRD a response to the growing influence of other religions or is it part of the Church’s plan to “accommodate” other religions?
It is neither to accommodate nor is it a response, but it flows from the Second Vatican Council. The church realised that Christians live among many cultures and many religions. The church spoke of an interaction of Christians with cultures and an interaction of Christians with other religions.
In a multi-cultural society like India, where Christianity is a minority religion, there is a tendency to perceive inter-religious dialogue as evangelism, thereby creating suspicion among other faiths. Elsewhere, others may think that if inter-religious dialogue is so important, has the proclamation of the Gospel message lost its urgency.
The answer again is no and no. We must be cautious against two tendencies. One tendency is to close ourselves and to say all other religions are evil. The church does not accept this tendency. Jesus Himself taught us to be open to others. The other tendency is to say everything is equal and this too is unacceptable as it would lead to relativism and syncretism. Therefore, we need to have a dialogue, always with the intention of presenting Jesus to others.
How does the PCIRD understand inter-religious dialogue? Is it seen as “tolerant”, “mutual respect” or “accommodative”?
The first aim is to know other religions and then to have mutual respect. Both know each other and should respect each other. Religions can be a witness to God in a world filled with consumerism and materialism. Religions need to collaborate among each other for civilisation of the world.
What are the obstacles that can slow down dialogue between religions?
Suspicion among other faiths, violence and war are obstacles to the dialogue between religions. Different situations pose different challenges. For instance in the west, people always ask “How can you have a dialogue with the Muslims at this moment? Because of the media, most people tend to think that all Muslims are terrorists. Thanks to God, there are millions of Muslims who never even think of terrorism.
What has been your experience during your brief stay in Goa?
It has been a very positive experience and Goa has a very rich cultural reality. When I met Cardinal Ivan Dias in Rome and told him that I was going to Goa, he was very happy and told me that I must visit the tomb of St Francis Xavier. On the same day, the Holy Father Pope Benedict XVI also encouraged me to visit Bom Jesus Basilica.
When we celebrated Mass at Pilar on Monday, I was very touched by the fervour and deep religiosity of the Goans. During that time, I could rediscover my own faith.
What is your message to the Goan Catholics who live in a multi-cultural society?
The Goan people have given me a very beautiful witness to their faith. They have shown me the task of the PCC. They have shown it through the testimony of their lives, that they are living this evangelisation of cultures. Continue being proud of being Catholics, so that you can present Christ to others with gentleness and kindness.
English Cardinal Poupard opens art gallery at Old Goa
Nov 21, 2006
The president of the Pontifical Council for Culture and president of the Pontifical Council for Inter-Religious Dialogue, Cardinal Paul Poupard, who arrived in Goa yesterday, today inaugurated the Kristu Kala Mandir Art Gallery at Old Goa.

(navhindtimes.com) Panaji, Nov 20: The Archbishop of Goa and Daman, Rev Felipe Neri Ferrao and other church dignitaries were present in the Episcopal Palace where the Art Gallery is housed.

Speaking from a prepared statement at a press conference after the inauguration, Cardinal Poupard explained the importance and meaning of culture to the Church.

The Catholic Church has always sought dialogue with the contemporary world, he said. The Declaration on the Relation of the Church to Non-Christians has a consistent exhortation for dialogue. In fact it says, ‘’The Church therefore exhorts her sons, that through dialogue and collaboration with the followers of other religions, carried out with prudence and love and in witness to the Christian faith and life, they recognise, preserve and promote the good things, spiritual and moral, as well as the socio-cultural values among these men,’’ he said.

The Church, confronted with the challenge of traditional cultures and the shock of modern ones, is engaged without conditions or complacency, in a dialogue fully open to the best demands of the cultures of our times: unity and plurality, particularity and universality, truth and modernity, beauty and practicality. Cardinal Poupard said that various Holy Fathers took various steps towards this end and that in March 2006, Pope Benedict XVI, appointed him also as the president of the Pontifical Council for Inter-religious Dialogue, ‘’in order to favour a more intense dialogue between men of culture and exponents of various religions.’’

Quoting Pope Benedict XVI, Cardinal Poupard said, ‘’ Today, the Church is called to embrace new challenges and be ready to enter into dialogue with different cultures and religions, seeking with every person of good will to build peaceful coexistence between peoples.’’ Cardinal Poupard said his visit to Goa was to promote a sincere and authentic intercultural and inter-religious dialogue carried out in mutual respect, openness and above all charity. Earlier in his welcome speech, the Archbishop of Goa, Rev Ferrao described the Art Gallery as “a splendid and unique treasure of contemporary Christian Art,’’ made up mostly of contributions from non-Christian artists from India and abroad.

Rev Ferrao said he looked forward to seeing the gallery turn into a ‘’place of dynamic inter-cultural and inter-religious dialogue, through the medium of the visual arts, over one single subject: Christ.
English Cardinal Poupard appreciates rich culture of Goa
Nov 20, 2006
The head of the Pontifical Council for Culture and for Inter-religious Dialogue, Cardinal Paul Poupard was warmly welcomed by the Archbishop Patriarch, Rev Filipe Neri Ferrao and the Superior General of the Society of Pilar, Fr Tony Lopes.

(navhindtimes.com, Panaji, Nov 19, ) The Cardinal is accompanied by the secretary to the Council, Fr Bernard Ardura and Fr Theodore Mascarenhas, the official of the Council.

The Cardinal visited the Apostolic School and the orphanage at Pilar. He also visited the Pilar monastery, seminary and the museum.

In the evening, the Cardinal visited Mangueshi temple and was taken around by the priests of the temple. He also visited the family of Kalpana Behre at the Vamaneshvar temple in Davlli. His interesting visit was the visit to the mut at Kavllem.

The Cardinal said that the entire day was an honour to the two departments he is holding — of culture and Inter-religious dialogue — seeing the rich culture of Goa. He also appreciated the family values during his visit to different families.

The Cardinal will be the main celebrant at the death anniversary mass of Fr Agnelo at Pilar on November 26. In the evening he will be inaugurating an exhibition at Old Goa in the old Archbishop’s palace.

The Cardinal will be presiding for three days over the meeting of cultural centres of India at the Pilar Theological College. Forty representatives from all over India are expected.

Besides, the Cardinal will preside over an all-India symposium on globalisation organised by the Pilar Theological College. The Governor will be the chief guest at a cultural programme on November 22 at the college.
German „Der wahre Islam glaubt genauso an den Dialog wie der Papst“
Oct 13, 2006
Interview in „Corriere della Sera“

ROM, 5. Oktober 2006 (ZENIT.org).- Weil Papst Benedikt XVI. von der Wirksamkeit des interreligiösen Dialogs überzeugt sei, unternehme er die Reise in die Türkei, erklärte Kardinal Paul Poupard, Präsident des Päpstlichen Rates für die Kultur und des Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog.

Der Heilige Vater wird aus Anlass des Fests des heiligen Andreas, des Patrons der orthodoxen Kirche, am 28. November zum Sitz des Patriarchen von Konstantinopel in Phanar (Istanbul) aufbrechen. Bis zum 1. Dezember wird er sich in der Türkei aufhalten.

„Der wahre Islam glaubt genauso an den Dialog wie der Papst“, bekräftigte Kardinal Poupard in einem Interview, das heute in der italienischen Tageszeitung „Corriere della Sera“ veröffentlicht wurde. In jeder menschlichen Gruppierung gebe es Extremisten, fuhr der Kurienkardinal fort. „Wie Sie wissen, gibt es auf der ganzen Welt mehr als eine Milliarde von Muslimen. Darunter gibt es hunderte Millionen von Menschen, die guten Willens sind, und gerade mit ihnen suchen wir die Begegnung.“ Fanatischen Gruppen, die es offensichtlich auch gäbe, müsse immer weniger Raum gegeben und verhindert werden, dass sie sich ausbreiten.

Der Kardinal zeigte sich über den Erfolg der Offensive des Heiligen Stuhls zur Konfliktbewältigung nach den heftigen Reaktionen auf die Regensburger Vorlesung Benedikts XVI. erfreut und wies darauf hin, dass auch der Papst mit den Resultaten zufrieden sei. „Die Treffen, die er hatte, haben ihm eindeutig zu verstehen gegeben, dass der wahre Islam die Notwendigkeit des Dialogs anerkennt und versteht, das unser Interesse, ihn voranzubringen, aufrichtig ist.“

In Bezug auf die nächsten Schritte in Richtung islamische Welt kündigte Kardinal Poupard die Erarbeitung jener Botschaft an, die seitens des Heiligen Stuhls jedes Jahr zum Abschluss des Fastenmonats Ramadan an die muslimische Glaubensgemeinschaft gerichtet wird. Neu sei diesmal, dass das Schreiben im Pressesaal des Heiligen Stuhls offiziell vorgestellt werde.

Außerdem kündigte der Kurienkardinal an, dass sich Erzbischof Luigi Celata, Sekretär des Päpstlichen Rates, am 12. Oktober in Istanbul aufhalten werde, um mit dem türkischen Direktor für Religiöse Angelegenheiten sowie rund 400 Vertretern der islamischen Welt zusammenzukommen.

Anfang November werde der Päpstliche Rat schließlich in Assisi einen interreligiösen Jugendkongress zum Thema Friedenserziehung veranstalten. Diesbezüglich erklärte Kardinal Poupard, dass die Christen rund die Hälfte der Teilnehmer stellten und dass auch zahlreiche Muslime kommen würden.
Spanish Card. Poupard destaca diálogo del Papa con musulmanes
Oct 05, 2006
El Cardenal Paul Poupard, Presidente del Pontificio Consejo para el Diálogo Interreligioso, destacó la importancia del diálogo sostenido por el Papa Benedicto XVI con diversos líderes musulmanes y urgió a buscar los valores comunes entre el Cristianismo y el Islam.

VATICANO, 25 Sep. 06 (ACI).- El Purpurado francés explicó a Radio Vaticano que la presencia de “representantes altamente calificados” de naciones islámicas, miembros de la Consulta islámica y del Centro islámico cultural de Italia, “certifica la actualidad singular” del mensaje que el Papa, al inicio de su pontificado, dirigió en Colonia a los representantes de las comunidades musulmanas.

“En estos días particularmente difíciles de la historia de nuestro tiempo, tenemos un gran campo de acción en el cual podemos sentirnos unidos para el servicio de los valores fundamentales en el respeto mutuo y en la comprensión recíproca”.

El Cardenal citó también el pasaje en el cual el Papa mismo recordaba, tiempo atrás, que “el diálogo interreligioso e intercultural entre cristianos y musulmanes no puede reducirse a una elección del momento, es una realidad, una necesidad vital de la cual depende gran parte de nuestro futuro”.
Poupard subrayó luego el papel de Roma, “ciudad de encuentros” donde los creyentes que tienen común “Abraham y la fe en un Dios único, y el respeto del hombre creado a su imagen”, tienen "un futuro que asegurar”.
Spanish El cardenal Poupard agradece a musulmanes su comprensión ante la aclaración papal
Sept 21, 2006
El cardenal Paul Poupard, presidente del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso, dio las gracias este martes a los musulmanes que han acogido positivamente las palabras aclaratorias de Benedicto XVI sobre el discurso que pronunció en Ratisbona.

ROMA, martes, 19 septiembre 2006 (ZENIT.org).- El agradecimiento del purpurado francés resonó en el ayuntamiento de Roma, el Capitolio, durante el acto de presentación de una nueva revista interreligiosa «Conocerse para convivir».

El encuentro concluyó con un significativo apretón de manos ante los fotógrafos y cámaras de televisión entre el cardenal, el imam de la Mezquita de Roma, Sami Salem, y el rabino jefe de Roma, Riccardo Di Segni.

«En este momento tan difícil no podemos dejar de recordar la invitación lanzada por el Papa al diálogo como necesidad vital de la que depende nuestro futuro», reconoció el cardenal.

«En esta sede doy las gracias a cuantos han acogido positivamente las últimas palabras del Papa en el Ángelus del domingo y reafirmamos el recíproco respeto», proclamó.

Si bien no han faltado sectores islámicos que han mantenido duras críticas al Papa, algunos grupos y gobiernos han considerado que la aclaración de este domingo del Papa zanja la polémica.
Spanish Antología de escritos del cardenal Popuard sobre Iglesia y culturas
Jul 30, 2006
Un voluminoso volumen del cardenal Paul Poupard, presidente del Consejo Pontificio para la Cultura y del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso, recoge el pensamiento de la Iglesia sobre el diálogo con las culturas.

CIUDAD DEL VATICANO, domingo, 23 julio 2006 (ZENIT.org).- Editado en Francia por «Éditions de Paris», el libro «El catolicismo ante el desafío de las culturas» («Le catholicisme au défi des cultures») es una recopilación de artículos y partes de libros del cardenal francés.

La Inspectora general honoraria de Educación Nacional en Francia, Isabelle Mourral, ha decidido compilar los ensayos y dividirlos en secciones doctrinales y históricas.

Son cinco partes, siendo la doctrina la primera, seguida de la historia, los retos actuales, textos sobre la Iglesia de Roma reunidos bajo el título «Sobre esta piedra construiré mi Iglesia», y un último bloque de perspectivas sobre el cristianismo en la actualidad.

La primera parte aborda la fe católica y el Concilio Vaticano II.

La segunda explica la historia de Francia y su relación con la Iglesia y se detiene en ejemplos de santidad.

La fe cristiana y el reto de la indiferencia religiosa da comienzo a la tercera parte, que estudia la inculturación de la fe.

La cuarta parte se refiere al Papa, al Vaticano y a Roma.

La última reflexiona sobre el cristianismo y el Tercer Milenio.

Mourral, que es presidenta de honor de la Asociación de Escritores Católicos en Francia ha querido que esta antología de 428 páginas (29 euros) presentara el pensamiento del cardenal que empezó su servicio a la Santa Sede en Secretaría de Estado para después pasar al Instituto Católico de París y regresar a Roma para convertirse en cercano colaborador de Juan Pablo II y Benedicto XVI.
French Anthologie d’écrits du card. Poupard sur le catholicisme et les cultures
Jul 27, 2006
Réunis en français par Isabelle Mourral

ROME, Dimanche 23 juillet 2006 (ZENIT.org) – Un ouvrage recueillant la pensée du cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la Culture et du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, sur le catholicisme en dialogue avec les cultures, vient d’être publié aux Editions de Paris.

Cet ouvrage, qui a pour titre « Le catholicisme au défi des cultures » est une compilation d’articles et de parties de livres écrits par le cardinal Poupard.

Les articles ont été classés par sections doctrinales et historiques par Isabelle Mourral, inspecteur général honoraire de l’Education nationale.

Le recueil est divisé en cinq parties. La première est consacrée à la doctrine. Elle aborde la foi catholique et le Concile Vatican II. La deuxième est consacrée à l’histoire. Elle explique l’histoire de France et sa relation avec l’Eglise. Elle présente des exemples de sainteté. La troisième porte sur les défis actuels. Elle aborde le thème de la foi chrétienne et du défi de l’indifférence religieuse. Elle étudie l’inculturation de la foi. La quatrième réunit des textes sur l’Eglise de Rome placés sous le titre « Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». La dernière partie est consacrée aux perspectives sur le christianisme dans l’actualité.

Isabelle Mourral est présidente d'honneur de l'Association des Philosophes Catholiques et vice-présidente de l'Association des Philosophes Chrétiens.
French «L'extrémiste musulman n'est pas un musulman authentique»
Jul 12, 2006
Chargé depuis trois mois du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Poupard détaille la vision de Benoît XVI sur ce dossier sensible

(03-07-2006) - La Croix : Comment Benoît XVI voit-il le dialogue entre les religions ?
- Cardinal Paul Poupard : Benoît XVI a livré sa pensée dès le lendemain de l’inauguration de son pontificat, le 25 avril, en assurant les représentants des religions non chrétiennes que « l’Église désire continuer à construire des ponts d’amitié avec les fidèles de toutes les religions, dans le but de rechercher le bien authentique de chaque personne et de la société dans son ensemble ». Un dialogue qu’il voyait « construit sur le respect de la dignité de chaque personne humaine, créée, comme nous chrétiens le croyons fermement, à l’image et à la ressemblance de Dieu ».

Et l’été dernier, rencontrant à Cologne le 20 août des représentants des communautés musulmanes, il a uni le dialogue interculturel et interreligieux en affirmant : « Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C’est en effet une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir. »

- Le rapprochement opéré par Benoît XVI entre le Conseil pontifical de la culture et celui du dialogue interreligieux signifie-t-il que l’essentiel du dialogue se joue, dans l’esprit du pape, sur le plan des cultures ?
– Attention aux phrases réductrices, elles risquent de provoquer des malentendus ! La décision du Saint-Père est seulement d’unir pour le moment la présidence du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux à la présidence du Conseil pontifical de la culture, avec une motivation claire et toute positive : « afin de favoriser un dialogue plus intense entre les hommes de culture et les représentants des différentes religions ». Les deux conseils sont autonomes, et continuent leur travail comme toujours.

C’est bien clair : la religion ne peut être ni séparée, ni identifiée à la culture. Elle en est comme l’âme, en son cœur, tout en la transcendant. Mgr Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, notait dans La Croix du 25 mars dernier combien les divisions entre les fidèles de différentes religions relevaient généralement de raisons culturelles plus que théologiques, dans ce qu’il appelle le « choc d’incompréhension mutuelle ».

Favoriser le dialogue interreligieux au plan culturel, ce n’est pas en réduire l’importance ! Bien au contraire ! Par exemple, si nous dialoguons – comme récemment à Bruxelles – avec des musulmans et à leur demande, sur les défis écologiques et de l’environnement, nous nous référons à la Création de Dieu, objet de foi mais aussi domaine de réflexion philosophique. Or, la philosophie fait partie de la culture.

– Y a-t-il des conditions à ce dialogue ?
– Il ne peut y avoir de dialogue qu’entre des êtres libres. Il faut donc être clair : qui est à la source de certaines privations de liberté pour nos frères chrétiens en certaines régions du monde ? Est-ce le fait des politiques, de tel ou tel religieux, ou d’une certaine culture ? Nul ne gagnerait à refuser le dialogue dans la liberté religieuse et la réciprocité. La réciprocité signifie que nous devons faire en sorte de pouvoir vivre dans le respect mutuel de nos convictions, des lieux où nous pratiquons, des rites que nous célébrons, des symboles qui les expriment.

– À quelle condition acceptez-vous de dialoguer avec l’islam ?
– Il ne faudrait pas s’imaginer l’islam comme un bloc monolithique. Entre les sunnites et les chiites, ce sont déjà des mondes musulmans qui chacun prend des visages différents selon les pays et les régions du monde (1). L’exemple de l’Irak montre malheureusement combien les fractures internes peuvent être importantes…

Surtout, le dialogue n’est pas une abstraction : il se fait avec des personnes, et non avec des religions. Ces personnes relèvent d’institutions différentes et de milieux de vie différents : l’islam vécu en Afrique du Nord est culturellement très différent de l’islam vécu en Indonésie ou dans les banlieues françaises. Nos interlocuteurs appartiennent au monde universitaire, au monde politique ou à la sphère des autorités religieuses. La rencontre se fait toujours à la demande et en accord avec l’Église locale.

– Comment juger de l’authenticité du dialogue ?
– L’authenticité demande une spiritualité du dialogue et le désir d’une vraie rencontre. L’extrémiste musulman n’est pas un musulman authentique : je ne dialogue pas avec lui. Ce qui m’amène à préciser que le dialogue politique relève de la Secrétairerie d’État, avec laquelle je suis du reste en liaison constante, à la demande du Saint-Père. Normalement, les religieux sont animés d’une spiritualité, parfois d’une mystique qui ouvre un cadre spirituel favorable à la rencontre.

– Quels sont aujourd’hui les obstacles qui freinent le dialogue entre les religions ?
– Les obstacles sont principalement d’ordre culturel. Bien sûr, les a priori réducteurs si répandus sont de vrais obstacles, comme le manque de compréhension de la nature et du but du dialogue interreligieux. La sécularisation rend aussi difficile la compréhension de la nécessité – qui relève de notre foi – de dialoguer avec les fidèles des autres religions. Mais je préfère parler de défis, plutôt que d’obstacles. Dans la foi, nous sommes animés par l’espérance.

– Peut-on tenir un dialogue théologique avec les religions non chrétiennes ?
– Il faut mettre à part le dialogue avec les juifs, avec lesquels nous partageons la même source originelle de la Révélation. Quant au dialogue avec les musulmans, il ne peut évidemment pas porter sur le dogme : la Trinité, l’Incarnation, les sacrements. Mais nous sommes, avec eux, chrétiens et juifs, la postérité d’Abraham. Le dialogue peut dès lors se situer au niveau des présupposés de la foi : la croyance en l’existence d’un Dieu unique, créateur du monde visible et invisible, la croyance dans l’immortalité de l’âme…

La vertu de religion ne relève pas en tant que telle de la théologie. La justice, les rapports de la religion à la politique, le sens de la création, etc. sont autant de lieux de dialogue qui ne sont pas directement théologiques. Toutefois, le dialogue avec les croyants des autres religions peut inciter à clarifier certains points doctrinaux, à les approfondir et même, en ce qui concerne la découverte des valeurs spirituelles des autres, à s’en enrichir.

Recueilli par Isabelle DE GAULMYN à Rome

(1) Lire, du cardinal Poupard, Les Religions (PUF, coll. « Que sais-je ? »), et, sous sa direction, le Dictionnaire des religions (PUF, 2 vol.).
French Peine de mort: Le cardinal Poupard rappelle l’enseignement de l’Eglise
Jul 03, 2006
Le caractère « sacré » de toute vie humaine

ROME, Mercredi 21 juin 2006 (ZENIT.org) – Au lendemain du réquisitoire qui a réclamé la peine capitale pour Saddam Hussein, le cardinal Poupard a rappelé à ce sujet à des journalistes à Rome l’enseignement de l’Eglise catholique sur le caractère « sacré » de toute vie humaine.

« La vie humaine est toujours inviolable » a déclaré le cardinal Paul Poupard, président des conseils pontificaux de la Culture et pour le Dialogue interreligieux.

« Chaque créature humaine, même la plus misérable, a été créée à l'image et à la ressemblance du Seigneur. Dieu est le maître de la vie et de la mort », a rappelé le cardinal français.

Le cardinal Poupard a précisé qu'il parlait en général et ne visait pas spécialement Saddam Hussein en disant : « Je ne vais pas répondre en ce qui concerne Saddam Hussein mais je répète que l'Eglise croit que chaque personne est sacrée ».

Le Catéchisme de l’Eglise catholique, rédigé sous la responsabilité du cardinal Joseph Ratzinger, considère que la peine de mort ne pourraitêtre infligée qu'à de très rares occasions (quasi « inexistantes », dit le texte), contre un « agresseur » qui continuerait de constituer une menace pour des vies, ce qui ramènerait la question morale à celle de la légitime défense.

Le catéchisme dit en effet dans son édition de 1997, au n° 2267 : « L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie des êtres humains.
« Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ses moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.
« Aujourd’hui, en effet, étant donné les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement les crimes en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer les coupables sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants ».
English French cardinal asks clemency for Saddam Hussein
Jun 24, 2006
Cardinal Paul Poupard called for clemency for former Iraqi dictator Saddam Hussein, the Italian Ansa news agency reports.

Jun. 21, 2006 (CWNews.com) - "Human life is always inviolable," the French prelate said. Citing the Catechism of the Catholic Church, the cardinal-- who is president of the Pontifical Council for Culture-- said that "no one can claim any right over the life and death of another."

The right to life is "a universal principle, and there is no exception," Cardinal Poupard said. "God is master of life and death."

The cardinal spoke out as the trial of Saddam Hussein neared its conclusion, with Iraqi prosecutors calling for the death penalty. The former Iraqi ruler is charged with the massacre of civilians in the town of Doujail.

A final verdict in the trial is not expected until September. Even if he is sentenced to execution, Saddam Hussein is unlikely to be put to death at any time in the foreseeable future. He still faces separate trials on charges of having presided over a genocidal campaign against Kurds and the repression of Shi'ite Muslims.
English New Chair: Non-conventional Spiritualities
Jun 15, 2006
Cardinal Poupard Outlines New-Age Challenges

ROME, JUNE 9, 2006 ( Zenit.org).- Intelligence and wisdom are needed to counteract relativism, esotericism and agnosticism, says Cardinal Poupard.

The president of the Pontifical Councils for Culture and for Interreligious Dialogue made that observation in his address at the inauguration of the Chair of Religions and Non-conventional Spiritualities, instituted at the University of St. Thomas Aquinas, the Angelicum.

The chair and its corresponding course of studies is the result of a joint initiative by the Socioreligious Research and Information Group and the Angelicum.

Cardinal Poupard said that "non-conventional religions and spiritualities, phenomena known as New Age, esotericism, magic, occultism, Satanism and communication with the great beyond appear as forms of gnosis."

These "combine spiritual intuitions and methods taken eclectically from traditional religions and esoteric practices, with scientific or pseudo-scientific methods of healing and the pursuit of physical and mental well-being," he said.

According to the French cardinal, their success can be explained "because they find fertile ground in the diffusion of relativism and of indifference to the Christian faith to which are joined the inextinguishable aspirations of the human spirit to transcendence and the religious sense, constant characteristic of the history of man."

"When knowledge of the content of the Christian faith is weak, sects develop thanks to their alleged answers to the needs of people in search of healing, offspring, financial success," the cardinal said. "The same argument applies to esoteric religions, whose success is affirmed given the frailty and ingenuousness of Christians who are little or poorly formed."

Cardinal Poupard said this "spiritual and cultural scenario" is a "challenge to the Church and ecclesial and academic institutions."

New territory

The cardinal continued: "The main challenge is a new inculturation of the faith in heretofore unexplored environments, which will go beyond simple apologetics. My conclusion is, obviously, an invitation to a new Pastoral Program of Culture.

"A university is not a parish; that is why an appropriate cultural and spiritual formation is important, through the organization of seminars and working groups, centers of dialogue and interdisciplinary colloquia."

Essential is "faith in Christ, which involves at once man's intelligence and heart, thought and life, in the effective encounter with Christ," the Vatican official added.

"In sum," he said, "from catechesis to homilies, from the highest magisterium of the Church to pastoral care, from the academic lesson to the simplest testimony of faith, the end that moves us is one, as the Holy Father Benedict XVI repeats to us so often: To have the courage to fight against relativism, allowing oneself to be driven to and fro, by every doctrinal wind, suggested to us by the prevailing culture as the only attitude to be abreast of the times."

Cardinal Poupard added: "To cultivate a clear faith, according to the Creed of the Church, is not fundamentalism but intelligence and also wisdom, so as not to yield to the dictatorship of relativism, which recognizes nothing as definitive, and which leaves the 'I' and its desires as the ultimate measure.

"Relativism, esotericism and … agnosticism are the most deceitful 'enemies' of truth and goodness."
Spanish «Relativismo, esoterismo y agnosticismo, enemigos de la verdad», según el cardenal Poupard
Jun 15, 2006
Ha sido instituida en la Universidad Pontificia Santo Tomás de Aquino de Roma (más conocida como «Angelicum»), la cátedra «Religiones y espiritualidades no convencionales».

ROMA, viernes, 9 junio 2006 (ZENIT.org).- La cátedra y su correspondiente curso de estudios es fruto de una iniciativa conjunta del Grupo de Investigación e Información Sociorreligiosa (GRIS) y de la Universidad Pontificia Santo Tomás de Aquino.

El cardenal Paul Poupard, presidente de los consejos pontificios de la Cultura y para el Diálogo Interreligioso, en su intervención en la inauguración el pasado 18 de mayo, explicó el «papel de las instituciones culturales católicas frente al relativismo y el esoterismo de las religiones y espiritualidades no convencionales».

El cardenal Poupard precisó que «las religiones y espiritualidades no convencionales, fenómenos conocidos como New Age, esoterismo, magia, ocultismo, satanismo, comunicación con el más allá, se presentan como formas de gnosis» que «combinan intuiciones espirituales y métodos tomados eclécticamente de las religiones tradicionales y de prácticas esotéricas, con métodos científicos o pseudo científicos de curación, de búsqueda del bienestar físico y mental».

Su éxito se explica, según el purpurado, «porque encuentran un terreno bien preparado por la difusión del relativismo y de la indiferencia hacia la fe cristiana, a la que van unidas las inextinguibles aspiraciones del espíritu humano hacia la trascendencia y el sentido religioso, característica constante de la historia del hombre».

El cardenal Poupard subrayó que «cuando el conocimiento del contenido de la fe cristiana es débil, las sectas se desarrollan gracias a sus pretendidas respuestas a las necesidades de las personas en busca de curación, de hijos, de éxito económico. El mismo argumento vale para las religiones esotéricas, cuyo éxito se afirma gracias a la fragilidad y a la ingenuidad de los cristianos poco o mal formados».

Para el presidente del dicasterio vaticano, «este escenario espiritual y cultural lanza un desafío a la Iglesia y a las instituciones eclesiales y académicas» y surge la pregunta: ¿qué misión tienen la Iglesia y las instituciones católicas para responder a muchas expectativas y ayudar a muchas personas a encontrar o reencontrar en Cristo el camino hacia la Verdad y la Vida?

«El desafío principal --afirmó Poupard-- es el de una nueva inculturación de la fe, en ambientes hasta ahora inexplorados, que vaya mucho más allá de una simple apologética. Mi conclusión es, obviamente, una invitación a una nueva Pastoral de la Cultura».

«La Universidad no es la parroquia --añadió el purpurado--, por eso es importante una formación cultural y espiritual apropiada, a través de la organización de seminarios y grupos de trabajo, centros de diálogo y coloquios interdisciplinares» y es esencial «la fe en Cristo, que implica a la vez la inteligencia del hombre y su corazón, el pensamiento y la vida, en el encuentro efectivo con Cristo».

«En síntesis --afirmó Poupard--, de la catequesis a la homilía, del magisterio más alto de la Iglesia a la pastoral, de la lección académica al testimonio de fe más sencillo, el fin que nos mueve es único, como tantas veces nos repite el Santo Padre Benedicto XVI: tener el valor de luchar contra el relativismo, contra el dejarse llevar de aquí para allá por cualquier viento de doctrina, como nos viene sugerido por la cultura dominante como única actitud a la altura de los tiempos actuales».

El cardenal Poupard concluyó afirmando que «cultivar una fe clara, según el Credo de la Iglesia, no es fundamentalismo sino inteligencia e incluso sabiduría, para no ceder a la dictadura del relativismo, que no reconoce nada como definitivo, y que deja como última medida sólo el propio yo y sus deseos. Relativismo, esoterismo y... agnosticismo son los 'enemigos' más engañosos de la verdad y del bien».
French « L’Eglise n’a pas peur de faire face à l’ignorance religieuse »
May 17, 2006
Journée de réflexion sur « La littérature entre réalité et imaginaire : la leçon anglo-américaine »

ROME, Dimanche 14 mai 2006 (ZENIT.org) – Le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la Culture et du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, affirme que l’Eglise doit faire face au « défi de l’ignorance religieuse ».

Le cardinal Poupard est intervenu le 9 mai lors de l’ouverture des travaux de la VIIe Journée de réflexion sur « Le catholicisme et la littérature au XXe siècle » centrée plus exactement sur le thème : « La littérature entre la réalité et l’imaginaire : la leçon anglo-américaine ».

Dans son discours d’introduction le cardinal Poupard a constaté que la production littéraire anglo-américaine « a massivement conquis le marché et l’attention des lecteurs avec des ouvrages qui appartiennent au genre du roman fantastique ».

Selon le cardinal, il s’agit d’un phénomène caractérisé ces dernières années par la « recherche du sacré, du mystère » qui se diffuse sous de multiples formes et manières différentes, « du syncrétisme religieux à l’ésotérisme jusqu’au satanisme » et qui « s’enracine de préférence là où l’ignorance religieuse est plus marquée, ce qui fait aujourd’hui parler d’un retour de l’analphabétisme ».

« Celui qui connaît l’histoire de l’Eglise sait bien que ce n’est pas la première fois que se manifestent des phénomènes de ce genre, a souligné le cardinal Poupard. Mais le fait nouveau est l’ignorance religieuse, en fait, l’ignorance tout court, qui rend difficile le discernement entre la légende, l’imaginaire et l’attaque, même sournoise, contre l’histoire et les valeurs représentées et vécues par l’Eglise ».

Le cardinal français a affirmé que l’Eglise n’a certes pas peur d’affronter les défis qui se présentent à elle depuis deux mille ans, notamment « parce qu’elle est convaincue d’une chose : tout défi peut devenir une opportunité de croissance, de maturation, de confirmation toujours plus responsable et consciente, si elle est accueillie comme telle et si l’on y fait face avec maturité, intelligence et bon sens ».

« Pour transmettre la foi au cœur des cultures marquées par l’indifférence et le relativisme, le premier engagement de l’Eglise est l’éducation. Son devoir est d’enseigner », a-t-il ajouté.

Sans citer d’exemple particulier, le cardinal a ensuite évoqué « certains phénomènes, littéraires et médiatiques, extrêmement déconcertants », qui peuvent « susciter la curiosité, l’intérêt et le désir d’en savoir plus ».

« On demande alors aux chrétiens eux-mêmes, a-t-il conclu, de s’engager plus profondément et de manière intelligente dans le domaine du mystère de la vie, et d’expliquer leurs propres raisons de croire, de montrer le bon sens fondé de leurs choix de vie et de foi, pour en faire participer tous les hommes et femmes prêts au dialogue ».
Spanish Cardenales se lamentan por ignorancia en 'El Código Da Vinci'
May 17, 2006
Tres cardenales de alto rango del Vaticano lamentaron la ignorancia religiosa que, según dicen, fomenta el interés mundial en la novela éxito de ventas "El Código Da Vinci," cuya película se estrena el 17 de mayo.

ROMA (Reuters, 10 de Mayo, 2006) - En declaraciones en medio de la cuenta regresiva publicitaria antes del estreno, el ministro de Cultura del Vaticano, cardenal Paul Poupard, sostuvo que el libro distorsiona seriamente la historia de la Iglesia.

Además argumenta que la mayoría de los laicos no saben lo necesario de religión para separar lo real de lo ficticio.

"El Código Da Vinci" ha despertado duras críticas de las iglesias cristianas, debido a que señala que Jesucristo se casó con María Magdalena y tuvo un hijo con ella, pero que el Vaticano habría encubierto la verdad.

El clero ha expresado su preocupación porque los lectores y quienes vean la película puedan creer esta visión que califican como herética, en lugar de las enseñanzas de la Iglesia sobre que Jesús fue célibe.

"La ausencia de conocimientos básicos hace difícil distinguir entre fábulas, fantasías y ataques a la historia y valores de la Iglesia," declaró el martes Poupard, durante una conferencia en Roma sobre literatura y religión.

El cardenal Julian Herranz, el principal funcionario del Vaticano sobre textos legales, dijo que la Iglesia debía "instar a las personas a leer algo (para que puedan) confrontar las mentiras con la verdad."

Herranz y otro cardenal encontraron una escena en el libro de Dan Brown que mostraba "una total ignorancia sobre lo que es el Colegio Cardenalicio."

"Nos matamos de la risa, parecía algo salido de una película de la Mafia, una especie de encuentro de gangsters en Chicago," declaró el cardenal de origen español.

El cardenal portugués Jose Saraiva Martins, quien encabeza la oficina del Vaticano para la nominación de santos, declaró que "El Código Da Vinci" era "una novela que muestra gran ignorancia sobre la verdadera historia de Cristo y la Iglesia."

El cardenal Poupard afirmó que el debate con sus críticos podría fortalecer a la Iglesia.

"Cada desafío puede convertirse en una oportunidad para crecer y madurar, para asumir mayor conciencia y responsabilidad, si es visto como tal y enfrentado con inteligencia y sentido común," sostuvo.
Italian “La Chiesa non ha paura di contrastare l’ignoranza religiosa”
May 17, 2006
Nella Giornata di riflessione su “La letteratura tra realtà e fantasia: la lezione anglo-americana”

ROMA, mercoledì, 10 maggio 2006 (ZENIT.org).- Il Cardinale Paul Poupard, Presidente del Pontificio Consiglio della Cultura e del Pontificio Consiglio per il Dialogo Interreligioso, sostiene che la Chiesa deve affrontare “la sfida dell’ignoranza religiosa”.

E’ questo in sintesi quanto ha detto il porporato, nell’intervenire il 9 maggio a Roma, in apertura dei lavori della VII edizione della Giornata di riflessione “Cattolicesimo e Letteratura nel 900”, incentrata sul tema “La letteratura tra realtà e fantasia: la lezione anglo-americana”.

Nelle sue brevi parole di saluto, il Cardinale Poupard ha preso atto di come la produzione letteraria anglo-americana “abbia massicciamente conquistato il mercato e l’attenzione dei lettori con opere che appartengono al filone del romanzo fantastico”.

Secondo il porporato si tratta di un fenomeno caratterizzato negli ultimi anni dalla cosiddetta “ricerca del sacro, del mistero” che si diffonde in tante forme e in tanti modi diversi, “dal sincretismo religioso all’esoterismo fino al satanismo” e che “attecchisce favorevolmente li dove più marcata è l’ignoranza religiosa che ci fa parlare oggi di analfabetismo di ritorno”.

“Chi conosce la storia della Chiesa sa bene che non è certo la prima volta che si manifestano fenomeni del genere – ha sottolineato il Presidente del Dicastero Vaticano –. Ma il fatto nuovo è l’ignoranza religiosa, anzi l’ignoranza tout court che rende difficile il discernimento tra favola, fantasia e attacco, anche subdolo, alla storia ed ai valori rappresentati e vissuti dalla Chiesa”.

Il Cardinale Poupard ha affermato che “la Chiesa di fronte alle sfide che le vengono rivolte da duemila anni non ha certo paura di affrontarle, anche perché è convinta di una cosa: ogni sfida può diventare una opportunità di crescita, di maturazione, di conferma sempre più responsabile e consapevole, se colta come tale e affrontata con maturità, intelligenza e buon senso”.

“Per trasmettere la fede nel cuore delle culture segnate dall’indifferenza e dal relativismo, il primo impegno della Chiesa è l’educazione, suo dovere è quello dell’insegnamento”, ha poi aggiunto.

Senza citare alcun esempio in particolare, il Cardinale Poupard ha quindi parlato di “certi fenomeni, letterari e mediatici, davvero sconcertanti”, che possono “suscitare curiosità, interesse e voglia di conoscere di più”

“Si richiede allora agli stessi cristiani – ha concluso – di impegnarsi più a fondo e intelligentemente sul mistero della vita e di esplicitare le proprie ragioni per credere, di mostrare la ragionevolezza ben fondata delle scelte di vita e di fede, per poterle partecipare a tutti gli uomini e le donne disponibili al dialogo”.
French Bouddhistes et chrétiens ensemble «au service de l’humanité»
May 09, 2006
Bouddhistes et chrétiens « au service de l’humanité » : c’est le thème du message, en date du 14 février, adressé, comme chaque année par le conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, actuellement présidé par le cardinal Paul Poupard, aux Bouddhistes, à l’occasion de la fête de Vesakh.

ROME, Jeudi 4 mai 2006 (ZENIT.org) – Le message est publié aujourd’hui par la salle de presse du Saint-Siège dans son original en anglais mais avec une traduction officielle en français (cf. ci-dessous, « Documents »).

La fête de Vesakh est en effet la plus importante pour les Bouddhistes. Dans les pays de tradition « therevada », elle tombe cette année le 12 mai.

Les Bouddhistes y commémorent les principaux événements de la vie de Bouddha.

Dans les pays de tradition « mahayana », les différents moments de la vie de Bouddha sont commémorés sur plusieurs jours.

Cependant la fête la plus importante est la fête du Vesakh au cours de laquelle on fait mémoire de la naissance de Siddharta Gautama.

Les réflexions du cardinal Poupard « s’inspirent cette année de la première lettre du pape Benoît XVI aux catholiques du monde entier ».

« Cette lettre « Dieu est Amour », ou « Deus caritas est » (DCE) selon le titre latin, s’interroge sur la nature de l’amour, explique le cardinal français. Sa Sainteté le Pape a la conviction qu’il est nécessaire que ce mot, si fréquemment utilisé et pourtant si souvent incompris, soit ramener à son vrai sens afin d’être une balise lumineuse pour la vie de tous les jours ».

Il résume le document en ces termes : « Le Pape Benoît XVI parle de deux formes d’amour : tout d’abord « eros », l’amour entre un homme et une femme, un amour à la recherche d’une satisfaction personnelle ; puis « agapè », un amour qui cherche le bien de l’autre, quand bien même la personne est différente, voire inconnue. Pour les chrétiens, cette deuxième forme d’amour n’est possible qu’à travers un enracinement dans l’amour pour Dieu comme réponse à l’amour même de Dieu pour les êtres humains. Ainsi, l’amour pour Dieu et l’amour pour nos frères sont inséparables car ils relèvent d’un unique commandement. « L’amour grandit par l’amour. L’amour est « divin » parce qu’il vient de Dieu et qu’il nous unit à Dieu » (DCE 18) ».

Et d’expliquer le fond de la foi chrétienne en précisant : « Nous chrétiens, nous croyons que la manifestation parfaite d’ « agapè » se fonde en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme qui, par ses paroles et ses actes, a consacré sa vie entière à répandre la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu. En donnant sa vie pour l’humanité tout entière, Jésus a offert l’expression ultime de cet amour. Plus encore, par le don particulier de lui-même dans l’eucharistie, Jésus est la source de l’ « agapè ». Abreuvés à cette source, les chrétiens s’efforcent de suivre les traces de Jésus en témoignant leur amour à leurs frères et à leurs sœurs, spécialement aux pauvres et à ceux qui souffrent ».

Le message évoque le « dialogue » déjà en cours avec les Bouddhistes en soulignant la force du concept d’amour dans cette tradition religieuse: « Nous avons pu apprécier l’importance que vous les bouddhistes, vous accordez à l’amour pour vos semblables et qui s’exprime dans le concept de « metta », un amour excluant tout désir de possession mais uniquement tourné vers l’aide d’autrui. C’est un amour qui est prêt à sacrifier l’intérêt personnel au bénéfice de toute l’humanité. Ainsi, « metta », selon l’enseignement bouddhiste, ne se limite pas à une pensée bienveillante mais s’ouvre à l’accomplissement d’actes charitables, au service de l’individu et de tous. C’est à vrai dire une bonté universelle. Il ne faut pas non plus oublier une autre vertu, « karuna », à travers laquelle s’exprime une compassion aimante à l’égard de tous les êtres vivants ».

Et d’interroger : « Dans ce monde où le mot amour est si souvent utilisé et galvaudé, ne serait-il pas utile aux bouddhistes et aux chrétiens de redécouvrir son sens original, selon leurs traditions respectives, et partager les uns avec les autres sa compréhension ? Cela pourrait être un encouragement pour les fidèles des deux traditions à travailler ensemble à la construction de relations fondées sur l’amour et la vérité, à nourrir un respect mutuel, à promouvoir le dialogue et à favoriser la collaboration au service de ceux qui sont dans le besoin ».

« Que la fête de Vesakh puisse être un temps au cours duquel l’amitié entre bouddhistes et chrétiens se consolide et où la collaboration, dans un esprit d’ « agapè » et de « metta », se renforce. Dans cet esprit, je vous souhaite un très Joyeux Vesakh », conclut le cardinal Poupard.
English Pope expresses hope that Catholic, Orthodox re-evangelize Europe
May 07, 2006
Pope Benedict XVI expressed hope that a landmark meeting between Catholic and Russian Orthodox representatives would result in the two churches working together to re-evangelize Europe.

VATICAN CITY (CNS, May-3-2006) -- In a message written by the Vatican's secretary of state, Cardinal Angelo Sodano, the pope sent his greetings to participants in a meeting organized by the Vatican and the Russian Orthodox Church's Moscow Patriarchate.

The Vatican released a copy of the message to journalists May 3.

The May 3-5 meeting in Vienna, Austria, was titled, "Give a Soul to Europe: The Mission and Responsibility of the Churches."

Cardinal Paul Poupard, head of the pontifical councils for Culture and for Interreligious Dialogue, and Russian Orthodox Patriarch Alexy II of Moscow generated the idea for the event, marking the first time a Vatican office and the Moscow Patriarchate jointly organized a meeting on culture in Europe.

The Vienna Archdiocese's Pro Oriente Foundation helped organize the gathering, which brought together dozens of Catholic and Russian Orthodox officials and experts. The Milwaukee-based Lynde and Harry Bradley Foundation provided funding for the three-day, closed-door discussions.

The meeting outlined Christianity's challenges, including the threats of secularism, religious indifference and sects.

Participants were to look for ways the Catholic and Russian Orthodox churches could work together to help Europe better cherish its Christian heritage and prompt Christians to infuse European policies and culture with ethical and moral values.

The papal message said that only by preserving and promoting Europe's Christian values, while respecting "the different spiritual traditions which enrich" Europe, could the continent turn a new page in history and experience wholesome development.

Cardinal Sodano wrote that the pope hoped this "important symposium" would offer participants useful ideas on how to work together for "a courageous and renewed evangelization in Europe" so that Europeans could rediscover in Christ "their common vocation to promote peace and authentic global progress."

In his remarks to participants May 3, Cardinal Poupard said that during his close collaboration with Patriarch Alexy over the years he discovered that the Catholic and Russian Orthodox churches share very similar ideas concerning the root causes of the religious and moral crises that Europe faces.

While the two churches wish to "become aware of our legitimate differences in approach" and prospects for working together to evangelize Europe, he said in his text there was no doubt that the Gospel was the solution in bringing about "a true humanism" in Europe.

"It is of the greatest importance that our churches unite their voices in the public arena," so that civil laws conform more closely to moral law, wrote Cardinal Poupard. Catholic News Service in Rome obtained a copy of his text.

Excising ethics out of daily life has resulted in public policies that threaten marriage and the family, science that violates human dignity, and a mass media that can be hateful toward religion, Cardinal Poupard said.

Eastern and Western Europe are slowly reuniting as members of the European Union, but if Europe is to be truly united, "we are convinced this unity is by nature cultural and, in essence, spiritual," he said.

To effectively infuse European politics, scientific and economic advancements with Christian values and ethics, the two churches must work together, "each one according to our grace" and the richness of each one's ancient traditions, he said.
French « Donner une âme à l’Europe. La Mission et la Responsabilité des Églises »
May 07, 2006
Intervention lors de la Rencontre Européenne de Culture chrétienne de Vienne

ROME, Vendredi 5 mai 2006 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous la conférence que le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la Culture et du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, a prononcée lors de l’inauguration du colloque « Donner une âme à l’Europe. La Mission et la Responsabilité des Églises » organisé par le Conseil pontifical de la Culture et le Département pour les Relations ecclésiales extérieures du Patriarcat de Moscou, le 3 mai 2006.

* * *

Chers Cardinal Christoph Schönborn, Cardinal José da Cruz Policarpo,
Eminence Métropolite Kyrill et Illustres représentants de l’Eglise Orthodoxe Russe,
Eminences, Excellences,
Chers Amis,

1. « Rendons grâces à Dieu le Père de qui vient toute miséricorde » , Lui qui nous donne de vivre ensemble cette rencontre ecclésiale importante entre le Département pour les Relations ecclésiales extérieures du Patriarcat orthodoxe de Moscou et le Conseil Pontifical de la Culture du Saint-Siège, dans la conscience de la responsabilité conjointe de nos Eglises pour donner une âme à l’Europe. Nous avons fait chacun la moitié du chemin, depuis Rome et Moscou pour venir à Vienne rechercher ensemble les voies d’une action concertée de nos Eglises, au service des hommes et des femmes du vaste continent européen, pour relever les défis du relativisme moral, du scepticisme de la raison, de l’etsi Deus non daretur érigé en principe et en valeur par des politiques dépourvues de références transcendantes et de médias hédonistes plus préoccupés du succès de l’audimat que d’idéal humaniste. En ce commencement du nouveau millénaire, les défis sont nombreux qui nous invitent à unir nos forces pour offrir aux fidèles du Christ et à tous les hommes de bonne volonté, des points de repère lumineux dans une culture largement obscurcie par l’éclipse de Dieu et ballotée par les courants tumultueux d’une sécularisation galopante souvent porteuse de sécularisme.

2. Permettez-moi d’adresser de vifs remerciements à Son Eminence le Cardinal Christophe Schönborn, Archevêque de Vienne, Président du Conseil d’administration de la Fondation « Pro Oriente » et Membre du Conseil Pontifical de la Culture. Chère Eminence, vous venez de nous illustrer magnifiquement l’esprit de cette rencontre, et la chaleur communicative de votre accueil nous introduit dans un climat de joie partagée à ces jours de travail intense qui nous attendent. À travers vous, c’est toute ma reconnaissance que j’exprime envers la Fondation « Pro Oriente » : la promptitude avec laquelle la Fondation a répondu à la demande d’aide logistique et financière pour organiser cette Rencontre, la générosité des donateurs qui offrent en ce lieu privilégié des conditions remarquables de séjour et de travail, la célérité des solutions trouvées à toutes les difficultés d’organisation qui ont pu se présenter dans la phase de préparation, sont autant de raisons d’exprimer à la Fondation « Pro Oriente » et à ses mécènes ma vive reconnaissance.

3. Et ma profonde gratitude s’adresse à vous, Eminence Kyrill, Métropolite de Smolensk et Kaliningrad, Président du Département pour les Relations Ecclésiales Extérieures du Patriarcat Orthodoxe de Moscou. Je garde vivant en la mémoire du cœur le vif souvenir de ma visite du 17 novembre 2004 au Patriarcat, où Sa Sainteté le Patriarche Alexis II me faisait l’honneur de me recevoir avec le Père Ardura, Secrétaire du Conseil Pontifical de la Culture, et ouvrait, aux cours d’échanges emprunts de cordialité, des perspectives positives de collaboration dans le champ de la culture. Sa Sainteté me confiait sa préoccupation de transmettre les fondements de la culture russe aux jeunes générations souvent agressées par des sectes qui se multiplient en Russie. Et nous convenions ensemble de l’urgence d’un renouveau de la proposition de la foi pour relever les défis du sécularisme et de l’indifférence religieuse. En ces domaines, nos Eglises orthodoxe et catholique peuvent étroitement collaborer. C’est bien le sens de notre rencontre. Ajouterai-je que Sa Sainteté le Patriarche Alexis II m’offrait en signe de communion ecclésiale, la belle croix pectorale que j’aime à porter en cette rencontre d’Eglise significative.

Le jour suivant, Eminence, vous avez bien voulu nous accueillir au monastère de Saint-Daniel avec vos plus proches collaborateurs, dans un climat fraternel et le souci d’un examen approfondi et sans complaisance sur la situation culturelle et religieuse concrète de l’Europe. Nos riches échanges ont fait apparaître une convergence remarquable d’analyses et de diagnostic qui nous conduisaient à envisager une rencontre conjointe sur le plan de la culture pour assurer « la nécessaire coopération entre les deux Eglises dans l’affirmation des valeurs spirituelles et morales de la société moderne ». Il en va de la mission même de nos Eglises et, c’est ma conviction, de l’intérêt de l’Europe entière, d’unir nos forces pour « donner une âme à l’Europe ». Je vous suis vivement reconnaissant d’avoir accueilli avec bienveillance cette intuition qui va prendre forme à travers nos échanges où nous allons bénéficier en permanence, sous le regard du Dieu d’amour, d’une double approche en nos réflexions, riches de nos traditions millénaires respectives éclairées par la lumière de l’Evangile de Notre Seigneur Jésus-Christ, dans un même amour des hommes et des femmes de notre temps.

4. Je veux encore remercier chacune et chacun d’entre vous, qui avez répondu généreusement à notre invitation et avez préparé de riches contributions pour nous aider à trouver ensemble les voies d’une authentique collaboration fraternelle pour le service de l’Evangile et de l’Europe chrétienne. Nous voulons percevoir nos différences légitimes d’approches, d’analyses et de perspectives pour mieux mettre en lumière notre engagement commun pour l’âme chrétienne de l’Europe. Nous sommes ici parce que nous croyons en la force de l’Evangile, capable de susciter un véritable humanisme, « sel de la terre et lumière du monde » pour le nouveau millénaire. Nous sommes ici, parce que dans une Europe tant bien que mal en quête d’unité d’Est en Ouest, nous sommes convaincus que cette unité est de nature culturelle et d’essence spirituelle. Nous sommes ici, parce que nous ressentons profondément l’appel à affronter, en étant unis, les grands défis du début de ce nouveau millénaire, en commençant par celui d’une modernité par endroits teintée de post-modernité sur fond de sécularisation. Dans un dialogue sincère, nos échanges fraternels et confiants nous permettront d’élargir nos horizons, de compléter nos informations, d’échanger nos propositions, et d’aborder ensemble les difficultés que rencontre notre projet commun à l’aube de nouveau millénaire : donner une âme à l’Europe.

Nous voulons échanger parce que nous sommes convaincus de l’importance vitale pour les femmes et les hommes de nos contrées, de respirer avec les deux poumons d’Eglise, de l’Orient et de l’Occident. Nous voulons nous écouter parce qu’ « il est bon et beau de vivre ensemble et d’être unis », et parce que nous croyons en l’Esprit-Saint, capable de susciter des fruits de sainteté en toutes les cultures. Nous avons tant à partager et tout d’abord un même idéal, qui inspire la vie de nos Eglises, l’Evangile, la bonne nouvelle de l’amour du Christ, bonne nouvelle pour l’Europe aujourd’hui ! Ensemble, nous prenons conscience des obstacles, pour mieux les affronter, et des défis pour mieux les surmonter. Ils sont légion : relativisme moral et scepticisme diffus, Europe sans Dieu et sans âme, Europe froide, emprisonnée dans un carcan de lois et dirigée par une recherche constante du profit. Nous voulons alerter les autorités civiles et nos fidèles sur le danger des sectes, dénoncer toute forme de terrorisme et nous insurger contre celles et ceux qui utilisent le nom de Dieu pour justifier l’injustifiable violence à des fins de nihilisme. Nous voulons construire ensemble une Europe de paix, fondée sur les piliers de la vérité, la justice, la charité, la liberté, ainsi que les énonçait le Bienheureux pape Jean XXIII, il m’en souvient, j’étais alors son jeune collaborateur français, dans son admirable Lettre encyclique Pacem in terris.

5. Pourquoi ce thème de notre rencontre ?
« Donner une âme à l’Europe. Mission et responsabilité des Eglises. »
Nous en avons tous une vive conscience : l’effondrement de l’idéologie marxiste léniniste athée et la chute du Mur qui avait durablement séparé l’Est et l’Ouest de l’Europe, la privant de son Centre commun, avait suscité chez tous un immense espoir, celui d’un renouveau spirituel accompagné d’un renouveau de la conscience morale, et pour tous les chrétiens, celui d’un nouveau printemps d’Eglise.

Or, à quinze ans de distance, l’éclat de l’été a fait place aux brumes d’un automne empli de tempêtes et traversé de bourrasques, prélude d’un hiver rigoureux : l’hiver démographique européen [1] progresse d’année en année. L’un de mes compatriotes français, spectateur engagé comme il aimait se définir, Raymond Aron, déjà en ses Mémoires (1983), estimait que les Européens étaient en train de se suicider par dénatalité. L’absence de postérité, bibliquement vécue comme un châtiment divin, est même devenue aujourd’hui en certains pays un idéal, un refus d’enfants : children free. Le désir d’enfant ne se décrète pas. Son absence est chez la femme le produit d’une culture matérialiste hédoniste qui atteint largement nos Eglises. Ce n’est pas une idéologie, mais une attitude pratique devant l’existence conçue comme un fruit à cueillir pour en jouir égoïstement, à un ou à deux, de même ou autre sexe, sans contrainte et sans entraves, dans un horizon intramondain où l’espérance de la vie éternelle s’est engloutie dans un temps sans espoir.

Dans un Symposium sur Le Christianisme et la culture en Europe. Mémoire, conscience, projet, voici 15 ans déjà, j’avançais ce diagnostic :
« Avec la mort du marxisme-léninisme athée, l’Eglise a vu descendre dans la tombe l’ennemi peut-être le plus terrible qui s’est levé contre elle au cours des 2 000 ans de son histoire. Sa disparition ne va-t-elle pas bouleverser l’équilibre du monde ? Vers quoi se portera la charge eschatologique de l’humanité ? Sortir de cette impasse existentielle demande de refaire, d’Est en Ouest, les assises spirituelles profondes des personnes et des nations. » [2]

Cette préoccupation explique la structure de notre rencontre ecclésiale européenne et l’architecture de nos six sessions de travail :
1. Retrouver les fondations : philosophie, théologie, anthropologie, sciences et art.
2. Europe : les Églises devant les défis de la mondialisation et de la modernité, des sectes et des nouvelles formes de non-croyance et de l'indifférence religieuse.
3. Ressourcement à l'aube du troisième millénaire : communautés paroissiales, monachisme, famille, école, université, centres culturels.
4. L'influence de l'éthique chrétienne en politique, économie et dans les médias.
5. Coopération entre les Églises pour les valeurs chrétiennes dans la culture européenne : éthique, forum public, mémoire partagée et coopération culturelle.
6. Le dialogue des Églises avec les autres religions et l'humanisme des cultures sécularisées.

6. Chers amis, la culture est au centre de notre rencontre, parce que l’homme est le destinataire du message d’amour évangélique du Christ. Permettez-moi un autre souvenir très cher. Résonnent encore en ma mémoire les paroles du successeur de Jean XXIII, le Serviteur de Dieu Paul VI, à la clôture du Concile Vatican II : nous avons reçu de Notre-Seigneur, la charge
« de l’homme, de l’homme tel qu’en réalité il se présente à notre époque : l’homme vivant, l’homme tout entier occupé de soi, l’homme qui se fait non seulement le centre de tout ce qui l’intéresse, mais qui ose se prétendre le principe et la raison dernière de toute réalité. Tout l’homme phénoménal… l’homme tragique victime de ses propres drames, l’homme qui, hier et aujourd’hui, cherche à se mettre au-dessus des autres, et qui, à cause de cela, est toujours fragile et faux, égoïste et féroce ; puis l’homme insatisfait de soi, qui rit et qui pleure ; l’homme versatile, prêt à jouer n’importe quel rôle, et l’homme raide qui ne croit qu’à la seule réalité scientifique : l’homme tel qu’il est, qui pense, qui aime, qui travaille, qui attend toujours quelque chose, « l’enfant qui grandit », et l’homme qu’on doit considérer avec une certaine vénération à cause de l’innocence de son enfance, le mystère de sa pauvreté et sa douleur pitoyable ; l’homme individualiste et l’homme social ; l’homme « qui loue le temps passé » et l’homme qui rêve à l’avenir ; l’homme pécheur et l’homme saint ; et ainsi de suite. » [3]

Cet homme est à la fois « fils et père de sa culture », selon la belle expression du Serviteur de Dieu Jean-Paul II. Nous voulons lui transmettre la bonne nouvelle du salut, et pour ce faire, le rencontrer tel qu’il est à notre époque, complexe et tourmenté, dans sa vie quotidienne, le milieu dans lequel il croît et s’épanouit, en un mot, la culture qui le façonne, pour en comprendre les multiples facettes, l’aider à combattre ses pulsions de mort et conduire ses élans de vie vers Celui qui leur donne sa plénitude, Jésus, « le chemin, la vérité et la vie ». Cette œuvre, nous pouvons, nous devons l’accomplir ensemble, chacun selon notre grâce, la richesse de nos traditions millénaires, dans la fidélité à l’Evangile de Notre Seigneur.

7. La culture. Pour le dire avec le grand poète russe Viatcheslav Ivanov,
« la culture elle-même prise dans sa véritable acception n’est pas selon moi une surface horizontale… En elle aussi il y a quelque chose de vraiment sacré… De même, la culture contient un mouvement secret qui nous entraîne vers les sources primordiales de la vie… Chaque grande culture, en tant qu’émanation de la mémoire, est l’incarnation d’un fait primordial fondamental, et celui-ci un acte et un aspect particulier de la Révélation du Verbe dans l’histoire : c’est pourquoi chaque grande culture ne peut être que l’expression multiple d’une idée religieuse qui en constitue le noyau. La dissolution de la religion est donc à considérer comme un symptôme infaillible de l’extinction de la mémoire dans le cercle donné. Le christianisme seul, étant la religion absolue, a la force de faire revivre la mémoire ontologique des civilisations auxquelles il se substitue, si bien que la culture chrétienne – qui est la culture gréco-latine dans ses deux aspects, celui d’Orient et celui d’Occident – revêt nécessairement le caractère universel, dont la plénitude, que nous ne pouvons que pressentir, est le principe téléologique contenu dans son germe divin ». [4]

L’Evangile a scellé l’identité de l’homme européen d’une marque indélébile. Les Européens constituent une communauté enracinée dans une tradition propre dans laquelle l’Evangile a une part déterminante. Notre identité culturelle trouve son fondement et sa cohésion dans l’ethos chrétien. En ce temps de profondes mutations culturelles, l’Européen recherche avec angoisse ses racines : il sent intuitivement que son identité risque de lui échapper, il éprouve le sentiment confus de perdre son âme. La tradition chrétienne est l’anamnèse de l’Europe. Nous en sommes ensemble les héritiers, responsables de la mémoire chrétienne d’une Europe aujourd’hui en proie à l’aphasie et menacée d’amnésie. Responsable de sa mémoire chrétienne, qui le constitue comme tel, l’Européen à la croisée des chemins peut l’accueillir ou la récuser, l’enrichir ou la travestir. A cet égard, l’illusion n’est plus de mise : l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, connaît une réelle déchristianisation. Une sécularisation croissante, porteuse d’un sécularisme insidieux, la prive du contact nourricier avec le Centre profond de son être millénaire. Restent jusque dans ses contrées les plus sécularisées des traces de cette identité dont témoigne son dynamisme profond, cette tension vers un plus, cette volonté de dépasser l’horizon immédiat, cette ouverture vers l’Infini qui confère à la culture puisée à la source évangélique la capacité d’assimiler le meilleur des courants étrangers purifiés de leurs scories, pour enrichir son propre patrimoine. L’Europe chrétienne existe, et notre présence commune à Vienne en témoigne : nous en sommes tous, avec le Christ, les citoyens.

C’est dire l’ampleur de notre tâche. Prolongeant l’expression célèbre de Viatcheslav Ivanov, je dirais que son cœur continuera à battre pleinement, à deux poumons, et que ces deux poumons de nos traditions orientales et occidentales pourront respirer ensemble quand ils seront reliés par le même vaisseau sanguin, la mémoire commune de la même foi, source du même amour.

8. Le vide spirituel vertigineux dont témoigne Le destin de Iouri Voronine [5], appelle de toute évidence un sursaut pour redonner à l’Europe la conscience de ses racines spirituelles et de son identité culturelle, condition indispensable pour créer à l’aube du nouveau millénaire une nouvelle culture pleinement européenne, qui soit authentiquement humaine et chrétienne, marquée par le respect de l’homme, de tout homme quel qu’il soit, mon prochain, mon frère, dont le visage, cette fenêtre ouverte sur l’infini, atteste une présence et témoigne d’une transcendance où le chrétien décèle l’image et la ressemblance de Dieu.

Ce respect de l’homme nous entraine à construire ensemble l’Europe comme une communauté de nations fraternelles. Nos Églises ont une grande tâche éducative à remplir pour aider tous les Européens à aimer chacun sa nation d’un amour privilégié, mais non exclusif, comme composante irremplaçable d’un plus grand ensemble dans la communauté des peuples. C’est dire que pour nous chrétiens, l’Europe dont nous sommes les fils n’est pas une simple entité géographique, ni une pure union économique, mais une personne morale. Et pour la construire, il faut lui donner un esprit, un idéal, une âme.

Vous me permettez de citer à cet égard l’un de mes compatriotes qui fut un grand homme d’Etat et un véritable Européen. Chef du gouvernement français voici un demi-siècle, il ne craignait pas d’affirmer dans un débat public au Centre catholique des intellectuels français à Paris :

« Il importe de nous rendre compte que l’Europe ne saurait se limiter à la longue à une structure purement économique. Il faut qu’elle devienne aussi une sauvegarde pour tout ce qui fait la grandeur de notre civilisation chrétienne : dignité de la personne humaine, liberté et responsabilité de l’initiative individuelle et collective, épanouissement de toutes les énergies morales de nos peuples.

Une telle mission culturelle sera le complément indispensable et l’achèvement d’une Europe qui jusqu’ici a été fondée sur la coopération économique. Elle lui confèrera une âme, un anoblissement spirituel et une véritable conscience commune. Il ne faut pas que nous ayons de la future Europe une conception étriquée, se confinant dans les préoccupations matérielles, si nous voulons qu’elle résiste à l’assaut des coalitions racistes et aux fanatismes de tout genre. » [6]

9. L’homme européen, nous le savons, est malade et affaibli par la progressive sécularisation culturelle et spirituelle, et nous le déplorons, elle affecte même des membres de nos Eglises. Il en résulte un affaiblissement de l’adhésion de foi à la Révélation de Dieu, la remise en cause théorique et pratique de la morale chrétienne, l’abandon massif de la pratique religieuse, le refus de prises de positions publiques de l’Eglise devant les orientations de certaines politiques contre l’institution sacrée du mariage et de la famille, la pseudo libération sexuelle, les développements parfois inquiétants de la science au mépris de la dignité de la personne humaine, les dérives de la presse et des médias souvent véhicules de haine envers la religion, sous prétexte d’un droit qui serait inaliénable et absolu d’une liberté de conscience et d’expression sans entraves et irresponsable.

L’histoire millénaire de l’Europe nous l’enseigne, et tout particulièrement celle du siècle tragique qui vient de s’achever : une culture amputée de sa dimension transcendante est livrée, comme saint Jean nous l’enseigne en sa première Epître, à « la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie » (1 Jn 2, 17). Sans cette ouverture à l’Esprit, le relativisme dominant rend toujours plus difficile l'exercice authentique de la liberté personnelle, dépourvue de critères, sans autre norme que les impératifs changeants des maîtres du jour, sans autre motif que la loi des plus forts orchestrée par la complicité de médias complaisants. Dans cette situation, il est de la plus grande importance que nos Eglises unissent leurs voix dans le débat public, notamment pour que le droit civil et le droit moral se retrouvent dans une juste relation réciproque. [7] Le pape Benoît XVI le rappelait dans son discours au Corps diplomatique près le Saint-Siège, le 9 janvier dernier :

« Même dans les relations internationales, la recherche de la vérité réussit à faire apparaître les diversités jusque dans leurs plus subtiles nuances, et les exigences qui s’ensuivent, et pour cela même aussi les limites à respecter et à ne pas dépasser, pour la protection de tous les intérêts légitimes des parties. Cette même recherche de la vérité vous porte également à affirmer avec force ce que tous ont en commun, qui appartient à la nature même des personnes, de tout peuple et de toute culture, et qui doit être pareillement respecté. Quand ces aspects, distincts et complémentaires – la diversité et l’égalité –, sont connus et reconnus, alors les problèmes peuvent se résoudre et les dissensions s’apaiser selon la justice; des ententes profondes et durables sont possibles. Tandis que, lorsque l’un de ces aspects est méconnu ou que l’on n’en tient pas compte, c’est alors que se font jour l’incompréhension, le conflit, la tentation de la violence et des abus de pouvoir. […]

Les diversités indéniables qui caractérisent des peuples de différentes parties du monde et leurs cultures peuvent se rassembler non seulement dans une coexistence tolérante, mais dans un projet d’humanité plus haut et plus riche. Au cours des siècles passés, les échanges culturels entre judaïsme et hellénisme, entre monde romain, monde germanique et monde slave, de même qu’entre monde arabe et monde européen, ont fécondé la culture et favorisé les sciences et les civilisations. Il devrait en être de nouveau ainsi aujourd’hui – et dans une mesure plus grande encore! –, les possibilités d’échange et de compréhension réciproque étant de fait beaucoup plus favorables. » [8]

10. Le défi de la sécularisation de la foi nous provoque à donner ensemble le témoignage d’une authentique vie évangélique, source d’une sainteté lumineuse pour la société. Permettez-moi d’évoquer ici le souvenir de Mère Teresa : elle a fait beaucoup plus en notre monde que bien des sermons dans les églises, pour aider nos contemporains à sortir d’une vue réductrice de la foi au Christ en un moralisme rigide, sans amour et sans joie. Devant la tentation de l’activisme, la substitution du croire par le faire, l’idée selon laquelle il vaut mieux d’abord améliorer la terre pour ne penser qu’ensuite au ciel – dénoncée par le Pape Benoît XVI dans son Encyclique Deus caritas est – nous avons à proposer le « salut intégral » de l’homme dans toutes les dimensions de sa vie, indiquer la voie à suivre pour entrer dans la joie de Dieu en construisant une civilisation de l’amour. De la rencontre en vérité de nos Eglises, naîtra une nouvelle Pentecôte d’amour pour les hommes et les femmes habitants d’une Europe unie, ouverte à la diversité de cultures fécondées par le levain de la foi au Christ.

11. Permettez-moi pour conclure, d’évoquer cet heureux souvenir de mon dernier séjour à Moscou, ces groupes d’enfants que j’observais dans l’extraordinaire Galerie Tretjakov, conduits joyeusement par leurs maîtresses d’école pour leur donner de découvrir, à travers les chefs d’œuvre de Roublev et de l’art Byzantin, l’âme de la Russie et les racines chrétiennes de l’Europe. Les œuvres de beauté qui sont notre héritage, sont l’un des chemins de l’évangélisation qui, mieux que d’autres, nous donne de saisir l’éblouissante harmonie de la riche mosaïque de l’Europe chrétienne, l’Europe de la foi et de la culture, appelée à retrouver ses racines les plus profondes pour se nourrir de la lymphe de l’Evangile, toujours capable et, c’est ma conviction, seule capable de lui insuffler une nouvelle vie. Je le disais à Moscou, dans mon intervention au Séminaire organisé par le Centre culturel “Bibliothèque de l’Esprit” sur L’échange de dons entre l’Orient et l’Occident, le 16 novembre 2004 : « L’Europe a besoin de retrouver son âme, sa conscience et son cœur pour mériter d’être la légitime héritière des merveilleuses réalisations du passé, et permettre de nouveaux élans pour une nouvelle Pentecôte, dans la vérité, la liberté, la beauté et l’amour partagé des différents peuples, exprimés en chacune des cultures et dans la sagesse qui leur est commune ».

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[1] Cf. Jacques Dupâquier, Yves-Marie Laulan, L’avenir démographique des grandes religions, F.-X. de Guibert, 2005.
[2] P. Poupard, Christianisme et culture en Europe. Mémoire, conscience, projet. Mame, Paris, 1992. Russe, Vybor, Moscou, 1992. Cristianesimo e cultura in Europa. Memoria-Coscienza-Progetto, Atti del Simposio presinodale, Vaticano 28-31 octobre 1991, Ed. CSEO, Forlì, 1991. Chrześcijaństwo i kultura w Europie. Pamięć, swiadomość, program. Jedność, Kielce, 1992. Cristianismo y cultura en Europa, Rialp, Madrid, 1992. Christentum und Kultur in Europa. Gedächtnis, Bewuβtsein, Aufgabe. Stimmen der Weltkirche, Bonn, 1993. Cristianismo e cultura na Europa. Memoria, conscienza, projecto. Rei dos Livros, Lisboa, 1995.
[3] PAUL VI, Discours de clôture du Concile, le 7 décembre 1965 ; AAS 58 (1966) pp. 51-59. Cité dans Paul POUPARD, Eglise et Cultures. Jalons pour une pastorale de l’intelligence, Ed. SOS, 1980, p. 184-185 ; italien : Chiesa e culture. Orientamenti per una pastorale dell’intelligenza, col. "Verifiche e progetti" - 2, Vita e Pensiero, Milano, 1986, p. 168-169 ; espagnol : Iglesia e culturas. Orientación para una pastoral de inteligencia, EDICEP, Valencia et México, 1988, p. 179-180 ; russe : Moscou, 1993.
[4] V. Ivanov, M. Gerschenson, Correspondance d’un coin à l’autre, Ed. L’Age de l’homme, Lausanne, 1979, p. 57, 78, 91.
[5] Henriette Jelinek, Grand prix du roman de l’Académie française, Ed. de Fallois, Paris, 2005.
[6] Robert Schuman, « Est-il trop tard pour faire l’Europe ? », dans Quelle Europe ? Recherches et débats, N° 22, Paris, Fayard, 1958, pp. 227. Cité dans : Cardinal Paul Poupard, L’héritage chrétien de la culture européenne dans la conscience des contemporains, Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Centre de Recherches européennes, Lausanne, 1986, p. 15.
[7] Cf. Jean-Paul II, Lettre encyclique Evangelium Vitae, n. 71.
[8] Cultures et Foi, Conseil Pontifical de la Culture, Cité du Vatican, 2006/1, p. 2-3.
Spanish La Iglesia debe redescubrir la belleza como «camino de evangelización»
Apr 03, 2006
La Iglesia tiene el desafío de comprender la manera en que la belleza puede ser «camino de evangelización y diálogo», ha constatado la asamblea plenaria del Consejo Pontificio de la Cultura, celebrada entre el 28 y el 28 de marzo en Roma.

CIUDAD DEL VATICANO, miércoles, 29 marzo 2006 (ZENIT.org).- Miembros y consultores de este dicasterio vaticano--cardenales, obispos, sacerdotes y laicos de los cinco continentes--, han afrontado el argumento centrándose en tres cuestiones: «la belleza de la naturaleza, la belleza del arte, la belleza de la santidad cristiana».

Al concluir la asamblea, el cardenal Paul Poupard, presidente del Consejo Pontificio de la Cultura y recientemente nombrado presidente del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso, presentó las conclusiones del encuentro.

Según el purpurado francés, el tema afrontado es decisivo «para afrontar la situación cultural en la que nos encontramos, en particular, el desafío crucial de la secularización que, desde Occidente, se extiende a través de un mundo», que vive como «si Dios no existiera».

Si bien se ha constado en el encuentro que «el camino de la belleza tiene una larga tradición en la Iglesia», el cardenal Poupard reconoció que «hoy exige ser redescubierto, pues con frecuencia es olvidado y en ocasiones incluso combatido, por ser mal entendido».

«La Iglesia sólo puede proponer el mensaje del Evangelio en toda esa belleza, que es capaz de atraer espíritus y corazones, ofreciendo a través de sus pastores y fieles el testimonio de integridad ("integritas") de vida y de claridad ("claritas") del mensaje que reflejan», afirmó el cardenal al enunciar una de las conclusiones centrales.

De hecho, reconoció, «el examen del desafío de las sectas ha sacado a la luz las desastrosas consecuencias de los anti-testimonios ofrecidos por sacerdotes y laicos cuya vida cotidiana está en contracción del mensaje del Evangelio, y de este modo su falta de espiritualidad oscurece la claridad, el esplendor de la gracia».

Los participantes han reconocido que el hedonismo dominante, oscurece en las personas, y particularmente en los jóvenes, la percepción de la auténtica belleza. Por eso el cardenal constató que es necesario ayudar a los contemporáneos «a escapar de las redes que la apariencia exterior y volver a encontrar su ser profundo».

En definitiva, aclaró citando a san Agustín, es necesario hacer descubrir lo que «es más interior en mí mismo que mi mismo interior» («intimus meus interior»).

Dado que la liturgia es un lugar privilegiado de encuentro con la Iglesia, el cardenal advirtió ante los peligros del «clericalismo litúrgico» por el que, «en vez de conducir al misterio de Cristo, el sacerdote se presenta como el único director de cine», transformando «las ceremonias en espectáculos que no tienen nada que ver con la belleza del misterio de la fe».

Ahora bien, concluyó, «la santidad de vida es el mejor vector de la belleza divina», subrayando «la urgencia de una renovación profunda en la Iglesia a través de la búsqueda de una auténtica cultura de la santidad» y como ejemplos concretos puso a Juan Pablo II y a la Madre Teresa de Calcuta.

Entre los arzobispos de importantes diócesis del mundo que han participado en el encuentro, destacan el cardenal Antonio María Ruoco Varela, arzobispo de Madrid; el cardenal Polycarp Pengo, arzobispo de Dar-es-Salaam (Tanzania), el cardenal Rodolfo Quezada Toruño, arzobispo de Guatemala; el cardenal Juan Sandoval Íñiguez, arzobispo de Guadalajara (México).

Entre los exponentes de la Curia Romana que han presentado ponencias se encuentran el cardenal Francis Arinze, prefecto de la Congregación para el Culto Divino y la Disciplina de los Sacramentos, y el cardenal Franc Rodé, prefecto de la Congregación para los Institutos de vida Consagrada y las Sociedades de vida Apostólica.
Spanish Cristo y las religiones, según el cardenal Paul Poupard
Mar 29, 2006
El cardenal Paul Poupard, es presidente del Consejo Pontificio para la Cultura desde 1982 y presidente del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso desde el 11 de marzo de 2006.

CIUDAD DEL VATICANO, miércoles, 15 marzo 2006 (ZENIT.org-Veritas).- Es el presidente de un Consejo vaticano más veterano. Colaborador de cuatro Papas, comenzó en su juventud prestando sus servicios a Juan XXIII desde la Secretaría de Estado. Responsable de la sección francesa de Secretaría de Estado con Pablo VI, fue uno de los cardenales creados por Juan Pablo II, quien primero le nombró presidente del Secretariado para los No-creyentes y después del recién nacido Consejo Pontificio para la Cultura en 1982.

En esta entrevista concedida a la agencia Veritas ilustra los desafíos que le esperan en este nuevo encargo que le ha confiado Benedicto XVI.

--El Santo Padre acaba de hacer público (sábado 11 de marzo de 2006) su nombramiento como Presidente del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso. El nombramiento responde, según la nota de la Sala de Prensa, al deseo «de favorecer un dialogo más intenso entre los hombres de cultura y los miembros destacados de las diferentes religiones». Eminencia, ¿nos podría explicar la relación entre el diálogo interreligioso y el diálogo intercultural?

--Cardenal Paul Poupard: «El diálogo interreligioso e intercultural es una necesidad vital para el mundo de hoy». Lo dijo el Papa en Colonia, recibiendo a los representantes de la comunidad musulmana, en el marco de la JMJ. Para quien conozca en profundidad el pensamiento de Benedicto XVI esta elección es lógica.

En realidad, cuando se habla de diálogo interreligioso, se piensa muchas veces en una reflexión de tipo doctrinal acerca de temas religiosos comunes, como la idea de Dios, el pecado, la salvación, etc. Sin embargo, este diálogo doctrinal exige que haya alguna base común, y esto no siempre se da con las otras religiones. Para un budista, por ejemplo, Dios no es persona; para otros, la salvación, consiste en la disolución del yo, mientras que para un cristiano es siempre la salvación de su propia persona. Así es muy difícil el diálogo. Este diálogo doctrinal tiene sentido entre cristianos de diversas confesiones, con quienes compartimos la fe en Jesucristo.

En cambio, con los creyentes de otras religiones siempre es posible el diálogo sobre la base de la cultura. Esta es la intuición que está en la base del Consejo Pontificio de la Cultura: que la cultura es un terreno común en el que pueden dialogar creyentes y no creyentes, o creyentes de diferentes religiones. El tema común que nos une, decía Juan Pablo II en la UNESCO, es el hombre, y acerca de él sí que podemos dialogar.

El Papa Benedicto, por tanto, quiere llevar el diálogo con los creyentes de otras religiones al terreno de la cultura y de las relaciones entre culturas. La cultura del Pueblo de Dios, que supera los límites nacionales, lingüísticos, regionales, etc., entra en diálogo con otras culturas, impregnadas vitalmente por otras religiones. En este diálogo se produce un enriquecimiento mutuo, y el Evangelio, encarnado en una cultura concreta, puede sanar, y fecundar y nuevas expresiones culturales.

--A tenor de lo explicado anteriormente, ¿Cuáles son las respuestas que puede dar el cristianismo sobre este tema?

--Cardenal Paul Poupard: Jesucristo es la respuesta a los grandes interrogantes del hombre, la respuesta definitiva. El Concilio lo dice con palabras muy hermosas: «En realidad, el misterio del hombre sólo se esclarece en el misterio del Verbo encarnado», («Gaudium et spes», 22).

Ahora bien, este mensaje no cae directamente del cielo: llega a través de hombres y mujeres muy concretos, con una historia concreta y una cultura concreta, que entran en comunicación con creyentes de otras religiones. En la manera de vivir el cristianismo hay elementos esenciales y elementos accesorios. Los primeros son inmutables, mientras que los segundos son contingentes.

Entre estos elementos esenciales, que han encontrado su expresión filosófica y teológica, está el concepto de persona, a imagen de la Trinidad, la noción de comunión, de sujeto, el principio de libertad y responsabilidad, la pervivencia del yo después de la muerte, la solidaridad entre los hombres, la común dignidad, etc. Estos son valores que se pueden, que se deben compartir con creyentes de otras religiones en la medida en que se pueda. De los creyentes de otras religiones, también podemos recibir mucho. No en cuanto a los contenidos de la fe, naturalmente, pues en Jesucristo se halla la plenitud de la revelación, sino en cuanto al modo de vivirla.

--El volumen que escribió en 1993: «Diccionario para las Religiones» constituye un texto de obligado estudio en Historia de las Religiones, ¿Cree que puede serle de ayuda para su nuevo cargo?

--Cardenal Paul Poupard: ¡Ya lo creo! Dirigir la elaboración de este diccionario fue una gran aventura intelectual y una empresa editorial. Como coordinador, tuve que leer todos los artículos que me iban enviando los autores de las distintas voces, entre los que estaban los mejores especialistas. Todo ello me proporcionó una panorámica general sobre las religiones en el mundo y además, una comprensión más profunda del hecho religioso en el hombre. Algo de eso he dejado escrito en otro librito, «Les religions», publicado en la famosa colección «Que sais-je?», traducido a más de diez lenguas, entre las cuales, el ruso, el turco, el vietnamita y últimamente el chino, publicado por una editorial de Pekín.

En el corazón de cada cultura se halla el acercamiento al misterio de Dios y del hombre. No hay cultura que no sea esencialmente religiosa. La única excepción a esta regla universal parece ser la cultura occidental actual, como señala con frecuencia el Papa Benedicto y, ya antes, el Cardenal Ratzinger.

-Usted vivió en 1983 un proceso similar al actual cuando el entonces Papa Juan Pablo II fusionó el Pontificio Consejo para la Cultura y el Secretariado para los No-Creyentes, ¿cual es la diferencia en esta ocasión?

Cardenal Paul Poupard: Efectivamente, hay semejanzas, pero también diferencias.
Como usted sabe, fue Juan Pablo II quien me llamó a presidir el Secretariado para los no Creyentes en junio de 1980, con la intención de estudiar la creación del Consejo Pontificio de la Cultura, que tuvo lugar en 1982, y del cual me nombró también Presidente. Desde 1982 hasta 1993, fui Presidente de los dos dicasterios, que conservaban, sin embargo, su respectiva autonomía, tal y como sucede ahora.

En 1993, tras la caída del muro de Berlín y la desaparición en Europa de los regímenes comunistas, no pareció que tuviera sentido mantener el Secretariado para los no Creyentes, – que mientras tanto se había transformado en el Consejo
Pontificio para el Diálogo con los no Creyentes – y así, el 25 de marzo de 1993, el Papa decidió fundir en uno sólo los dos dicasterios, manteniendo las competencias de ambos.

--¿Cree usted que con este paso el Papa pretende dejar en uno solo dos dicasterios del Vaticano?

Cardenal Paul Poupard: Eso no lo sabemos. Lo importante, en cualquier caso, no son las estructuras, sino el espíritu que las anima. Las estructuras de la Curia Romana son sólo medios para ayudar al Papa a desempeñar su misión como Pastor Universal. Lo que está claro es que tendrá que haber una mayor colaboración entre los dos Dicasterios que el Papa me ha pedido presidir «por ahora».

--Tenemos reciente el aniversario de los atentados en Madrid del 11-M. España es una nación con raíces católicas que alberga casi un millón de musulmanes. Hoy se habla más que nunca de diálogo y talante. Sabiendo que la Iglesia tiene como misión la evangelización y el diálogo es sólo un medio ¿cómo ve usted la situación española respecto al dialogo interreligioso y cultural? Y, ¿cómo deben responder los católicos?

--Cardenal Paul Poupard: Con respecto al diálogo hay muchos equívocos. En primer lugar, el diálogo verdadero se establece entre religiosos, no entre religiones. Los creyentes sinceros de toda religión, no tienen dificultad para comprenderse, pues se encuentran en esa dimensión religiosa fundamental que es común a la humanidad.

Los problemas suelen venir cuando entran en contacto dos comunidades o grupos religiosos, que se manifiestan precisamente en el terreno de la cultura. Esto es lo que provoca dificultades para la convivencia, que hay que resolver con mucha delicadeza. En el reciente caso de las viñetas sobre el Profeta, ha habido claramente una ofensa religiosa, que los musulmanes han percibido como una blasfemia. Pero después, la violencia que se ha desencadenado en muchos países musulmanes, no ha sido una reacción religiosa, sino cultural, descaradamente manipulada por oscuros intereses.

En segundo lugar, mucho piensan que el diálogo sea un sustituto de la misión. Y no es así. Jesucristo no dijo «Id y dialogad», sino «Id y anunciad el Evangelio a toda criatura». Ese mandato sigue urgiendo a todos los cristianos. El diálogo es sólo el medio con el que se anuncia el Evangelio, un medio más adaptado a nuestro tiempo, que privilegia el respeto a la persona y a las convicciones personales.

Cuando se habla de diálogo con los creyentes de otras religiones, hablamos de una actitud interior que me lleva a tomar seriamente la persona con la que hablo y su situación, y a respetar el ritmo de la verdad, que no se impone sino por sí misma y no admite presiones externas. Pero eso no puede significar un cambalache de doctrinas, o bien, un falso respeto que se acaba traduciendo necesariamente en indiferencia respecto a la verdad, y por tanto, en relativismo.

Por eso el problema principal, problema hoy, para los españoles y en general para Europa, es el de la Verdad. Los españoles, como sus vecinos europeos, parecen haberse cansado de la verdad, como si les pareciera imposible de alcanzar. Y, consecuentemente, desconfían de las identidades claras y fuertes, abandonándose a un vagabundeo existencial y metafísico. El mundo musulmán, en cambio, colectivamente, no tiene problemas de identidad alguna.

En estas condiciones, no puede haber un verdadero diálogo: por un lado, una sociedad que renuncia a su propia identidad nacional e histórica; y por otro lado, una inmigración musulmana que crece, entre la que se infiltran elementos fundamentalistas que rechazan todo aquello que no sea el Islam. Pero esto no es diálogo, sino un suicidio cultural. Como decía Romano Guardini en el trágico período de la Alemania de entre guerras, la tarea más urgente es educar a la verdad y esa me sigue pareciendo una prioridad hoy día.
English Christ and Religions, According to Cardinal Poupard
Mar 22, 2006
Cardinal Paul Poupard, who has been president of the Pontifical Council for Culture since 1982, now wears a second hat.

VATICAN CITY, MARCH 17, 2006 (Zenit.org).- Benedict XVI recently named the 75-year-old cardinal him president of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue.

That additional appointment, according to the note of the Vatican press office, is in response to the desire "to foster more intense dialogue between the men of culture and distinguished members of different religions." Cardinal Poupard shared with perspective on the change with ZENIT.

Q: Your Eminence, could you explain the relationship between interreligious dialogue and intercultural dialogue?

Cardinal Poupard: "Interreligious and intercultural dialogue is a vital necessity for today's world," the Pope said in Cologne, when receiving representatives of the Muslim community, in the framework of WYD [World Youth Day]. For those who are very familiar with Benedict XVI's thought, this choice is logical.

In fact, when one speaks of interreligious dialogue, one often thinks of a reflection of a doctrinal nature on common religious topics, such as the idea of God, sin, salvation, etc.

However, this doctrinal dialogue calls for a common foundation, and this is not always the case with other religions. For a Buddhist, for example, God is not a person; for others, salvation consists in the dissolution of the "I," while for a Christian it is always the salvation of his own person. Thus dialogue is very difficult.

Doctrinal dialogue is meaningful among Christians of various confessions with whom we share faith in Jesus Christ.

On the other hand, with believers of other religions dialogue is always possible on the basis of culture.

This is the intuition that is the foundation of the Pontifical Council for Culture: Culture is a common terrain in which believers and nonbelievers or believers of diverse religions can dialogue. The common topic that unites us, John Paul II said in UNESCO, is man; about whom we certainly can dialogue.

Pope Benedict XVI therefore wishes to lead the dialogue with believers of other religions to the terrain of culture and of relations between cultures.

The culture of the People of God, which exceeds national, linguistic, regional, etc., limits, enters into dialogue with other cultures, vitally permeated by other religions. In this dialogue there is mutual enrichment, and the Gospel, incarnated in a concrete culture, can heal and fertilize new cultural expressions.

Q: In keeping with what was explained earlier, what are the answers Christianity can give on this topic?

Cardinal Poupard: Jesus Christ is the answer, the definitive answer, to man's important questions. The [Second Vatican] Council said it with very beautiful words: "Only in the mystery of the incarnate Word does the mystery of man take on light."

However, this message does not fall directly from heaven. It comes through very specific men and women, with a concrete history and culture, who engage in communication with other religions. In the Christian way of living, there are essential and accessory elements. The former are immutable, while the latter are contingent.

Among these essential elements, which have found their philosophical and theological expression, is the concept of the person, in the image of the Trinity, the idea of communion, of subject, the principle of freedom and responsibility, the survival of the "I" after death, solidarity among men, common dignity, etc.

These are the values that can be, that must be shared with believers of other religions in the measure that is possible.

We can also receive much from believers of other religions -- not in regard to the content of the faith, of course, as the fullness of revelation is found in Jesus Christ, but in the way of living it.

Q: The work you wrote in 1983, "Dictionary of Religions," is an obligatory study text in the history of religions. Do you think it will be helpful to you in your new post?

Cardinal Poupard: Indeed! To direct the elaboration of this dictionary was a great intellectual venture and publishing enterprise.

As coordinator, I had to read all the articles being sent by authors who had a say on the matter, among whom were the best specialists.

All that gave me a general picture on religions in the world and, in addition, a more profound understanding of the religious event in man.

Something of this I have written in another little book, "Les Religions," published in the well-known collection "Que sais-je?", translated into more than 10 languages, among which are Russian, Turkish, Vietnamese and recently Chinese, published by a publishing house in Beijing.

In the heart of every culture is found an approach to the mystery of God and man. There is no culture that is not essentially religious. The sole exception to this universal rule seems to be the present Western culture, as Pope Benedict XVI frequently points out and, already before, as Cardinal Ratzinger did.

Q: In 1992 you went through a similar process to the present one when Pope John Paul II fused the Pontifical Council for Culture and the Secretariat for Nonbelievers. What is the difference on this occasion?

Cardinal Poupard: In fact, there are similarities, but also differences. As you know, it was John Paul II who called me to preside over the Secretariat for Nonbelievers in June 1980, with the intention of studying the creation of the Pontifical Council for Culture, which took place in 1982, and of which he also appointed me president.

From 1982 to 1993, I was president of the two dicasteries, which, however, kept their respective autonomy, exactly as is now the case.

In 1992, after the fall of the Berlin Wall and the disappearance of Communist regimes in Europe, it did not seem to make sense to maintain the Secretariat for Nonbelievers -- which in the meantime had been transformed into the Pontifical Council for Dialogue with Nonbelievers -- and thus, on March 25, 1993, the Pope decided to forge the two dicasteries into one, retaining the competencies of both.

Q: Do you think that with this step the Pope hopes to reduce two Vatican dicasteries to one?

Cardinal Poupard: We don't know that. What is important, in any case, is not the structures but the spirit that animates them. The structures of the Roman Curia are only means to help the Pope carry out his mission as universal Shepherd.

What is clear is that there will have to be a greater collaboration between the two dicasteries which the Pope has requested me to preside over "for the time being."
Italian San Benedetto, realizzazione dell’ideale evangelico delle Beatitudini
Mar 22, 2006
San Benedetto, la cui Solennità è stata celebrata questo martedì dall'Ordine Benedettino, realizza l’ideale evangelico delle Beatitudini, ha constatato il Cardinale Paul Poupard, Presidente dei Pontifici Consigli della Cultura e per il Dialogo Interreligioso.

MONTECASSINO, martedì, 21 marzo 2006 (ZENIT.org).- Nella sua omelia in occasione della Celebrazione Eucaristica per San Benedetto Abate, Patrono d’Europa, tenutasi nell’Abbazia di Montecassino, il porporato ha ricordato come il Santo abbia realizzato “la Legge nuova di Cristo, accolta con spirito autenticamente cristiano”, ovvero “la legge dell’amore, che tocca il cuore dell’uomo per renderlo veramente grande e degno dell’amicizia del suo Creatore”.

Il “segreto” di San Benedetto, Patrono d’Europa e Padre Fondatore dell’Ordine Benedettino, è infatti riassunto nell’espressione della Regola “Nihil amori Christi praeponere – nulla anteporre all’amore di Cristo”.

“E’ una parola che, riproposta insistentemente dal Santo Padre, deve toccare il cuore di ciascuno di noi, di ogni cristiano e, direi, di ogni cittadino d’Europa”, ha ricordato il Cardinal Poupard.

Non è un caso che il Santo Padre abbia scelto proprio l’amore di Dio come tema della sua prima Enciclica Deus Caritas est, ha osservato il porporato, sottolineando che “solo mettendo l’amore, e l’amore che ha la sua misura piena e perfetta in Cristo, al primo posto si può sinceramente ed efficacemente promuovere la pace, l’armonia ed il dialogo tra i popoli e le culture, la collaborazione e la solidarietà tra i Paesi più progrediti economicamente e quelli che hanno bisogno ancora dell’essenziale per la sopravvivenza”.

Porre l’amore di Cristo al primo posto, ha proseguito, significa che “l’uomo, ogni uomo, viene accolto e amato con gli occhi e la carità di Cristo stesso, il vero buon samaritano che si fa prossimo di ogni creatura affaticata nel suo quotidiano cammino, o dimenticata sulle difficili vie della vita”.

“Vuol dire saper mettere in second’ordine interessi, progetti e intenzioni personali, troppo spesso segnati da egoismo ed orgoglio, per lasciar spazio all’Amore, fonte della vita, che dona all’uomo la sua più autentica dignità, il suo valore intangibile, la sua piena libertà”, ha continuato.

San Benedetto seppe “farsi protagonista di un progetto rivelatogli dal Signore”, e rappresenta “quell’uomo di Dio che si dedica a costruire il tempio del Signore, che riedifica, cioè, non semplicemente l’edificio ecclesiale ma dedica tutte le sue forze a ricostruire la comunità dei credenti, il loro stile di vita e di testimonianza, la loro cultura come pure il tessuto umano della società del tempo”.

“E’ Benedetto che, ispirato dal Signore, si dedica a costruire l’evangelica ‘città posta sul monte’ affinché illumini tutti i popoli e li faccia progredire nella concordia fraterna e nella pace”, ha sottolineato il Cardinale.

Trasformando la sua condotta, San Benedetto è divenuto, “per molti popoli e generazioni, maestro di vita cristiana, esempio di unità e di fedeltà, annunciatore di pace, promotore di una cultura illuminata dal Vangelo, e così, profondamente trasformata, anche pienamente umana”.

La figura del Santo, “luminosa e straordinaria” continua ad esercitare ancor oggi un enorme fascino, “sia per la sua coraggiosa e chiara testimonianza di fedeltà a Cristo sia per la sua profonda conoscenza dell’animo umano e la geniale opera di rinnovamento culturale e sociale, realizzata capillarmente in tutta Europa attraverso la rete dei monasteri benedettini”, ha ricordato Poupard.

“L’esemplarità e la grandezza spirituale mai affievolita del Padre del monachesimo occidentale” è per il porporato proprio uno dei motivi che hanno spinto l’attuale Pontefice ad assumere il nome di Benedetto.

Nella sua prima Udienza generale, mercoledì 27 aprile 2005, il Papa ha infatti ricordato che San Benedetto “costituisce un fondamentale punto di riferimento per l’unità dell’Europa e un forte richiamo alle irrinunciabili radici cristiane della sua cultura e della sua civiltà”.

“All’inizio del mio servizio come Successore di Pietro – ha affermato il Papa in quella occasione – chiedo a san Benedetto di aiutarci a tenere ferma la centralità di Cristo nella nostra esistenza. Egli sia sempre al primo posto nei nostri pensieri e in ogni nostra attività!”.

La Celebrazione Eucaristica tenutasi questo martedì chiude il calendario di iniziative per San Benedetto partite l’11 marzo scorso e organizzate da Cassino e dall’Abbazia di Montecassino.
German Christus und die Religionen
Mar 22, 2006
Kardinal Paul Poupard, Vorsitzender des Päpstlichen Rates für die Kultur sowie des Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog, erklärt in diesem Interview, .

ROM, 21. März 2006 (ZENIT.org).- Der am 30. August 1930 in Frankreich geborene Kardinal hat mit vier Päpsten zusammengearbeitet hat: In der Zeit des Pontifikats Johannes XXIII. arbeitete er im vatikanischen Staatssekretariat mit. Seit 1959 war er dort in der Frankreich-Abteilung tätig. Nach dem Pontifikat Pauls VI. wurde er von Johannes Paul II. zunächst zum Weihbischof für das Erzbistum Paris ernannt. 1980 wurde er Erzbischof und mit Leitungsaufgaben im Sekretariat für die Nichtgläubigen betraut. Am 25. Mai 1985 wurde der Geistliche in den Kardinalsstand erhoben und übernahm im gleichen Jahr als Präsident die Leitung des Sekretariats für die Nichtgläubigen, das 1988 mit dem Päpstlichen Rat für die Kultur fusioniert und Kardinal Poupard Präsident des Päpstlichen Rates für die Kultur wurde. Benedikt XVI. übertrug ihm am 11. März dieses Jahres auch den Vorsitz für den Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog.

ZENIT: Benedikt XVI. hat Sie vor kurzem zum Präsidenten des Päpstlichen Rates für den Interreligiösen Dialog ernannt. Nach der Note des Heiligen Stuhls erfolgte dieser Ernennung aus dem Wunsch heraus, einen intensiveren Dialog zwischen kulturell gebildeten Menschen und hochrangigen Vertretern der verschiedenen Religionsgemeinschaften zu fördern. Eminenz, könnten Sie uns erklären, wie der interreligiöse Dialog und der interkulturelle Dialog miteinander verbunden sind?

Kardinal Paul Poupard: "Der interreligiöse und interkulturelle Dialog ist für die Welt von heute eine vitale Notwendigkeit", sagte der Papst in Köln, als er im Rahmen des Weltjugendtags 2005 die Vertreter der muslimischen Gemeinschaft empfing (vgl. ZENIT vom 21. August 2001). Für denjenigen, der das Denken Benedikts XVI. sehr gut kennt, ist diese Wahl ganz logisch.

Wenn vom interreligiösen Dialog die Rede ist, denkt man oft, es handle sich dabei um Überlegungen doktrineller Natur, die sich auf gemeinsame religiöse Themen beziehen würden, etwa auf die Gottesvorstellung, die Sünde, die Erlösung usw. Damit ein solcher Dialog über Lehrfragen stattfinden kann, muss jedoch irgendeine gemeinsame Grundlage gegeben sein, die im Fall von anderen Religionen aber nicht immer vorhanden ist. Für einen Buddhisten ist beispielsweise Gott nicht eine Person; für andere besteht die Erlösung wiederum in der Auflösung des Ichs, während es für den Christen immer um die Erlösung der ganzen Person geht. So ist der Dialog also ehr schwierig.

Der Dialog über Fragen der Glaubenslehre macht Sinn bei Christen, die anderen Konfessionen angehören, mit denen wir ja den Glauben an Jesus Christus teilen.

Mit den Gläubigen anderer Religionen ist dagegen jenes Gespräch immer möglich, das von der Kultur ausgeht. Das ist die Überzeugung, die hinter dem Päpstlichen Rat für die Kultur steht: dass die Kultur ein gemeinsamer Boden ist, auf dem Gläubige und Nichtgläubige oder Gläubige anderer Religionen im Gespräch zusammenkommen können. Vor der UNESCO hat Johannes Paul II. erklärt, dass das gemeinsame Thema, das uns alle eint, der Mensch sei – und über ihn lässt sich tatsächlich ein Dialog führen.

Deswegen möchte Papst Benedikt den Dialog mit den Gläubigen der anderen Religionen auf die kulturelle Ebene verlagern, auf die Ebene der kulturellen Beziehungen.

Die Kultur des Volkes Gottes, die alle nationalen, sprachlichen, regionalen und sonstigen Barrieren überwindet, nimmt mit den anderen Kulturen, die von anderen Religionen geprägt sind, einen Dialog auf. Bei diesem Gespräch kommt es zu einer gegenseitigen Bereicherung, und das Evangelium, das in einer konkreten Kultur Gestalt angenommen hat, kann auf diese Weise heilend und befruchtend wirken und neue kulturelle Ausdrucksformen hervorbringen.

ZENIT: Welche Antworten kann das Christentum diesbezüglich anbieten?

Kardinal Paul Poupard: Jesus Christus ist die Antwort auf die großen Fragen des Menschen, die endgültige Antwort. Das Konzil bringt das mit wunderschönen Worten zum Ausdruck: "Tatsächlich klärt sich nur im Geheimnis des fleischgewordenen Wortes das Geheimnis des Menschen wahrhaft auf" (Gaudium et spes, 22).

Das ist schön und gut, aber diese Botschaft fällt nicht einfach vom Himmel, sondern sie wird von Frauen und Männern weitergegeben, die einen konkreten Namen haben, eine Geschichte und eine bestimmte Kultur, und die mit den Gläubigen anderer Religionen in Kontakt treten. In der christlichen Lebensweise gibt es Elemente, die wesentlich sind und solche, die nebensächlich sind. Erstere sind unveränderlich, während die anderen vergänglich sind.

Zu den Hauptelementen, die in der Philosophie und in der Theologie ausgeführt worden sind, gehören das Konzept der Person als Abbild der Dreifaltigkeit, die Vorstellung der Gemeinschaft und des Subjekts, das Prinzip der Freiheit und der Verantwortung, das Weiterleben nach dem Tod, die zwischenmenschliche Solidarität, die gemeinsame Würde, usw. Das alles sind Werte, die man mit den Gläubigen anderer Religionen in dem Maß, in dem das möglich ist, teilen kann und teilen sollte. Von den Gläubigen anderer Religionen können wir auch vieles lernen und empfangen – natürlich nicht, was die Glaubensinhalte angeht, denn in Jesus Christus findet sich die Fülle der Offenbarung, aber doch, was die Weise angeht, den eigenen Glauben zu leben.
Spanish “La tarea más urgente y de prioridad para España y Europa es educar a la verdad”
Mar 19, 2006
El cardenal Paul Poupard, presidente del Consejo Pontificio de la Cultura desde 1982, fue también nombrado el pasado 11 de marzo presidente del Consejo Pontificio para el Diálogo Interreligioso. Con tal motivo, concedió una entrevista a Veritas en la que analizó los retos del diálogo interreligioso y su relación con el diálogo cultural en la actualidad.

(VERITAS, 14/03/2006) El purpurado analizó, entre otros aspectos, la posibilidad de diálogo con la religión islámica, precisamente al coincidir su nombramiento el día 11 de marzo (aniversario del atentado en Madrid). Para el cardenal Poupard, "el problema principal, problema hoy, para los españoles y en general para Europa, es el de la Verdad".

"Los españoles, como sus vecinos europeos, parecen haberse cansado de la verdad, como si les pareciera imposible de alcanzar. Y, consecuentemente, desconfían de las identidades claras y fuertes, abandonándose a un vagabundeo existencial y metafísico. El mundo musulmán, en cambio, colectivamente, no tiene problemas de identidad alguna. En estas condiciones, no puede haber un verdadero diálogo: por un lado, una sociedad que renuncia a su propia identidad nacional e histórica; y por otro lado, una inmigración musulmana que crece, entre la que se infiltran elementos fundamentalistas que rechazan todo aquello que no sea el Islam. Pero esto no es diálogo, sino un suicidio cultural", afirmó.

Por otro lado, añadió que "con los creyentes de otras religiones siempre es posible el diálogo sobre la base de la cultura. Esta es la intuición que está en la base del Consejo Pontificio de la Cultura: que la cultura es un terreno común en el que pueden dialogar creyentes y no creyentes, o creyentes de diferentes religiones. El tema común que nos une, decía Juan Pablo II en la UNESCO, es el hombre, y acerca de él sí que podemos dialogar".
French «Le dialogue interreligieux et interculturel, une nécessité vitale»
Mar 18, 2006
Le card. Poupard rappelle cette phrase prononcée par le pape à Cologne en août dernier

ROME, Lundi 13 mars 2006 (ZENIT.org) – « Le dialogue - interreligieux et interculturel - est une nécessité vitale » : le cardinal Poupard rappelle cette phrase de Benoît XVI à Cologne en août dernier.

Le pape a nommé le cardinal Paul Poupard comme président du conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, tout en le maintenant à la tête du conseil pontifical de la Culture (cf. Zenit 12 mars). Le cardinal, est né en août 1930, et est donc âgé de 75 ans.

Le cardinal Poupard a confié sa réaction au micro de Radio Vatican en ces termes: « Ma réaction a été pleine de surprise, lorsque le Saint-Père m’a demandé d’ajouter une autre charge, à un moment où j’ai dépassé l’âge canonique. J’ai fait acte d’obéissance et j’ai remercié le Saint-Père pour sa bienveillance et sa confiance. Evidemment, je n’ai pu que constater que l’on tenait compte du lien intrinsèque entre la dimension interculturelle et la dimension interreligieuse. Je me souviens que le 20 août dernier, répondant à l’hommage du président de l’Union musulmane turque dans le cadre des Journées mondiales de la Jeunesse, à Cologne, le Saint-Père Benoît XVI avait répondu que ‘le dialogue interreligieux et interculturel est une nécessité vitale’ ».

Rappelons que le conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux concerne le dialogue avec les religions non-chrétiennes, de l’Islam au Bouddhisme en passant par les religions traditionnelles d’Afrique ou le Shintoïsme.

En revanche, les relations religieuses avec le Judaïsme dépendent d’une commission pontificale dépendant du conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens, présidé, comme la commission, par le cardinal Walter Kasper.
English Culture is key to interreligious dialogue, says Vatican official
Mar 17, 2006
Culture is the key to engaging in dialogue with people of other religious faiths and those who profess no religious beliefs, said the head of the Vatican's councils for culture and interreligious dialogue.

VATICAN CITY (CNS, Mar-13-2006) -- Through culture, Catholics can reach out to those in their communities and discuss the importance of basic human values, French Cardinal Paul Poupard told Catholic News Service in an interview before he was named interim president of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue March 11. The cardinal has been president of the Pontifical Council for Culture since 1988.

Culture is not just about colorful local customs, culinary specialties, or what hair or clothing styles each new generation of young people have adopted; "culture is the soul of a people," he said.

It includes how people see or define concepts such as "love, suffering, the 'Weltanschauung'" or the overall perspective from which one interprets the world, he said.

Pope John Paul II created the Pontifical Council for Culture in 1982 with the aim of helping the world's cultures encounter the message of the Gospel. He named then-Archbishop Poupard head of the new council's executive committee, then president of the council six years later.

The 75-year-old French cardinal has written hundreds of articles and scores of books on everything from Galileo Galilei to the history of the world's religions. His works have been translated into dozens of languages, even Armenian and Chinese, he said as he thumbed through the rare editions.

The library and living room walls in his Vatican residence are packed ceiling to floor with books. Souvenirs from his many travels sit on whatever surface is not covered by a book.

The soft-spoken cardinal said cultures have enormous power over people and can either support a person's faith in the divine, weaken it, or be indifferent to an individual's religious beliefs.

Communist culture in the Soviet Union, for example, promoted "a culture of opposition in which a whole arsenal of laws were made to destroy faith," he said.

But cultures that are indifferent to religious beliefs seem "allergic to Christian values," he added.

The dominant culture may not try to destroy Christianity outright, he said, but it may "promote an image of the world in which there is no place for God." It may even propose its own set of values to override the beatitudes, so instead of "blessed are the poor and the peacemakers," it glorifies wealth and violence, he added.

The cardinal said the culture council was established "to help the church realize this reality and to reflect on the fact that (a particular) culture is not something that's given just once and for all but changes" over time and across communities. He said becoming more cognizant of where one's values come from can help people adhere to values that uplift human dignity.

Cardinal Poupard said the council for culture already has been promoting interreligious dialogue on a local level through Catholic cultural centers. The centers, run by local parishes, regularly hold cultural initiatives about a new book, film or social problem.

He said there are thousands of Catholic cultural centers in the world -- nearly 300 alone in Milan, Italy. The cultural gatherings are enormously popular and draw people from every faith or even no faith at all, he said.

The centers that have had the most impact are those in countries that are predominantly Muslim, Hindu or Buddhist, he said. In these centers, he added, the church has the opportunity to talk about values that are important to Christianity.

He said in many Muslim countries "it's the Muslim intellectuals who call up the priest, asking, 'Father, when is the next debate?'"

"This is very important because it means (the center) is seen as a place of free exchange, and this way one participates in an indirect, but deep way," in discussing how people see the concepts of "man, women, the family, work, culture and Christian values," he said.

"In every culture, just like in every person, there is a battle" between tendencies that will either help a person or hurt people and "harm human dignity," he said. Culture should be what "helps man live with more humanity," he said.

The culture council also has made enormous strides in ecumenism, especially with the Russian Orthodox Church. He said his discussions with Orthodox leaders over the years often have focused on similar challenges about how to "carry on the faith in today's new cultures" of secularism and indifference.

He said the culture council has been able to make many inroads in ecumenism "because in the area of culture, there is no opposition," no issues that provoke contrast or conflict.
French « La pensée de Soloviev plus que jamais profitable »
Feb 28, 2006
« Revenir à la pensée de Soloviev est aujourd’hui plus que jamais profitable dans un contexte de laïcisme agressif caractéristique de certaines cultures du monde occidental », fait observer le cardinal Poupard à l’occasion d’un colloque consacré, à Rome, au grand penseur orthodoxe russe.

ROME, Lundi 20 février 2006 (ZENIT.org) - Le cardinal Paul Poupard, président du conseil pontifical de la Culture est en effet intervenu sur le thème de « Vladimir Soloviev et l’idée romaine », samedi 18 février, lors d’un colloque organisé par le centre culturel Saint-Louis de France (cf. ci-dessous pour le texte intégral in « documents »).

« Déjà, jeune Recteur de l’Institut Catholique de Paris, j’avais accueilli avec joie la suggestion de notre ami le regretté Dimitri Ivanov, fils du grand poète Viatcheslav, de consacrer trois jours de réflexion attentive - les 21, 22 et 23 novembre 1975 - pour le 75ème anniversaire de sa mort, à ce maître de la pensée moderne qui n’a cessé de méditer, toute sa vie durant, sur l’essence de l’Eglise, et par conséquent, sur la nature du véritable œcuménisme. Soloviev a réfléchi non seulement sur la nature mystique de l’Eglise, mais aussi, très concrètement, sur ses structures hiérarchiques, sur la mission du siège de Rome, sur le drame de la désunion des chrétiens », rappelait d’emblée le cardinal Poupard.

Il faisait observer l’actualité de la pensée de Soloviev en disant : « Revenir à la pensée de Soloviev est aujourd’hui plus que jamais profitable dans un contexte de laïcisme agressif caractéristique de certaines cultures du monde occidental, où le dogme de la séparation du philosophique et du théologique, du naturel et du surnaturel, de l’humain et du divin est érigé en principe absolu du savoir ».

« Dans ce contexte, ajoutait le cardinal Poupard, il nous est précieux de redécouvrir la pensée de Soloviev et son concept de connaissance intégrale qui nous invite à réfléchir sur la recherche de la vérité dans sa globalité. Pour lui, le retour à la foi est la condition de la liberté de la raison, de la pensée et de l’agir : la connaissance ne peut être que totale. Aussi son œuvre est-elle celle d’un philosophe croyant, apôtre du Christ, auquel il adhère sans réserve : sa philosophie est au point de jonction entre sa recherche métaphysique, sa réflexion théologique et son espérance eschatologique toute pénétrée, vivifiée, animée par l’esprit et par les principes de la foi chrétienne ».

« Du reste, Soloviev témoigne par sa vie tout autant que par son œuvre, soulignait encore le cardinal Poupard, que plus une pensée est soumise aux exigences de la raison, plus elle affirme les exigences de la foi. Bien loin d’être vouée à un processus inéluctable qui irait de la foi à la science athée, la science dans sa totalité, c’est la conviction de Soloviev, ne peut être saisie qu’à l’intérieur de la foi. Le fond de l’être est communion, ce qu’il exprime par les termes de « uni-totalité » et « uni-plénitude » dans l’ordre du vrai (Philosophie théorique 1887-1889), du bien (La justification du bien, 1889) et du beau (Le sens général de l’art, 1890) unifiés dans Le sens de l’amour, 1894 ».

A propos du laïcisme actuel, et d’une certaine conception du christianisme, le cardinal Poupard rappelait cette description prophétique de Soloviev : « Les hommes, dit Soloviev, s’attacheront aux valeurs plus qu’à la personne même du Christ, à la culture issue de la foi plus qu’à la foi elle-même qui nous met en relation avec une Personne, le Sauveur, lequel nous introduit dans le réalisme de l’amour, l’agape divin dont le Pape Benoît XVI vient de nous entretenir admirablement dans sa première Encyclique Deus caritas est, qui nous reconduit au cœur de notre foi chrétienne ».

Le cardinal Poupard concluait : « Soloviev, pour le dire en conclusion de ce modeste propos introductif, nous a montré comment le bien trouve son authentique bonté dans le Christ sur la Croix. Sa vie a été consacrée au service de la Sophia, la Sagesse qui est le Christ. Dans son âme illuminée par la grâce, la Sophia est aussi l’Eglise, finalement réunifiée, véritable épouse de l’Agneau vainqueur, prête au grand combat de la foi pour que triomphe la Croix du Christ ».
Italian Aderisce anche il cardinale Paul Poupard
Feb 28, 2006
L'Occidente è stretto tra due minacce, il «relativismo» da una parte e il «fondamentalismo» dall'altra.

(Il Giornale, 27-02-06) Il cardinale Paul Poupard, prefetto del Pontificio Consiglio per la cultura, condivide le linee essenziali delle preoccupazioni al centro del manifesto-appello del presidente del Senato Marcello Pera, presentato due giorni fa. Il porporato francese ha aderito all'iniziativa sottoscritta da politici, uomini di cultura ed esponenti cattolici, mostrando di avvalorarne le apprensioni.
«Siamo in un momento di grande confusione. Siamo tra questi due abissi, del relativismo e del fondamentalismo, l'unica via è ritrovare la propria identità nella serenità e nel rispetto delle proprie convinzioni e anche di quelle degli altri» ha detto Poupard che ha poi aggiunto: «Sosteniamo il dialogo delle culture e delle religioni nel rispetto delle idee altrui ma chiediamo agli altri di rispettare le nostre. Io non parlo di tolleranza ma di rispetto reciproco. Come ha ricordato Benedetto XVI il dialogo interculturale e interreligioso è una necessità vitale».
French Huit portes de sagesse et de sainteté
Feb 22, 2006
En huit paragraphe, comme huit portes bibliques de sagesse et de sainteté, le cardinal Paul Poupard, président du conseil pontifical de la Culture ouvre un chemin pour les pèlerins de la famille spirituelle de la communauté Saint-Jean, à Rome pour un triduum jusqu’à demain.

ROME, Mardi 14 février 2006 (ZENIT.org) – Voici le texte intégral du cardinal Poupard, à l’adresse du fondateur, des frères et sœurs, des oblats, des laïcs amis et des familles de la communauté Saint-Jean, lors de la messe de ce matin, à Saint-Jean du Latran.

Homélie de S. Em. Le card. Paul Poupard, Président du Conseil Pontifical de la Culture

Pèlerinage des frères et sœur de la communauté Saint-Jean

St Jean de Latran, le 14 février 2006, Saint Cyrille et Méthode ( 2 Co 4, 1-7 – Ps 95 – Lc 10,1-9)

Mes Révérends et bien chers Pères,
Chers Frères et Sœurs, Oblats et Amis de Saint-Jean,
Chers amis pèlerins,

1. C’est pour moi une grande joie de vous accueillir en cette majestueuse Basilique d’abord consacrée au saint Sauveur, et plus tardivement aux saints Jean-Baptiste et Jean l’Evangéliste, l’Apôtre que Jésus aimait et que vous considérez comme votre Père. Nous sommes ici, vous avez pu le lire fièrement inscrit sur la façade majestueuse et solennelle du Florentin Alessandro Galilei, dans la « Sacrosancta Lateranensis ecclesia Omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput » : mère et tête de toutes les églises de Rome et du monde. Réunis en cette liturgie solennelle, nous fêtons dans la joie les saints Cyrille et Méthode, apôtres des peuples slaves et Patrons de l\'Europe avec saint Benoît Abbé. Nous prions donc le maître de la moisson en cette Eucharistie, comme Jésus nous l’a demandé dans l’Evangile de Luc que nous venons d’entendre, « d\'envoyer des ouvriers dans sa moisson », et nous renouvelons notre désir de répondre généreusement à son envoi : « Partez, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups », pauvres sans « bourse, ni sac, ni souliers », mais riches de la paix que le Seigneur met dans nos âmes parce que, c’est notre foi : « Le royaume de Dieu s\'est approché de nous ».

Cher Père Marie-Dominique Philippe,

2. En accueillant les frères, les sœurs et les amis de la Communauté Saint-Jean réunis en pèlerinage d’action de grâces pour les 30 ans de sa fondation, je me dois de m’adresser en premier lieu à vous, et de vous redire ma reconnaissance pour le don de votre vie au service de l’Eglise selon la grâce de saint Dominique à qui vous avez toujours voulu rester fidèle, tout en étant appelé par Dieu à accompagner ces jeunes désireux d’offrir leur vie au service de l’Eglise et du Christ, selon la grâce de l’Apôtre saint Jean.

Il m’en souvient, c’était voici déjà trente ans : j’étais aumônier de « Saint-Do », via Cassia, où vous séjourniez à l’occasion de vos séjours romains. Vous me parliez de vos étudiants passionnés par la réflexion sur l’être et la métaphysique, l’interrogation du beau et la philosophie de l’art, la recherche du vrai et la critique… Ils faisaient votre joie et vous encourageaient dans un environnement intellectuel sinon hostile, du moins peu enclin à suivre un tel enseignement. Ces étudiants, vous les accompagniez aussi spirituellement : vous les voyiez se joindre pour vivre ensemble, comme les premières communautés chrétiennes des Actes des Apôtres, mettant leurs biens en commun, priant intensément et longuement, fervents dans la célébration de l’eucharistie comme vous leur en montriez l’exemple, et profondément unis dans un amour tout fraternel et communicatif. C’est ainsi qu’une multitude s’est jointe à eux au fil des ans, jusqu’à devenir une grande et belle famille dont vous êtes l’heureux Père fondateur, béni de Dieu à travers une multitude de fils et de filles répartis aux quatre coins de la terre : ils constituent une grande famille, une vivante mosaïque de cultures fécondées par l’agapè de la foi, témoins en notre monde de l’universelle fraternité des hommes en Jésus-Christ. Je mesure avec vous le chemin parcouru depuis trente ans, les joies mais aussi les épreuves qui ne manquent pas, tant il est vrai – l’Eglise de Rome en est le signe éloquent – que nul n’édifie l’Eglise sans verser le sang de son cœur, parfois jusqu’à l’épuisement, à la suite de Jésus sur la Croix. Continuez, cher Père, à accompagner de votre sagesse et de votre fervente charité, ces filles et ces fils de l’Eglise pour qu’ils continuent à être généreusement aujourd’hui et demain, à l’exemple de Jean-Baptiste et de Jean l’Evangéliste, des martyrs romains et de Benoît de Nursie, de Cyrille et Méthode, de Catherine de Sienne, Brigitte de Suède et Thérèse-Bénédicte de la Croix, les apôtres de la nouvelle évangélisation. Paul VI nous y invitait dans sa belle Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, la charte apostolique qui constitue pour la Famille Saint-Jean comme pour toute l’Eglise, une grande lumière pour sa mission. Le serviteur de Dieu Jean-Paul II me le disait dans un confiant entretien sur l’évangélisation des cultures et l’inculturation de l’Evangile qui marchent du même pas : « Il faut toujours revenir à Evangelii nuntiandi ! »

Cher Père Jean-Pierre-Marie, Chère Sœur Alix et chère Sœur Irène-Marie,
Chers Frères, Sœurs, Oblats et amis de la Communauté Saint-Jean,

3. Vous rendez grâces à Dieu pour avoir été choisis dans l’Eglise à la suite de saint Jean, que vous considérez comme votre père et votre modèle : il est l’Apôtre bien-aimé, fervent et fougueux dans sa suite du Christ, fidèle jusqu’aux heures les plus terribles de la Croix, proche de Marie jusqu’à la prendre chez lui, compagnon de Pierre devant qui il s’efface mais qu’il soutient de son amour. Il est le contemplatif du Prologue de l’Evangile et de l’Apocalypse, chantre du Dieu d’amour en ses Epitres, témoin privilégié de la radicale nouveauté de l’Evangile, lui qui fut disciple du Baptiste avant de l’entendre désigner l’Agneau de Dieu et de se mettre à sa suite avec ardeur.

C’est votre belle vocation : être Jean au cœur de l’Eglise, et comme lui témoins émerveillés du Verbe incarné au cœur des cultures du vaste monde. Aussi cette célébration revêt-elle une signification particulière, devant la Chaire de Pierre où l’évêque de Rome siège pour témoigner du Christ. Le pape Benoît XVI le professait, le 7 mai dernier, en prenant ici possession de la Cathedra romana : « La Chaire – la cathedra – est le symbole de la potestas docendi, cette autorité d\'enseignement qui est la partie essentielle du mandat de lier et de délier conféré par le Seigneur à Pierre et, après lui, aux Douze. Dans l\'Eglise, l\'Ecriture Sainte, dont la compréhension s\'accroît sous l\'inspiration de l\'Esprit Saint, et le ministère de l\'interprétation authentique, conféré aux apôtres, appartiennent l\'une à l\'autre de façon indissoluble. Là où l\'Ecriture Sainte est détachée de la voix vivante de l\'Eglise, elle tombe en proie aux discussions des experts. Tout ce que ces derniers ont à nous dire est certainement important et précieux ; le travail des savants est d\'une aide appréciable pour pouvoir comprendre ce processus vivant à travers lequel l\'Ecriture a grandi et comprendre ainsi sa richesse historique. Mais la science ne peut pas nous fournir à elle seule une interprétation définitive et faisant autorité ; elle n\'est pas en mesure de nous donner, dans l\'interprétation, la certitude avec laquelle nous pouvons vivre et pour laquelle nous pouvons également mourir. C\'est pourquoi, il y a besoin d\'un mandat plus grand, qui ne peut pas naître uniquement des capacités humaines. C\'est pourquoi il y a besoin de la voix de l\'Eglise vivante, de cette Eglise confiée à Pierre et au collège des apôtres jusqu\'à la fin des temps. » Ainsi nous parle aujourd’hui Pierre vivant en son successeur Benoît.

4. Chers frères et sœurs, enracinez toujours en Eglise votre grande et exigeante vocation d’enseignants de la Sagesse chrétienne qui ne cesse de s’alimenter aux sources de la Révélation. Elle puise dans les trésors de la Sagesse humaine le moyen d’orienter notre raison pour une intelligence approfondie de la foi, et elle donne ainsi à la Sagesse théologique de s’épanouir dans une contemplation toute aimante du mystère de Dieu. Vous le savez : la fécondité de votre enseignement dépend de votre enracinement dans la Tradition de l’Eglise authentifiée par le Magistère vivant du Successeur de Pierre, et dans la communion à l’Eglise universelle. C’est ce mystère de communion qui vous a conduits à la rencontre de l’Eglise de Rome, cette Eglise « qui, selon l’expression d’Ignace d’Antioche, préside la charité ». Maxime le Confesseur en témoigne : « En effet, dès la descente vers nous du Verbe incarné, toutes les Eglises chrétiennes de partout ont tenu et tiennent la grande Eglise qui est ici pour unique base et fondement parce que, selon la promesse même du Sauveur, les portes de l’Enfer n’ont jamais prévalu sur elles ». Cette Eglise de Rome est fondée sur les Limina Apostolorum, les Mémoires des Apôtres, ces lieux sacrés de Rome où sont pieusement conservés et vénérés les tombeaux des apôtres Pierre et Paul, les Pères saints grâce auxquels la Ville est devenue disciple de la Vérité et centre de l’unité catholique. Ces mémoires ne cessent de nous inviter avec le peuple chrétien au renouveau fervent de la foi et au témoignage de la communion fraternelle, dont notre monde éclaté a tant besoin à l’aube du IIIème millénaire.

Chers amis pèlerins,

5. Vous avez pu avant cette célébration, vous rendre à l’antique Baptistère qui jouxte cette Basilique et y renouveler les promesses de votre baptême. Vous y avez lu sur l’entablement des colonnes de porphyre l’émouvante inscription que fit graver, vers 435, le pape Sixte III :
Ici naît pour le ciel un peuple de race divine
Engendré par l’esprit fécondateur de ces eaux.
Ici est la source de vie qui lave tout l’univers,
Jaillissant de la plaie du Christ.
Cette eau que reçoit le vieil homme
Fait surgir l’homme nouveau.
Entre ceux qui renaissent, aucune différence.
Un seul baptême, un seul esprit, une seule foi.
Ils sont Un.

Les sacrements sont les canaux qui permettent l’écoulement, à travers les âges et sur toute la surface de la terre, du sang et de l’eau qui, mystérieusement, jaillissent du côté transpercé du Christ crucifié. En recevant l’eau du baptême, nous sommes nés à une vie nouvelle et nous avons été lavés, non pour les soins du corps mais pour ceux de l’âme, non par l’eau qui lave, mais par la grâce qui purifie, et, pour reprendre les termes de l’encyclique Deus caritas est du Pape Benoît XVI, non pour l’eros mais pour l’agape divin qui jaillit en sources d’eau vive du Cœur transpercé de Jésus crucifié. Par le baptême, nous avons été consacrés, offerts à Dieu pour lui appartenir à jamais. Nous sommes devenus ses fils bien-aimés en qui Il met ses complaisances. Mon saint patron l’Apôtre Paul nous l’enseigne dans sa seconde épître aux Corinthiens : « Il a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ ». Tout jubilé d’action de grâces nous demande de retourner sans cesse à la source d’eau vive dans laquelle nous avons été engendrés pour devenir des hommes nouveaux. La contemplation du cœur ouvert de l’Agneau est notre réponse reconnaissante à Lui qui nous a aimés le premier, et s’est fait l’un de nous pour nous faire « un » en Lui.

Chers frères et sœurs, chers amis de la Famille Saint-Jean,

6. Demain le Pape vous accueillera, non pas seuls, mais avec une multitude d’hommes et de femmes qui, comme vous, chacun à sa mesure, prend sa part à l’édification de l’Eglise et s’insère dans l’unité du Corps mystique du Christ. Le Saint-Père illumine nos méditations par ses enseignements, et particulièrement sa première Lettre encyclique : Deus caritas est. Elle est pour vous, en ces jours romains, comme l’invitation à renouveler votre engagement de religieux et de religieuses, de couples et de familles, d’oblats et de baptisés, en revenant à l’essentiel de notre vocation chrétienne : l’amour agapè « dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres » (DCE, n. 1). Le pape Benoît XVI le dit lui-même : il a voulu « insister sur certains éléments fondamentaux, de manière à susciter dans le monde – et donc dans la communauté Saint-Jean et ses amis – un dynamisme renouvelé pour l’engagement dans la réponse humaine à l’amour divin. » Et pour cela, il nous invite à le suivre pour rejoindre la source de sa méditation toute johannique : « Celui qui a le regard tourné vers le côté ouvert du Christ, dont parle Jean (cf. 19, 37), comprend ce qui a été le point de départ de cette Encyclique : «Dieu est amour» (1 Jn
Spanish El cardenal Poupard preocupado por el clima de odio anticristiano
Feb 12, 2006
A raíz del asesinato del sacerdote italiano en Turquía, el cardenal Paul Poupard --presidente del Consejo Pontificio de la Cultura-- ha expresado su preocupación por «este clima de odio difundido en la cultura anti-occidental».

CIUDAD DEL VATICANO, jueves, 9 febrero 2006 (ZENIT.org).- El pasado martes la televisión turca NTV divulgaba que el presunto autor del asesinato del sacerdote Andrea Santoro en Turquía, un joven de 16 años, había confesado a la policía que había actuado movido por la rabia suscitada por las viñetas de Mahoma publicadas en algunos medios de prensa occidental, lo cual ha desatado una ola de violentas protestas en varios países del mundo musulmán.

El padre Santoro, de 60 años, murió --disparado por la espalda-- el pasado domingo en la ciudad de Trabzon, en el Mar Negro, mientras rezaba en la iglesia de la que era párroco.

Ese mismo martes, la agencia especializada en el contexto asiático «AsiaNews» --del Pontificio Instituto para las Misiones Extranjeras-- puso en duda que las manifestaciones de protesta fueran «espontáneas», percibiendo señales de una estrategia fundamentalista detrás de las mismas.

Éste es el contexto en que el diario italiano «Il Messaggero» entrevistó al cardenal Poupard, informándole de que el asesino del padre Santoro había confesado que había matado por odio anticristiano, o «in odium fidei», como en el caso de los mártires.

«Si ha confesado eso, ello confirma el clima de odio que ha golpeado a un sacerdote que daba un testimonio cristiano y fraterno, como el de Charles de Foucauld», expresó el purpurado, cuyas declaraciones se publicaron el miércoles pasado.

«Su asesinato nos hace reflexionar sobre el misterio abismal del mal y del bien, de Caín y Abel, hasta el sacrificio de Cristo y de muchos mártires de la Iglesia --añadió--. Es bellísimo el mensaje de Benedicto XVI: “Que su muerte sea semilla de fraternidad” [Cf. Zenit, 6 enero 2006 Ndr.]. No será el mal el que tenga la última palabra. Lo será siempre la fecundidad de la sangre de Cristo, cordero inocente».

Al comentarle la extensión del «caldo de cultivo» de la violencia anticristiana, el purpurado francés expresó: «Preocupa precisamente este clima de odio difundido en la cultura anti-occidental».

«René Rémond, académico de Francia, en su reciente volumen “El nuevo anti-cristianismo”, refiere esta intolerancia contra los cristianos. Por un lado la pretensión de una cultural laica, en realidad laicista, de expulsar la religión a lo privado, y por otro la postura de la Umma (comunidad islámica) de una religión islámica que abraza todo», prosiguió.

«Debemos hallar el respeto de toda forma de creencia junto a la convicción de que la fe es siempre personal --recalcó--. “Las guerras nacen del ánimo de la gente”, dice el preámbulo de la carta de la UNESCO. Es ahí donde hay que actuar con la educación».

En cuanto al hecho de que las víctimas de la intolerancia religiosa sean casi siempre cristianas, en particular católicas, el purpurado francés recordó: «A 2000 años de distancia tiene vigencia la profecía hecha por Jesús de ser “signo de contradicción”».

«En el corazón de la evolución de la humanidad permanece la fuerte cuestión que suscita adhesión o violento rechazo. Sin olvidar la instrumentalización. En las manifestaciones islámicas de estos días no hay nada de espontáneo», declaró.
Hungarian Interjú Paul Poupard bíborossal a „két pápa évéről”
Jan 07, 2006
A Kultúra Pápai Tanácsának elnöke a Vatikáni Rádiónak nyilatkozott

(magyarkurir.hu, december 29. 2005) „Rendkívüli év volt, amelyben nagy érzelmi átéléssel vettek részt a nem keresztények is."

Hogyan élte meg az egyház a „két pápa évét"? – erre a kérdésre válaszolva a bíboros a következőket mondta el: Az egész világ követte II. János Pál haláltusáját, majd a várakozást, az új pápa megválasztását. Érdekes volt megfigyelni, hogy amikor a Szent Péter-bazilika középső loggiájáról hivatalosan bejelentették, hogy megtörtént a választás, a téren összegyűlt tömeg, még mielőtt a választott nevét meghallotta volna, máris „Éljen a pápa” kiáltással fejezte ki örömét.

Azt, hogy milyen óriási örökséget hagyott az Egyházra és az emberiségre II. János Pál pápa, nem lehet pár szóban összefoglalni. Minden bizonnyal megteremtette a hiteles és konkrét katolicizmust, csodálatos személyes példával hirdette Krisztus evangéliumát minden földrészen, párbeszédet folytatva minden kultúrával – mondta Paul Poupard bíboros. Utóda, XVI. Benedek is azonnal figyelemmel kísérte ezt a párbeszédet, hangsúlyozva a Jézussal való barátság örömét, amely a keresztény élet szépsége. Mindkét pápa a Szentlelket továbbította, de Wojtyła egyfajta „hurrikánként”, míg XVI. Benedek frissítő fuvallatként teszi ezt – mondta még Poupard bíboros.

Ratzinger pápa Szent Pál nyomán az igazság és a szeretet összefüggésére mutat rá: a szeretetnek szüksége van az igazságra, de nem lehetnénk Krisztus tanúi, ha az igazságot szeretet nélkül gyakorolnánk.

Ami a hívők és nem-hívők közötti párbeszéd új fórumait illeti, Paul Poupard bíboros a következőket nyilatkozta: Az új lehetőségek túlmutatnak a földrajzi helyeken, mint például Kína, Oroszország, vagy a világ többi része. Kulturális értelemben beszélhetünk új területekről, mivel új igények jelentkeztek. Ezt fejezte ki II. János Pál „Fides et ratio” kezdetű enciklikája, vagyis, hogy a hit racionálisan nyilvánul meg a nem-hívőkkel folytatott párbeszédben is.

XVI. Benedek pápaságának első nyolc hónapjára reflektálva Paul Poupard bíboros még hozzátette: Megragad bennünket szavainak egyszerűsége és mélysége. Bár látszólag, amint saját magát nevezte közvetlenül megválasztása után – „egyszerű munkás az Úr szőlejében”, nagy hatású tanúságot tesz a Krisztushoz fűződő mély, személyes kapcsolatáról. Isten népe azonnal a szívébe fogadta XVI. Benedek pápát, mint ahogy ezt a szerdai általános kihallgatásokon és a vasárnapi Úrangyala imádságon megjelenő nagy tömegek is bizonyítják.
Spanish El cardenal Poupard recuerda a Julián Marías como “un amigo y maestro”
Dec 20, 2005
El pasado jueves moría en Madrid, a la edad de 91, el filósofo católico español y gran escritor, Julián Marías, tras padecer una larga enfermedad.

Domingo, 18 dic 2005 (Radio Vaticano).- Alumno y continuador de la obra de los filósofos José Ortega y Gasset y Xavier Zubiri, Marías era miembro de la Real Academia de la Lengua española desde 1964. Julián Marías fue enterrado el viernes en el cementerio de La Almudena.

Nacido en Valladolid, en 1914, el pensador español es autor de medio centenar de obras, entre las que destacan "Historia de la Filosofía", "Idea de la metafísica", "La escuela de Madrid", "Antropología filosófica" y "España inteligible".

En 1982, cuando el Papa Juan Pablo II creó el Consejo Internacional Pontificio para la Cultura, fue Julián Marías el único español entonces integrante del mismo. El gran pensador colaboró activamente a lo largo de su vida con las más altas instituciones de la Iglesia y de la Santa Sede. El cardenal Paul Poupard, presidente del Pontificio Consejo de la Cultura, ha querido recordarlo como “un gran amigo y maestro”.
English Fundamentals of faith
Nov 24, 2005
The Head of the Pontifical Council for Culture at the Vatican, Cardinal Paul Poupard, has stated that ignoring scientific reason in pursuit of blind faith risks a swerve towards fundamentalism.

(Hindustan Times, November 7, 2005) This statement comes not a day too late, as the debate over the teaching in US schools of the concept of intelligent design — that hints at the existence of a Creator — has raged on for months. While the Vatican is working on ways to help end the ‘mutual prejudice’ between science and religion, Americans are attempting to fight it out in courts.

But the issue is hardly something that ‘laws’ can decide. Which is why the cardinal’s statement carries great import. At the centre of the ‘intelligent design’ controversy is the basic tussle that science completely ignores the basis of religion and that ‘evolution’ theories are incomplete. This, in itself, is an instance of where blind faith, be it in any religion, can lead us. The cardinal has rightly pointed out that science without ethics, a pillar of religion, can be as dangerous as dogmatic faith without reason. For a secular democracy like the US, it’s unfortunate that those engaged in the debate are ignoring the call to reason from both the church and the scientific community.

For isn’t the basic point being in the semantics of the debate? For a rational schooling process, there exists no dichotomy in the teaching of both science and religion. However, it is unfortunate if the teaching of religion is masked under the garb of science, which is essentially defined by the presence of empirical evidence. In fact, with the dynamics of the world as they are, science and religion have equally important roles to play. There has to be faith in reason and reason in basic tenets of faith.
Italian Una religione svincolata dalla ragione diventa “preda del fondamentalismo”
Nov 07, 2005
Il credente, ma in particolare il teologo, deve mantenere sempre aperto il dialogo con la moderna scienza secolare, perché una religione che si svincola dalla ragione rischia di cadere “preda del fondamentalismo”, ha affermato il Cardinale Paul Poupard, Presidente del Pontificio Consiglio della Cultura.

CITTA’ DEL VATICANO, giovedì, 3 novembre 2005 (ZENIT.org).- Così ha parlato, questo giovedì nella Sala Stampa della Santa Sede, il porporato durante la conferenza di presentazione del I Congresso Internazionale del Progetto STOQ (Science Theology and the Ontological Quest)) sul tema: "L’Infinito nella scienza, nella filosofia e nella teologia", che si terrà dal 9 all’11 novembre 2005, presso la Pontificia Università Lateranense.

L’iniziativa, patrocinata dal Pontificio Consiglio della Cultura, e sostenuta economicamente dalla John Templeton Foundation insieme ad altri sponsor, è stata realizzata in questi primi tre anni di attività in collaborazione con la Pontificia Università Lateranense (PUL), la Pontificia Università Gregoriana (PUG) e il Pontificio Ateneo Regina Apostolorum (UPRA).

Tuttavia, come spiegato nel corso della conferenza stampa da monsignor Gianfranco Basti, Direttore del Progetto STOQ, per i prossimi anni saranno coinvolte anche altre Università Pontificie, come la Salesiana e la Santa Croce, ma anche alcune Università Europee come l’Università di Navarra in Spagna, quella di Lublino in Polonia, quella di Namur in Belgio.

Il Progetto STOQ, erede della “Commissione di Studio del Caso Galileo”, istituita da Giovanni Paolo II nel 1981 e presieduta dal Cardinal Poupard, “mira a creare un nuovo clima di dialogo all’interno della Chiesa cattolica tra la cultura scientifica e […] la cultura della fede, che si nutre della Rivelazione e dell’umanesimo cristiano”, ha detto il porporato francese.

Il Progetto si articola su tre livelli: il primo livello riguarda l’“insegnamento” e prevede la partecipazione di professori appartenenti alle Università scientifiche di maggior prestigio mondiale; il secondo livello è quello della “ricerca”, che si divide in aree e Università di specializzazione; mentre il terzo prevede la realizzazione di attività di divulgazione e di programmi congiunti con altre Università Statali e private, con la possibilità di ottenere un doppio riconoscimento e borse di studio per la realizzazione di tesi dottorali.

Nel suo intervento il Cardinal Poupard ha affermato che questo Progetto è “l’attuazione di una delle grandi intuizioni del Concilio Vaticano II”, delineate in particolare dalla Costituzione Pastorale Gaudium et spes – di cui si festeggia il 40° anniversario della promulgazione – e che fanno riferimento “al servizio di quel mutuo apprendimento tra la Chiesa e la società contemporanea, senza il quale sarebbe difficile costruire un mondo pienamente umano”.

“Sappiamo dove può condurre una ragione scientifica fine a sé stessa – ha constatato il porporato –: la bomba atomica e la possibilità di clonare essere umani sono frutto di una ragione che si è voluta liberare da ogni vincolo etico o religioso”.

“Ma siamo anche consapevoli dei pericoli di una religione che recide i suoi vincoli con la ragione e diventa così preda del fondamentalismo”, ha poi aggiunto.

“I credenti, perciò, hanno l’obbligo di mettersi all’ascolto di ciò che la moderna scienza secolare offre, così come chiediamo lealmente che la sapienza della fede sia presa in considerazione come voce esperta in umanità”, ha quindi sottolineato.

“L’attenzione che il credente rivolge alla scienza, però, non è solo strumentale”, ha chiarito il Cardinale, perché “la scienza moderna ci dice anche qualcosa sulla struttura dell’universo e della materia, sull’uomo. Sono cose di cui ogni credente, specialmente il teologo, non può fare a meno”.

Nel suo intervento il professor Rodolfo Guzzi, dell’Agenzia Spaziale Italiana, ha spiegato che “questo convegno vuol fare il punto sui concetti di infinito che emergono dalla fisica, dalla cosmologia e dalla matematica cercando di dare delle risposte alle domande che emergono dalle varie teorie scientifiche a dalle misure che i moderni radiotelescopi ci forniscono in una visione più unitaria possibile”.

“Questo preludio scientifico avrà un suo prosieguo nell’ontologia e nella filosofia della mente fino a chiudersi nella sessione dell’infinità di Dio nelle diverse tradizioni teologiche, a dimostrazione che il concetto di infinito che permea i vari gradi della scienza, nasce dall’esigenza dell’uomo di conoscere prima di tutto l’infinità di Dio”, ha quindi aggiunto.

Secondo i dati riferiti dal Direttore del Progetto STOQ, nei primi due anni di attività di questa iniziativa: “sono stati istituiti 35 nuovi corsi e seminari sul tema scienza-filosofia-religione con professori – scienziati innanzitutto – invitati da tutto il mondo”.

“I corsi sono stati seguiti complessivamente da oltre 650 studenti da 56 nazioni di tutto il mondo, con 11 nuove tesi di dottorato (PhD), di cui 6 con borsa di studio, e decine di tesi di licenza (MD), su temi riguardanti la scienza e il rapporto con filosofia e teologia”, ha quindi aggiunto.

Mentre sono state organizzate oltre 70 conferenze pubbliche e 12 workshop pubblici, seguiti da migliaia di partecipanti.
French « La foi est l’espérance en l’amour, même à travers la souffrance »
Oct 07, 2005
A l’occasion du 75ème anniversaire du cardinal Paul Poupard, qu’il a fêté hier, nous reprenons ci-dessous ce que le cardinal avait déclaré le 21 mai 2004, alors qu’il fêtait un double jubilé : les 50 ans de son ordination sacerdotale et les 25 ans de son ordination épiscopale.

ROME, Mardi 30 août 2005 (ZENIT.org) - Le cardinal Poupard, président du Conseil pontifical pour la Culture déclarait que ces années d’expérience lui ont enseigné que la foi est l’espérance en l’amour et que l’intelligence de la foi est donnée aux pauvres. « Je comprends la joie de sainte Thérèse lorsqu’elle se sent faible, lorsqu’elle se sent si petite", affirme-t-il.

Dans l’après-midi du 21 mai il a célébré une messe d’action de grâces en la Basilique Santa Maria in Trastevere, à Rome.

Le cardinal Poupard, qui a été proche collaborateur de Jean XXIII, de Paul VI et de Jean-Paul II, expliquait : « Ma foi a grandi de manière telle que j’oserais donner cette définition, certes pas théologique mais du coeur : la foi, pour moi, est de plus en plus l’espérance en l’amour, même à travers la souffrance ».

« Je comprends de mieux en mieux la joie de sainte Thérèse de Lisieux, lorsqu’elle se sent faible, lorsqu’elle se sent si petite. Que peut-elle faire ? Elle comprend que l’échelle de la vie est trop dure pour une fille aussi petite. Elle prendra donc l’ascenseur, c’est-à-dire les bras de Jésus. J’essaie de faire la même chose », a confié le cardinal Poupard dans des déclarations retransmises par « Radio Vatican ».

Le cardinal précise qu’il comprend également mieux les béatitudes. « Maintenant j’ai touché du doigt une béatitude paradoxale, c’est-à-dire que l’intelligence de la foi est donnée, comme le dit Jésus, aux pauvres, aux pauvres en esprit, aux affligés, aux doux, à ceux qui ont faim et soif de justice, aux miséricordieux, aux coeurs purs et aux artisans de paix. La joie est vraiment le premier et le dernier mot de l’Evangile et notre monde en a tant besoin ».

« Je ne cesse d’apprendre de mes collaborateurs, des personnes que je rencontre, de tous les évêques du monde et surtout des malades », ajoute-t-il.

Le cardinal voit la culture aujourd’hui comme « un vrai champ de bataille, où il n’y a aucune cohérence, et surtout où l’on trouve tout et son contraire ».

« Mais dans l’Evangile nous avons le fil conducteur », ajoute-t-il.

Le cardinal Poupard conclut en affirmant que le christianisme a bel et bien quelque chose à dire au monde : « Plus que jamais aimer Jésus-Christ », car « personne ne peut vivre sans aimer et sans être aimé ».

Le cardinal Poupard est né en France, à Bouzillé (diocèse d’Angers), le 30 août 1930. Il a obtenu une licence en théologie et en histoire à la Sorbone. Après un an au Centre National de Recherche Scientifique (France) il devient official de la Secrétairerie d’Etat du Vatican en 1959.

Il 1979 il est nommé évêque auxiliaire de Paris. En 1980 Jean-Paul II le nomme président du Secrétariat pour les non croyants et deux années plus tard président du Conseil pontifical pour la Culture, qui vient d’être créé. Il est cardinal depuis le 25 mai 1985.
French La « petite révolution » de Jean XXIII, par le card. Poupard
Oct 01, 2005
Le cardinal Poupard a expliqué ses trois expériences en matière de promotion de l’unité des chrétiens, entre Catholiques et Orthodoxes, dans son intervention du 12 septembre à Lyon, lors de la rencontre promue par Sant’Egidio : « Le courage d’un humanisme de paix » (cf. www.santegidio.org).

ROME, Vendredi 16 septembre 2005 (ZENIT.org) - La « petite révolution » de Jean XXIII « Jean XXIII a eu le génie, non seulement d’ouvrir les fenêtres du Vatican, comme il disait, pour faire entrer un peu d’air frais, mais aussi les portes, pour rencontrer les frères séparés. Au lendemain d’une de ses rencontres, de la confidence imagée de Jean XXIII. Il parlait volontiers de lui à la troisième personne, et répétait : "Giovanni, tu te rends compte, tu vas le recevoir, ce chef d’Eglise, et qu’est-ce que tu vas faire ? Tu as beau être le Pape. Tu ne peux quand même pas changer le Credo. Qu’est-ce que tu vas dire ? Et puis le Monseigneur a ouvert la porte. Qu’est-ce que je pouvais faire ? Nous nous sommes embrassés. Car avant d’être séparés, nous sommes frères".

« C’est cela la petite révolution grammaticale de Jean XXIII, concluait le « ministre » de la Culture de Jean-Paul II. Dans l’expression séculaire "Frères séparés", le substantif reprenait le pas sur l’adjectif. Nous avions tellement conscience d’être séparés ! Nous avions oublié que nous étions frères. Le génie chrétien de Jean XXIII a été de nous faire redécouvrir qu’être frères est le premier et le plus important. Une purification de la mémoire Et d’expliquer : « Nous sommes frères, et dans toutes les familles nous avons des problèmes qui engendrent des brouilles et entraînent des séparations. Chacun a sa version plus ou moins légitime, et les mémoires ne coïncident pas. Il est donc nécessaire de pratiquer ce que les anciens grecs appelaient la catharsis, la purification de la mémoire ».

« Comme l’a dit le Pape Benoît XVI au début de son pontificat, continuait le cardinal français, les paroles, c’est bien, mais les gestes, c’est mieux. Les déclarations ont leur importance, mais les gestes y ajoutent une portée symbolique. Le 7 décembre 1965, veille de la clôture du Concile, Paul VI a levé la mémoire des excommunications et envoyé une délégation au Phanar, avec le Cardinal Joseph Martin, qui était Archevêque de Rouen. Que de fois celui-ci m’a ensuite répété : "Quelle grâce !". Rome reprenait le chemin de Constantinople, et Constantinople, le chemin de Rome. » Pour le cardinal Poupard : « Cette rencontre libératrice était devenue possible, parce que chacun avait fait la moitié du chemin en allant à Jérusalem. Après deux millénaires, le successeur de Pierre, devenu Evêque de Rome, éprouvait le besoin de revenir aux origines de l’Eglise indivise, en Terre Sainte. Je garde toujours dans la mémoire du cœur la rencontre bouleversante entre Paul VI et le Patriarche Athénagoras à Jérusalem, l’un et l’autre anxieux du chemin à parcourir pour recomposer la pleine unité de l’Eglise du Christ, le Christ pour le monde, et le monde à Dieu ».

Le cardinal a ensuite évoqué son expérience en tant que recteur de l’Institut catholique de Paris. Il disait ensuite : « Et j’en viens à la troisième expérience, celle du Conseil Pontifical de la Culture, qui me donne de conjoindre les visites aux responsables, Moscou que j’évoquais à l’instant, Monseigneur Christodoulos à Athènes en 1998, le Patriarche Theoktist à Bucarest, en 2002, le Patriarche Bartolomeos au Phanar, en 2003, Son Eminence le Métropolite Filaret à Minsk, en décembre 2004 ».

Le cardinal résumait les leçons de ces trois expériences en ces termes :

« - La première, l’œcuménisme du cœur, pour moi demeure toujours première, non seulement chronologiquement, puisque c’est le Bienheureux Jean XXIII qui me l’a apprise voici quarante cinq ans : mieux se connaître, pour nous reconnaître frères.

« - La seconde, que j’ai pratiquée dans un cadre universitaire à Paris : nous connaître théologiquement, pour approfondir notre découverte de l’autre, et par là prendre conscience de notre identité propre de disciples du Christ.

« - La troisième, que je pratique depuis vingt cinq ans : le dialogue des cultures sous le signe du Christ. Au Symposium que j’avais organisé à la demande de Jean-Paul II en préparation du Synode des Evêques pour l’Europe, en 1999, j’avais choisi pour thème : "Le Christ, source d’une nouvelle culture pour l’Europe". Et j’avais demandé à Ghelian Mikhaïlovith Prochorov, Professeur à l’Institut de Littérature russe et Membre de l’Académie des Sciences de Saint Pétersbourg de nous aider à "repenser la vie de l’homme dans la Cité". Son intervention : "Pour nous, Européens, l’anamnèse du Christ, c’est l’anamnèse de l’éternité dans notre vie. Seule l’anamnèse du Christ est un antidote à la vision libérale-communiste". Cette expression paradoxale en dit long, et nous fait réfléchir » (...).

Le cardinal Poupard concluait en disant : « C’est ma conviction : ce n’est plus le temps de disperser, mais de recueillir ».
French Rencontre des Centres culturels catholiques
Jul 15, 2005
Voici le texte intégral de la conférence du cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la Culture, à Sarajevo, ce 8 juillet, lors de la rencontre internationale des Centres culturels catholiques de la Méditerranée et des Balkans, qui se tient à Sarajevo du 7 au 10 juillet, sur le thème du défi d’un nouveau dialogue culturel à l’ère de la mondialisation.

La rencontre rassemble des représentants de 25 pays d’Europe, d’Afrique, et d’Asie, avec le soutien du centre culturel catholique de Bosnie Herzégovine.

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Cardinal,
Messieurs les ministres,
Excellences,
Chers amis,

1. C’est pour moi une grande joie d’introduire les travaux de ce nouveau Colloque des Centres culturels catholiques de la méditerranée, en cette cité-martyre de Sarajevo qui évoque tant pour chacune et chacun d’entre nous, victime des ravages dramatiques de la haine lorsque le dialogue a fait place à l’hostilité entre les hommes et les peuples. Dans notre société mondialisée, en ce début du troisième millénaire, les hommes et les femmes de notre temps sont appelés à intensifier les rencontres pour partager leur héritage et édifier une société plus juste et plus fraternelle. Merci, Monsieur le Cardinal, pour vos mots de bienvenue et le témoignage que vous n’avez cessé de donner, dans la fidélité à l’Évangile, pour que l’amour et le pardon soient toujours les premiers et les derniers mots du dialogue. C’est pour moi une joie profonde de vous retrouver, chère Éminence, quelque trois mois après les évènements bouleversants que nous avons vécus ensemble à Rome, de la mort de notre regretté Pape Jean-Paul II à l’élection de notre bien-aimé Pape Benoît XVI. Votre accueil me donne de ressentir à nouveau la vive émotion du Conclave à jamais gravé dans nos esprits et nos cœurs, elle nous rapproche durablement dans une commune action de grâces au Seigneur.

Monsieur le Président de la République,
2. C’est une grande joie pour moi de vous dire, en notre nom à tous, l’honneur qui est le nôtre de vous accueillir au commencement de nos travaux. Avec prêtres, religieux et religieuses, laïcs engagés dans le dialogue foi et cultures, le Conseil Pontifical de la Culture a choisi Sarajevo pour réunir les responsables des Centres culturels catholiques du bassin méditerranéen et, avec eux, réfléchir sur Les défis d’un nouveau dialogue dans le contexte de la mondialisation. À l’occasion de sa venue mémorable en cette cité, le 12 avril 1997, le Pape Jean-Paul II déclarait aux hommes politiques de Bosnie-Herzégovine : « Sarajevo, ville au carrefour de tensions entre des cultures, des religions et des peuples différents, peut être considérée comme la ville-symbole de notre siècle… Dans une perspective historique, Sarajevo, et toute la Bosnie-Herzégovine, si elles réussissent à établir leurs structures institutionnelles dans la paix, peuvent devenir à la fin de ce siècle un exemple de convivialité dans la diversité pour de nombreuses nations qui font, elles aussi l’expérience de cette difficulté, en Europe et dans le monde ». Et il ajoutait : « La méthode dont on doit tenir le plus grand compte pour résoudre les problèmes qui surgissent tout au long de ce chemin difficile, est celle du dialogue inspiré par l’écoute de l’autre partie et le respect mutuel. »
Votre présence, Monsieur le Président, est pour nous hautement significative, et votre intérêt pour l’action des Centres culturels catholiques nous encourage. Ces Centres, vous le savez, veulent suivre cette méthode : ils sont des lieux de dialogue. Ils ont pour but essentiel de mettre en fécond rapport la foi chrétienne avec les cultures de notre temps, et ils entendent répondre aux défis des sociétés éclatées en offrant des espaces de rencontre et de colloque, de réflexion et de partage. Vous le savez, le Conseil Pontifical de la Culture accorde une grande importance au dialogue interculturel et interreligieux pour la rencontre des peuples. L’Église le fait à la suite du Christ venu enseigner aux hommes qu’ils sont fils d’un même Père et les aider à vivre en frères. Nous souhaitons tous, pour les sociétés du nouveau millénaire, un avenir de justice et de paix, et nous sommes convaincus de pouvoir l’édifier dès lors que les hommes et les femmes de tous les peuples et de toutes les religions sauront conjuguer les termes de culture et de dialogue, d’identité et d’ouverture, de connaissance et de respect, de foi et d’accueil.

Monsieur le Président, Messieurs les Ministres,
3. Vous savez combien, avec notre regretté Pape Jean-Paul II, nous avons ressenti douloureusement le drame qui a divisé les populations de cette région de l’Europe. Nous avons partagé vos souffrances avec tant de peine pendant toute la période du récent conflit. Nous voyons votre engagement pour mettre en place les éléments nécessaires pour édifier une société réconciliée d’hommes et de femmes respectueux de leurs différences et désireux d’un authentique partage dans le vivre-ensemble. Vous savez combien, même aux heures les plus tragiques, les autorités de l’Église ont cherché à établir des ponts avec les responsables des autres communautés religieuses. Nous pouvons le redire haut et fort : le conflit n’était pas religieux ! Mais comme tristement trop souvent dans l’histoire des hommes, la religion a été honteusement prise en otage pour justifier des replis identitaires injustifiables et attiser la haine des autres pour servir les ambitions personnelles d’un petit nombre. Il nous faut le redire sans cesse : la religion est porteuse d’une haute idée de l’homme, elle sait que toute vie est sacrée, elle est un don de Dieu pour rassembler tous les hommes en une seule famille, dans l’amour et la paix.
Monsieur le Président, les Centres culturels catholiques se multiplient dans le monde comme d’humbles unités reliées entre elles pour former un vaste filet où les hommes sont rassemblés dans l’écoute mutuelle et l’accueil des autres et de leurs différences. Notre commune humanité exige de nous une authentique fraternité, et notre identité propre nous appelle au partage. Vous qui avez connu les heures tragiques de la division et de la haine, vous savez mieux que quiconque le nécessaire recours aux valeurs spirituelles : l’avenir d’un pays dévasté ne peut s’établir sur la seule reconstruction matérielle, il a besoin de prendre appui sur les fondements spirituels de la manière humaine de vivre ensemble. C’est notamment dans ce but que travaillent les Centres culturels catholiques, qui sont des « forums publics, lieux de rencontres et de réflexion, d’étude et d’informations, d’échange d’idées et d’approfondissement entre foi et cultures ». Ces centres « offrent aux catholiques, comme à toute personne intéressée par une rencontre culturelle, des occasions de contacts et d’échanges enrichissants sur le monde et l’histoire, la religion et l’art, la culture et la science. Enfin, ils aident à discerner les valeurs capables d’éclairer l’existence et de donner un sens à la vie » . Nous ne saurions nous résoudre à une société mondialisée uniforme et sans saveur. Nous appelons de nos vœux un monde riche de toute la palette des couleurs nécessaires à la réalisation d’une mosaïque belle et lumineuse, sans exclusion aucune, si ce n’est celle des ombres ténébreuses indignes de l’homme et de son humanité.
Puissent ces Centres se multiplier en Bosnie-Herzégovine, dans les Balkans et dans tout le Bassin méditerranéen, et contribuer à l’union des peuples pour rendre notre société mondialisée plus humaine, plus fraternelle et culturellement plus riche. Avec vous, Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, nous voulons regarder l’avenir avec confiance et détermination. Pour sa part, le Saint-Siège et l’Église tout entière, en profonde syntonie avec les responsables politiques des États engagés dans la construction d’un avenir meilleur, appellent de leurs vœux la coopération de tous les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté, dans le dialogue interculturel et le partage de leurs héritages, pour le bien des peuples. Avec le pape Benoît XVI, il m’est agréable, Monsieur le Président, de partager avec vous les mêmes convictions : c’est en termes de culture et de patrimoine qu’il nous faut envisager l’avenir, tant il est vrai qu’il n’y a de culture que de l’homme, et d’organisation sociale à l’intérieur des États qui ne vaille que pour le bien de tous les citoyens. En continuité d’une tradition bimillénaire, l’Église catholique pour sa part continue d’œuvrer pour une société plus juste et plus humaine, plus solidaire et plus unie, dans le plein respect des composantes diverses des peuples.

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4. Je me dois maintenant de saluer chacun d’entre vous, chers Pères, religieux et religieuses, laïcs en provenance des pays du bassin méditerranéen. Vous œuvrez dans des Centres aux activités multiples et diverses pour transmettre la foi dans les cultures. Nous nous connaissons bien pour la plupart d’entre nous, et c’est avec joie que j’accueille ceux qui nous rejoignent pour la première fois. Nos journées d’étude et de réflexion nous donnent de mieux nous connaître et de partager nos expériences : elles diffèrent par les activités et les contextes culturels contrastés où nous sommes insérés.
Cette rencontre s’inscrit dans un cycle aujourd’hui bien établi : douze années se sont écoulées depuis le mois d’octobre 1993, quand le Conseil Pontifical de la Culture organisait la première rencontre des directeurs et des responsables des centres culturels catholiques à Chantilly, près de Paris. Depuis, nous nous sommes régulièrement retrouvés : à Munich en Bavière, Cadenabbia dans le nord de l’Italie, Barcelone deux fois, Rome et Bologne en Italie, Fatqa au Liban et Sumuleu-Ciuc en Roumanie, pour ce qui concerne l’Europe et le Bassin Méditerranéen, mais aussi Puebla de los Angeles au Mexique, Valparaíso au Chili, João Pessoa ou encore à São Paolo au Brésil et Salta en Argentine, pour l’Amérique, et Nagasaki au Japon en attendant Goa en Inde, pour l’Asie, et à Lusaka en Zambie, pour l’Afrique.

Réfléchir aux défis de la mondialisation.
5. Le thème de nos travaux, Les défis d’un nouveau dialogue dans le contexte de la mondialisation, est une invitation à prendre en compte les transformations de nos sociétés soumises, souvent indépendamment de leur volonté, aux puissants flux suscités par le vaste phénomène de la mondialisation, et à leurs incidences culturelles. Nos réflexions sur le véritable impact de la mondialisation sur nos sociétés, et les réponses aux défis posés à l’homme et la culture, sont pour l’Église d’une grande importance. Sans une action concertée, nous risquerions de nous retrouver sur des plages dévastées à constater impuissants les dégâts d’un authentique tsunami culturel laissant derrière lui ruines et déchets sur une terre hostile, et nous serions condamnés à la nostalgie du passé, incapables de trouver un abri pour nous retrouver dans ce qui fait notre identité et notre raison d’être. Nous sommes ici pour mettre en lumière certains pièges de la mondialisation qui mettent en péril la culture, mais nous nous devons aussi d’en discerner les possibilités pour démultiplier notre action, l’enrichir et la fortifier. Dans cette nouvelle société qui nous paraît souvent étrange, sinon étrangère, il nous faut rechercher les voies et les moyens d’une authentique rencontre des hommes, dans le dialogue, l’accueil et le respect. Chacun de nous le fait selon sa grâce, parfois avec la sensation d’accomplir une œuvre de faible envergure. Mais c’est aussi un des buts de nos rencontres : prendre conscience que nous ne sommes pas seuls, que notre action s’accompagne de celle d’une multitude d’autres centres où des chrétiens tentent, par la via culturalis, d’insérer la sève de l’Évangile au cœur des cultures pour que ses fruits se multiplient en ce commencement du troisième millénaire.

TRANSMETTRE LA FOI.
6. Nos centres culturels sont catholiques. C’est notre identité, nous ne saurions la mettre en veilleuse. Nos activités s’inscrivent dans le mouvement de la nouvelle évangélisation. Il s’agit pour nous de transmettre la foi dans les cultures, cette foi indivisible qui, de saint Paul à Charles de Foucauld, est la raison d’être de l’activité missionnaire des baptisés. Avec l’Église, nous entendons répondre au commandement du Seigneur : « Allez dans le monde entier, de tous les peuples, faites des disciples ». La foi chrétienne est source d’un humanisme apte à transformer les cultures des hommes pour les rendre plus humaines. Et quand nous ne pouvons explicitement dire notre foi dans des contextes culturels hostiles, nous pouvons toujours présenter cette vision de l’homme, de la société, de la science, de la politique, de l’art, de l’économie qui plonge ses racines dans l’Évangile et que nous dénommons l’humanisme chrétien. Il est universel, et c’est notre vocation de le proposer dans une attitude de dialogue et de raison aux hommes et aux femmes de bonne volonté qui acceptent de venir en nos centres. Mais ne l’oublions jamais : la proposition de cet humanisme devrait toujours pouvoir conduire au Christ, parce que lui-même en est la mesure, il en est la source et la fin. C’est toujours de la rencontre personnelle avec le Christ que nous partons, pour conduire à lui, avec sa grâce.
Dans son homélie à l’ouverture du Conclave, le futur pape Benoît XVI, alors Doyen du Collège des Cardinaux, nous mettait en garde, avec saint Paul dans sa Lettre aux Éphésiens, contre « les vents de doctrine » contraires à la foi : « Combien de vents de doctrine avons-nous connus ces dernières décennies, combien de courants idéologiques, combien de modes de penser... La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens est souvent agitée par ces vagues jetées d’un extrême à l’autre : du marxisme au libéralisme, jusqu’au libertinisme ; du collectivisme à l’individualisme radical ; de l’athéisme à un vague mysticisme religieux ; de l’agnosticisme au syncrétisme etc. Tous les jours naissent de nouvelles sectes et prend forme ce qu’avait dit saint Paul "sur l’imposture des hommes et de leur astuce à fourvoyer dans l’erreur". Avoir une foi claire, selon le Credo de l’Eglise, vient souvent étiqueté comme fondamentalisme. Alors que le relativisme, c’est à dire se laisser "emporter à tout vent de la doctrine", apparaît la seule attitude à la hauteur du temps présent. Peu à peu se construit une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui laisse comme ultime mesure que son propre ego et ses désirs. » Nous ne pouvons pas ignorer ces récifs de la cultura adveniente, comme disent nos amis latino-américains : il s’agit dans nos dialogues et à travers les activités de nos Centres, de déblayer les chemins souvent ensablés, et parfois obstrués de la foi en suivant la via veritatis tout autant que la via caritatis.

FORMER LE JUGEMENT, OUVRIR LES HORIZONS.
7. Vous le savez : l’intérêt et le soutien apportés par le Conseil Pontifical de la Culture aux Centres culturels catholiques procèdent d’une conviction : la pénétration de la foi dans les cultures de notre temps ne peut s’accomplir de manière approfondie que de façon diversifiée. La société du début du IIIème millénaire dispose de moyens techniques et intellectuels très puissants, mais apparaît comme impuissante à susciter des visionnaires, des hommes et des femmes capables de resituer le flot des connaissances dans leurs contextes, et de distinguer l’information du savoir, la curiosité de l’essentiel, l’éphémère de l’inaltérable. Je recevais à Rome, voici quelques jours, le Commissaire de l’Éducation et de la Culture de la Commission Européenne de l’Union Européenne. Et je lui disais ma conviction d’un nécessaire retour à l’idée fondatrice de ce formidable projet européen, la culture, si bien comprise par les « pères » fondateurs : Robert Schuman, Alfred de Gasperi et Konrad Adenauer. Sa réponse laconique était aussi subtile que tragique : « Je ne vois pas de fils de Schuman en France »… Jean-Paul II et, aujourd’hui, son digne successeur Benoît XVI sont la voix singulière de l’Église, la seule à dire l’évidence : sans âme, sans les valeurs transcendantes partagées dans leurs cultures, les nations européennes ne sauraient s’unir dans un projet commun et donner ainsi à l’Europe de répondre à sa vocation dans le monde. Si la culture est l’âme d’un peuple, quelle sera cette âme de l’Europe ? Si le continent est constitué par un ensemble de cultures, seul le dialogue ouvert des cultures lui donnera de retrouver ses racines communes… Elles ne sont autres que celles de l’Évangile, enracinées dans la Bible, partagées avec tous les fils d’Abraham, en dialogue constructif avec les héritiers de la philosophie des lumières, dont récemment encore le Cardinal Joseph Ratzinger rappelait la signification et les limites dans son intervention du 1er avril dernier à Subiaco, à la veille de son entrée en Conclave .
Les Centres culturels catholiques ont pour ambition de servir l’homme d’aujourd’hui dans sa vie quotidienne, et de lui donner d’ouvrir son intelligence à la splendeur de la vérité, une vérité exigeante, certes, parce qu’elle échappe aux frontières de l’immédiat. Nous voulons, dans un dialogue fraternel, offrir les critères du discernement, et nous savons pouvoir le faire parce que le Christ nous communique une sagesse : il est lui-même notre sagesse. Nous avons accès au trésor de l’Église, il s’est enrichi au cours des siècles par les écrits d’une multitude d’hommes et de femmes qui ont médité la Parole de Dieu et ont cherché à l’insérer dans la culture de leur temps comme on insère le levain dans la pâte. Les Centres culturels catholiques ne sont pas des générations spontanées sans héritage ni partage : ils s’insèrent dans le vaste mystère du corps mystique de l’Église, corps vivant dont les membres sont unis et se nourrissent à la même table eucharistique. Deux millénaires d’histoire de l’évangélisation sont notre commun héritage. Si, comme j’aime à le répéter, la mémoire est l’espérance du futur, sachons ancrer nos centres dans cet héritage qui fait notre fierté et a depuis deux millénaires largement œuvré pour rendre le monde plus fraternel et solidaire, en un mot plus humain pour tous ses habitants dans la conviction que chacune et chacun a une valeur incommensurable, parce que « à l’image et à la ressemblance de Dieu ».

LES CHANGEMENTS CULTURELS DE LA MEDITERRANEE.
8. L’historien Gonzague de Reymond parle de l’Homo Mediterraneus pour caractériser une manière d’être homme, partagée par des peuples qui se côtoient tout au long de cette mer. Beaucoup d’entre vous vivent dans des contextes culturels qui sont encore relativement préservés de l’éclatement d’une société mondialisée. Si les identités culturelles demeurent suffisamment évidentes pour être lisibles, il n’en reste pas moins important d’être attentifs et de porter un regard critique sur le vaste mouvement de mondialisation auquel nous assistons avec, parfois, un tragique sentiment d’impuissance. Je le disais à l’instant avec l’exemple de la crise traversée par ce que certains appellent la nouvelle Europe : si l’avenir des peuples ne se pose pas en termes de culture, d’avenir il n’y en aura point, et nous répéterons les erreurs de l’ancienne Union Soviétique. Nous serions alors condamnés à pleurer sur les ruines de pays aux populations sans avenir.
Nous ne méconnaissons pas pour autant la dimension positive de l’immense progrès des sciences et des techniques : les changements rapides que nous vivons à un rythme accéléré laissent entrevoir de nouveaux espoirs. Des dynamiques inédites poussent vers un rapprochement des différents mondes, et en ce qui nous concerne, des deux rives de la méditerranée et des différentes nations européennes. Nous souhaitons que traverse la mer et les frontières une « onde d’humanité » où le mal est rendu plus difficile parce qu’immédiatement connu et le bien plus solide parce que renforcé par la contribution d’un plus grand nombre de bonnes volontés. En effet, l’immigration du sud vers le nord et de l’est vers l’ouest provoque un changement rapide du visage de l’Europe. Il s’agit d’un phénomène aux proportions gigantesques, qui offre de grandes possibilités en matière de dialogue interculturel. Et s’il apparaît parfois comme détenteur d’un dangereux potentiel de déstabilisation, il nous appartient d’œuvrer pour que les intérêts partisans soient étouffés dans l’œuf, et que la religion ne soit pas détournée de ses fins comme instrument de revendications qui n’ont rien à voir avec l’humble relation d’amour du croyant et de son Dieu, du croyant et de son frère. Voici sans nul doute l’un des défis majeurs pour nous tous au commencement du troisième millénaire. Et nous devons aider nos frères des autres religions à en prendre conscience. C’est sans nul doute l’un des défis les plus importants du dialogue interculturel et interreligieux.
Ces conflits géopolitiques, je le disais au début de mon propos, sont perçus et présentés, parfois et bien à tort, comme un conflit de civilisations et, plus grave encore, de religions, si bien que nombre de nos contemporains attribuent la faute de ces tensions au dogmatisme des religions monothéistes. Les Centres culturels catholiques peuvent faire beaucoup par leurs propositions et leurs débats largement ouverts pour tordre le cou à ces interprétations erronées et dangereuses. Le Cardinal Ratzinger le disait clairement dans sa dernière intervention publique, sur L’Europe dans la crise des cultures, la veille de la mort de Jean-Paul II, que j’ai publiée dans le dernier numéro de la Revue du Conseil Pontifical de la Culture : « La véritable opposition qui caractérise le monde d’aujourd’hui n’est pas entre diverses cultures religieuses, mais entre la radicale émancipation de l’homme, de Dieu, des racines de la vie, d’une part, et les grandes cultures religieuses de l’autre » . Nous savons tous les prises de position sans équivoque du pape Jean-Paul II contre la guerre et contre le terrorisme, et ses déclarations d’une netteté sans pareille stigmatisant le recours à la religion pour les justifier, comme un blasphème contre Dieu et une insulte à l’homme. C’est notre conviction : la haine, le fanatisme religieux et le terrorisme profanent le nom de Dieu et défigurent l’image authentique de l’homme.

LE SECULARISME, LA NON-CROYANCE ET L’INDIFFERENCE RELIGIEUSE.
9. Ajoutons aussi que d’une autre manière, le phénomène croissant du sécularisme sur la rive nord de la méditerranée, contribue à alimenter de fortes tensions et à provoquer de profonds changements sociaux. La marginalisation des religions dans la vie publique, l’implosion du modèle traditionnel de la famille, fondement millénaire du modèle de vie du Bassin méditerranéen, la société de consommation et l’omniprésence de la technologie dans la vie privée sont en train de provoquer, à une vitesse sidérante, ce que certains pensent être un nouveau modèle de société et de culture, qui pourrait même faire disparaître les modèles millénaires des cultures méditerranéennes. Le phénomène de la non-croyance n’est pas étranger à vos pays : nombre d’émigrés perdent la pratique de leur religion quand ils séjournent en France, en Belgique ou ailleurs, et deviennent comme indifférents à la sphère du spirituel. Il me semble de la plus haute importance de réfléchir sur ce vaste phénomène de la non-croyance et de l’indifférence religieuse, comme le Conseil Pontifical de la Culture l’a fait avec ses membres et ses consulteurs à l’occasion de sa dernière Assemblée plénière, en mars 2004.
Ce sont là, chers amis, de très graves questions : les nouvelles migrations en cours et le sécularisme galopant, contribueront-ils à un rapprochement des deux rives de la méditerranée, ou ne deviendront-ils pas un facteur aggravant de tensions et de divisions ?

LES TRAVAUX.
10. Je vais dans un instant donner la parole à Monseigneur Coda qui nous entretiendra sur Les fondements théologiques du dialogue. Le Pape Benoît XVI, dans son premier message, au lendemain de son élection, a fortement affirmé son engagement à poursuivre le dialogue de l’Église avec le monde de notre temps : « Je n’épargnerai pas mes efforts ni mon dévouement pour poursuivre le dialogue prometteur entamé par mes vénérés Prédécesseurs avec les différentes civilisations, afin que de la compréhension réciproque naissent les conditions d’un avenir meilleur pour tous ». Cet engagement, c’est bien sûr le nôtre, à sa suite.
Ce dialogue, pour vous, – nous le verrons cet après-midi – est dialogue culturel et dialogue interreligieux. Il se situe dans des contextes de forte immigration ou, à l’inverse, d’exode dramatique – je pense aux chrétiens du Moyen-Orient. Il est souvent confronté à la tentation de la non-croyance et au vaste phénomène de la sécularisation. Il rencontre parfois les séquelles du communisme léniniste athée, ou d’autres idéologies totalitaires.
Nous le verrons demain, nos Centres veulent être une réponse efficace par la multiplicité de leurs manières d’être présents et d’agir. Nous écouterons la présentation du Vademecum des Centres culturels catholiques, conçu pour aider à leur compréhension et faciliter leur multiplication. Enfin, nous nous réunirons en Table ronde pour échanger sur nos actions, notre aptitude à transmettre la foi, le service rendu à l’Église et aux populations.
Il me reste à nous souhaiter une rencontre fructueuse, fraternelle et enrichissante. En renouvelant à chacun et à chacune ma gratitude pour avoir répondu à l’invitation du Conseil Pontifical de la Culture, je veux conclure en remerciant très vivement le Directeur du Centre HKD Napredak et le Recteur du Grand Séminaire pour votre précieuse collaboration, votre accueil généreux, et votre disponibilité de tout instant pour le plein succès de cette Rencontre.
Bon travail. Que le Seigneur nous bénisse !
Spanish El cardenal Poupard entrega una beca a un estudiante del Proyecto STOQ
Jul 04, 2005
El cardenal Paul Poupard entregó este jueves en la sede del Consejo Pontificio de la Cultura, una beca a uno de los estudiantes del Proyecto STOQ («Science, Theology and the Ontological Quest» - Ciencia, Teología e Investigación Ontológica).

(ROMA, jueves 30 junio 2005 (ZENIT.org).-) La beca, de 5.000 euros, la segunda que entrega el presidente de ese Consejo, ha sido asignada a un estudiante del Máster en Ciencia y Fe del Ateneo Pontificio «Regina Apostolorum», Efrén José Cisneros Fajardo.

El estudiante venezolano, es licenciado en Química en la Universidad Simón Bolívar de Caracas y doctor en el Instituto Venezolano de Investigaciones Científicas.

Tras entrar al seminario, en estos momentos es alumno del Colegio «Santa Maria Mater Ecclesiae» de Roma, y acaba de superar el bachillerato en filosofía, en el marco de sus estudios de preparación al sacerdocio.

El Proyecto STOQ, coordinado por el Consejo vaticano que preside el cardenal Poupard, se realiza en colaboración con la Universidad Pontificia Lateranense, la Universidad Pontificia Gregoriana, el Ateneo Pontificio «Regina Apostolorum» y en medida diferente por otras universidades pontificias.

Su objetivo es demostrar con proyectos concretos que es posible el diálogo entre ciencia y fe.

Al recibir la beca, Cisneros Fajardo consideró que ciencia y fe son dos formas de conocimiento, diferentes, pero no incompatibles. En su vida, explicó, las armonizó siendo catequistas, animador en su parroquia de Venezuela, y al mismo tiempo estudiando química en la universidad.

Con esta iniciativa, afirmó por su parte el cardenal Poupard, el Proyecto STOQ pretende «promover la formación tanto de eclesiásticos que tengan pasión por la investigación científica como de laicos que acojan y sepan difundir una nueva visión del hombre y de la cultura en los ambientes científicos».
Spanish El cardenal Poupard, protagonista en la reconciliación entre ciencia y fe
Jun 25, 2005
La Universidad Católica de Salta (UCSAL) nombró doctor honoris causa de esa casa de altos estudios al presidente del Consejo Pontificio para la Cultura, cardenal Paul Poupard, quien visitó la provincia para participar del II Encuentro de Responsables de Centros Culturales Católicos del Cono Sur, que se realizó en la capital salteña.

SALTA, viernes, 17 junio 2005 (ZENIT.org-AICA).- El homenaje al purpurado vaticano se efectúo en el aula magna de la Universidad, en presencia de la comunidad universitaria y de numeroso público que desbordó las instalaciones de Campo Castañares, en las afueras de Salta.

El rector de la UCSAL, Patricio Colombo Murúa, destacó la intervención del cardenal Poupard en el proceso de rehabilitación de Galileo Galilei, que permitió que, «luego de más de trescientos años, se haya podido avanzar en la línea de la reconciliación definitiva entre la ciencia y la fe».

También describió que su tarea se centra en «la búsqueda de la verdad en la cultura contemporánea».

Colombo Murúa se comprometió además a que la UCSAL «trabaje en la misma dirección», dado que «la globalización abre el gran espacio del mundo a la nueva evangelización».
Spanish Las sectas, «desafío cultural» para la iglesia en América Latina
Jun 11, 2005
Las sectas son quizá el «desafío cultural» más importante que enfrenta la Iglesia en América, constata el cardenal Paul Poupard, presidente del Consejo Pontificio de la Cultura.

RÍO DE JANEIRO, miércoles, 8 junio 2005 (ZENIT.org).- Su convicción se basa en los informes de los obispos durante las visitas «ad limina» y en las conclusiones del cuestionario sobre la increencia que preparó la asamblea plenaria de ese Consejo vaticano en marzo de 2004, a raíz de la correspondencia de intelectuales y hombres de Iglesia.

Estas conclusiones las ilustró el purpurado francés este martes en Río de Janeiro al inaugurar con una conferencia el segundo Encuentro de Miembros y Consultores Americanos del Consejo de la Cultura.

Las respuestas a las preguntas sobre el estado de la fe y la increencia, reveló el cardenal, «mostraban la disminución del ateísmo militante y teórico en la misma medida que crece una 'aconfesionalidad' o una forma 'light' de vida cristiana».

«Si en los años setenta y ochenta el secularismo se expresó en algunos jóvenes como: 'Cristo sí, la Iglesia no'; hoy, una mentalidad invasora dice: 'Dios quizá, religión sí'. Pero Dios personal no, sino una energía impersonal, sensible, emotiva y confusa: sí».

Las sectas son el penúltimo eslabón de una cadena que termina en la indiferencia, y que, según Poupard, «inicia en la ausencia de una respuesta de parte de la experiencia religiosa al problema del sentido de la vida».

Este fenómeno, reconoció, se debe a «una búsqueda compulsiva de la trascendencia, con los ojos de la emotividad y el rechazo a cualquier autoridad que no se justifique afectivamente cercana».

Según el representante vaticano, «las sectas evidencian la necesidad de reconocer que muchos católicos no conocen el kerygma. El primer contacto con el anuncio de Cristo Salvador, con la gratuidad del amor y la trascendencia de Dios, desgraciadamente no lo recibieron de los ministros de la Iglesia que los bautizó».

«Muchos recibieron sólo imperativos, reglas, programas y compromisos de acción, pero ignoraban el anuncio de la Salvación con una fuerza convincente y un lenguaje concreto», constató.

«Pero, ¿qué desea el hombre y la mujer de América en su búsqueda de lo divino?», se preguntó.

Y respondió citando a Blaise Pascal: «el error no seduce jamás los espíritus sino por la parte de verdad que contiene».

«¿Por qué en el imaginario colectivo hablar con pasión de Jesucristo es considerado rasgo de las sectas, mientras que a la Iglesia se le observa con una seriedad inquisidora y burocrática, no obstante que nuestra pastoral en América sea de cercanía a los fieles?», siguió interrogándose.

«¿La existencia de la sectas puede ser ocasión de renovación pastoral?», insistió. «¿No será que se tiene hambre de un lenguaje que sea intensamente mistérico y concreto, ya en nuestra predicación, catequesis, y liturgia como en las actitudes de la vida comunitaria?»

«En campo católico existen los movimientos y nuevas comunidades eclesiales, ellos utilizan un lenguaje y una practica que saca del letargo o alejamiento a miles de católicos paralizados en si vida de fe», explicó.

«Su acento comunitario, su fuerte identidad y pertenencia, su deseo de permanecer en la comunión de fe, su despliegue pastoral, son una riqueza innegable», subrayó.

Según el cardenal, la cultura se transmite a través de categorías históricas, que «conscientemente o no, respondan al deseo de felicidad».

«Si no hablamos el lenguaje que el mundo entiende permaneceremos encerrados en un ghetto académico, si no reconocemos que el ser del hombre tiene una identidad metafísica precisa quedaremos a la deriva del ateísmo práctico nihilista», advirtió.

Pero ante «estos retos», aseguró, «no temamos». «La Belleza de Cristo nos hace capaces no sólo de expresarnos en el lenguaje de nuestros contemporáneos, sino de comunicar la vida indestructible que el hombre anhela».
English Pope Sylvester: a model for dialogue of faith, science
May 15, 2005
The president of the Pontifical Council for Culture has underlined the call for a renewed dialogue between the worlds of science and faith, citing Pope Sylvester II as the model for that intellectual exchange.

Rome, May. 12 (CWNews.com) - At a Mass celebrated on May 12 in the Roman church of St. Mary of the Angels, Cardinal Paul Poupard called attention to the efforts the Pontifical Council has made to promote exchanges among the leading figures in faith, science, and the arts. The Mass marked the anniversary of the death of Pope Sylvester in the year 1003. Msgr. Marcel Sanchez Sorondo, the chancellor of the Pontifical Academy for Sciences, concelebrated the liturgy.

Pope Sylvester, who served from 999 to 1003 was "a model of dialogue between the understanding of faith and the science that works through the observation of nature," the Pontifical Council for Culture observed in a press statement. In his homily, Cardinal Poupard remarked that the large and precise sundial in the church of St. Mary of the Angels represents "an admirable meeting of science, art, and faith." Similar ceremonies were held on the same day in the cathedrals of Milan and Palermo, and the church of St. Petronius in Bologna-- all of which are equipped with sundials developed in connection with astronomical observatories.

Pope Sylvester II-- also known by his original name, Gerbert d'Aurillac-- was acknowledged among the leading European scientists of his day. As a Benedictine monk, he carried on a wide correspondence with leading scientific and literary figures in Europe and-- through contacts in Spain-- the Arabic world. He is responsible for popularizing the European use of the astrolobe and of Arabic numerals, the use of wooden models to study the movements of celestial bodies, the construction of organs, and important developments in musical theory. In a public statement on May 11, 2003, on the 1000th anniversary of his death, Pope John Paul II referred to Sylvester II as "the most cultivated man of his time."
French Hommage au cardinal Gabriel Marie Garrone
Apr 01, 2005
Voici le texte intégral de l’hommage du cardinal Paul Poupard, président du Conseil Pontifical de la Culture, le 19 mars dernier, au Château des Ducs de Savoie à Chambéry, au cardinal Gabriel Marie Garrone.

Cher Monseigneur,
Monsieur le Président,
Chers Amis,

C’est pour moi un honneur et un privilège, et en même temps un devoir et une dette de reconnaissance de rendre ce soir à votre invitation conjointe un hommage mérité à notre regretté et vénéré maître et ami, Son Éminence le Cardinal Gabriel Marie Garrone, Cardinal Prêtre du titre de la Basilique romaine de Sainte Sabine, né Savoyard et Savoyard demeuré tout au long de sa longue et féconde existence, du 12 octobre 1901 à Aix-les-Bains au 15 juin 1994 à Rome, à l’âge de 92 ans et trois mois, prêtre pendant 68 ans, évêque pendant 46 ans, et cardinal pendant 26 ans. Ses études de philosophie et de théologie à l’université pontificale grégorienne font de lui un romain. Ce sont, d’octobre 1918, il n’a alors que 17 ans, au 11 avril 1925, date de son ordination sacerdotale à 23 ans et 5 mois, des années décisives au Séminaire français de Santa Chiara qui le marquent pour la vie, une vie toute donnée à Dieu et à l’Église, servie avec intelligence et amour, courage et fidélité, comme prêtre, puis évêque, archevêque et cardinal de la sainte Église romaine qu’il a tant aimée et à laquelle il a voué toute sa vie.

I. Mystères joyeux. Les années de formation en Savoie et à Rome – 1901-1925.
Son père était un modeste artisan d’origine transalpine. L’un de ses deux frères, Louis, sera plus tard directeur de l’Ecole des Roches. Toute sa vie, il demeura très attaché à sa famille, je puis en témoigner, l’ayant conduit moi-même en voiture chez quelques neveux et nièces, quand il m’invitait aussi volontiers à partager le déjeuner chez lui à Rome dans son appartement cardinalice bourré de livres et ouvert par sa terrasse sur la place Saint-Pierre.

La vocation.
Élève brillant et solide du Petit Séminaire de la Villette, c’est de là qu’il écrit le 17 décembre 1917 à ses parents une lettre d’une écriture limpide qui révèle une âme transparente et une volonté ferme – il n’a alors que 16 ans !
« Chers parents… Ma dernière année de collège est en cours ; sans qu’on s’en doutât, l’âge est venu me donner un peu de la réflexion qui me manquait, et m’obliger surtout à rechercher lequel devait être le mieux de tous les chemins qui allaient s’ouvrir. Et bien, cette voie, si longtemps cherchée, à l’abri des regards, dans le secret d’une âme bien tourmentée, je l’ai trouvée. Depuis tantôt un an que l’idée m’en est venue, j’ai pesé le pour et le contre, demandé souvent un conseil désintéressé ; j’ai peu à peu, avec l’aide du bon Dieu, qui m’avait éclairé et me guidait, éliminé toutes les possibilités d’erreur et tous les doutes… Ma décision est prise.
Qu’est-elle ? Je ne crois pas vous surprendre en vous la donnant. Ma façon d’agir, pendant les dernières vacances, ma façon de parler…, ma façon d’être pieux, doivent m’avoir trahi : je veux être prêtre. Où ai-je pris cette vocation ? Comment ce germe divin a-t-il pu être mis dans mon cœur et ainsi germer ? C’est à vous qu’il faut le demander, à l’éducation que j’ai reçue de vous d’abord, à celle ensuite que vous avez voulu me faire donner par d’autres, plus aptes à parfaire une œuvre commencée avec tous les soins de la meilleure affection. Je sais tout ce que je vous dois ; si je suis là, si je suis tel, c’est à vous, directement ou indirectement, uniquement à vous que je le dois ; à vos efforts, à vos peines, à votre amour jamais lassé…
En abandonnant l’espoir doux cependant d’une famille à fonder, en me donnant tout à Dieu, c’est à vous que je reste : ce sera sur vous seuls qu’ici-bas se concentreront l’affection et la gratitude émue dont mon cœur déborde… Je suis sûr que vous saurez le comprendre, et comprendre en même temps que Dieu ne vous prend votre fils que pour mieux le garder à vous-mêmes, et vous conserver l’intégralité de son amour. Gabriel. »
Je ne puis relire sans émotion cette lettre à peu près sans rature d’une écriture ferme et régulière à l’encre violette et en lignes bien droites, comme la pensée dont elle témoigne. Or à peine 15 jours plus tard, le 30 décembre 1917, cette autre lettre, à son supérieur de séminaire cette fois :
« Papa et maman n’ont pas été fâchés du tout, mais un peu émus tout d’abord, comme il est naturel. Ils en sont déjà maintenant presque heureux. Et, loin d’enlever à ces vacances de leur charme, mon aveu n’a fait que leur en donner plus… Cela est votre œuvre, Monsieur le Supérieur, je le sais, et mes prières n’en seront demain pour vous que plus ferventes ».
Si le style, c’est l’homme, nul doute que le jeune Gabriel Marie Garrone ne soit déjà, au moment où il va partir pour Rome, un homme de foi et un homme de cœur, dont l’écriture ferme et limpide révèle une âme droite et généreuse et des sentiments d’une exquise délicatesse, tant pour ses chers parents que pour ses éducateurs savoyards.

La Savoie salésienne.
La Savoie lui a donné la vie, la vie du corps et la vie de l’âme, la vie de famille et la vie d’Église. Son regard clair et limpide reflétait l’azur du ciel qui se mire dans le lac du Bourget et s’élevait tout naturellement des cimes des Alpes enneigées à la voûte du ciel étoilé. Comme Jean-Paul II à qui le liera une amitié profonde. C’est un vrai montagnard qui tout jeune a escaladé les montagnes et respiré l’air frais des glaciers, un homme robuste, jeune étudiant grand et svelte, un homme bien enraciné dans sa terre. Les pieds sur terre, la tête au ciel, et le cœur limpide tout donné à tous. J’ai souvent pensé à lui en répétant l’adage latin : mens sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain, un esprit droit et sans détour, une âme toute salésienne, comme celle de sa mère.

L’eucharistie.
Tout par amour et rien par force, aimait-elle répéter à ses garçons. Premiers bénéficiaires du décret de saint Pie X, ils firent tout jeunes leur première communion. Et, je tiens cette confidence, comme tant d’autres, de son inoubliable et incomparable secrétaire-gouvernante, Marie-Thérèse Buisson, de ce jour, la maman les accompagne tous les jours à la messe matinale, à jeun, avec en poche une petite collation, car ils n’avaient pas le temps de retourner à la maison avant l’école. Cette fréquentation quotidienne de l’eucharistie dès le plus jeune âge est un des ressorts les plus forts de la vie du cardinal, source chez lui d’une jeunesse du cœur inentamée par les épreuves qui ne lui ont pas manquées, le visage lisse, toujours souriant, laissant sourdre la joie comme un trop plein de cascade, selon le joli témoignage de Monseigneur Saint Blanquat, une sérénité souriante et accueillante dont témoigne Mercédes d’Adhémar : « Lorsqu’il vous recevait, on était tout de suite éclairé par son regard qui avait la clarté, la transparence d’un regard d’enfant accompagné de son sourire ».
Dans sa bibliographie innombrable, plus de 2000 articles et 50 ouvrages qui emplissent tout un rayon de ma bibliothèque, chacun d’eux dédicacé avec délicatesse et perspicacité, les œuvres les plus nombreuses et les plus personnelles aussi sont consacrées à L’eucharistie règle de foi, source de vie – avec cette sobre dédicace : À ma mère –, L’eucharistie au secours de la foi, Le fait du pain. Comment l’eucharistie façonne les âmes, Parole et Eucharistie, La communion fraternelle. La dernière volonté du Seigneur, Pain vivant. Je tiens à le souligner, en cette « Année de l’eucharistie » voulue par Jean-Paul II, et je forme le souhait que soient republiés pour la nourriture spirituelle de beaucoup de chrétiens des extraits des écrits du Cardinal sur l’Eucharistie. Monseigneur Jean-Baptiste Brunon, qui fut l’un de ses intimes, comme Supérieur d’abord de son Grand Séminaire de Toulouse, puis comme Évêque auxiliaire de l’Archevêque de Haute-Garonne, en témoigne : « Le Cardinal présentait toujours ce sacrement comme le cœur de tout, comme le sommet de tous les autres sacrements et comme la source principale et indispensable de la vie chrétienne. L’Église, disait-il, doit être avant tout eucharistie, sinon elle ne sera plus véritablement Église ». À six mois de sa mort, dans une note intime du 10 juin 1993 trouvée dans ses papiers par sa secrétaire, il écrit : « En ce jour presque anniversaire de mon ordination sacerdotale, Seigneur, à l’occasion de ce sacrifice d’aujourd’hui, en cette Fête, je vous remercie de ce que vous m’avez donné à travers ce Sacrifice que j’ai pleinement respecté, dont je n’ai pas cessé de vous remercier. Merci de m’avoir fait prêtre ! ».

Le prêtre.
Foi et ferveur eucharistique puisées au foyer savoyard, et enracinées au Séminaire français de Rome qui devient sa seconde patrie et où reposent dans la chapelle restaurée ses restes mortels selon sa ferme volonté. Il y noue deux amitiés décisives avec deux futurs évêques français, le grenoblois Monseigneur Émile Guerry qui sera l’actif secrétaire de l’ACA, l’Assemblée des Cardinaux et Archevêques français pendant les années sombres et difficiles de la guerre et de l’occupation nazie, et le lyonnais Monseigneur Alfred Ancel, futur supérieur de la Société des prêtres du Prado et évêque-ouvrier. Le 6 novembre 1924, à cinq mois de son ordination sacerdotale, une lettre à son confident savoyard l’abbé Laurent Canet, témoigne de la profondeur de la formation reçue au Séminaire français de Santa Chiara : « Te dirai-je que, plus je réfléchis, moins j’arrive à concevoir une vie de prêtre qui n’est pas à peu près une vie religieuse, avec la pratique, sinon la forme des trois vœux. Pour moi, je ne vois guère dans mon cas d’autre manière de m’en tirer que de faire passer cela dans la vie séculière. Et, je te le répète, de vraie foi et de vraie charité, sans cela, au moins pour moi, je n’en vois pas ». Dans ses nombreux écrits sur le prêtre, il se réfère souvent à l’humble figure du saint curé d’Ars, Jean Marie Vianney, et plus tard, au Bienheureux Jean XXIII.

Interrogé au lendemain du Concile par la Revue Vocation, sur l’image du prêtre de demain, il répond avec sa clarté habituelle, en soulignant d’abord les erreurs de méthode : isoler le problème sacerdotal, abstraire de l’histoire, glisser du pastoral au doctrinal, assimiler aux laïcs, enfin s’en tenir à une problématique purement humaine. Il en vient ensuite aux présupposés. S’il y a un problème du prêtre, c’est qu’il y a un problème de l’Église, et s’il y a un problème de l’Église, c’est qu’il y a une certaine situation du monde qui le fait naître et qui fait de l’homme d’aujourd’hui un homme réactif, la tête pleine d’idées plus ou moins fausses, d’objections possibles. « Là est la source des difficultés sacerdotales. Dès qu’on l’a vu, on accepte le problème et on ne garde plus l’illusion vague que les choses reviendront. Les choses ne reviendront pas ; les choses marchent et il faut marcher avec elles. C’est ce que l’Église a compris quand elle a fait son Concile ». Et de conclure : quelle serait l’image du prêtre de demain ?
« Elle naîtra d’un long travail commun où la grâce lentement fera se dégager le profil du prêtre tel que le monde aujourd’hui le réclame…, se dessiner à point nommé dans une figure de saint… Nous avons nommé le pape Jean XXIII. Le pape, le prêtre a trouvé avec le monde le contact que nous cherchons. Il faut nous demander comment il y a réussi et pourquoi…, en retrouvant une nouvelle jeunesse, retrouver le contact perdu d’un monde neuf : parler une langue, montrer un visage qui permette à tous les hommes d’aujourd’hui de reconnaître leur Sauveur… Cet homme était simple, il était bon… Dieu a pu se servir de lui sans résistance…, toujours fidèle à la confession hebdomadaire, à la prière, au sacrifice… qu’est-ce que doit être le prêtre de demain ? On ne peut pas hésiter à répondre : il ressemblera à Jean XXIII ».

II. Mystères lumineux. Le « Père Garrone », professeur, étudiant, prêtre. Chambéry, 1925-1939.
Une vocation de savoyard, une formation de prêtre romain, le jeune abbé Gabriel Marie à peine ordonné retrouve son petit séminaire de la Villette, cette fois comme professeur, « jouissant de la volupté du grec », au témoignage d’un de ses anciens, et faisant le va et vient avec la Faculté des Lettres de l’université de Grenoble où il prépare la licence de lettres et un diplôme d’études supérieures de philosophie auprès de Jacques Chevalier qui le prend en amitié et devient son maître à penser : « C’est ce maître-là qui lui avait appris, disait-il, à contempler la vérité, à bien réfléchir et à aller à l’essentiel ». Que de fois, lors de mes visites hebdomadaires à Rome, il le prenait à témoin de ses pensées et ouvrait l’un des quatre volumes de son monumental ouvrage sur La pensée, toujours à portée de sa main, et toujours ouvert à la bonne page. À travers lui, le jeune étudiant philosophe découvrait Pascal, qu’il ne cessera de relire et de commenter. Avec Les Pensées, Les deux sources de la morale et de la religion du philosophe Henri Bergson à qui il fait rencontrer le vieux Lazariste aveugle, Monsieur Pouget, génial inspirateur de Jean Guitton, et Etienne Gilson, qui lui apporte cette exigence de profondeur de la pensée qu’il ne cessera d’honorer dans ses multiples écrits. Mais déjà le jeune Père Garrone, comme l’appellent ses étudiants est appelé dès octobre 1926 au Grand Séminaire de notre ville de Chambéry, pour y enseigner, d’abord la philosophie, puis la théologie, et assurer la formation humaine et spirituelle des futurs prêtres, de quoi bien remplir une vie de prêtre. Mais le jeune abbé, infatigable, répond aux appels diocésains qui se multiplient, prêche d’innombrables retraites et devient le soutien et le conseiller des Mouvements d’Action catholique. Quatorze lumineuses années savoyardes intenses dont il gardera le lancinant souvenir dans les longues années douloureuses qui l’attendent.

III. Mystères douloureux. La fécondité des années de captivité du « Capitaine Garrone » – 1940-1945.
Septembre 1939. C’est la guerre. Le Père Garrone devient le Capitaine Garrone rappelé sous les drapeaux pour commander la 2ème compagnie de 97ème régiment d’infanterie alpine, incorporé dans la XIème armée, bientôt anéantie par la foudroyante percée des blindés allemands. Le Capitaine Garrone est cité à l’ordre du jour de la 28ème division : « Officier ayant la plus haute idée du devoir et de l’honneur et se dépensant sans compter, le 5 et 6 juin 1940 a conservé durant trente-six heures des positions d’avant-poste soumises à de terribles bombardements et à de très violentes attaques. A été un magnifique exemple pour ses Alpins ».
On le croit mort, il n’en est rien. Encerclé et capturé, il va connaître cinq années de captivité, pour d’autres d’ennui et de stagnation, mais pour lui de retraite et d’intense fécondité, d’abord au camp disciplinaire de Lubecq, puis à l’Oflag XVII A en Autriche, au milieu de cinq mille officiers français. « Cinq années de prison, cinq années de grâces », répétait-il volontiers, cinq années de désert, « âge d’or de ma vie ». Sa constitution savoyarde lui permet de survivre là où d’autres ont succombé, et sa solide formation romaine admirablement assimilée l’enhardit à créer des cours pour prêtres et séminaristes à l’intérieur du camp. L’un d’eux témoigne avec admiration : « Sans aucune documentation, sans autres éléments que sa culture personnelle et l’enthousiasme de sa foi, il nous aide à refaire toute notre théologie centrée sur l’eucharistie. » Sa charité sacerdotale et son prestige intellectuel et moral en font l’âme rayonnante du camp. Il organise un cours de morale à la demande des instituteurs, et même des conférences où se pressent des incroyants qui deviennent ses amis. « Je me rappelle, écrit l’un d’eux, dans notre chambre de 20m2 de la baraque du camp, où nous étions 10, il se levait de bonne heure, demeurant assis sur son lit, la troisième couchette supérieure, pour faire sa longue méditation, pendant que ses compagnons dormaient encore. » Et sœur Marie-Thérèse Buisson me parlait de la sainte messe célébrée à la lueur de la chandelle.
Prière intense, apostolat intense. À partir de l’hébreu, du grec et du latin, il élabore une traduction des Psaumes en français, qu’il accompagne, avec une introduction générale, d’une introduction à chaque psaume, d’une conclusion sur les psaumes instruments de l’Esprit-Saint dans une âme de bonne volonté : Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, et de suggestions pour louer Dieu et lui rendre grâces, contempler le Christ, chanter l’Église, dire et demander à Dieu, crier à l’aide ou prendre en charge ceux qui crient à l’aide, mobiliser nos énergies, nous remettre en présence de Dieu, réaffirmer et renouveler notre confiance en Dieu dans l’épreuve et notre abandon paisible entre ses mains. À la dédicace aux séminaristes, à ceux en particulier qui lui aidèrent jadis à aimer les Psaumes en les leur faisant aimer, il a ajouté de sa belle et régulière écriture, à mon intention : « Au cher Monseigneur Poupard, in comunione laboris et caritatis », reprenant en avant-propos de la belle édition cartonnée sur papier bible que je garde toujours à portée de main ces mots de saint Bernard qui a tant aimé les Psaumes que sa langue même en est tissée : « Comme le palais, sa nourriture, le cœur goûte les Psaumes. Mais encore faut-il que l’âme prenne bien soin, si elle est fidèle et prudente, de broyer cet aliment avec les dents de l’intelligence ».
Personnalité rayonnante et intelligence exceptionnelle. L’un de ses compagnons dira de Capitaine Garrone des années douloureuses : « Le renouveau de la pensée et les principaux thèmes de la prédication sont partis de là, de ce lieu déshérité où la ferveur de la foi triomphait de la sous-alimentation, des puces et de la promiscuité. Simplement parce qu’un prêtre de valeur était là. » Il ne cessera de les rencontrer fidèlement, en France d’abord, puis à Rome, et l’un d’eux, octogénaire lui dira : « Cardinal, Éminence, ou plutôt, cher Camarade ».
À la libération de l’Oflag, il part chargé, comme une bourrique, de notes et de dossiers : « Tu ne pourras porter tout ça », lui dit-on. La réponse fuse, superbe et imparable : « Je le peux, puisque je le dois ». Et sur le chemin du retour, long et fatigant parcouru à pied par manque de moyens de transport, le bon samaritain Garrone trouve encore la force, avec la grâce de Dieu, de relever et de sauver un moribond, reconnu comme un espion tombé sur le chemin. Le rescapé – fait notable – a tenu lui-même à en témoigner en donnant son nom à la fidèle secrétaire du Cardinal.

IV. Mystères glorieux. Supérieur du séminaire de Chambéry. Coadjuteur du Cardinal Saliège, puis Archevêque de Toulouse. Rome. Le Concile. Les Séminaires et Universités. La Culture. 1945–1994.
À son retour de captivité le 10 mai 1945, le Capitaine Garrone devient le supérieur du Grand Séminaire de Chambéry et en même temps Directeur diocésain de l’enseignement libre, membre du Conseil épiscopal, et animateur infatigable, partout et par tous recherché pour des retraites, récollections, journées pédagogiques, conférences.

Toulouse.
Rien d’étonnant dès lors si notre Garrone, désormais chanoine, est appelé du sacerdoce à la plénitude du sacerdoce le 24 avril 1947, ordonné Évêque coadjuteur de l’archevêque de Toulouse, Narbonne, Saint-Bertrand de Comminges, Rieux, avant de succéder au Cardinal Saliège, le 5 novembre 1956. À cette époque lointaine, que j’ai vécu, il était impensable pour un évêque, et encore moins pour un cardinal de présenter au Pape sa démission pour raison d’âge. Ne faisons pas d’anachronisme. Le Concile n’était pas passé par là.
Aucun évêque, certes, n’est quelconque, mais le Cardinal Saliège était un évêque singulier, résistant courageux contre les nazis, protestant avec éclat contre la rafle ignominieuse des Juifs par des agents de l’État français, et impressionnant par son mutisme empreint de grandeur et de gravité les sbires venus l’arrêter et qui n’osèrent procéder. Quasi complètement paralysé, de la promotion des Cardinaux de la Résistance par Pie XII, comme on les a appelés, il avait quasi perdu l’usage de la parole, ce qui avait renforcé la rugosité et l’aspérité de son caractère. À quelqu’un qui le félicitait de comprendre et de pouvoir traduire tout ce que disait le Cardinal à la voix paralysée, Monseigneur Garrone répondait : « Je préférerais comprendre ce qu’il ne me dit pas. » Je ne trahirai pas le secret des confidences sur cette langue singulière que les deux familiers du Cardinal toulousain appelaient « le Saliège », les deux chanoines toulousains compères et amis, Marius Garail et Georges Aimé Martimort, à la table romaine du Cardinal Garrone. Alors que je riais aux éclats, le visage du Cardinal se rosissait quelque peu, son sourire s’élargissait et ses yeux brillaient d’un éclat plus vif, à vrai dire plus amusé que réprobateur.
Un petit souvenir seulement. Le Cardinal aimait jouer à la charade et un soir, après dîner, nos deux avisés et rusés compères réussirent à lui tendre un piège bien savonné : Le plus bel ornement de Toulouse ? Et le vieux Cardinal ragaillardi d’éructer : La Garonne ! Mais s’avisant du sourire quelque peu narquois de son coadjuteur qui assistait médusé à la scène, Saliège se met à trépigner de toutes ses forces et à taper du poing sur la table : Garrone ? Non, non, non ! Pauvre coadjuteur ! De suroccupé comme prêtre qu’il était à Chambéry, il est pendant ces longues années totalement inutilisé par son archevêque, jusqu’en 1955. Après ces huit années éprouvantes vécues avec une profonde humilité et une parfaite dignité, il décida enfin, je le tiens de Mgr Martimort, de déclarer avec franchise à son Cardinal l’impossible continuation de sa situation de coadjuteur. Le vieux lutteur n’avait d’estime que pour ceux qui lui tenaient tête : il lui donna aussitôt le plein gouvernement du diocèse et ne parut même plus au Conseil épiscopal. Mgr Garrone le pleura comme un père et avec une vraie piété filiale demanda à Jean Guitton d’en écrire la vie, et il publia lui-même ses Écrits spirituels. Tout en créant de nouvelles paroisses et en construisant de nouvelles églises, l’archevêque ne cessait de manifester à ses prêtres et à ses religieuses l’affection exigeante qu’il leur vouait dans leur service humble et désintéressé du peuple de Dieu. En même temps, il participait aux travaux du Centre de pastorale liturgique et ses interventions, toujours recherchées, furent particulièrement remarquées aux Congrès de Liturgie d’Assise et de Strasbourg.
Ses publications se multipliaient sur la foi, le Credo, la prière, l’Église, les Écritures, l’eucharistie, la morale, et bien sûr une nouvelle édition de sa traduction des Psaumes qu’il présenta lui-même dans son Remerciement à l’Académie des jeux floraux où il fut reçu le 27 avril 1958. Mgr Martimort tient ce discours pour un chef d’œuvre par la grandeur de sa pensée et la beauté de son expression. Je le cite brièvement : « Dieu parle en poète. Celui qui veut écouter Dieu doit donc vouloir consentir à la poésie… parce que Dieu veut dire quelque chose que la poésie seule est capable de dire : son amour... si la prière peut se passer de la poésie et la poésie de la prière..., notre tout dernier mot doit être pour évoquer cette heure suprême où prière et poésie, ayant retrouvé leur source commune, expirent ensemble : les mots le cèdent au silence et toute demande, étant comblée, s’éteint. Dieu qui a fait la prière et qui a fait la poésie peut aider l’homme à le chercher, Dieu est là. »

Le Concile.
Mais une autre étape importante s’ouvre, qui sera décisive pour l’Église, comme aussi pour les dernières années si fécondes de notre Cardinal. Annoncé par Jean XXIII à la surprise générale le 25 janvier 1959, le Concile inattendu se prépare par les réponses de tous les évêques et des facultés de théologie du monde entier, et les commissions préparatoires. Le temps passe et je ne puis abuser de votre patience. Je me permets donc de vous renvoyer à mon récent livre de souvenirs : Au cœur du Vatican. De Jean XXIII à Jean-Paul II (Perrin Mame) où je brosse un portrait du Cardinal tel que je l’ai connu et aimé au long de longues années de collaboration confiante où il mit tout son soin à éviter pour moi sa dure expérience de coadjuteur. Car l’histoire – qui bégaie parfois – s’est répétée quand le Pape Paul VI en février 1966, au lendemain du Concile, l’appela à Rome comme Préfet-adjoint de la Congrégation des Séminaires et Universités des études, où le vieux Cardinal Pizzardo, à l’âge de 89 ans, ne voulait à aucun prix céder sa place et le reçut devant tout le personnel de la Congrégation, à commencer par le secrétaire, Monseigneur Staffa, auprès de qui il était notoirement persona non grata, par ces mots que lui-même m’a immédiatement rapporté avec un petit sourire très triste : « Nous devons remercier le Saint-Père qui nous donne un nouveau collaborateur, mais à vrai dire, nous n’en avions absolument aucun besoin. » Je garde un vif souvenir de ce déjeuner morose, alors que Mgr Garrone m’accueillait toujours avec enjouement. Et entre la poire et le fromage, il me confia, fort pensif : « Cher Monseigneur, les voies de Dieu sont vraiment mystérieuses, et je me demande ce que j’ai bien pu faire au bon Dieu pour qu’Il m’inflige cette nouvelle épreuve, aujourd’hui romaine, aussi cruelle que la précédente toulousaine. Mais nous devons lui faire confiance. Merci de votre aide. » La distance n’est pas longue à franchir entre l’appartement du Largo del Colonnato et la Secrétairerie d’État, et je ne puis mieux faire que de référer aux Supérieurs, selon le langage convenu. Cette fois, l’épreuve fut de courte durée, le Cardinal fut créé Cardinal le 29 juin 1967 et put enfin se choisir un collaborateur de confiance avec lequel il avait étroitement collaboré pendant le Concile, le cher Mgr Schröfer, évêque allemand de Eischtätt.
Événement majeur de ce siècle écoulé pour l’Église, présenté par son instigateur Jean XXIII comme la fleur d’un printemps inespéré, mais suivi plutôt par des bourrasques d’automne comme autant de crises douloureuses, le Concile, où le Cardinal Garrone avait activement collaboré avec le même enthousiasme que le jeune archevêque de Cracovie Karol Woytyla, permit aux deux hommes de se connaître, plus, de se découvrir et de s’apprécier dans une réciproque amitié réciproquement empreinte de délicatesse dont je fus le témoin édifié. J’évoque d’un mot seulement l’intervention décisive de Mgr Garrone suggérant avec audace et intrépidité au Cardinal Liénart, membre du Conseil de présidence, de demander d’intervenir dès l’ouverture de la première session où les Pères du Concile devaient voter immédiatement pour constituer les Commissions, dont le travail serait décisif. Fort hésitant, le prudent Cardinal lillois finit par assumer le texte griffonné à la hâte sur un coin du meuble de sacristie du séminaire français après la messe, ce qui devait changer le cours des choses. Puis ce fut la grande aventure du schéma XIII, la terre promise du Concile pour les uns, la bête noire pour les autres, où Monseigneur Garrone bénéficia du concours généreux et rigoureux entre autres de Mgr Woytyla et de mon prédécesseur comme Recteur de l’Institut Catholique de Paris, Mgr Pierre Hautmann, qui à sa demande établit la rédaction finale. Je me souviens de nos déjeuners conciliaires passionnés, des écueils inattendus, de sa sérénité inentamée et de sa joie enfin lorsque fut publié la Constitution Conciliaire sur L’Église dans le monde de ce temps. Lorsque le Pape Jean-Paul II me demanda de succéder au Cardinal Franz König, archevêque de Vienne, comme Président du Secrétariat pour les Non-croyants, il me dit avec une sincérité profonde : « Ce texte a été rédigé pour qu’aucun non-croyant ne se sente agressé par les convictions de l’Église présentées en toute clarté et respect. »

V. En conclusion. Portrait et hommage au Cardinal. Un homme de foi et de culture, éducateur-né.
À la messe de suffrage à son intention à Saint-Louis-des-Français le 18 février 1994, j’évoquais ainsi sa mémoire :
Des montagnes de sa Savoie natale, il avait le calme et la fermeté, la solide tranquillité des rocs dans la bourrasque, la limpide transparence des lacs des sommets enneigés sous le ciel bleu.
Au Séminaire Français, il trouva sa véritable patrie spirituelle et lui resta affectueusement fidèle jusqu’au bout. Il y avait vécu le drame de l’Action Française, éprouvé une profonde répulsion pour le « Politique d’abord » de Charles Maurras et une grande admiration pour la sagacité politique et le courage apostolique de Pie XI. Plus tard, les tristes avatars de son ancien compagnon de Santa Chiara devaient l’affliger sans l’ébranler. Car, si le cœur était miséricordieux, la pensée était ferme.
En captivité, le capitaine Garrone traduisait les Psaumes, méditait l’Évangile, et réfléchissait sur la présence de l’Église dans le monde de ce temps, avec ses compagnons d’infortune de l’Oflag 17. Plusieurs, devenus illustres, dans l’Église comme dans la Cité, me l’ont confié, non sans quelque nostalgie. Il y gagna lui-même une intériorité plus profonde, un jugement plus réaliste sur les hommes, une liberté plus sereine devant la conjoncture politique, une certaine angoisse aussi devant le poids croissant de la modernité envahissante.
Éducateur?né, homme de foi robuste, il ne masquait pas pour autant son désarroi devant les turpitudes de la culture et les compromissions d’aucuns, qu’il jugeait sereinement, mais sévèrement, dans l’Église comme dans la Cité.
Coadjuteur du cardinal Saliège à Toulouse, il y fit la découverte généreuse et l’expérience austère du partage des responsabilités, qui se renouvellera pour lui à Rome à la Congrégation pour l’Éducation Catholique avec le Cardinal Pizzardo. « Je croyais pourtant avoir déjà fait mon noviciat », me confiait-il avec un bon sourire et ses yeux malicieux.
« En fait de Concile, disait Jean XXIII, nous sommes tous novices. » Monseigneur Garrone y fit vite ses classes et se révéla parmi les premiers. Ce fut un grand moment, le grand moment de sa vie d’évêque. Il y revenait souvent, poussé comme par une nécessité intérieure, dans nos conversations confiantes du dimanche après-midi au Largo del Colonnato, puis chez les Petites Sœurs des Pauvres qui l’ont si maternellement entouré de leur affection respectueuse et de leurs soins merveilleux, inlassables, si délicats.
De ce Concile, plus loué ou décrié que vécu et appliqué, il témoignait avec un enthousiasme juvénile, à la demande de Jean-Paul II, vingt ans après, au Synode extraordinaire des Évêques de l’automne 1985, nous invitant « à retrouver l’élan, l’orientation et finalement la grâce, en vue de l’action à entreprendre dans un monde profondément neuf et par surcroît instable, avec une parfaite honnêteté et une courageuse franchise ».
« Ce que fut le Concile Vatican II ? D’abord et avant tout une merveilleuse expérience avec pour note dominante la joie, qui n’avait rien d’un optimisme facile, mais procédait de l’objet même du travail. Grâce à la présence quasi sensible du Christ, dans la communion fraternelle soutenue par l’Esprit de Vérité et de Charité, la foi devenait dans les âmes un foyer de lumière d’où ne cessaient de parvenir des éclairs portant avec eux la chaleur de la charité. »
Pour Monseigneur Garrone, nul doute, le Concile n’a pas à en rajouter, plus ou moins, en matière de doctrine. Son but exclusif est de la traduire, je le cite, « en termes opératoires, de telle sorte qu’entre le monde et les croyants puissent s’établir un contact et un échange dans la vérité et le progrès. Entrer en contact avec le monde était l’objectif unique et fondamental : rien de nouveau, toutes choses nouvelles ». Et de conclure : « Face à un monde dont les transformations déconcertent notre réflexion, j’estime qu’il faudra accepter de chercher l’orientation de notre action, selon la loi du Concile, avant tout dans "notre foi opérant dans la charité" » (Gal 5,5).
Tel fut le dernier message public de ce Père du Concile laborieux et engagé, que fut Monseigneur Garrone.
Il écrivait davantage encore, et la grande épreuve fut pour lui de ne plus pouvoir tenir une plume dans la main. « Je ne sais plus penser », me disait-il. Et son désarroi était grand, et sa peine partagée.
Que de notes et notules dont j’ai bénéficié pour ma part depuis quelque trente ans sur la foi, l’Église, « la situation présente de la foi qui se dégrade dans l’Église sous le déferlement d’une littérature incontrôlable, le chrétien d’aujourd’hui qui ressemble à quelqu’un qui s’est risqué en pleine mer et qui a perdu le contact de tous les rivages, ou encore à quelqu’un qui, en cours d’ascension, ne voit plus de prises possibles et sent le vertige, la chute, la mort... ».
Éducateur et pédagogue, formé aux disciplines classiques des humanités, il ne cessait de réfléchir et d’écrire sur les logiques apparemment antagonistes et fondamentalement complémentaires de la foi et de la culture. Il vivait jusqu’à l’angoisse, et je le cite encore, « le déclin de l’enseignement des Lettres dans les programmes officiels, évidence aujourd’hui brutale et reconnue de tous. En France, le développement rapide des sciences ne cesse de réduire de la façon la plus inquiétante le secteur des Lettres et des Humanités. C’est l’homme qui est en cause, cela suffit pour comprendre que l’Église ne puisse pas rester en cette matière indifférente. La foi est vraiment engagée dans cette aventure ».
Cette préoccupation, forte jusqu’à l’angoisse, n’enlevait rien à l’exquise humanité du Cardinal pour ses amis, traduite avec pudeur et délicatesse en empruntant à autrui ce qu’il jugeait nécessaire mais difficile de dire lui-même.
J’ai précieusement conservé ces Notes extraites à mon usage des Lettres de saint Vincent de Paul à un lazariste en mission à Rome et recopiées par lui à mon intention :
« Vous êtes en un lieu où il faut une merveilleuse retenue et circonspection... Les Italiens sont gens du monde les plus considérants et qui se défient le plus des personnes qui vont vite. La retenue, la patience, et la douceur viennent à bout de tout parmi eux et avec le temps ; et pour ce qu’ils savent que nous autres Français allons trop vite, ils nous laissent longtemps sur le pavé, sans lier avec nous.
Vous voilà arrivé à Rome, où est le Chef de l’Église militante, où est le corps de saint Pierre et de saint Paul et de tant d’autres martyrs et saints personnages, qui ont d’autres fois donné leur sang et employé toute leur vie pour Jésus-Christ. Ô homme, que vous êtes heureux de marcher par-dessus la terre où ont marché tant de grands et saints personnages. Cette considération m’émeut tellement quand je pense à Rome que je ne laisse point de m’attendrir même jusqu’aux larmes. »
Telle était la manière du Cardinal Garrone, dans le sillage lumineux et savoureux des saints bien français de notre terroir, saint Vincent de Paul et saint François de Sales dont il partageait le solide bon sens humain et chrétien, la culture humaniste et le zèle apostolique. Homme de foi et de culture, le Cardinal Garrone nous laisse le généreux exemple d’un homme d’Église enraciné dans la Foi.

L’hommage de Jean-Paul II.
Mais je laisse le dernier mot au Saint-Père le Pape Jean-Paul II, visiblement ému, il m’en souvient, à la messe de sépulture, le 18 juin 1994, dans la Basilique Saint-Pierre :
L’existence du vénéré et inoubliable Cardinal Garrone, auquel je me sentais lié par une amitié véritable et profonde, une amitié née durant le Concile Vatican II et que je considère comme un don de Dieu, fut intense et dynamique.
Après avoir plus particulièrement mis ses capacités au service de la pastorale des jeunes à Chambéry, il fut, de 1947 à 1966, Coadjuteur, puis Archevêque de Toulouse. Il participa tout d’abord activement à la préparation du Concile Vatican II puis, ensuite, il devint membre de la Commission pour l’Apostolat des Laïcs et de la Commission théologique, collaborant de façon particulière à la rédaction de la Constitution Gaudium et spes. Au cours de ces années, il manifesta à mon égard de nombreux signes appréciés, de bienveillance, m’aidant à m’insérer dans le milieu conciliaire. Doté d’une intelligence extraordinaire et d’une sensibilité évangélique à l’égard des multiples problèmes du monde contemporain, il a offert une contribution importante au renouveau conciliaire de l’Église.
En raison de sa préparation culturelle et de sa vaste et longue expérience pastorale, Paul VI, en voulant réaliser l’internationalisation annoncée de la Curie romaine, le plaça à la tête de la Congrégation pour l’Éducation catholique et pour les Séminaires, le créant Cardinal lors du consistoire du 26 juin 1967, avec le titre de Sainte-Sabine.
Le Saint-Père souhaitait sa collaboration directe dans un secteur délicat et important comme celui de l’éducation catholique, où il est nécessaire d’appliquer de façon exacte et constructive les mises à jour souhaitées durant l’historique Réunion conciliaire.
Le Cardinal Garrone, personnalité intelligente et sensible aux instances des temps nouveaux, s’est inspiré dans son engagement quotidien de l’affirmation de saint Paul : « Et l’espérance ne déçoit point, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous fut donné » (Rm 5, 5).
Avec un dévouement inlassable, il a contribué à renouveler la formation des futurs prêtres, en œuvrant pour qu’ils puissent accomplir leur service pastoral en étant attentifs et sensibles aux inquiétudes et aux angoisses de l’humanité, menacée à notre époque par des idéologies adverses et travaillée par de nouvelles questions sociales et civiles.
Parmi les fruits de son engagement, il faut rappeler la Constitution apostolique Sapientia christiana qui, prenant la place de celle de Pie XI Deus scientiarum Dominus avec la réglementation successive, dans les faits la complétait et l’enrichissait.
Ce fut la préoccupation du Cardinal Garrone jusqu’en janvier 1980 lorsque, quittant la charge de Préfet de la Congrégation pour l’Éducation catholique, il reçut celle du secteur des relations entre le Saint-Siège et la culture.
Parvenu à l’âge de 80 ans, et déjà atteint par les misères de l’âge, lui, homme de courage apostolique et d’indomptable espérance, ne cessa d’œuvrer pour le Royaume de Dieu. Il fît avancer la cause de béatification de la servante de Dieu sœur Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres ; il s’occupa de la publication et de la réimpression de certains de ses livres intéressants et utiles : il participa à l’automne 1985 et avec un enthousiasme juvénile, au Synode extraordinaire des Évêques, à l’occasion du vingtième anniversaire de la clôture de Vatican II. Il voulut surtout se retirer en prière et en méditation, dans l’attente de la rencontre avec le Seigneur. Dieu lui a donné une longue vie, mais qui ne fut pas exempte de souffrances de différents types. Dans ma mémoire demeurera pour toujours la sérénité d’esprit qu’il réussissait à faire rayonner autour de lui, grâce à une constante et profonde communion avec Dieu.
Au moment où nous prenons congé de lui, comment ne pas manifester notre gratitude au Seigneur pour avoir donné ce fidèle serviteur à l’Église universelle ? Et, en outre, comment ne pas rendre mérite à la France catholique qui a enrichi l’histoire du catholicisme d’un vaste héritage philosophique, artistique et littéraire, dont le regretté Cardinal a lui aussi été un artisan significatif ?

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Pour la documentation, cf. :
Le Cardinal Gabriel-Marie Garrone 1901–1994 au service du diocèse de Toulouse, coadjuteur de Cardinal Saliège (1947–1956, archevêque (1956–1966). Supplément de Mai 1994 à "Foi et vie de l’Église au diocèse de Toulouse, en particulier le témoignage de Mgr Martimort, p. 3-12, l’homélie de Jean-Paul II p. 17-19, et la bibliographie p. 79-81.
Ernestina Marchisa, In memoriam patris, il Cardinal Gabriel-Marie Garrone, Las, Roma, 1995.
Philippe Levillain, Philippe Boutry et Yves-Marie Fradet, 150 ans au cœur de Rome. Le séminaire français 1853-2003.

Cardinal Paul Poupard, Archives personnelles,
Rome. Quatre dossiers de correspondance et de documents dont un témoignage inédit du 14 février 2005 du Père Joseph Vandrisse, correspondant de presse à Rome de 1974 à 2002 et qui a fréquenté de plus en plus étroitement le Cardinal Garrone de 1974 à sa mort vingt ans plus tard en 1994, et une lettre détaillée de deux pages du Cardinal, écrite le 13 juin 1986, sur la situation tragique des Officiers – « en très grandes proportions, prêtres et officiers israélites » – détenus au « camp disciplinaire » de Lubecq, entre 1940 et 1941.
Paris. Institut catholique. Fonds Paul Poupard. Carton R. Po 32. Correspondance du Recteur avec le Cardinal Préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique.
Angers. Évêché. Fonds Cardinal Poupard. Correspondance.
Vocation, Paris, n° 244, octobre 1968, p. 484-500, passim).
Tardy, Bourges, 1963, 414 p.
Spanish El cardenal Poupard propone una nueva alianza entre razón y fe en Oxford
Mar 10, 2005
El cardenal Paul Poupard, presidente del Consejo Pontificio de la Cultura, propuso este lunes en Oxford una nueva alianza entre razón y fe.

LONDRES, martes, 8 marzo 2005 (ZENIT.org).- El purpurado francés intervino en un congreso sobre el tema «Ciencia, fe y cultura», organizado por el organismo vaticano que preside y el College Blackfriars, dirigido por los padres dominicos, de la Universidad de Oxford (Gran Bretaña).

La conferencia del cardenal, que versó sobre el tema «Esperanza y angustia: el interés de la Iglesia por la ciencia», dejó un mensaje central: «examinando en una perspectiva histórica tanto el racionalismo como el fideísmo», se necesita «una fuerte alianza entre la razón y la fe», ha explicado.

Son las «dos alas con las que el espíritu humano se eleva hacia la contemplación de la verdad», ha añadido el cardenal la hacer un balance del encuentro a los micrófonos de «Radio Vaticano».

En este sentido, Poupard ilustró cuatro pasos históricos que se han dado para alcanzar esta alianza.

En primer lugar, menciona la primera etapa lograda por el Concilio Vaticano I, «que, superando por una parte el fideísmo y por otra el racionalismo --dos errores antagonistas por así decir--, habla más bien de la fe como un homenaje razonable a la verdad».

«El segundo paso fue, obviamente, el Concilio Vaticano II, con la "Gaudium et Spes”, que por primera vez dedica todo un capítulo a la verdad, a la cultural, subrayando particularmente la autonomía de la investigación científica», subraya.

El tercer paso ilustró, fue la conclusión de la Comisión creada por Juan Pablo II para superar el «Caso Galileo Galilei», que trabajó durante once años y que, bajo la presidencia del cardenal Poupard, en 1992 reconoció «de manera muy leal los errores que se cometieron en el pasado y aclaró la cuestión epistemológica».

La última etapa, añadió, se dio con el Jubileo de los Científicos (el 25 de mayo de 2000), ilustró el cardenal galo, en el que el Papa lanzó una nueva era de relaciones entre fe y ciencia junto a 2.500 científicos de todo el mundo, incluidos algunos Premio Nobel.

En esa ocasión se lanzó el proyecto Science, Theology and Onthological Quest (STOQ), en el que participan las universidades y ateneos pontificios de Roma, con la ayuda de la «Templeton Foundation».

Los nuevos objetivos de este proyecto serán ilustrados por el cardenal Poupard este viernes en la Sala de Prensa de la Santa Sede, junto a otros profesores universitarios.
French Portrait de Jean XXIII par le cardinal Poupard
Oct 07, 2004
Le texte suivant est composé d’extraits de conférences de Carême données à Notre-Dame de Paris par le cardinal Poupard. Ils illustrent la compréhension qu’ont les hommes d’Eglise actuels du rôle joué par le pape Jean XXIII.

(DICI, 3/5/2003) "Tout au long de cette montée vers Pâques, nous avons écouté le Christ nous parler par ses disciples (…). Ce soir, au terme de ce parcours où tant d’autres témoignages auraient pu être évoqués, c’est le bienheureux pape Jean XXIII, homme d’unité et de paix, qui nous réjouira par les confidences de son Journal, commencé à l’âge de 14 ans et régulièrement tenu jusqu’en 1962, à quelques mois de sa mort survenue à l’âge de 81 ans.
En remettant ces vieux cahiers fripés et ces fascicules délabrés à son fidèle secrétaire, Mgr Loris Capovilla, le bon pape Jean lui confiait : "Mon âme est dans ces pages. J’étais un bon garçon innocent, un peu timide. Je voulais aimer Dieu à tout prix et je ne pensais à rien d’autre qu’à me faire prêtre au service des âmes simples qui réclament des soins patients et diligents"

Homme d’unité, il le sera en ouvrant le concile œcuménique et en y invitant nos frères séparés : les chrétiens anglicans, protestants et orthodoxes. Homme d’unité, il le fut en recevant des hommes de toute obédience. L’une de ses rencontres parmi les plus émouvantes fut sans conteste celle où il accueillit un groupe d’israélites en leur disant, bras grands ouverts : "Je suis Joseph, votre frère" (il s’appelait Joseph - Giuseppe - Roncalli, ndlr).

Parole biblique, aux résonances profondes. C’était au soir de son élection. La foule bigarrée, il m’en souvient, applaudissait à tout rompre lorsque s’ouvrit la loggia qui domine la place Saint-Pierre, pour la première bénédiction traditionnelle urbi et orbi, c’est à dire à la ville et au monde.

Le nouveau pape, qu’on avait, tant bien que mal, revêtu de la plus large des trois soutanes blanches préparées par des personnes qui n’avaient pas prévu l’élection du cardinal Roncalli, venait de dire avec un humour plein de gravité : «Me voici ficelé, prêt à être livré !» Plus tard, il raconta comment il avait vécu la scène : «Figurez-vous que sur la place Saint-Pierre, quand je dus donner ma bénédiction urbi et orbi, les projecteurs de la télévision et du cinéma étaient si puissants que je ne parvins pas à distinguer la foule immense qui, paraît-il, s’étendait jusqu’au Tibre ! Je bénis l’univers, mais en quittant le balcon de Saint-Pierre, je songeais à tous les projecteurs qui, désormais, à chaque minute, seraient braqués sur moi. Et je me suis dit : "Si tu ne restes pas à l’école du Maître doux et humble, tu ne verras plus rien de la réalité du monde, tu seras aveugle".

"Les premiers jours de ce service pontifical, je ne me rendais pas compte de tout ce que veut dire être évêque de Rome et par là même pasteur de l’Église universelle. Puis, une semaine après l’autre, la pleine lumière s’est faite. Et je me suis senti comme dans ma maison, comme si je n’avais rien fait d’autre durant toute ma vie" (1963).
A Mgr Martin, quelques jours avant sa mort, il confie : "Tous les jours sont bons pour vivre et tous aussi sont bons pour mourir. Pour moi, les valises sont prêtes, mais je suis prêt aussi à continuer à travailler".

Tel était l’homme que beaucoup de Parisiens avaient superficiellement jugé comme un homme bien en chair, au geste rond, et à l’esprit facile : bref, un heureux tempérament, un prélat optimiste et souriant, voire un diplomate aux gros sabots, le paysan du Danube de la diplomatie pontificale !

De cette Église, Jean XXIII a été le pasteur, le bon pasteur, comme il l’a déclaré au lendemain de son élection. Très vite, les Romains d’abord, puis tous les chrétiens, et enfin le monde entier, l’ont reconnu comme tel. Alors que ses prédécesseurs demeuraient à l’intérieur du Vatican, il s’est mis à sortir très souvent, suscitant toujours beaucoup de sympathie sur son passage.
Les Romains disaient familièrement de lui dans un jeu de mots intraduisible : «Giovanni fuori le mura» (Jean hors les murs) ; et les Américains, en pensant au whisky, l’appelaient «Johnny Walker» (le marcheur). Pour tous, il demeure "le bon pape Jean", qui ne passe pas son temps à pleurer sur le malheur des temps, mais s’adresse au cœur des hommes pour les appeler à travailler et à le changer.

Jean XXIII a réuni le concile Vatican II.

Un triple esprit l’anime : le renouveau de l’Église, l’union des chrétiens, l’ouverture au monde. A ces intentions, il a offert sa vie et sa longue agonie, suivie par tous, petits et grands, l’oreille collée au transistor. "Je souffre avec douleur, mais avec amour", disait-il en ouvrant les bras. Et quand on l’interrogeait au moment de l’ouverture du Concile, il répondait : "Ma part à moi, ce sera la souffrance."
Ce fut la souffrance, la prière et une action quotidienne très efficiente, sans coups d’éclats spectaculaires, mais par touches successives, quasi inaperçues au début. Il m’en souvient, quand je suis arrivé au Vatican, au début du pontificat de Jean XXIII, pour remplacer Mgr Veuillot, le futur archevêque de Paris : c’était une nouvelle image du pape qui se dessinait peu à peu.
Pas un diplomate ni un politique, mais un homme de cœur et un homme de Dieu qui, très vite, acquiert une confiance et une affection populaire extraordinaires. Pourquoi ? Parce qu’à travers un contact humain, d’homme à homme, jaillissait une flamme d’amour telle que chacun se sentait compris et aimé dans la meilleure part de lui-même.
Aussi sa mort a-t-elle été ressentie par tous, chrétiens et incroyants, comme un deuil personnel : la mort d’un père. A Moscou, le patriarche Alexis invitait les orthodoxes à la prière. A Paris, le rabbin de la synagogue séfarade introduisait une invocation à cette intention dans l’office du sabbat, cependant qu’à Rome, de leur prison de Regina Cœli, les détenus câblaient au Pape : "Avec un immense amour, nous sommes près de vous".

Lorsqu’il reçut, le 7 mars 1963, Adjoubei et sa femme, la fille de Khrouchtchev, alors maître de l’Union soviétique, cette initiative fut très critiquée. Il s’en est expliqué lui-même au cardinal Marty, le 9 mai 1963, à midi : "Voyez-vous, me dit-il, je sais que plusieurs ont été surpris de cette visite ; certains même furent peinés.
Pourquoi ? Je dois recevoir tous ceux qui frappent à ma porte. Je les ai vus… et nous avons parlé des enfants ; il faut toujours s’entretenir des enfants… Je voyais que Mme Adjoubei pleurait. Je lui ai donné un chapelet, suggérant qu’elle ne devait pas en connaître l’utilité et qu’elle n’était pas tenue à le dire, bien sûr ! Mais qu’en le regardant, elle se rappellerait simplement qu’autrefois vivait une maman qui était parfaite."
Un homme frappe à sa porte ? Comment la laisser fermée ? Il faut ouvrir, quitte à s’exposer. Qu’a donc fait d’autre le Christ ? "Attention, ces gens-là sont à gauche», lui a-t-on reproché. "Eh bien, que voulez vous que j’y fasse ? Ce n’est pas ma faute à moi, il faut bien que je les prenne là où ils sont et que j’essaie de leur parler !"

Cette intuition libératrice, il y a quarante ans exactement, et nous en célébrons ici l’anniversaire, permit, lors de la crise de Cuba, de faire le lien entre Khrouchtchev et Kennedy ; de montrer par les faits que, si les systèmes idéologiques sont par nature intolérants, les hommes ne s’y aliènent jamais entièrement et gardent toujours inentamée cette meilleure part d’eux-mêmes qui leur permet de s’entendre pour éviter le pire.
Il ne s’agissait pas pour Jean XXIII de mettre l’Église au goût du jour, mais de redonner au monde le goût de l’Évangile. Les Romains disaient de lui qu’il était furbo, ce qui ne veut pas dire fourbe, mais subtil, d’une habileté nuancée de malice gentille, et c’était dans leur bouche un grand compliment.
Il faut avoir vu aux jours des Rameaux, en 1963, quelques semaines avant sa mort, Jean XXIII se frayer péniblement un chemin à travers la foule de la grande banlieue ouvrière, vers la paroisse Saint-Tarcisius, près de la voie Appienne, et les palmes jetées sur son chemin, pour comprendre le cri de l’Évangile : "Je veux voir Jésus".

Sa décision la plus inattendue, convoquer le Concile, apparut très vite comme une nécessité évidente, alors que lui même ne savait pas très bien comment cela allait se passer. "En fait de concile, disait-il en souriant, nous sommes tous novices. Le Saint-Esprit sera là lorsque les évêques seront tous réunis. On verra bien."
Le Concile était d’abord pour lui une rencontre avec Dieu dans la prière, avec Marie, comme les apôtres au Cénacle, la veille de la Pentecôte. Rencontre avec l’Esprit-Saint, le Concile était aussi une rencontre des évêques entre eux et de tous les évêques avec l’évêque de Rome, bien plus aussi, une rencontre avec les frères séparés invités comme observateurs, et ils vinrent de partout, même de Moscou ; rencontre enfin avec le monde entier par ces projecteurs de la presse, de la radio et de la télévision, braqués de tous les coins du monde sur la basilique Saint-Pierre.
Pour Jean XXIII, le Concile devait être aussi une contribution à la paix entre les hommes et entre les peuples, entre les religions et les classes sociales, entre les cultures et les systèmes de pensée.

(…)

Il accueillit ainsi les protestants et les orthodoxes au concile : "Veuillez lire dans mon cœur ; vous y trouverez peut-être bien davantage que dans mes paroles… J’ai eu de nombreuses rencontres avec des chrétiens, appartenant aux diverses dénominations… Nous n’avons pas parlementé, mais parlé ; nous n’avons pas discuté, mais nous nous sommes aimés".

(…)

Tel était Jean XXIII, homme d’unité et de paix, un prêtre de Jésus-Christ, fortement et solidement enraciné dans la tradition, vivant joyeusement chaque jour comme un don de Dieu, et ouvert par l’espérance vers un monde plus fraternel et une Église plus proche des hommes parce que plus transparente à Dieu.
Jean XXIII était tout le contraire d’un homme de système, fût-ce à droite ou à gauche, et personne n’a pu se l’annexer, tant il a été, au grand sens du terme, catholique. Écoutons-le parler pour la fête de Noël, dans la basilique Saint-Pierre : "Notre cœur se gonfle de tendresse pour vous adresser nos vœux paternels. Nous voudrions pouvoir nous attarder à la table des pauvres, dans les ateliers, dans les lieux d’études et de science, auprès du lit des malades et des vieillards, partout où des hommes prient et souffrent, travaillent pour eux et pour les autres…
Oui, nous désirerions poser notre main sur la tête des petits, regarder les jeunes dans les yeux, encourager les papas et les mamans à accomplir leur devoir quotidien. A tous, nous voudrions répéter les paroles de l’ange : "Je vous annonce une grande joie : il vous est né un sauveur" !" Avec ces mots tout simples, Jean, successeur de Pierre, redisait au monde la grande, la joyeuse nouvelle toujours jeune : le Seigneur nous aime et nous sommes appelés à l’aimer, à nous aimer. Et cette voix de l’Église souvent étouffée par les bruits du monde a retenti à nos oreilles.
Jean a percé le mur du son. Sa parole a éveillé un écho et les hommes ont reconnu sa voix, comme un appel adressé au meilleur d’eux-mêmes par quelqu’un qui les aimait comme un frère. Et c’est pourquoi tous l’ont pleuré, comme des fils leur propre mère.
English Cardinal Poupard on Enculturation
Sept 15, 2004
"The first time I went to Kinshasa, in Zaire [Congo], I was speaking to a group of Africans and after I'd finished, one man stood up and said, 'Well everything you say is fine, but you Europeans have brought us all of your customs and beliefs, they are not ours,' and everyone applauded.

(Source unknown) "I waited for a moment because the atmosphere was very tense and then I said, 'Dear friends, I ask your pardon because I do not have the good fortune to be Belgian,' and everyone relaxed with a laugh. Then I made my point, 'The Gospel always comes from the outside. To you, it came from Belgium. To me, a Frenchman, it came from Vienna. When you turn to real origins of the Gospel -- from where does it come? From God."

"St. Paul brought it to Rome and transformed Rome from a great pagan empire. And, this is cheeky of me to mention, but it wasn't so much the priests who brought the Gospel from the East, but in France it was above all the military men, like St. Martin, and merchants."

"Tomorrow," he added, "I told them, it will be you, Africans, who bring your enculturated Christianity to other countries."

In fact, this migration is already happening in Europe where African priests are working in parishes, filling the gap left by declining European vocations.
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