Cl Cardinal Hummes, O.F.M. Cl Cardinal Hummes, O.F.M.
Function:
Prefect of the Congregation for the Clergy
Title:
Cardinal Priest of Sant'Antonio da Padova in Via Merulana
Birthdate:
Aug 08, 1934
Country:
Brazil
Elevated:
Feb 21, 2001
More information:
www.catholic-hierarchy.org
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French Quand nous allions avec Lula parmi les ouvriers
Aug 07, 2009

Interview du cardinal brésilien Cláudio Hummes

Le 31 juillet 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Quand le Pape Benoît XVI l’appela à Rome à la tête de la Congrégation pour le Clergé, l’un des vaticanistes italiens les plus influents décrivit la cardinal Cláudio Hummes, alors archevêque de São Paulo du Brésil, comme « un personnage de première grandeur dans l’Église mondiale », observant qu’avec lui allait arriver à la Curie « un Brésil champion du monde ».
Deux ans et demi se sont déjà écoulés depuis son arrivée à Rome. Et justement en 2009, le 19 juin, solennité du Cœur de Jésus, a débuté l’« Année sacerdotale » annoncée par le Pape au milieu du mois de mars, à l’occasion de l’audience accordée aux participants à l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le Clergé.
Le cardinal Hummes a accepté de nous recevoir dans son bureau, au Palais des Congrégations, où le regard est attiré dans un angle, à côté des portraits de Benoît XVI et de Pie XI accrochés aux murs, par une splendide statue de la Vierge de Guadalupe aux couleurs extraordinairement vives. « Je l’ai trouvée ici quand je suis arrivé », dit le cardinal: « Et cela m’a fait un grand plaisir ».

Éminence, vous avez vécu à Rome comme étudiant entre 1959 et 1962. Que vous rappelez-vous de ce premier séjour romain ?
CLÁUDIO HUMMES: Quand je suis arrivé à Rome pour la première fois, en 1959, la Ville Sainte m’a fait une très grande impression: tout ce que j’avais appris, imaginé, je l’avais d’un seul coup sous les yeux. En tant que franciscain, je suis allé faire mes études de philosophie à l’Antonianum et, tout en menant une vie de type conventuelle, j’allais de temps à autre visiter les lieux de la mémoire chrétienne et de la Rome impériale. J’avais vingt-cinq ans et j’avais été ordonné prêtre à peine un an plus tôt. J’ai alors commencé à éprouver pour cette ville une vénération mystique. Un sentiment profond que j’ai gardé jusqu’à aujourd’hui parce que Rome, dans son essence religieuse et historique, est restée la même, bien que tant d’années soient passées. Mais cette période a été aussi importante pour moi parce qu’il se trouve que j’ai vécu alors les débuts du Concile Vatican II qui venait de s’ouvrir. Moi qui arrivais du Brésil, je n’avais pas la moindre idée de ce qui allait se produire. Et cela a été vraiment enthousiasmant. J’aurais voulu, entre autres choses, étudier l’Écriture Sainte et le Droit canonique. Mais mon provincial m’a “détourné” vers la philosophie. J’ai été passionné par la pensée de saint Augustin mais à l’Antonianum j’ai étudié la philosophie moderne et surtout la philosophie contemporaine: Marx, Heidegger, les existentialistes français. Cette période était celle où s’affirmait la néo-scholastique, en particulier la néo-scholastique éclairée par la réflexion transcendantale de Kant. Bref, ce changement de cap allait se révéler pour moi providentiel parce qu’il m’a aidé à mieux comprendre les transformations profondes que le Concile a aussi provoquées dans le domaine de la réflexion théologique. Cette expérience m’a été très utile après mon retour au Brésil où j’ai dû m’occuper non seulement de l’enseignement de la philosophie mais aussi, en 1968, de l’œcuménisme. Avant le Concile Vatican II, l’œcuménisme avait essentiellement été une initiative des Églises protestantes, proposée dès la seconde moitié du XIXe siècle par les missionnaires protestants en Afrique et en Asie. C’est dans ce contexte qu’étaient en effet nées des discussions sur le scandale de la division des Églises chrétiennes. Au cours du Concile, l’Église catholique commença à se rendre compte qu’il était urgent d’affronter le problème de l’œcuménisme. Aussi, en 1968, la Conférence épiscopale brésilienne m’a envoyé en Suisse me spécialiser en œcuménisme à l’Institut œcuménique de Bossey, à Genève.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi un éminent professeur de philosophie comme vous est amené à un certain moment de sa vie à se mesurer avec les droits des ouvriers, avec les syndicats avec les assemblées de travailleurs dans les usines ?
C. HUMMES: Ces années ont été des années passionnantes: je me suis rendu compte de ce qu’étaient les pauvres et les opprimés. Les vrais, en chair et en os. Ce qui jusqu’alors, pour moi professeur de philosophie, n’était pas si évident. En 1975, j’ai été nommé évêque du diocèse de Santo André, grande zone industrielle à la périphérie de São Paulo, où vivaient environ deux cent cinquante mille ouvriers de la métallurgie, siège de multinationales et d’industries automobiles comme la Volkswagen. Le Brésil, à cette époque, se trouvait pris dans l’étau de la dictature militaire et toute allusion à une mobilisation en défense des droits des ouvriers était considérée comme subversive et réprimée dans la violence.
C’est durant ces années qu’a commencé à émerger la figure de Luiz Inácio Lula da Silva comme grand leader syndical. Il menait son action à San Bernardo, district ouvrier de mon diocèse. Je l’ai connu dans ces années et nous avons travaillé ensemble parce que le diocèse de Santo André s’est rangé tout de suite du côté de ce nouveau syndicalisme non violent, dont les revendications nous ont semblé justes. On m’a à moi aussi comme à Lula, lancé des pierres parce que je l’accompagnais souvent dans ses sorties. Malgré l’interdiction faite par les militaires de manifester publiquement dans la rue, nous avons ouvert les églises pour y recevoir les assemblées des grévistes. Et cela a été une décision sage. Car ainsi des désordres et des morts ont été évités dans la rue. En effet, l’orientation de Lula allait toujours dans le sens d’une action non violente. La naissance du Parti des travailleurs de Lula a représenté le début d’un processus de redémocratisation du Brésil qui allait se réaliser dans les années suivantes. L’expérience que j’ai faite au milieu des ouvriers m’a beaucoup aidé pour mes charges suivantes. En 1996, je suis devenu archevêque de Fortaleza, dans l’État de Ceará, dans la région Nordeste. Et si, à Santo André, j’avais connu la pauvreté urbaine des favelas, à Fortaleza je me suis trouvé face à la pauvreté tout aussi terrible des paysans qui n’avaient rien pour vivre. Là nous avons vraiment beaucoup travaillé. Deux ans plus tard, en tant qu’archevêque de São Paulo, mes collaborateurs et moi nous sommes occupés des personnes, enfants ou adultes, qui vivaient dans la rue. C’était un travail pastoral urgent, difficile mais passionnant.

Vous avez été ordonné évêque dans la cathédrale de Porto Alegre par le cardinal Aloísio Lorscheider, le 25 mai 1975, et vous avez été l’ami de dom Luciano Mendes de Almeida. Deux géants de l’Église brésilienne. Pouvez-vous nous dire quelque chose d’eux ?
C. HUMMES: Lorscheider dépasse les frontières de l’Église brésilienne. Il appartient à l’Église universelle. Il m’a accueilli à l’Antonianum de Rome parce qu’en 1959 il enseignait la théologie dogmatique et je me suis toujours considéré comme son disciple. Ce que je peux dire de lui, c’est qu’il savait donner à la théologie en plus de son caractère doctrinal, un souffle spirituel et pastoral. L’autre aspect qu’il faut rappeler est que, comme archevêque de Fortaleza, il a travaillé infatigablement pendant vingt-trois ans, en faveur des pauvres.
Mendes de Almeida était d’un style totalement différent. J’ai eu la chance de travailler avec lui à la Conférence épiscopale brésilienne dont il a été président. Quand j’étais évêque de Santo André, il était lui auxiliaire à São Paulo. Nous étions donc très proches. Il accueillait le pauvre dans sa singularité. Pour aider un pauvre, il quittait son travail, et il le suivait dans la rue ou jusqu’à sa maison, si tant est qu’il en avait une. À ce moment-là, plus rien ne lui importait, sinon ce pauvre qu’il suivait. Il était seul à savoir agir ainsi. Je me rappelle l’avoir vu souvent dormir pendant une réunion importante: cela voulait dire qu’il était resté debout toute la nuit pour s’occuper de quelqu’un, peut-être dans la rue. C’était un saint.

Votre autre tâche a été celle de la formation des prêtres. Cela vous a d’une certaine façon mis sur la voie de votre charge actuelle.
C. HUMMES: La formation des prêtres a accompagné toute ma vie. Déjà, au lendemain de mon retour de Rome, j’ai enseigné au grand Séminaire régional et à l’Université pontificale de Porto Alegre et j’avais un rapport continu avec les séminaires. Il y avait un grand travail à faire en particulier parce qu’après le Concile les séminaires ont connu une période de crise. Nombre d’entre eux ont même fermé leurs portes. Lorsque je suis devenu évêque de Santo André, mes collaborateurs et moi-même sommes pratiquement repartis de zéro dans ce diocèse et avons ouvert un séminaire pour la théologie et un autre pour la philosophie. Grâce à Dieu, quand je suis parti, les deux nouveaux séminaires étaient pleins. Puis j’ai été nommé archevêque de Fortaleza, dans le Nordeste. Et là aussi il a fallu fournir un gros travail de pastorale des vocations et terminer la construction d’un bâtiment pour l’année propédeutique. En 1998, à São Paulo dont j’avais été nommé archevêque, j’ai bien trouvé un séminaire diocésain, mais il abritait peu de séminaristes. J’ai décidé d’employer à plein temps un prêtre pour la pastorale des vocations, une décision providentielle. J’ai dû changer certains prêtres qui s’occupaient de la formation des séminaristes et nous avons construit un nouveau séminaire pour les théologiens et acheté un bâtiment pour l’année propédeutique. Beaucoup de jeunes, qui avaient une vocation intérieure, ont pu avec notre aide exprimer cette vocation et comprendre quelle était leur voie. Dans la pastorale des vocations, le point essentiel est, au fond, très simple: les jeunes doivent avoir devant eux quelqu’un en qui ils puissent avoir confiance pour parler de leur vocation et recevoir l’orientation qui leur convient.

Toutes ces expériences vous ont évidemment été utiles ici aussi à Rome. Et elles le seront dans l’avenir, dans la perspective surtout de l’année que l’Église va dédier aux prêtres, dont l’image a été ternie ces derniers temps par des cas de pédophilie largement amplifiés par les mass media du monde entier.
C. HUMMES: Le moment actuel est un bon moment pour l’Année sacerdotale. Le Pape Benoît XVI a chargé la Congrégation pour le Clergé de promouvoir et de coordonner des initiatives spirituelles et pastorales avec les évêques et les supérieurs majeurs religieux. Nous voulons aider tous les prêtres à renouveler leur amour et leur enthousiasme pour leur vocation et leur mission. C’est aussi une occasion pour rétablir la vérité: 96% des prêtres du monde entier n’ont rien à voir avec les différentes formes d’indignité qui sont apparues ces dernières années. La majeure partie d’entre eux, avec bien sûr leurs faiblesses, leur limites, leurs défaillances, offrent tous les jours leur vie pour les autres dans l’exercice quotidien de leur ministère et de leur mission. Nous, nous voulons être positifs à leur égard, leur présenter des objectifs et les aider à renforcer la vie spirituelle qui soutient toute forme de mission. Cette Année sacerdotale veut être la reconnaissance de l’importance des prêtres. Pourquoi sont-ils si importants ? Parce que l’Église marche avec les pieds des prêtres. Quand ils s’arrêtent, tout s’arrête. Quand ils marchent, tout recommence à bouger. S’ils sont perplexes, il ne se passera rien.
Nous ne voulons pas parler seulement du prêtre idéal. Bien sûr, l’idéal nous devons toujours le poursuivre. Mais la reconnaissance de l’Église regarde les prêtres qui sont déjà là, qui annoncent et témoignent le Christ aujourd’hui, partout, sur toute la terre. Nous les reconnaissons, nous les aimons, nous les admirons, nous voulons être des amis pour eux, des pères. Bref, il doivent savoir que l’Église les aime. Le point est de savoir comment transformer tout cela en gestes concrets, réels. Avant tout, il faut leur donner la possibilité d’une formation permanente qui les aide à redécouvrir la beauté de leur vie. Dans la société d’aujourd’hui telle qu’elle est. Dans le monde tel qu’il est. Nous ne devons pas diaboliser la culture et la société contemporaines. Car ce sont là les temps que le Seigneur nous a donné de vivre. Il faut même saisir les possibilités, les aspects positifs que ce temps offre à tous les hommes, y compris aux prêtres. Nous devons pour cela prier avec eux et pour eux. Dans les paroisses, dans les diocèses. Et les gens doivent se sentir concernés, appelés à collaborer. Le Pape nous a dit de travailler en nous entendant avec les évêques et les supérieurs religieux. C’est dans toute l’Église que doit avoir lieu l’Année sacerdotale.

Dans le Discours prononcé par le Pape le 16 mars dernier, devant les participants de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour le Clergé, il y a un passage dans lequel on invoque la possibilité de reconnaître les prêtres, soit à travers leur jugement de foi, soit à travers leurs vertus personnelles, soit à travers leur habillement.
C. HUMMES: Le vêtement ecclésiastique a toujours été obligatoire. Mais dans une société pluraliste, les signes d’identité sont encore plus importants. D’une façon similaire mais encore plus profonde, le fort témoignage du célibat, qui est un signe de la transcendance du Royaume de Dieu, peut et doit être un signe distinctif des prêtres permettant de les reconnaître. En même temps, le fait d’être reconnu a une connotation sacramentelle. C’est une forme d’amour pour sa propre vocation: la volonté d’être reconnu et non par les inconnus. Il y a une autre chose que je voudrais dire: nous devons aider les prêtres à comprendre qu’il ne suffit plus d’attendre que les gens viennent à l’église. Aujourd’hui, il faut autre chose. Il faut qu’ils se lèvent et qu’ils aillent chercher et évangéliser les personnes baptisées qui se sont éloignées et tous ceux qui n’ont pas encore été baptisés. Il faut qu’ils se laissent toucher par le souffle de l’Esprit Saint et qu’ils recommencent à accomplir la mission, au sens strict du mot. Et je ne parle pas seulement des pays non chrétiens mais aussi des pays chrétiens. Nous ne pouvons pas nous agripper à un passé qui n’existe plus. Comprendre cela rend plus heureux, plus libre.

Plus concrètement, quels seront les gestes, les moments les plus significatifs de cette Année sacerdotale ?
C. HUMMES: Ce sera le Pape lui-même qui ouvrira l’Année sacerdotale, le 19 juin prochain, solennité du Sacré Cœur de Jésus et Journée mondiale de prière pour la sanctification sacerdotale. Je voudrais dire avant toute chose que, dans la basilique vaticane, sera exposée la relique – apportée par l’évêque de Belley-Ars – du cœur de saint Jean-Marie Vianney, le saint Curé d’Ars, pour le cent cinquantième anniversaire de sa mort. Ce simple prêtre est un modèle exemplaire: il a su attirer au Christ beaucoup de gens par la vie qu’il a menée, sa façon de prier, d’être prêtre, de confesser. Tout en tenant compte des différences historiques et sociales qui nous séparent de son temps, il faut se rappeler que, lorsqu’il est arrivé à Ars, personne ne fréquentait sa paroisse. Puis, grâce à son style de vie, à ses sermons, son église s’est remplie. Il est déjà patron de toutes les paroisses du monde et il va être proclamé patron de tous les prêtres.
Pendant cette journée, le Pape présidera les Vêpres dans la basilique Saint-Pierre et prononcera une homélie. Son désir est qu’au moment même de la célébration au Vatican, les évêques dans leurs diocèses, les religieux dans leurs congrégations et les curés avec leurs fidèles ouvrent cette Année dédiée aux prêtres. Le Pape rédigera un document-message et l’enverra aux prêtres. La clôture, qui aura lieu en juin 2010, prévoit une rencontre mondiale des prêtres avec le Pape sur la place Saint-Pierre. À une date qui reste encore à définir se déroulera ici, à Rome, un congrès international de théologie, toujours sur la figure du prêtre. De plus, dans cette Année sacerdotale, la Congrégation pour le Clergé produira un document sur la tâche missionnaire du presbytérat, fruit de sa dernière Assemblée plénière. La Congrégation élaborera en outre un directoire pour les confesseurs et les directeurs spirituels, parce que le ministère de la réconciliation, qui est le propre des prêtres, est et sera toujours un élément substantiel de la vie de l’Église: Jésus est venu pour réconcilier Dieu avec les hommes et tous les hommes entre eux. Comme le dit l’Évangile: « Dieu n’a pas envoyé son Fils au monde pour juger le monde, mais pour que le monde se sauve par son intermédiaire ».

Éminence, combien y a-t-il de prêtres aujourd’hui ?
C. HUMMES: En 2006 il y en avait quatre cent sept mille. Les statistiques de 2007 fournies par le Saint-Siège nous disent qu’il y en a mille de plus. Une augmentation appréciable mais insuffisante.

30Jours est en train de publier une série d’articles consacrés aux Collèges pontificaux de Rome. Dans certains d’entre eux, en particulier dans ceux des pays d’Amérique latine et du Brésil, s’est manifesté un certain optimisme au sujet de l’affluence dans les séminaires.
C. HUMMES: C’est vrai: on peut être raisonnablement optimiste. Les séminaires recommencent à se remplir. On enregistre une grande affluence surtout dans certaines régions du Brésil. On est peut-être en train de recueillir les premiers fruits de la grande mission continentale permanente lancée, il y a deux ans, à Aparecida, à l’occasion de la cinquième Conférence générale de l’épiscopat d’Amérique latine et des Caraïbes. On a donné alors aussi l’indication de compléter le processus d’évangélisation – commencé mais abandonné à mi-route – parmi les personnes baptisées et de s’ouvrir à une nouvelle évangélisation. Bref, comme le dit Jésus: « Allez partout dans le monde et prêchez l’Évangile ».

Éminence, le Brésil vous manque-t-il ?
C. HUMMES: Cela a été pour moi une grande grâce d’être appelé par le Pape ici, à Rome. Mais il faut dire que Rome est Rome et que São Paulo est São Paulo. On ne peut pas comparer les deux villes.

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