Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya
Function:
Archbishop of Kinshasa
Title:
Birthdate:
Nov 03, 1939
Country:
Kongo
Elevated:
Nov 22, 2010
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French RDC - Le Cardinal Monsengwo invite à tenir ferme dans la foi
Feb 20, 2011

Kinshasa, le 1er février 2011 – (D.I.A.) – Réagissez  fermement à la tentation de servir à la fois Dieu et l’argent, surtout « dans notre pays où la situation sociale du peuple peut pousser à succomber à la tentation permanente de corruption », a déclaré le Cardinal Laurent Monsengwo. Il l’a dit le dimanche 30 janvier 2011, à Lubumbashi, dans son homélie prononcée à l’occasion de la prise de possession canonique de l’archidiocèse de Lubumbashi par Mgr Tafunga.



Car, soutient le Cardinal, là où le monde cherche avec frénésie la richesse, quitte à se laisser acheter les consciences, « le Christ nous enseigne que le bonheur d’un homme ne se mesure pas à l’abondance de ses biens, ni à la hauteur de son compte en banque ». Certes, précise le prélat, le Seigneur ne prêche pas un stoïcisme consistant à se complaire dans la misère. Mais la vie d’un homme, fût-il riche n’est pas garantie du fait de ses seules richesses, car il aura à rendre compte de l’usage qu’il a fait de ses biens.

Parlant de la justice, en ce dimanche où l’évangile évoque les béatitudes, le Cardinal a fait observer que la justice, c’est l’ordre juste établi par Dieu pour que le monde en soit gouverné. Et la justice nouvelle, c’est l’ordre nouveau, l’ordre évangélique, l’ordre restauré suivant la Bonne Nouvelle du Christ. La justice, c’est la perfection évangélique. C’est le cadre de vie fraternelle que l’amour, le commandement nouveau du Christ, a instauré. Ce cadre de vie vise à soigner l’intérieur de l’homme plutôt que l’extérieur, à accomplir les actes sans hypocrisie et en toute transparence. Cette justice nouvelle, dit-il, cet Evangile du Christ, est digne que l’homme s’y accroche, en fasse l’option de sa vie, supporte les persécutions pour elle, car elle ouvre la voie du Royaume des cieux.

Tout en invitant l’archevêque de Lubumbashi à enseigner ces vérités « à temps et à contre-temps », le Cardinal Monsengwo l’a également exhorté à veiller surtout à ce que les fidèles chrétiens ne vivent pas un christianisme de facilité, fait de syncrétisme, à base d’une théologie mal digérée et approximative. (Agence Catholique DIA www.dia-afrique.org)

PRISE DE POSSESSION CANONIQUE DE L’ARCHIDIOCESE DE LUBUMBASHI PAR MGR TAFUNGA

Homélie du Cardinal L. MONSENGWO PASINYA

Lubumbashi, le 30 janvier 2011

« Heureux les pauvres de cœurs : le Royaume des cieux est à eux…

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés…

« Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu…

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 3.6.9.10)

Chers frères et sœurs,

  1. Tels sont les textes que la liturgie nous donne à méditer. Mais avant toute chose, situons l’événement de ce jour dans la vie de notre Eglise. Il y a quinze jours, Matadi acclamait son nouvel évêque dans la joie et l’allégresse générale. Aujourd’hui, c’est Lubumbashi qui fait la fête à son nouvel Archevêque. Et vous êtes venus très nombreux rendre grâce au Seigneur et lui crier votre joie  à ce rendez-vous auquel en aucun cas vous n’auriez voulu manquer.

  1. Aussi  suis-je  heureux de   saluer avec le représentant du Chef de l’Etat, S. Exc. Mgr Djomo, le Président de la CENCO et les évêques présents, les Chefs des confessions religieuses, les honorables sénateurs et députés, les excellences Mesdames et Messieurs les Ministres, les Ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques, les illustres invités, et vous tous, chers frères et sœurs, fidèles de Lubumbashi.

  1. Je vous salue affectueusement, cher frère, Mgr Floribert Songasonga qui, en dépit d’une santé fragile ces dernières années, n’avez jamais manqué à vos devoirs de pasteur dans cet Archidiocèse, dans cette province ecclésiastique, et au niveau de la CENCO. Celle-ci vous est reconnaissante pour tout le travail accompli avec sagesse et discernement, dévouement et générosité dans notre Eglise depuis 1974 soit 36 ans. Merci pour votre ministère de prêtre à Lubumbashi et d’évêque à Kolwezi d’abord et d’Archevêque à Lubumbashi. Merci pour les services rendus au Comité Permanent des évêques, dans les commissions épiscopales nationales, notamment, celles des Séminaires et du clergé, de l’Apostolat des laïcs, de l’éducation chrétienne et des ressources naturelles. Fasse le Seigneur que la semence que vous avez mise en terre porte beaucoup de fruits.

  1. Avec joie et affection, je vous adresse mes salutations, cher frère, Mgr Jean-Pierre Tafunga, qui, après une fructueuse itinérance missionnaire à Uvira après Kilwa-Kasenga, occupez maintenant le siège métropolitain de Lubumbashi. Ce milieu ne vous est pas inconnu, pour y avoir été Archevêque  Coadjuteur de cet Archidiocèse, et y avoir exercé votre ministère comme Recteur du Collège et comme Provincial des salésiens. Nous vous remercions d’avoir accepté avec générosité la difficile tâche de gouverner pastoralement ce grand Archidiocèse. Notre prière vous accompagne ainsi que nos vœux d’un travail pastoral qui porte des fruits en abondance.

Chers frères et sœurs,

Distingués invités,

  1. La liturgie de ce quatrième dimanche du temps ordinaire A nous apprend une chose essentielle : en proclamant les béatitudes du Royaume, Jésus commence par ceux qui ont un cœur de pauvres : « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3). Là où le monde cherche avec frénésie la richesse, quitte à se laisser acheter les consciences, le Christ nous enseigne que le bonheur d’un homme ne se mesure pas à l’abondance de ses biens (cf. Lc 12, 15), ni à la hauteur de son compte en banque. Certes, le Seigneur ne prêche pas un stoïcisme consistant à se complaire dans la misère. Mais la vie d’un homme, fût-il riche n’est pas garantie du fait de ses seules richesses, car il aura à rendre compte de l’usage qu’il a fait de ses biens. Ailleurs, Jésus nous dira : « Nul ne peut servir deux maîtres à la fois : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ». « Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent » (Mt 6, 24). Cet enseignement du Seigneur nous interpelle dans notre pays où la situation sociale du peuple peut pousser à succomber à la tentation permanente de corruption. Il faut réagir fermement à cette tentation.

Les pauvres de cœurs sont ceux qui n’ont pas le cœur attaché aux biens de la terre, mais qui vivent de solidarité et de partage et dont les richesses servent à créer des emplois. Ainsi ont vécu les chrétiens dans l’Eglise primitive, de cette solidarité qui va au-delà du clan et de la tribu.

A ceux qui se complaisent dans le mal, à ceux qui violent la loi de Dieu, aux pécheurs impénitents, le Seigneur dit : « Heureux ceux qui pleurent (leurs péchés) »,  ceux qui ont le cœur sensible au péché, ceux qui affinent continuellement leur sens du péché : ils seront consolés.

  1. Le Seigneur nous invite à avoir faim et soif de la justice. La justice, c’est l’ordre juste établi par Dieu pour que le monde en soit gouverné. Et la justice nouvelle, c’est l’ordre nouveau, l’ordre évangélique, l’ordre restauré suivant la Bonne Nouvelle du Christ. « Si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, dit Jésus, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu » (Mt 6, 1ss). La justice, c’est la perfection évangélique. C’est le cadre de vie fraternelle que l’amour, le commandement nouveau du Christ, a instauré. Ce cadre de vie vise à soigner l’intérieur de l’homme plutôt que l’extérieur, à accomplir les actes sans hypocrisie et en toute transparence, devant le regard du Père céleste qui voit tout. (cf. Mt 6, 1ss). Ceux qui ont faim et soif de cette justice  nouvelle, seront comblés et rassasiés.

  1. Cette justice nouvelle, cet Evangile du Christ, est digne que l’homme s’y accroche, en fasse l’option de sa vie, supporte les persécutions pour elle, car elle ouvre la voie du Royaume des cieux.

  1. La deuxième lecture de ce dimanche nous enseigne que Dieu regarde les qualités du cœur et non pas l’origine et le rang social des personnes qu’il appelle à son œuvre. Qui de nous, en effet,  aurait choisi de simples pêcheurs pour continuer dans le temps et dans l’espace la mission du Christ ?  Jésus-Christ le fait  pour montrer que cette œuvre est la sienne, que son Eglise est bâtie sur le roc, et que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (Mt 16, 18). Tenons fermement à cette foi ; témoignons-en ; c’est elle qui donne des voies d’espérance à notre existence et à notre vie.

Cher Mgr Jean-Pierre,

  1. Telles sont les vérités que vous devez enseigner, « à temps et à contre-temps » ( 2 Tm 4, 2), avec assurance, dans le souci de catéchiser le peuple de Dieu.  La parole de Dieu n’est pas enchaînée  (2 Tm 2, 9). Veillez surtout à ce que les fidèles chrétiens ne vivent pas un christianisme de facilité, fait de syncrétisme, à base d’une théologie mal digérée et approximative.

10. Que le Dieu de l’espérance vous comble de joie, de paix, de sérénité, et vous accorde un long ministère plein de fruits de sainteté.

Puisse la Vierge Marie marcher à vos côtés et vous soutenir. Amen.

+ L. Card. MONSENGWO PASINYA

Archevêque de Kinshasa

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