Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya
Function:
Archbishop of Kinshasa
Title:
Birthdate:
Nov 03, 1939
Country:
Kongo
Elevated:
Nov 22, 2010
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French Elections 2011 : l’avis du Cardinal Monsengwo est-il à prendre comme une parole d’Evangile ?
Jan 10, 2011
Le Cardinal Monsengwo très sollicité et assurément piégé par l’opposition n’a plus su se contenir devant la chaude controverse autour de la révision constitutionnelle que propose la majorité et vient de jeter le pavé dans la marre en marquant un rejet qui ne le maintient plus en gardien d’Eglise au milieu du village

Le cardinal Monsengwo est très sollicité de la part de l’opposition. Celle-ci tient à l’utiliser comme un faire-valoir. C’est dans ce cadre que se comprend la récupération de ses discours. Le cardinal a été obligé de remettre les pendules à l’heure. Au même moment qu’il a fait comprendre que ses exhortations ne sont pas des critiques contre les dirigeants du pays, il a donné son avis sur la révision constitutionnelle. Cet avis, aux yeux de certains, va apparaître comme une réplique aux propos de la majorité tels que présentés pas le porte-parole du gouvernement.

En effet, dans l’opposition on fait croire que l’instauration du scrutin à un tour serait une violation de la loi. Personne ne peut donner les dispositions de la loi qui seraient violées. Cependant, une chose est vraie, la révision constitutionnelle est constitutionnelle.

Les dispositions de la loi sur le scrutin à deux tours ne comptent pas parmi celles verrouillées et qui ne peuvent pas faire objet de révision. Tout ce qui se passe relève apparemment de stratégies politiques. L’opposition tisse ses stratégies électoralistes sur le deuxième tour. C’est son droit. Il serait étonnant que l’opposition interdise à la majorité de tisser aussi ses stratégies sans violer la loi.

En outre, puisqu’il faut respecter la loi, c’est cette loi qui a voulu qu’il y ait majorité et opposition. A quoi donc servirait la majorité si elle n’est là que pour faire le lit de l’opposition ? Par conséquent, il est abusif de parler de moralité ou de loi violée. Enfin, qu’est-ce qui dit que seul Joseph Kabila ou un autre candidat de la majorité serait destiné à gagner au premier tour ? On a en outre fait croire que le président élu avec un certain pourcentage manquerait de légitimité. C’est sans tenir compte du fait que le président, une fois élu, devient le président de tous les Congolais. Enfin, il est abusif de faire croire que le président ne serait que le président des électeurs. Que deviennent toute la masse de non électeurs qui, au regard des inscrits et des électeurs, constituent la majorité ?

L’opposition fait preuve d’un égoïsme politique qui ne laissera jamais la majorité distraite. On a aussi entendu dire que réviser la loi, serait changer le règlement en pleine compétition. Quelle est la compétition ? S’il s’agit des élections, les opérations n’ont pas encore commencé. Sinon on ne devrait même pas réviser le ficher électoral. Quelle compétition aurait commencé si on ne connaît même pas les acteurs importants que sont les électeurs ? La compétition commence avec la campagne électorale. On n’est pas encore là. Donc, on ne voit pas le cardinal se mêler dans les stratégies partisanes sans violer la règle de neutralité liée à sa fonction. Car, jusque-là, comme il l’a dit, le cardinal n’a le droit de n’épouser aucune cause, tant que tout se fait dans les règles de l’art.

Ce qu’a dit le cardinal

A travers Lambert Mende, la Majorité présidentielle a manifesté sa volonté de réviser la Constitution, notamment dans ses dispositions portant sur le scrutin à deux tours. Certains attribuent à tort les propos du Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya à l’Opposition politique, pendant que ce dernier, en tant que pasteur, a tout simplement voulu interpeller ses concitoyens. Voulant éclairer la religion des journalistes à ce sujet et dans le but de révéler le message du Pape Benoît XVI à l’occasion de la journée mondiale de la paix, le Cardinal Laurent Monsengwo a réservé la primeur à la presse réunie à l’occasion d’un point de presse qu’il a animé au Centre pastoral Lindonge, dans la commune de Limete.

Au sujet de ses relations avec les autorités du pays, L. Monsengwo pense que ses relations répondent à ce que le Pape Benoît XVI a souhaité, c’est-à-dire, la nécessité d’un dialogue entre les autorités civiles et religieuses. Dans son cas, et en tant que catholique, il est intégré et inséré dans la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Pour ce faire, son principe a toujours été le dialogue tant qu’il est nécessaire, c’est-à-dire, « si je m’aperçois que l’Etat règne et gouverne d’après la Constitution ; si je vois que l’Etat s’occupe du bien commun, nous marchons ensemble. Au cas contraire, ils ne peuvent pas compter sur moi et je leur ai dit ».

Mes interpellations sont prophétiques

Les interpellations du Cardinal ou de tout autre évêque ont une nature prophétique et visent tout le monde. Voilà une précision qui arrive au moment où l’opinion attribuait les dernières interventions du Cardinal à l’Opposition politique. Et pourtant, lorsqu’il parle, il ne s’adresse pas directement au Président de la République ou bien aux gouvernants, mais à tous les Congolais. C’est chacun qui doit voir dans quelle mesure il est concerné par ses propos, surtout que ceux-ci ont pour mission d’appeler les gens à la conversion. Et la conversion n’est pas réservée à un groupe. C’est le sens même de la prédication évangélique. Ceci pour dire qu’il ne faut pas chercher l’élément politique dans le discours d’un évêque. Car s’il fallait entrer en politique, Laurent Monsengwo l’aurait fait depuis 1997. Ainsi, au lieu de dire que Monsengwo n’a pas dit ceci, il faut plutôt se demander ce qu’il a voulu dire.

Dans ses réponses, le Cardinal a reconnu qu’il existe des mécanismes de concertation, mais cela ne l’empêche pas de dire la vérité. Pour lui, la démocratisation est un défi que d’aucuns doivent relever, surtout que le peuple était habitué avec le régime dictatorial de feu le Président Mobutu. Dans ce régime, il n’y avait qu’un seul son de cloche. Et pourtant, nous sommes en train d’aller tout droit vers la démocratisation, reconnait-t-il, et c’est l’Opposition qui doit jouer son rôle en alertant l’opinion chaque fois qu’il y a dérive. Et l’église ne peut dire que la vérité. On peut se demander comme Pilate, « qu’est-ce que la vérité » ? L’opposition n’a pas le monopole de la vérité.

Le Président doit avoir suffisamment d’assise

Au sujet de la révision constitutionnelle, Laurent Monsengwo a rappelé qu’il existe la lettre de la loi et l’esprit de la loi. Et quand on perd de vue que chaque loi a un esprit, que chaque législateur en proposant une loi vise un esprit, on peut passer à côté. Pourquoi est-ce que dans la Constitution on a demandé que les élections aient deux tours, s’est interrogé Laurent Monsengwo, avant de répondre que si le candidat passe au premier tour, cela veut dire automatiquement qu’il passe à la rigueur avec 20% des voix, ce qui n’est pas représentatif du peuple. Et pourtant, vous ne pouvez pas être un chef de l’Etat d’un peuple qui a 100%, en étant le chef de 20%. On est mal à l’aise soi-même. « Comment est-ce qu’on peut être à l’aise d’être un chef de 20% d’une population estimée à 100% », s’est-t-il interrogé, avant de dire que c’est ça l’esprit de la loi. Il a rappelé que c’est pour la même raison qu’à la Conférence nationale souveraine (CNS) on a refusé d’élire le Président de la République au second tour (Sénat+Assemblée nationale). Il faut que le Président ait suffisamment d’assise dans le pays, qu’on le reconnaisse partout. Pour ça, il faut qu’il ait au moins 50% des voix + 1 voix (51% des voix). Mais le Cardinal s’est réservé d’entrer dans les raisons des hommes politiques et l’esprit de la loi invite tout le monde à réfléchir sérieusement à cette question et à ne pas précipiter les choses.

En effet, si la Constitution a prévu un scrutin à deux tours, c’est pour éviter le vote indirect par des représentants de la population au Sénat. Pour affirmer la cohésion de tous, la Constitution a prévu le scrutin à deux tours ; et le code électoral a indiqué qu’il faut deux tours parce que le Président à élire, doit l’être et le devient pour une majorité de la population. Il n’est pas intéressant d’être élu à 20% pour une population estimée à 100% ; C’est pourquoi le second tour permet de départager les deux challengers. Celui qui obtient 50 % + 1, a donc la majorité de voix ». Encore que rien ne dit que le président ne peut gagner au premier tour qu’avec moins de 50%.

Monsengwo pas convaincu

En effet, le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende a soutenu lundi 3 janvier à la presse que la révision du code électoral est devenue nécessaire pour deux raisons fondamentales (le deuxième tour selon Mende, est devenu source de conflit au regard des élections organisées en Afrique, notamment en Guinée, en Côte d’Ivoire… ; et la RD Congo ne dispose pas de moyens suffisants pour organiser le second tour en raison de son coût exorbitant ; il serait bien indiqué de disposer ces moyens pour l’aménagement des infrastructures nationales. Pour Laurent Monsengwo : « Celui qui veut la fin prépare les moyens », indique le Cardinal, qui ajoute que les affrontements au deuxième tour en Rd Congo n’étaient pas pour des raisons purement ethniques. Sur d’autres questions relatives à la participation des ecclésiastiques dans les structures politiques électorales nationales, il a rappelé la décision prise en décembre 2010 par la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) de ne plus voir des ecclésiastiques occuper des postes politiques.

Toutefois, a-t-il précisé, l’Eglise qui n’a pas de candidats à supporter ou à proposer lors des prochains scrutins, continuera à assurer la formation civique des fidèles en vue des élections. Et d’ajouter que l’Eglise ne donnera aucune consigne de vote plutôt que de proposer le profil de candidat en vue de permettre aux fidèles d’en faire un choix judicieux. Nous vous proposons dans notre page 5 le message du Cardinal Laurent Monsengwo à l’occasion de la journée mondiale de la paix.

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